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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2021

Détection de molécules individuelles à température ambiante

Le sujet en bref

Sujet moyen · Optique géométrique, Cinétique chimique, Diffusion thermique et diffusion de particules · 10 incontournables · 24 questions de première année
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Ce sujet aborde une thématique de recherche moderne et interdisciplinaire récompensée par le prix Nobel de chimie 2014 : la nanoscopie et la détection optique de molécules individuelles. L'épreuve balaie avec élégance et cohérence de multiples facettes de la physique contemporaine : l'optique instrumentale (microscope standard puis confocal), la photophysique d'un fluorophore unique (modélisation cinétique de la fluorescence et de la saturation), les processus stochastiques (dérivation de l'équation de diffusion à partir d'une marche aléatoire) et l'électrodynamique en milieu métallique (effet d'antenne, modèle de Drude et plasmons de surface localisés).

D'une difficulté très progressive et remarquablement guidé, ce problème constitue un support de révision exceptionnel pour les étudiants de la filière PC. Il mobilise un éventail complet d'outils théoriques fondamentaux tout en confrontant systématiquement les grandeurs calculées aux ordres de grandeur expérimentaux réels.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,93/20)
Temps estimé
≈ 3 h 10 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

37 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (37) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les trois parties sont indépendantes : la marche aléatoire et l'équation de diffusion (partie II, à partir de Q30) ainsi que le modèle de Drude (partie III, à partir de Q38) peuvent être traitées sans les résultats de la partie I.

  • Données en annexe

    Les tracés géométriques des questions Q2, Q6 et Q7 doivent être complétés directement sur les figures du document réponse à rendre avec la copie.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

44 questions
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Partie I : Détection du signal de fluorescence de molécules individuelles à température ambiante

A · Objectif de microscope et microscopie classique

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : microscope, foyer, lentille mince

Où doit se former l'image intermédiaire donnée par l'objectif, pour une observation sans accommodation à travers l'oculaire, de l'image finale ?

Voir l'indice

L'œil observant sans accommoder une image à l'infini à travers l'oculaire, déterminer où doit se situer l'objet pour cet oculaire.

Voir la réponse courte

L'image intermédiaire doit se former dans le plan focal objet de l'oculaire pour un rejet à l'infini.

Voir le corrigé complet

Pour un œil standard (emmétrope), une observation sans fatigue, dite « sans accommodation », s'effectue lorsque le système optique renvoie l'image finale à l'infini (au punctum remotum de l'œil).

L'image intermédiaire A_1B_1, conjuguée de l'objet AB par l'objectif, joue le rôle d'objet pour l'oculaire. Pour qu'une lentille mince donne d'un objet une image située à l'infini, cet objet doit être placé dans son plan focal objet.

L'image intermédiaire donnée par l'objectif doit donc se former dans le plan focal objet de l'oculaire (le point A_1 étant situé au foyer principal objet F_2 de l'oculaire) :

\boxed{A_1 \text{ est confondu avec le foyer objet } F_2 \text{ de l'oculaire.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attend une explication qui dépasse la simple paraphrase du terme « accommodation ».

« Cette question est globalement bien réussie, mais demande à l’étudiant d’aller plus loin qu’une simple paraphrase mentionnant l’« accommodation », terme faisant partie de la question. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : tracé de rayons, microscope, lentille mince

Sur le schéma de la figure A du document réponse, réaliser la construction géométrique de l'image de l'objet par l'ensemble du microscope.

Voir l'indice

Construire l'image intermédiaire A_1B_1 à l'aide des rayons usuels issus de B, puis tracer les rayons émergents de l'oculaire parallèles entre eux.

Voir la stratégie
  1. Construire l'image intermédiaire A_1B_1 de l'objet AB à travers l'objectif L_1 à l'aide de deux rayons incidents caractéristiques issus de B.
  2. Vérifier que l'image intermédiaire se forme dans le plan focal objet de l'oculaire (A_1 = F_2), conformément au résultat de la question précédente (observation sans accommodation).
  3. Construire les rayons émergeant de l'oculaire L_2 : B_1 étant situé dans le plan focal objet de L_2, les rayons émergent parallèlement entre eux, dans la direction de la droite (B_1O_2). L'image finale est rejetée à l'infini.
Voir la réponse courte

Tracé des rayons caractéristiques à travers l'objectif puis l'oculaire pour former l'image finale à l'infini.

Voir le corrigé complet

L'objet AB est placé perpendiculairement à l'axe optique, en avant du foyer principal objet F_1 de l'objectif L_1.

1. Construction de l'image intermédiaire A_1B_1 par l'objectif L_1 : Pour déterminer la position du point image B_1, on trace deux rayons issus de B :

  • le rayon passant par le centre optique O_1, qui n'est pas dévié ;
  • le rayon parallèle à l'axe optique, qui émerge de L_1 en passant par le foyer principal image F'_1.

Ces deux rayons se coupent en B_1. Le point A_1 étant le projeté orthogonal de B_1 sur l'axe optique, il est confondu avec le foyer principal objet de l'oculaire :

A_1 = F_2

L'image intermédiaire A_1B_1 est réelle, inversée et fortement agrandie.

2. Construction de l'image définitive à travers l'oculaire L_2 : Le point B_1 appartenant au plan focal objet de L_2, l'oculaire en donne une image à l'infini :

  • les deux rayons précédemment tracés se propagent au-delà de B_1 et rencontrent la lentille L_2 ;
  • ils émergent de L_2 parallèlement entre eux, inclinés d'un angle \alpha' par rapport à l'axe optique, parallèlement au rayon fictif non dévié passant par B_1 et le centre optique O_2.

L'image finale A'B' est donc rejetée à l'infini :

\boxed{AB \xrightarrow{L_1} A_1 B_1 \text{ (dans le plan focal objet de } L_2) \xrightarrow{L_2} A_\infty B_\infty \text{ (à l'infini)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La construction doit être cohérente avec Q1 et prolonger les rayons jusqu'à la lentille de l'oculaire où ils sont déviés.

« Cette question doit faire apparaitre une cohérence claire avec la première question : cela n’est mal heureusement pas toujours le cas. »

« Le jury est particulièrement surpris qu’une majorité de candidats ne poursuive pas ses rayons au-delà du plan focal objet de l’oculaire : les rayons sont déviés lors du passage dans la lentille et non lors du passage dans les plans focaux. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : grandissement, relation de conjugaison, lentille mince

Déterminer puis calculer la distance focale équivalente de la lentille modélisant l'objectif.

Voir l'indice

Utiliser la formule de Newton pour le grandissement de l'objectif \gamma = -f'_1/\overline{FA} ou relier \gamma, l'intervalle optique \Delta et la focale f'_1.

Voir la réponse courte

Utilisation de l'intervalle optique ou du grandissement transversal pour calculer la distance focale f'_1.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q1, pour une observation sans accommodation à travers l'oculaire, l'image intermédiaire A_1 donnée par l'objectif de l'objet A se forme dans le plan focal objet de l'oculaire :

A_1 = F_2

La distance algébrique entre le foyer image de l'objectif F'_1 et cette image intermédiaire est donc égale à l'intervalle optique (ou longueur de tube) \Delta :

\overline{F'_1 A_1} = \overline{F'_1 F_2} = \Delta

D'après la relation de Newton pour le grandissement transversal \gamma rappelée dans le formulaire de l'énoncé :

\gamma = \frac{\overline{F'_1 A_1}}{\overline{F'_1 O_1}}

Comme \overline{F'_1 O_1} = -f'_1, il vient :

\gamma = -\frac{\Delta}{f'_1} \implies f'_1 = -\frac{\Delta}{\gamma}

Application numérique : avec \Delta = 160\text{ mm} et \gamma = -40{,}0,

f'_1 = -\frac{160\text{ mm}}{-40{,}0} = 4{,}0\text{ mm}
\boxed{f'_1 = 4{,}0\text{ mm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation du tracé précédent permet une résolution rapide, sans omettre les indices indispensables associés aux lentilles.

« l’utilisation judicieuse du dessin réalisé dans la question précédente permet une résolution rapide et efficace. »

« Le jury regrette toutefois la négligence de certains candidats qui semblent juger superflus les indices associés aux lentilles : ils sont en fait indispensables ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : relation de conjugaison, grandissement

Déterminer puis calculer la distance frontale (distance de travail), c'est-à-dire la distance séparant la lame porte-échantillon et le plan de front de l'objectif . Expliquer pourquoi certains objectifs de fort grandissement sont équipés d'un système à ressort qui évite la détérioration de la lentille frontale.

Voir l'indice

Relier la position de l'objet \overline{O_1A} au foyer objet F_1, puis en déduire la distance frontale w = PA = O_1A - O_1P.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la position de l'objet A par rapport au centre optique O_1 de l'objectif à l'aide de la relation de conjugaison de Descartes (ou de Newton) et du grandissement transversal \gamma.
  2. En déduire la distance de travail w = PA = O_1A - O_1P.
  3. Discuter le risque mécanique lié à la faible valeur de cette distance lors de la mise au point.
Voir la réponse courte

Calcul de la position de l'objet par conjugaison de Newton ; justification mécanique de la protection par ressort.

Voir le corrigé complet

L'objectif forme de l'objet A une image intermédiaire A_1 avec un grandissement algébrique :

\gamma = \frac{\overline{O_1A_1}}{\overline{O_1A}} \implies \overline{O_1A_1} = \gamma\,\overline{O_1A}

En utilisant la relation de conjugaison de Descartes avec origine au centre pour la lentille convergente modélisant l'objectif :

\begin{aligned} \frac{1}{\overline{O_1A_1}} - \frac{1}{\overline{O_1A}} &= \frac{1}{f'_1} \\ \frac{1}{\gamma\,\overline{O_1A}} - \frac{1}{\overline{O_1A}} &= \frac{1}{f'_1} \\ \frac{1 - \gamma}{\gamma\,\overline{O_1A}} &= \frac{1}{f'_1} \end{aligned}

On en déduit la position algébrique de l'objet :

\overline{O_1A} = f'_1\,\frac{1 - \gamma}{\gamma}

La distance entre le centre optique et l'objet vaut donc :

O_1A = |\overline{O_1A}| = f'_1\,\frac{\gamma - 1}{\gamma} = f'_1\left(1 - \frac{1}{\gamma}\right)

D'après la figure 1, le plan de front P est situé entre le centre optique O_1 et l'échantillon A, d'où :

w = PA = O_1A - O_1P = f'_1\left(1 - \frac{1}{\gamma}\right) - O_1P

Application numérique : Avec f'_1 = 4{,}0\text{ mm}, \gamma = -40{,}0 et O_1P = 3{,}5\text{ mm} :

\begin{aligned} O_1A &= 4{,}0 \times \left(1 - \frac{1}{-40{,}0}\right) = 4{,}0 \times 1{,}025 = 4{,}1\text{ mm} \\ w &= 4{,}10 - 3{,}5 = 0{,}6\text{ mm} \end{aligned}
\boxed{w = 0{,}6\text{ mm}}

Rôle du système à ressort : La distance frontale w étant extrêmement faible (0{,}6\text{ mm} = 600\ \mu\text{m}), lors d'une mauvaise manipulation au cours de la mise au point (rapprochement trop important du tube ou de la platine), l'objectif risque d'entrer en collision avec la lamelle couvre-objet. Un système de monture rétractable à ressort amortit le contact en permettant à la lentille frontale de s'enfoncer, évitant ainsi de briser la lame de préparation et de rayer ou détruire définitivement la lentille frontale de l'objectif.

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : profondeur de champ, mise au point

Calculez la latitude de mise au point du microscope pour cet objectif, c'est-à-dire la distance dont on peut déplacer l'objectif par rapport à l'objet en conservant une vision nette. De quel système doit être équipé le tube du microscope ?

Voir l'indice

Exprimer la position du conjugué de la limite proximale d'accommodation (d_m) à travers l'ensemble de l'instrument et relier la variation axiale d'objet à \gamma et f'_2.

Voir la stratégie
  1. Relier la position de l'image intermédiaire conjuguée du punctum proximum (PP) à la focale de l'oculaire via la formule de Newton.
  2. En déduire le déplacement correspondant de l'objet via le grandissement longitudinal de l'objectif.
  3. Conclure sur le mécanisme mécanique indispensable pour ajuster la position de l'objectif avec une telle précision.
Voir la réponse courte

Différentiation de la relation de conjugaison pour la latitude de mise au point ; nécessité d'une vis micrométrique.

Voir le corrigé complet

L'œil est positionné dans le plan focal image de l'oculaire (en F'_2). Il observe de façon nette :

  • Sans accommoder (vision au punctum remotum, PR = \infty) : l'image finale est à l'infini, donc l'image intermédiaire A_1 se forme en F_2, soit \overline{F'_1 A_1} = \Delta.
  • En accommodant au maximum (vision au punctum proximum, PP) : l'image finale A' se forme à la distance minimale de vision distincte d_m = 25\text{ cm} en avant de l'œil, soit :

    \overline{F'_2 A'} = -d_m = -250\text{ mm}

Déterminons la position de l'image intermédiaire A_{1,\text{prox}} correspondante à l'aide de la relation de conjugaison de Newton pour l'oculaire L_2 :

\begin{aligned} \overline{F'_2 A'} \cdot \overline{F_2 A_{1,\text{prox}}} &= -{f'_2}^2 \\ \overline{F_2 A_{1,\text{prox}}} &= -\frac{{f'_2}^2}{\overline{F'_2 A'}} = \frac{{f'_2}^2}{d_m} \end{aligned}

L'intervalle de déplacement de l'image intermédiaire est donc :

\delta A_1 = \overline{F_2 A_{1,\text{prox}}} = \frac{(20\text{ mm})^2}{250\text{ mm}} = 1{,}6\text{ mm}

Par la relation de Newton pour l'objectif L_1 :

\overline{F'_1 A_1} \cdot \overline{F_1 A} = -{f'_1}^2

Comme \delta A_1 \ll \Delta = 160\text{ mm}, on peut utiliser l'approximation différentielle :

\mathrm{d}(\overline{F_1 A}) = \frac{{f'_1}^2}{\Delta^2}\,\mathrm{d}(\overline{F'_1 A_1}) = \frac{1}{\gamma^2}\,\delta A_1

La latitude de mise au point \delta \ell s'exprime ainsi par :

\delta \ell = \frac{{f'_2}^2}{\gamma^2 \, d_m}

Application numérique :

\delta \ell = \frac{1{,}6\text{ mm}}{(-40{,}0)^2} = \frac{1{,}6\times 10^{-3}\text{ m}}{1600} = 1{,}0\times 10^{-6}\text{ m} = 1{,}0\ \mu\text{m}
\boxed{\delta \ell = 1{,}0\ \mu\text{m}}

La latitude de mise au point étant extrêmement faible (de l'ordre du micromètre), le tube du microscope doit impérativement être équipé d'une vis micrométrique (commande de mise au point fine), en plus de la vis macrométrique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question difficile et souvent délaissée : seule une infime partie des candidats a obtenu tous les points.

« La notion de latitude de mise au point est compliquée pour la majorité des étudiants et la moitié d’entre eux laisse de côté cette question. Seule une infime partie a obtenu ici la totalité des points attribués. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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B · Microscope de fluorescence utilisé en configuration confocale pour la réjection du bruit de fond

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : tracé de rayons, diaphragme

Sur le schéma de la figure B du document réponse, tracer le faisceau de lumière émis par le point situé dans le plan de l'échantillon mais hors de l'axe optique.

Voir l'indice

Tracer l'image B_1 conjuguée de B par l'objectif : remarquer qu'elle se forme en dehors de l'axe optique et n'atteint pas l'ouverture du sténopé.

Voir la stratégie
  1. Identifier la position de l'image intermédiaire B' conjuguée de B par l'objectif L_1 : B étant dans le même plan de front que A, son image B' se forme dans le plan conjugué (plan du photodétecteur), mais décalée transversalement par rapport à l'axe optique (vers le bas, car \gamma < 0).
  2. Tracer un rayon caractéristique simple (le rayon passant par le centre optique O_1, non dévié) pour localiser B' dans le plan du détecteur.
  3. Délimiter le faisceau émis par B en traçant les rayons marginaux atteignant les bords supérieur et inférieur de la lentille L_1, qui convergent tous en B'.
Voir la réponse courte

Tracé du faisceau issu d'un point hors axe montrant sa focalisation en dehors du sténopé confocal.

Voir le corrigé complet

Le point B est situé dans le plan objet de l'échantillon, orthogonal à l'axe optique en A. Par stigmatisme et aplanétisme approchés de la lentille mince L_1, l'image B' se forme dans le plan image conjugué, c'est-à-dire dans le plan du photodétecteur passant par le point image A' de A.

Comme le grandissement transversal est négatif (\gamma = -40 < 0), l'image B' est située sous l'axe optique (y_{B'} < 0 pour y_B > 0).

  • Le rayon issu de B passant par le centre optique O_1 n'est pas dévié : son intersection avec le plan du détecteur donne la position exacte de B'.
  • Le faisceau utile émis par B est limité par l'ouverture de la lentille L_1. Les rayons incidents issus de B qui rencontrent les bords supérieur et inférieur de la lentille L_1 sont déviés par la lentille et émergent en convergeant au point B'.

Le faisceau converge ainsi en un point B' situé hors de l'axe optique, dans le plan focal image intermédiaire, en dehors de la zone centrale où se trouve le trou d'entrée du photodétecteur.

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut construire clairement les images et tracer les faisceaux complets avec leurs rayons extrêmes.

« Une construction claire des images B′ et C′ est attendue. Trouver B′ hors du plan de l’image A′, ou C′ hors de l’axe optique, peut révéler des incompréhensions. »

« Le traitement complet de ces questions implique le tracé des faisceaux, donc de leurs rayons extrêmes, comme le suggérait le faisceau issu du point Aindiqué par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : tracé de rayons, diaphragme

Sur le schéma de la figure C, tracer le faisceau de lumière émis par le point situé sur l'axe optique mais hors du plan de l'échantillon.

Voir l'indice

Déterminer le plan de convergence axiale des rayons issus de C et observer le diamètre du faisceau dans le plan du détecteur.

Voir la stratégie
  1. Identifier la position de l'image C' du point C par l'objectif L_1 à l'aide des relations de conjugaison par rapport à celle du plan conjugué A.
  2. Tracer le faisceau issu de C délimité par les bords de la lentille L_1 : les rayons convergent en C' sur l'axe optique, puis poursuivent leur propagation en divergeant jusqu'au plan du photodétecteur.
Voir la réponse courte

Tracé du faisceau issu d'un point hors du plan focal montrant son étalement au niveau du sténopé.

Voir le corrigé complet

Le plan du détecteur est positionné dans le plan image intermédiaire du microscope, c'est-à-dire dans le plan conjugué du plan de l'échantillon contenant A. Notons A' le point image de A sur l'axe optique, situé au centre du trou du photodétecteur.

Sur la figure C, le point C est situé sur l'axe optique, en amont du plan de l'échantillon (|\overline{O_1 C}| > |\overline{O_1 A}|, soit \overline{O_1 C} < \overline{O_1 A} < 0). D'après la relation de conjugaison de Descartes avec origine au centre :

\frac{1}{\overline{O_1 C'}} = \frac{1}{f'_1} + \frac{1}{\overline{O_1 C}}

Comme \overline{O_1 C} < \overline{O_1 A} < 0, on a :

\frac{1}{\overline{O_1 C}} > \frac{1}{\overline{O_1 A}} \implies \frac{1}{\overline{O_1 C'}} > \frac{1}{\overline{O_1 A'}} \implies \overline{O_1 C'} < \overline{O_1 A'}

L'image C' se forme donc sur l'axe optique en avant du plan du détecteur (entre le foyer image F'_1 et le plan du détecteur).

Pour tracer le faisceau lumineux issu de C :

  • On trace les rayons incidents issus de C atteignant les bords supérieur et inférieur de la lentille L_1.
  • Après réfraction par L_1, ces rayons convergent vers le point image C' situé sur l'axe optique en avant du détecteur.
  • Au-delà de C', les rayons poursuivent leur propagation en ligne droite et divergent. Ils atteignent le plan du photodétecteur sous forme d'une tache largement étalée.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut construire clairement les images et tracer les faisceaux complets avec leurs rayons extrêmes.

« Une construction claire des images B′ et C′ est attendue. Trouver B′ hors du plan de l’image A′, ou C′ hors de l’axe optique, peut révéler des incompréhensions. »

« Le traitement complet de ces questions implique le tracé des faisceaux, donc de leurs rayons extrêmes, comme le suggérait le faisceau issu du point Aindiqué par l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : filtrage spatial, microscopie confocale

À quoi sert l'introduction d'un trou de petite taille dans le plan du photodétecteur ?

Voir l'indice

Expliquer en quoi le diaphragme (trou sténopé ou pinhole) élimine les photons émis hors du plan focal et hors de l'axe optique.

Voir la réponse courte

Le trou confocal élimine la lumière parasite émise en dehors du plan focal objet (sectionnement optique).

Voir le corrigé complet

L'introduction d'un diaphragme de petite taille (ou trou de sténopé, pinhole) dans le plan du photodétecteur a pour fonction d'assurer un filtrage spatial tridimensionnel :

  • Dans le plan de l'échantillon (sélection latérale) : les points situés hors de l'axe optique, comme le point B étudié à la question Q6, forment leur image conjuguée en dehors de l'axe optique. Le diaphragme bloque ainsi leurs faisceaux et isole uniquement la lumière issue du point A conjugué du trou ;
  • Selon la profondeur (sélection axiale) : les points situés hors du plan focal objet, comme le point C étudié à la question Q7, forment une tache lumineuse défocalisée et étendue au niveau du plan du capteur. La quasi-totalité de leur flux lumineux est donc interceptée par les bords du diaphragme.

Ce diaphragme permet ainsi d'éliminer la lumière parasite et la fluorescence hors foyer (issues du solvant ou d'autres fluorophores), assurant le sectionnement optique de l'échantillon et améliorant de façon décisive le contraste et le rapport signal sur bruit.

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait que soit établi un lien explicite avec les questions Q6 et Q7.

« Ici, le jury attend que le candidat fasse un lien explicite entre cette question et les deux précédentes : certains l’ont fait brillamment, mais ils sont peu nombreux. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : microscopie confocale

Justifier la nécessité d'un système de balayage (translation de l'échantillon dans son plan) pour réaliser une image de fluorescence.

Voir l'indice

Considérer le caractère ponctuel de la zone observée par le couple objectif-sténopé pour expliquer la reconstitution d'une image étendue.

Voir la réponse courte

La détection étant ponctuelle, la reconstruction d'une image 2\text{D} ou 3\text{D} nécessite un balayage spatial.

Voir le corrigé complet

Comme établi aux questions précédentes (Q6 à Q8), l'association du diaphragme de filtrage et du photodétecteur constitue un détecteur quasi-ponctuel : la lumière de fluorescence n'est collectée efficacement que si elle provient d'une région microscopique unique centrée sur l'axe optique dans le plan de mise au point (le point A).

Le microscope confocal n'effectue donc à chaque instant qu'une mesure ponctuelle du signal lumineux. Pour obtenir une image bidimensionnelle de l'échantillon, il est indispensable de faire correspondre à chaque point (ou pixel) du plan d'observation une mesure d'intensité.

\boxed{\text{Le balayage de l'échantillon point par point permet de reconstruire l'image 2D par juxtaposition séquentielle des signaux mesurés.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait faire intervenir la notion de construction d'une image « point par point ».

« la notion de construction « point par point » est une notion abordée par les étudiants lorsqu’ils se penchent sur l’approche documentaire relative aux microscopes à effet tunnel. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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C · Séparation de la lumière de fluorescence de la lumière diffuse

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : niveau d'énergie, photon, désexcitation radiative

D'après le schéma de la figure 4 comparer la longueur d'onde du signal de fluorescence résultant de la désexcitation radiative à celle du laser excitateur ().

Voir l'indice

Comparer les énergies des transitions d'absorption et d'émission radiative sur le diagramme de Perrin-Jablonski pour déduire le décalage de Stokes en longueur d'onde.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie d'un photon en fonction de sa longueur d'onde à l'aide de la relation de Planck-Einstein.
  2. Comparer graphiquement sur la figure 4 les écarts énergétiques associés à l'excitation et à la désexcitation radiative.
  3. En déduire le classement des longueurs d'onde correspondantes.
Voir la réponse courte

Déplacement de Stokes : relaxation non radiative avant émission donc \Delta E_{fluo} < \Delta E_{exc} et \lambda_{fluo} > \lambda_{exc}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de Planck-Einstein, l'énergie d'un photon absorbé ou émis est reliée à sa longueur d'onde dans le vide par :

\Delta E = h \nu = \frac{hc}{\lambda}

Le schéma énergétique de la figure 4 montre que :

  • l'absorption d'un photon laser de longueur d'onde \lambda = 532\text{ nm} fournit une énergie d'excitation \Delta E_{\text{exc}} = \frac{hc}{\lambda} qui porte la molécule dans un état vibrationnel élevé du niveau électronique excité ;
  • une désexcitation non radiative (relaxation vibrationnelle) dissipe une partie de cette énergie sous forme thermique vers l'état vibrationnel le plus bas du niveau excité ;
  • la désexcitation radiative (fluorescence) correspond à une transition d'énergie \Delta E_{\text{fluo}} strictement inférieure à l'énergie d'excitation :

    \Delta E_{\text{fluo}} < \Delta E_{\text{exc}}

L'énergie étant inversement proportionnelle à la longueur d'onde, on en déduit :

\frac{hc}{\lambda_{\text{fluo}}} < \frac{hc}{\lambda}

soit :

\boxed{\lambda_{\text{fluo}} > \lambda = 532\text{ nm}}

Le signal de fluorescence est donc émis à une longueur d'onde supérieure à celle du laser excitateur (décalage vers le rouge).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une réponse sans justification n'est pas acceptée par le jury.

« Cette question ne présente aucune difficulté particulière, mais le jury ne peut accepter une réponse sans justification. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : filtre dichroïque, transmission

Expliquer le rôle de la lame semi-réfléchissante et donner l'allure que doit avoir la courbe du coefficient de transmission du miroir en fonction de la longueur d'onde .

Voir l'indice

Préciser quelle longueur d'onde doit être réfléchie vers l'échantillon et laquelle doit être transmise vers le photodétecteur.

Voir la réponse courte

Réflexion de l'excitation à 532\text{ nm} et transmission sélective des longueurs d'onde supérieures de fluorescence.

Voir le corrigé complet

Le miroir dichroïque (ou lame semi-réfléchissante sélective en longueur d'onde) assure une double fonction :

  1. Séparation géométrique des voies d'excitation et de détection : il réfléchit le faisceau laser incident (\lambda = 532\text{ nm}) vers l'objectif et l'échantillon, tout en transmettant la lumière de fluorescence issue de l'échantillon vers le photodétecteur.
  2. Filtrage spectral de la lumière parasite : l'échantillon diffuse élastiquement une fraction de la lumière laser incidente (diffusion Rayleigh à \lambda = 532\text{ nm}), avec une intensité considérablement plus élevée que le signal de fluorescence. En réfléchissant la longueur d'onde d'excitation \lambda, le miroir empêche cette lumière laser diffusée d'atteindre le photodétecteur, évitant ainsi la saturation de celui-ci et préservant le rapport signal sur bruit.

D'après la question Q10, la lumière de fluorescence possède une longueur d'onde strictement supérieure à celle du laser :

\lambda_{\text{fluo}} > \lambda = 532\text{ nm}

Le miroir dichroïque doit donc se comporter comme un filtre passe-haut en longueur d'onde (ou « passe-long ») :

  • À la longueur d'onde du laser, le miroir est réfléchissant :

    T(\lambda = 532\text{ nm}) \approx 0 \quad (\text{soit } R \approx 1)
  • Pour les longueurs d'onde de fluorescence \lambda > \lambda_c (avec \lambda_c \gtrsim 532\text{ nm}), le miroir doit transmettre au maximum :

    T(\lambda) \approx 1
Voir ce qu'a relevé le jury

Divers filtres sont acceptés à condition de bien différencier la lumière laser de celle de fluorescence.

« Divers types de filtres sont acceptés, si tant est que leur comportement est clairement différent pour la lumière laser et pour celle du signal de fluorescence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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D · Émission de la lumière de fluorescence par un fluorophore

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de vitesse, équation différentielle

Déterminer l'équation vérifiée par en fonction des taux définis précédemment et des probabilités d'occupation des niveaux d'énergie. Les équations du système sont-elles linéairement indépendantes ?

Voir l'indice

Établir le bilan des flux de probabilité entrant et sortant du niveau 2, puis sommer les dérivées temporelles des trois probabilités.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan de probabilité sur le niveau 2 en recensant les processus entrants (excitation depuis le niveau 1) et sortants (désexcitations radiative, non radiative et croisement intersystèmes).
  2. Sommer les équations différentielles régissant P_1, P_2 et P_3 pour vérifier si le système est linéairement indépendant.
Voir la réponse courte

Bilan sur la population du niveau 2 : \frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} = k_e P_1 - (k_r + k_{nr} + k_{isc}) P_2, système lié par la conservation.

Voir le corrigé complet

Le niveau 2 est peuplé par la transition 1 \to 2 à la vitesse k_e P_1 et dépeuplé par :

  • la désexcitation radiative vers le niveau 1 à la vitesse k_r P_2,
  • la désexcitation non radiative vers le niveau 1 à la vitesse k_{nr} P_2,
  • le passage vers l'état triplet 3 (« inter-system crossing ») à la vitesse k_{isc} P_2.

Le bilan de probabilité pour le niveau 2 s'écrit donc :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} = k_e P_1 - (k_r + k_{nr} + k_{isc}) P_2}

Examinons la somme des dérivées temporelles des trois probabilités :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}P_1}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}P_3}{\mathrm{d}t} &= \left[-k_e P_1 + (k_r + k_{nr}) P_2 + k_T P_3\right] \\ &\quad + \left[k_e P_1 - (k_r + k_{nr} + k_{isc}) P_2\right] \\ &\quad + \left[k_{isc} P_2 - k_T P_3\right] \\ &= 0 \end{aligned}

La somme des trois membres de droite étant identiquement nulle quel que soit le triplet (P_1, P_2, P_3), la relation :

\frac{\mathrm{d}P_1}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}P_3}{\mathrm{d}t} = 0

montre que les trois équations différentielles ne sont pas linéairement indépendantes.

Résultat

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Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : probabilité d'occupation, conservation de la matière

Écrire cette relation entre les probabilités , et .

Voir l'indice

Traduire le fait que la molécule se trouve nécessairement dans l'un des trois états accessibles du modèle fermé.

Voir la réponse courte

Conservation de la probabilité totale : P_1 + P_2 + P_3 = 1.

Voir le corrigé complet

Puisque le système est fermé et que les seuls états accessibles à la molécule sont les niveaux 1, 2 et 3, ces trois états constituent un ensemble exhaustif (système complet d'événements).

Par conservation de la probabilité totale (condition de normalisation), la somme des probabilités d'occupation de ces niveaux vaut 1 à chaque instant :

\boxed{P_1 + P_2 + P_3 = 1}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fluorescence, clignotement

Comment peut-on observer ce phénomène sur l'image b de la figure 3 ?

Voir l'indice

Observer attentivement la disparition soudaine de fluorescence (extinction irréversible ou photoblanchiment) au cours du balayage pixel par pixel.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le mode d'acquisition de l'image, qui s'effectue par balayage séquentiel ligne par ligne de l'échantillon.
  2. Observer les taches de fluorescence présentes sur l'image b de la figure 3 en dehors du cadre blanc.
  3. Interpréter la discontinuité spatiale visible comme une extinction temporelle abrupte au cours du balayage (photoblanchiment d'une molécule unique).
Voir la réponse courte

Le piégeage temporaire dans l'état triplet métastable 3 se manifeste par un clignotement (« blinking ») du signal.

Voir le corrigé complet

L'image confocale est construite par balayage ligne par ligne (de haut en bas, ou de gauche à droite) de l'échantillon sous le faisceau laser. Une molécule fluorescente individuelle apparaît donc sous la forme d'une tache lumineuse (profil d'intensité) explorée séquentiellement au cours du temps.

Sur l'image b de la figure 3, à gauche de la molécule centrale entourée par le carré blanc, on observe une tache de fluorescence brutalement tronquée selon une ligne de balayage horizontale (demi-tache) :

  • la molécule commence à fluorescer normalement lors du passage du faisceau sur les premières lignes de balayage ;
  • au milieu de l'acquisition de la tache, la molécule subit une réaction photochimique destructive irréversible (photoblanchiment ou photobleaching) et cesse définitivement d'émettre ;
  • pour les lignes suivantes de balayage, le signal retombe instantanément au niveau du bruit de fond.
\boxed{\text{La perte de photostabilité se manifeste sur l'image b par une tache tronquée net selon une ligne de balayage.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait observer la disparition de taches entre a et b ainsi qu'une tache tronquée traduisant l'arrêt brutal de l'émission.

« En effet, un bon observateur remarquera qu’entre les figures a et b, certaines tâches ont disparu, attestant de l’arrêt de la fluorescence entre l’enregistrement de ces deux images. »

« Il pourra aussi remarquer qu’une tâche (en haut à droite de la figure b) a été tronquée, manifestant l’arrêt brutal de la fluorescence lors de l’enregistrement de l’image b. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime stationnaire, équilibre cinétique

Déterminer la solution stationnaire pour la probabilité d'occupation du niveau 2 en fonction de , , , et dans le cas d'un système fermé.

Voir l'indice

Écrire le système en régime stationnaire (\mathrm{d}P_i/\mathrm{d}t = 0), exprimer P_1 et P_3 en fonction de P_2 à l'aide de la relation de fermeture, et isoler P_{2s}.

Voir la stratégie
  1. Traduire le régime stationnaire par l'annulation des dérivées temporelles des probabilités d'occupation.
  2. Exprimer P_{3s} en fonction de P_{2s} à l'aide de l'équation sur le niveau 3.
  3. Exprimer P_{1s} en fonction de P_{2s} et de K = 1 + \frac{k_{isc}}{k_T} en exploitant la relation de normalisation du système fermé issue de la question Q13.
  4. Injecter cette expression dans la condition stationnaire sur le niveau 2 afin d'isoler P_{2s}.
Voir la réponse courte

Résolution du système linéaire à dérivées nulles avec P_1+P_2+P_3=1 pour trouver P_{2s}.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, les probabilités d'occupation P_1, P_2 et P_3 sont constantes au cours du temps, si bien que :

\frac{\mathrm{d}P_1}{\mathrm{d}t} = 0, \quad \frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} = 0, \quad \frac{\mathrm{d}P_3}{\mathrm{d}t} = 0.

Notons P_{1s}, P_{2s} et P_{3s} les probabilités stationnaires respectives.

L'équation différentielle régissant l'évolution du niveau triplet 3 donne :

\frac{\mathrm{d}P_3}{\mathrm{d}t} = 0 \iff k_{isc} P_{2s} - k_T P_{3s} = 0 \implies P_{3s} = \frac{k_{isc}}{k_T} P_{2s}.

Le système étant fermé (résultat de la question Q13), la somme des probabilités vaut 1 à tout instant :

P_{1s} + P_{2s} + P_{3s} = 1.

En y injectant l'expression de P_{3s}, on obtient :

P_{1s} + \left(1 + \frac{k_{isc}}{k_T}\right) P_{2s} = 1,

soit, en introduisant le paramètre K = 1 + \dfrac{k_{isc}}{k_T} :

P_{1s} = 1 - K P_{2s}.

D'après l'équation régissant l'évolution du niveau excité 2 établie à la question Q12, le régime stationnaire impose :

\frac{\mathrm{d}P_2}{\mathrm{d}t} = k_e P_{1s} - (k_r + k_{nr} + k_{isc}) P_{2s} = 0.

En remplaçant P_{1s} par son expression en fonction de P_{2s}, il vient :

\begin{aligned} k_e (1 - K P_{2s}) - (k_r + k_{nr} + k_{isc}) P_{2s} &= 0 \\ k_e &= \left(k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e\right) P_{2s}. \end{aligned}

On en déduit l'expression de la probabilité stationnaire d'occupation du niveau 2 :

\boxed{P_{2s} = \frac{k_e}{k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut traduire clairement le caractère stationnaire et expliciter les probabilités des niveaux P1 et P2.

« Le jury attend toutefois au préalable la traduction claire et simple du caractère « stationnaire ». »

« Il aimerait que le candidat mentionne plus souvent les niveaux P1 et P2 pour étayer son propos souvent très flou. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime stationnaire, saturation

En déduire qu'il existe un taux limite de fluorescence, noté quand le taux d'excitation devient très grand devant les taux de désexcitation , et . Justifier qualitativement l'existence d'un taux limite.

Voir l'indice

Prendre la limite de l'expression de R_f lorsque k_e \to \infty et interpréter physiquement le goulot d'étranglement lié aux durées de vie des états excités.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le taux de fluorescence stationnaire R_f = k_r P_{2s} à partir de l'expression de P_{2s} établie à la question Q15, puis calculer sa limite lorsque k_e \gg k_r, k_{nr}, k_{isc}.
  2. Interpréter physiquement cette saturation en analysant le temps de séjour de la molécule dans les états excités et le rôle de réservoir du niveau triplet.
Voir la réponse courte

Limite k_e \to \infty : le taux d'émission est limité par le goulot d'étranglement de désexcitation du niveau triplet.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, la probabilité stationnaire d'occupation du niveau excité 2 est donnée par :

P_{2s} = \frac{k_e}{k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e}

Le taux de fluorescence en régime stationnaire s'écrit donc :

R_f = k_r P_{2s} = \frac{k_r k_e}{k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e} = \frac{k_r}{\displaystyle \frac{k_r + k_{nr} + k_{isc}}{k_e} + K}

Lorsque le taux d'excitation devient très grand devant les taux de désexcitation (k_e \gg k_r, k_{nr}, k_{isc}), le premier terme du dénominateur devient négligeable devant K. Il en résulte l'existence d'une valeur limite :

\boxed{R_f^\infty = \frac{k_r}{K} = \frac{k_r}{1 + \dfrac{k_{isc}}{k_T}}}

Justification qualitative :

  • Une molécule unique ne peut émettre qu'un photon à la fois et doit nécessairement passer par un cycle complet absorption-émission. Même si l'excitation 1 \to 2 est rendue quasi-instantanée par une forte intensité laser (k_e \to \infty, soit P_1 \to 0), la durée de désexcitation reste finie, limitée par le temps de séjour dans les états excités.
  • Par ailleurs, à partir de l'état 2, la molécule a une probabilité non nulle de subir une conversion inter-système vers le niveau triplet 3 (taux k_{isc}). Ce niveau étant métastable (sa désexcitation radiative vers l'état fondamental est interdite de spin, d'où un taux k_T très faible), le fluorophore s'y retrouve piégé pendant une durée moyenne 1/k_T relativement longue. Ce phénomène de « goulot d'étranglement » plafonne la fraction de temps passée dans le niveau radiatif 2 à 1/K, limitant irrémédiablement le taux moyen d'émission à k_r/K.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut traduire clairement le caractère stationnaire et expliciter les probabilités des niveaux P1 et P2.

« Le jury attend toutefois au préalable la traduction claire et simple du caractère « stationnaire ». »

« Il aimerait que le candidat mentionne plus souvent les niveaux P1 et P2 pour étayer son propos souvent très flou. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : saturation, photoblanchiment

Expliquer pourquoi alors il n'est pas souhaitable d'exciter trop fortement l'échantillon.

Voir l'indice

Identifier les effets néfastes d'un éclairement excessif : saturation du signal utile, échauffement, bruit de fond du solvant et photoblanchiment prématuré.

Voir la stratégie

Pour répondre à cette question, il s'agit d'identifier :

  1. L'effet d'une forte excitation sur le signal utile (phénomène de saturation établi en Q16) ;
  2. Les effets indésirables associés à une puissance laser excessive (bruit de fond, photostabilité, échauffement).
Voir la réponse courte

L'augmentation de puissance n'accroît plus le signal et accélère le photoblanchiment irréversible du fluorophore.

Voir le corrigé complet

Il n'est pas souhaitable d'exciter trop fortement l'échantillon pour plusieurs raisons majeures :

  • Saturation du signal utile : d'après la question Q16, le taux de fluorescence sature à la valeur limite R_f^\infty. Augmenter la puissance d'excitation k_e au-delà de la saturation n'apporte donc aucun gain sur le signal de fluorescence S_f émis par la molécule.
  • Dégradation du rapport signal sur bruit : le signal parasite de diffusion S_d issu du substrat est proportionnel à l'intensité laser I_0 sans effet de saturation (S_d \propto I_0, voir sous-partie I.F). Comme le signal utile S_f plafonne, le rapport signal sur fond S_f / S_d ainsi que le rapport signal sur bruit chutent à forte intensité.
  • Accélération du photoblanchiment (photobleaching) : une molécule organique ne supporte qu'un nombre fini de cycles d'excitation avant d'être détruite de façon irréversible par réaction photochimique (perte de photostabilité évoquée avant Q14). Une excitation trop intense abrège dramatiquement sa durée de vie observable.
  • Échauffement local : une forte densité de puissance lumineuse peut provoquer un échauffement local du substrat et dénaturer l'échantillon.
Voir ce qu'a relevé le jury

Il était possible d'invoquer la photostabilité ou l'augmentation du bruit sans gain de signal.

« Une bonne lecture de l’énoncé permettait d’évoquer la photostabilité, ou l’augmentation du bruit sans augmentation du signal : les deux arguments étaient acceptés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de demi-réaction, constante de vitesse

Calculer la valeur numérique de dans le cas d'un « bon » chromophore où avec une durée de vie radiative .

Voir l'indice

Appliquer la formule obtenue à la question Q16 avec les valeurs numériques fournies pour K et \tau_r.

Voir la réponse courte

Calcul direct de R_f^\infty = k_r / K = 1 / (K \tau_r) = 2 \times 10^7\text{ s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question Q16, le taux limite de fluorescence s'exprime par :

R_f^\infty = \frac{k_r}{K} = \frac{1}{K\,\tau_r}

Avec les valeurs numériques fournies par l'énoncé :

  • K = 10 ;
  • \tau_r = 5\text{ ns} = 5 \times 10^{-9}\text{ s}.

Le calcul donne immédiatement :

R_f^\infty = \frac{1}{10 \times 5 \times 10^{-9}} = 2 \times 10^7\text{ s}^{-1}

Ce taux d'émission correspond au nombre de photons émis par unité de temps :

\boxed{R_f^\infty = 2 \times 10^7\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à l'unité : la fréquence d'un signal aléatoire s'exprime en s⁻¹ et non en Hz.

« Une simple application numérique est attendue ici, en notant toutefois l’importance de l’unité et en rappelant que si la fréquence d’un signal périodique s’exprime en Hz, celle d’un signal aléatoire s’exprime en s−1. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : rendement quantique, saturation

Montrer que le taux d'excitation à saturation s'écrit . Expliciter appelé rendement quantique de fluorescence en fonction , et . Réexprimer alors en fonction et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation R_f(k_e^s) = R_f^\infty / 2 pour obtenir k_e^s, puis identifier le rendement quantique \phi_f comme le rapport du taux radiatif sur la somme de tous les taux de désexcitation du niveau 2.

Voir la réponse courte

Définition \phi_f = k_r / (k_r + k_{nr} + k_{isc}) et mise sous forme standard de la loi de saturation.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q15 et Q16, le taux de fluorescence en régime stationnaire et sa valeur limite s'écrivent :

\begin{aligned} R_f(k_e) &= \frac{k_r k_e}{k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e} \\ R_f^\infty &= \frac{k_r}{K} \end{aligned}

Par définition, le taux d'excitation à saturation k_e^s vérifie la condition :

R_f(k_e^s) = \frac{1}{2} R_f^\infty = \frac{1}{2}\frac{k_r}{K}

En injectant l'expression de R_f(k_e^s) :

\begin{aligned} \frac{k_r k_e^s}{k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e^s} &= \frac{1}{2}\frac{k_r}{K} \\ 2 K k_e^s &= k_r + k_{nr} + k_{isc} + K k_e^s \\ K k_e^s &= k_r + k_{nr} + k_{isc} \end{aligned}

D'où l'expression du taux d'excitation à saturation :

k_e^s = \frac{k_r + k_{nr} + k_{isc}}{K} = \frac{k_r + k_{nr} + k_{isc}}{k_r} \frac{k_r}{K}

Cette grandeur s'écrit sous la forme demandée k_e^s = \frac{1}{\phi_f}\frac{k_r}{K} en introduisant le rendement quantique de fluorescence :

\boxed{\phi_f = \frac{k_r}{k_r + k_{nr} + k_{isc}}}

et on a bien :

\boxed{k_e^s = \frac{1}{\phi_f}\frac{k_r}{K}}

En combinant cette relation avec l'expression R_f^\infty = \frac{k_r}{K}, on obtient immédiatement :

\boxed{R_f^\infty = \phi_f k_e^s}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : section efficace, loi de beer-lambert

Quelle est la dimension de ? Quel sens concret peut-on donner à la grandeur ? Pour les molécules considérées, on a . Commenter l'ordre de grandeur de .

Voir l'indice

Analyser l'homogénéité du rapport à partir des unités de \varepsilon_{\max} et N_A, puis interpréter \sigma comme une aire géométrique apparente d'interaction avec le photon.

Voir la réponse courte

\sigma est homogène à une surface (section efficace d'absorption, de l'ordre de 10^{-16}\text{ cm}^2 \approx 10^{-20}\text{ m}^2).

Voir le corrigé complet

1. Dimension de \sigma

D'après les unités données dans l'énoncé :

  • la constante d'Avogadro a pour dimension [N_A] = \mathrm{N}^{-1} (où \mathrm{N} désigne la dimension de la quantité de matière) ;
  • le coefficient d'extinction molaire \varepsilon_{\max} est exprimé en \mathrm{mol}^{-1}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{cm}^{-1}, avec 1\text{ L} = 10^{-3}\text{ m}^3 et 1\text{ cm}^{-1} = 10^2\text{ m}^{-1}, d'où :

    [\varepsilon_{\max}] = \mathrm{N}^{-1}\cdot\mathrm{L}^3\cdot\mathrm{L}^{-1} = \mathrm{N}^{-1}\cdot\mathrm{L}^2

On en déduit immédiatement la dimension du rapport \sigma = \varepsilon_{\max} / N_A :

[\sigma] = \frac{[\varepsilon_{\max}]}{[N_A]} = \mathrm{L}^2
\boxed{\sigma\text{ a la dimension d'une surface (ou aire).}}

2. Sens concret de \sigma

La grandeur \sigma représente la section efficace d'absorption de la molécule individuelle. Concrètement, il s'agit de la surface fictive présentée par la molécule au flux de photons incidents : tout photon incident dont la trajectoire intercepte cette surface a une probabilité unitaire d'être absorbé par le fluorophore.

3. Calcul numérique et commentaire sur l'ordre de grandeur

Exprimons \varepsilon_{\max} en unités du Système International :

\varepsilon_{\max} \approx 1 \times 10^5\text{ mol}^{-1}\cdot(10^{-3}\text{ m}^3)\cdot(10^{-2}\text{ m})^{-1} = 1 \times 10^4\text{ m}^2\cdot\text{mol}^{-1}

D'où la valeur de \sigma avec N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} :

\begin{aligned} \sigma &= \frac{1 \times 10^4}{6{,}02 \times 10^{23}} \approx 1{,}7 \times 10^{-20}\text{ m}^2 \end{aligned}
\boxed{\sigma \approx 1{,}7 \times 10^{-20}\text{ m}^2 = 0{,}17\text{ nm}^2}

Une dimension linéaire caractéristique associée à cette surface est :

d \sim \sqrt{\sigma} \approx \sqrt{1{,}7 \times 10^{-20}}\text{ m} \approx 0{,}13\text{ nm} \approx 1{,}3\text{ \AA}

Cet ordre de grandeur correspond aux distances interatomiques typiques dans une molécule organique (longueur d'une liaison chimique de l'ordre de 0{,}1 à 0{,}15\text{ nm}). La section efficace d'absorption est ainsi du même ordre de grandeur que la section géométrique de la molécule (ou du système conjugué responsable de l'absorption), ce qui confirme le caractère de « bon chromophore » du fluorophore.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas dimension et unité, et assimilez σ à une surface (section efficace) liée à la taille de la molécule.

« Cette question n’appelle pas à des développements complexes, mais à une clarification de l’uni té L⋅cm−1 qui vient naturellement à l’esprit. »

« Le jury se permet de faire remarquer au candidat que la lettre « σ » peut avan tageusement faire penser à une surface. Malheureusement, certains candidats l’identifient à une charge surfacique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intensité lumineuse, photon

Déterminer numériquement, en l'intensité à saturation pour la longueur d'onde du laser utilisé, , , et . Commenter sachant qu'un laser de type He-Ne tel que ceux utilisés en travaux pratiques émet, en ordre de grandeur, une puissance de .

Voir l'indice

Exprimer I_s à partir de la relation fournie liant k_e^s et I_s, convertir soigneusement les unités en \mathrm{kW}\cdot\mathrm{cm}^{-2} et comparer à la densité de puissance d'un faisceau non focalisé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer littéralement l'intensité à saturation I_s à partir de la relation reliant k_e^s et I_s donnée dans l'énoncé, en utilisant les résultats des questions Q19 et Q20.
  2. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs fournies en veillant aux conversions d'unités (notamment pour obtenir I_s en \mathrm{kW\cdot cm^{-2}}).
  3. Comparer cette intensité à celle obtenue en focalisant un laser usuel de 1\text{ mW} sur une tache de diffraction micrométrique.
Voir la réponse courte

Calcul de I_s = h\nu k_e^s / \sigma, comparaison avec l'intensité obtenue en focalisant un laser de laboratoire.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'intensité à saturation I_s et le taux d'excitation à saturation k_e^s sont reliés par :

k_e^s = \frac{I_s}{h\nu}\,\frac{\varepsilon_{\max}}{N_A} = \frac{I_s\,\lambda}{h c}\,\sigma

où \sigma = \dfrac{\varepsilon_{\max}}{N_A} est la section efficace d'absorption définie à la question Q20.

D'après la question Q19, le taux d'excitation à saturation s'écrit :

k_e^s = \frac{1}{\phi_f}\frac{k_r}{K} = \frac{1}{\phi_f K \tau_r}

On en déduit l'expression littérale de l'intensité à saturation :

I_s = \frac{h c}{\lambda}\,\frac{N_A}{\varepsilon_{\max}}\,\frac{1}{\phi_f K \tau_r} = \frac{h c}{\lambda \sigma}\,\frac{1}{\phi_f K \tau_r}

Application numérique :

  • Énergie d'un photon excitateur :

    h\nu = \frac{h c}{\lambda} = \frac{6{,}62 \times 10^{-34} \times 3{,}00 \times 10^8}{532 \times 10^{-9}} = 3{,}733 \times 10^{-19}\text{ J}
  • Taux d'excitation à saturation :

    k_e^s = \frac{1}{1 \times 10 \times 5 \times 10^{-9}} = 2{,}0 \times 10^7\text{ s}^{-1}
  • Section efficace d'absorption (en \text{cm}^2) :

    \varepsilon_{\max} = 1 \times 10^5\text{ mol}^{-1}\cdot\text{L}\cdot\text{cm}^{-1} = 1 \times 10^8\text{ mol}^{-1}\cdot\text{cm}^2
    \sigma = \frac{\varepsilon_{\max}}{N_A} = \frac{1{,}0 \times 10^8}{6{,}02 \times 10^{23}} = 1{,}66 \times 10^{-16}\text{ cm}^2

L'intensité à saturation vaut ainsi :

\begin{aligned} I_s &= \frac{h\nu \cdot k_e^s}{\sigma} = \frac{3{,}733 \times 10^{-19} \times 2{,}0 \times 10^7}{1{,}66 \times 10^{-16}} \\ &= 4{,}5 \times 10^4\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} = 45\text{ kW}\cdot\text{cm}^{-2} \end{aligned}
\boxed{I_s \approx 45\text{ kW}\cdot\text{cm}^{-2}}

Commentaire : Bien qu'une intensité de plusieurs dizaines de kilowatts par centimètre carré paraisse considérable, la surface d'illumination au foyer d'un objectif de microscope est limitée par la diffraction à une tache d'aire S \sim \pi w_0^2 \sim 1\ \mu\text{m}^2 = 10^{-8}\text{ cm}^2.

Pour un laser hélium-néon de puissance usuelle P \sim 1\text{ mW}, l'intensité au point de focalisation atteint :

I \sim \frac{P}{S} \sim \frac{10^{-3}\text{ W}}{10^{-8}\text{ cm}^2} = 10^5\text{ W}\cdot\text{cm}^{-2} = 100\text{ kW}\cdot\text{cm}^{-2}

Cette valeur est supérieure à l'intensité de saturation I_s. Ainsi, même un laser de très faible puissance (1\text{ mW}) suffit largement à saturer l'absorption d'une molécule individuelle lorsqu'il est focalisé par un objectif de microscope.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Respectez l'unité demandée et estimez la section d'un faisceau laser pour commenter la focalisation.

« Si le calcul de Isest facilité par l’indication de l’unité (pas toujours respectée), la comparaison avec le laser He-Ne requiert un commentaire faisant appel à la réflexion du candidat quant à la capacité que l’on a à focaliser un laser. »

« Le jury tient à souligner à ce titre que la comparaison avec le laser He-Ne nécessite d’avoir une idée de la section d’un faisceau laser, illustrant l’importance des travaux pratiques, non décorrélés des cours. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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E · Excitation laser

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : ouverture numérique, tache d'airy

En considérant la molécule fluorescente comme un émetteur ponctuel, évaluer l'ouverture numérique de l'objectif utilisé pour réaliser les images de la figure 3 avec la longueur d'onde laser . Pourquoi est-il important d'utiliser un objectif d'ouverture numérique élevée ?

Voir l'indice

Estimer le rayon de la tache centrale sur le profil d'intensité de la figure 3(c) et l'identifier à \omega_r = 0{,}5\,\lambda/\mathrm{ON}.

Voir la stratégie
  1. Relier le profil spatial du signal détecté lors du balayage à l'intensité du faisceau laser excitateur au point focal.
  2. Mesurer la largeur à mi-hauteur sur le profil de la figure 3 pour en déduire le rayon de col \omega_r, puis calculer l'ouverture numérique \mathrm{ON} = \sin\theta.
  3. Discuter les avantages physiques d'une forte ouverture numérique : efficacité de collecte des photons émis dans tout l'espace et résolution spatiale (réduction du volume sondé).
Voir la réponse courte

Évaluation de l'ouverture numérique via le critère de Rayleigh/Airy ; une grande ON optimise la résolution et la collecte.

Voir le corrigé complet

Lors du balayage de l'échantillon dans le plan focal (z = 0), une molécule fluorescente quasi-ponctuelle sonde l'intensité du faisceau laser d'excitation. Le signal de fluorescence détecté est proportionnel à l'intensité locale I(r, 0) reçue par la molécule :

I(r, 0) = I_0 \exp\left(-2\frac{r^2}{\omega_r^2}\right)

Le profil de coups détectés représenté sur la figure 3 correspond donc au profil gaussien d'intensité du faisceau laser au point de focalisation.

1. Évaluation de l'ouverture numérique :

Le maximum du profil atteint environ 250\text{ coups}. La demi-hauteur correspond à I \approx 125\text{ coups} (niveau repéré par la graduation 128). On lit sur l'axe des abscisses les positions pour lesquelles le signal vaut la moitié de son maximum :

x_1 \approx 0{,}68\ \mu\text{m} \quad \text{et} \quad x_2 \approx 1{,}08\ \mu\text{m}

La largeur à mi-hauteur (FWHM) vaut ainsi :

\Delta x_{1/2} = x_2 - x_1 \approx 0{,}40\ \mu\text{m}

Pour un profil de la forme I(r) = I_0 \exp\left(-2 r^2/\omega_r^2\right), la largeur à mi-hauteur est reliée à \omega_r par :

\begin{aligned} \exp\left(-2\frac{(\Delta x_{1/2}/2)^2}{\omega_r^2}\right) = \frac{1}{2} &\implies \frac{\Delta x_{1/2}^2}{2\omega_r^2} = \ln 2 \\ &\implies \Delta x_{1/2} = \omega_r \sqrt{2\ln 2} \approx 1{,}18\,\omega_r \end{aligned}

On en déduit le rayon du col :

\omega_r = \frac{\Delta x_{1/2}}{\sqrt{2\ln 2}} \approx \frac{0{,}40\ \mu\text{m}}{1{,}18} \approx 0{,}34\ \mu\text{m} = 340\text{ nm}

D'après la formule donnée dans le préambule de la sous-partie I.E, \omega_r = 0{,}5\,\frac{\lambda}{\sin\theta} = 0{,}5\,\frac{\lambda}{\mathrm{ON}}. L'ouverture numérique s'exprime donc par :

\begin{aligned} \mathrm{ON} = \sin\theta = 0{,}5\,\frac{\lambda}{\omega_r} \end{aligned}

Avec \lambda = 532\text{ nm} = 0{,}532\ \mu\text{m} :

\mathrm{ON} \approx 0{,}5 \times \frac{0{,}532\ \mu\text{m}}{0{,}34\ \mu\text{m}} \approx 0{,}78

Compte tenu des incertitudes de lecture graphique sur la figure 3 :

\boxed{\mathrm{ON} \approx 0{,}8}

(une valeur comprise entre 0{,}7 et 0{,}85 est tout à fait acceptable).

2. Intérêt d'une ouverture numérique élevée :

L'utilisation d'un objectif de grande ouverture numérique est primordiale pour deux raisons principales :

  • Efficacité de collecte des photons : La fluorescence d'une molécule individuelle est émise de manière quasi-isotrope dans tout l'espace (4\pi\text{ sr}). L'objectif ne collecte la lumière que dans le cône d'angle au sommet 2\theta, correspondant à un angle solide \Omega = 2\pi(1-\cos\theta). Une valeur élevée de \mathrm{ON} = \sin\theta maximise l'angle solide de collecte, ce qui augmente directement l'efficacité de détection \eta_D et permet de capter un nombre suffisant de photons par molécule.
  • Résolution spatiale et réjection du bruit de fond : La dimension de la tache focale \omega_r \propto 1/\mathrm{ON} diminue quand \mathrm{ON} augmente. D'une part, cela améliore la résolution spatiale (limite de diffraction) en évitant d'illuminer plusieurs fluorophores simultanément. D'autre part, cela réduit le volume focal excité V, limitant ainsi la diffusion parasite du substrat S_d \propto V et augmentant considérablement le rapport signal sur bruit.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter la fonction gaussienne donnée pour déterminer ωr puis en déduire l'ouverture numérique.

« Peu de candidats ont exploité la fonction gaussienne fournie pour déterminer ωret ainsi en déduire ON. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : faisceau gaussien, intensité lumineuse

Déterminer un ordre de grandeur de la puissance du faisceau laser incident pour obtenir un taux d'excitation à saturation.

Voir l'indice

Calculer la puissance totale du faisceau gaussien P_s \sim I_s \times (\pi \omega_r^2 / 2) associée à l'intensité de saturation au centre de la tache.

Voir la stratégie
  1. Intégrer le profil d'intensité gaussien dans le plan focal (z = 0) pour relier la puissance totale incidente P à l'intensité au centre I_0.
  2. Poser la condition d'obtention de la saturation en prenant l'intensité crête de l'ordre de l'intensité de saturation : I_0 \sim I_s.
  3. Réaliser l'application numérique avec les valeurs obtenues aux questions Q21 et Q22 et commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courte

Produit de l'intensité à saturation par la surface de la tache de diffraction pour estimer la puissance nécessaire.

Voir le corrigé complet

Dans le plan focal (z = 0), le profil d'intensité transverse s'écrit :

I(r, 0) = I_0 \exp\left(-2\,\frac{r^2}{\omega_r^2}\right)

La puissance totale P transportée par le faisceau s'obtient par intégration du flux du vecteur de Poynting à travers la section transverse :

\begin{aligned} P &= \int_0^{2\pi} \mathrm{d}\theta \int_0^{+\infty} I(r, 0)\,r\,\mathrm{d}r \\ &= 2\pi I_0 \left[ -\frac{\omega_r^2}{4}\exp\left(-2\,\frac{r^2}{\omega_r^2}\right) \right]_0^{+\infty} \\ &= \frac{\pi\,\omega_r^2}{2}\,I_0 \end{aligned}

Pour que le taux d'excitation atteigne le régime de saturation au centre de la tache focale, il faut que l'intensité crête soit de l'ordre de l'intensité à saturation, soit I_0 \sim I_s :

P_s \sim \frac{\pi\,\omega_r^2}{2}\,I_s \quad \left(\text{ou } P_s \sim \pi\,\omega_r^2\,I_s \text{ en ordre de grandeur}\right)

D'après la question Q22, pour \mathrm{ON} \approx 0{,}8 et \lambda = 532\text{ nm}, on a :

\omega_r = 0{,}5\,\frac{\lambda}{\sin\theta} \approx 0{,}33\ \mu\text{m} = 3{,}3 \times 10^{-7}\text{ m}

D'après la question Q21, l'intensité de saturation vaut I_s \approx 45\text{ kW}\cdot\text{cm}^{-2} = 4{,}5 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}.

Numériquement :

\begin{aligned} P_s &\approx \frac{\pi \times (3{,}3 \times 10^{-7}\text{ m})^2}{2} \times 4{,}5 \times 10^8\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} \\ &\approx 7{,}7 \times 10^{-5}\text{ W} \approx 80\ \mu\text{W} \end{aligned}

En ordre de grandeur :

\boxed{P_s \sim 0{,}1\text{ mW} = 100\ \mu\text{W}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut spécifier la surface considérée et ne pas confondre la section du laser avec la section efficace.

« mentionner qu’une puissance correspond à une intensité multipliée par une surface ne lui parait pas pertinent si la surface n’est pas spécifiée »

« Une confusion est régulièrement relevée entre section du laser et section efficace. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : faisceau gaussien, ordre de grandeur

Déterminer un ordre de grandeur du volume excité en fonction de et . Calculer numériquement cet ordre de grandeur.

Voir l'indice

Modéliser le volume focal par un ellipsoïde ou un cylindre de dimensions transverses \omega_r et longitudinale \omega_z.

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie de la zone focale à partir de la distribution d'intensité I(r,z) : les décroissances gaussiennes selon r et z définissent un volume d'excitation assimilable à un ellipsoïde de révolution (ou à un cylindre) de demi-largeurs caractéristiques \omega_r et \omega_z.
  2. Exprimer littéralement le volume V_{\text{exc}} en fonction de \omega_r et \omega_z, par exemple par le volume d'un ellipsoïde de demi-axes \omega_r, \omega_r et \omega_z, ou par le volume effectif normalisé.
  3. Réaliser l'application numérique avec les valeurs de \omega_r et \omega_z déduites de \lambda = 532\text{ nm} et de l'ouverture numérique \mathrm{ON} \approx 0{,}8.
Voir la réponse courte

Modélisation du volume focal confocal par un ellipsoïde V \sim \pi \omega_r^2 \omega_z, de l'ordre du femtolitre.

Voir le corrigé complet

La distribution spatiale de l'intensité lumineuse s'écrit :

I(r, z) = I_0 \exp\left(-2 \frac{r^2}{\omega_r^2}\right) \exp\left(-2 \frac{z^2}{\omega_z^2}\right)

L'intensité décroît rapidement dès que r > \omega_r ou |z| > \omega_z. La région dans laquelle l'intensité reste significative est un ellipsoïde de révolution d'axe Oz, de demi-petit axe \omega_r dans le plan transverse et de demi-grand axe \omega_z selon l'axe optique.

Son volume géométrique s'exprime par :

V_{\text{exc}} \sim \frac{4}{3}\pi \omega_r^2 \omega_z

Remarque : La définition usuelle du volume effectif confocal V_{\text{eff}} = \iiint \frac{I(r,z)}{I_0}\,\mathrm{d}\tau = \left(\frac{\pi}{2}\right)^{3/2} \omega_r^2 \omega_z conduit au même ordre de grandeur (\sim \pi \omega_r^2 \omega_z).

D'après la question Q22, avec \lambda = 532\text{ nm} = 0{,}532\ \mu\text{m} et \mathrm{ON} = \sin\theta \approx 0{,}8 (soit \cos\theta = \sqrt{1 - 0{,}8^2} = 0{,}6) :

\begin{aligned} \omega_r &= 0{,}5\,\frac{\lambda}{\sin\theta} = 0{,}5 \times \frac{0{,}532}{0{,}8} \approx 0{,}33\ \mu\text{m} \\ \omega_z &= 0{,}8\,\frac{\lambda}{1 - \cos\theta} = 0{,}8 \times \frac{0{,}532}{1 - 0{,}6} = 2 \times 0{,}532 \approx 1{,}1\ \mu\text{m} \end{aligned}

On en déduit l'ordre de grandeur du volume excité :

V_{\text{exc}} \sim \frac{4}{3}\pi \times (0{,}33 \times 10^{-6}\text{ m})^2 \times (1{,}1 \times 10^{-6}\text{ m}) \approx 5 \times 10^{-19}\text{ m}^3
\boxed{V_{\text{exc}} \sim \pi \omega_r^2 \omega_z \sim 5 \times 10^{-19}\text{ m}^3 \sim 0{,}5\ \mu\text{m}^3 \approx 0{,}5\text{ fL}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut spécifier la surface considérée et ne pas confondre la section du laser avec la section efficace.

« mentionner qu’une puissance correspond à une intensité multipliée par une surface ne lui parait pas pertinent si la surface n’est pas spécifiée »

« Une confusion est régulièrement relevée entre section du laser et section efficace. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : concentration molaire, ordre de grandeur

Quel doit être l'ordre de grandeur de la concentration de la solution de molécules fluorescentes pour pouvoir produire des images telles que celles représentées en figure 3 ?

Voir l'indice

Imposer la présence d'au plus une seule molécule dans le volume sondé ou par unité d'aire de la tache de diffraction pour une épaisseur de film de 100 nm.

Voir la stratégie
  1. Estimer le nombre de molécules fluorescentes visibles sur l'image 3a (ou 3b) pour en déduire la densité surfacique de fluorophores \sigma_s.
  2. Utiliser l'épaisseur e = 100\text{ nm} du film pour évaluer la densité volumique n de fluorophores.
  3. En déduire l'ordre de grandeur de la concentration molaire C de la solution correspondante via la constante d'Avogadro N_A.
Voir la réponse courte

Condition d'une seule molécule dans le volume focal C \sim 1 / (N_A V), conduisant à une concentration nanomolaire.

Voir le corrigé complet

Sur l'image 3a, correspondant à une surface S = 25\ \mu\text{m} \times 25\ \mu\text{m} = 625\ \mu\text{m}^2, on observe quelques dizaines de taches de fluorescence bien séparées, soit environ N \approx 30 \text{ à } 60 molécules.

La densité surfacique de molécules dans le film est donc de l'ordre de :

\sigma_s = \frac{N}{S} \approx \frac{30}{625\ \mu\text{m}^2} \approx 0{,}05\ \mu\text{m}^{-2} = 5 \times 10^{10}\text{ m}^{-2}

Cela correspond à une distance moyenne intermoléculaire d \sim 1/\sqrt{\sigma_s} \approx 4\ \mu\text{m}, nettement supérieure à la dimension de la tache focale (2\omega_r \approx 0{,}7\ \mu\text{m}), condition indispensable pour pouvoir résoudre optiquement chaque molécule individuelle.

Le film mince ayant une épaisseur e = 100\text{ nm} = 10^{-7}\text{ m}, la densité volumique de fluorophores au sein de la matrice s'écrit :

n = \frac{\sigma_s}{e} \approx \frac{5 \times 10^{10}\text{ m}^{-2}}{10^{-7}\text{ m}} = 5 \times 10^{17}\text{ m}^{-3} = 5 \times 10^{14}\text{ L}^{-1}

En assimilant, en ordre de grandeur, cette densité à celle de la solution initiale de dépôt, la concentration molaire recherchée vaut :

C = \frac{n}{N_A} \approx \frac{5 \times 10^{14}\text{ L}^{-1}}{6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}} \approx 8 \times 10^{-10}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1}
\boxed{C \sim 10^{-9}\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} = 1\text{ nM}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul de la concentration nécessitait de compter le nombre d'entités présentes sur l'image.

« Mais il est évident qu’il n’a pas coutume de s’y prendre de la sorte en comptant le nombres d’entités sur une image. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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F · Rapport signal sur bruit

Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : comptage de photons, signal

Exprimer le signal de fluorescence détecté provenant d'un seul fluorophore en fonction de l'efficacité de détection, du taux de fluorescence et de la durée d'acquisition .

Voir l'indice

Multiplier le taux d'émission de photons R_f par la durée d'intégration \tau_a et l'efficacité globale de collecte et conversion \eta_D.

Voir la réponse courte

Le nombre de photons détectés vaut S_f = \eta R_f \tau_a.

Voir le corrigé complet

Le taux de fluorescence R_f représente le nombre de photons émis par le fluorophore par unité de temps (en \text{photons}\cdot\text{s}^{-1}).

Pendant la durée d'acquisition \tau_a, le nombre total de photons émis par une molécule individuelle s'écrit :

N_{\text{émis}} = R_f \tau_a

L'efficacité globale de détection \eta_D correspond à la probabilité qu'un photon émis soit collecté par le système optique et converti en un « coup » par le photodétecteur. Le signal moyen de fluorescence détecté (en nombre de coups) est donc :

\boxed{S_f = \eta_D R_f \tau_a}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps d'acquisition, balayage

Les images de fluorescence ont été obtenues avec un taux d'excitation afin de préserver la photo-stabilité de la molécule. Quelle durée est nécessaire pour obtenir l'image b de la figure 3 ? Le temps de déplacement de l'échantillon sera négligé.

Voir l'indice

Déterminer le nombre de coups au sommet de la tache sur la figure 3 pour en déduire \tau_a, puis multiplier par le nombre total de pixels 256 \times 256.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le taux de fluorescence R_f correspondant au taux d'excitation k_e = 0{,}1\,k_e^s à partir de l'expression établie aux questions précédentes.
  2. Lire sur le profil d'intensité de la figure 3 le nombre maximal de coups S_f détectés pour un fluorophore au centre de la tache, puis en déduire le temps d'intégration par pixel \tau_a via la relation de la question Q26.
  3. Calculer la durée totale d'acquisition \tau_i = N_p \tau_a pour une image de 256 \times 256 pixels.
Voir la réponse courte

Multiplication du temps par pixel par le nombre total de pixels pour trouver la durée totale d'acquisition.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q15, Q16 et Q19, le taux de fluorescence s'exprime en fonction de k_e et k_e^s par :

R_f(k_e) = R_f^\infty \frac{\dfrac{k_e}{k_e^s}}{1 + \dfrac{k_e}{k_e^s}}

Pour k_e = 0{,}1\,k_e^s, on a :

R_f = R_f^\infty \frac{0{,}1}{1 + 0{,}1} = \frac{R_f^\infty}{11}

Avec R_f^\infty = 2 \times 10^7\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1} (question Q18) :

R_f = \frac{2 \times 10^7}{11} \approx 1{,}82 \times 10^6\text{ photons}\cdot\text{s}^{-1}

D'après la question Q26, le signal détecté par pixel au centre de la molécule s'écrit S_f = \eta_D R_f \tau_a. Sur le profil de comptage de la figure 3, le pic de fluorescence culmine à :

S_f \approx 240 \text{ coups} \quad (\text{compris entre } 230 \text{ et } 250\text{ coups})

On en déduit la durée d'acquisition par pixel :

\tau_a = \frac{S_f}{\eta_D R_f}

Avec \eta_D = 2\% = 0{,}02 (donnée du préambule de la partie I) :

\tau_a = \frac{240}{0{,}02 \times 1{,}82 \times 10^6} \approx 6{,}6 \times 10^{-3}\text{ s} \approx 6{,}6\text{ ms}

L'image est constituée d'une grille de N_p = 256 \times 256 = 65\,536\text{ pixels}. Le temps de déplacement étant négligé, la durée totale nécessaire à l'acquisition de l'image b est :

\tau_i = N_p \tau_a = 65\,536 \times 6{,}6 \times 10^{-3}\text{ s} \approx 430\text{ s}
\boxed{\tau_i \approx 4{,}3 \times 10^2\text{ s} \approx 7\text{ min}}

(Une valeur comprise entre 7\text{ min} et 8\text{ min} est tout à fait acceptable selon la lecture de S_f et l'approximation éventuelle 1 + 0{,}1 \approx 1).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question ouverte très majoritairement délaissée, alors que le jury valorise avant tout la démarche proposée.

« Cette question est annoncée comme une question ouverte, et assurément, elle l’est ! Manifestement, elle a fait peur aux candidats qui, dans leur grande majorité, l’ont ignorée. »

« Afin d’être le plus en accord possible avec le programme, nous avons tenu à noter cette question par compétences et avons commencé par privilégier la formalisation de la démarche envisagée par le candidat. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : rapport signal sur bruit, bruit de grenaille

Exprimer le rapport signal sur bruit en fonction des grandeurs du problème.

Voir l'indice

Calculer le rapport S_f/\sqrt{S_f+S_d} en remplaçant chaque terme par son expression littérale.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression du bruit B issu de la statistique de comptage de photons (bruit de grenaille poissonnien) en fonction du nombre total de coups S = S_f + S_d.
  2. Injecter les expressions de S_f (établie à la question Q26) et de S_d (donnée par l'énoncé) pour exprimer le rapport signal sur bruit S_f/B.
Voir la réponse courte

Expression du rapport signal sur bruit en présence de bruit de grenaille poissonnien et de bruit de fond.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le signal total détecté est la somme du signal de fluorescence S_f et du signal de diffusion parasite S_d issu de la matrice :

S = S_f + S_d

Le bruit de comptage B, gouverné par la statistique poissonienne des photons détectés, s'écrit :

B = \sqrt{S} = \sqrt{S_f + S_d}

Le rapport signal sur bruit s'exprime donc par :

\frac{S_f}{B} = \frac{S_f}{\sqrt{S_f + S_d}}

En utilisant l'expression du signal de fluorescence obtenue à la question Q26, S_f = \eta_D R_f \tau_a, et celle du signal parasite donnée par l'énoncé, S_d = \eta_D \sigma_d n V \dfrac{I_0 \tau_a}{h\nu}, il vient :

\begin{aligned} \frac{S_f}{B} &= \frac{\eta_D R_f \tau_a}{\sqrt{\eta_D R_f \tau_a + \eta_D \sigma_d n V \dfrac{I_0 \tau_a}{h\nu}}} \end{aligned}

En mettant en facteur le terme commun \sqrt{\eta_D \tau_a}, on obtient finalement :

\boxed{\frac{S_f}{B} = \sqrt{\eta_D \tau_a} \, \frac{R_f}{\sqrt{R_f + \sigma_d n V \dfrac{I_0}{h\nu}}}}

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : filtrage spatial, rapport signal sur bruit

Expliquer pourquoi le diaphragme permet d'améliorer le rapport signal sur bruit de l'image.

Voir l'indice

Analyser l'influence de la taille du diaphragme sur le volume sondé V et en déduire son effet direct sur la diffusion parasite S_d.

Voir la réponse courte

Le trou confocal rejette la diffusion et l'autofluorescence hors foyer, diminuant drastiquement le bruit de fond B.

Voir le corrigé complet

Le rapport signal sur bruit s'écrit, d'après le résultat de la question Q28 :

\frac{S_f}{B} = \frac{S_f}{\sqrt{S_f + S_d}} = \frac{\eta_D R_f \tau_a}{\sqrt{\eta_D R_f \tau_a + \eta_D \sigma_d n V \dfrac{I_0 \tau_a}{h\nu}}}

L'effet du diaphragme (trou confocal ou sténopé) se comprend par le filtrage spatial des rayons :

  • Sur le signal de fluorescence S_f : la molécule imagée est située au point focal objet conjugué du diaphragme. L'objectif forme son image intermédiaire au centre de ce trou sténopé (dont la taille de 10\ \mu\text{m} est adaptée à celle de la tache de diffraction). Le faisceau de fluorescence passe donc intégralement à travers l'ouverture, si bien que S_f n'est pas atténué.
  • Sur le bruit de fond de diffusion S_d : les molécules de la matrice situées en dehors du plan focal (en amont ou en aval selon l'axe optique, comme illustré à la question Q7) ou hors de l'axe (question Q6) convergent en dehors du diaphragme ou forment une tache très étalée sur son plan ; leur flux est ainsi presque totalement intercepté par les parois opaques du diaphragme.

L'insertion du trou réduit ainsi drastiquement le volume de collection V au seul volume confocal sub-femtolitre (V \sim 0{,}5\ \text{fL}, cf. question Q24). Par conséquent, le signal parasite S_d \propto V est fortement atténué, ce qui maximise le rapport signal sur bruit \dfrac{S_f}{B}.

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Partie II : Analyse de la lumière de fluorescence

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation

Notions : marche au hasard, équation maîtresse

Relier la probabilité pour la particule d'être à l'abscisse à la date aux probabilités et .

Voir l'indice

Écrire la loi des probabilités totales en considérant qu'au pas précédent la particule ne pouvait provenir que des sites voisins x_{n-1} ou x_{n+1} avec probabilité 1/2.

Voir la stratégie

Pour exprimer la probabilité de présence sur le site x_n à l'instant t_n, on utilise la loi des probabilités totales en identifiant l'ensemble des positions accessibles au pas de temps précédent t_{n-1} = t_n - \tau.

Voir la réponse courte

Équation aux probabilités à un pas : p(x_n,t_n) = \frac{1}{2}p(x_{n-1},t_{n-1}) + \frac{1}{2}p(x_{n+1},t_{n-1}).

Voir le corrigé complet

À chaque étape de durée \tau, la particule effectue un saut de longueur a, soit vers la droite (abscisse x+a), soit vers la gauche (abscisse x-a). Les deux sens étant équiprobables par hypothèse, la probabilité de transition vers la droite ou vers la gauche vaut :

p_{\to} = p_{\gets} = \frac{1}{2}

Pour se trouver en l'abscisse x_n à la date t_n, la particule devait nécessairement, à la date précédente t_{n-1} = t_n - \tau, se trouver en l'un des deux sites immédiatement voisins :

  • soit en x_{n-1} = x_n - a, et faire un saut d'amplitude +a (probabilité 1/2) ;
  • soit en x_{n+1} = x_n + a, et faire un saut d'amplitude -a (probabilité 1/2).

Ces deux événements étant mutuellement exclusifs, la formule des probabilités totales donne immédiatement :

\boxed{p(x_n, t_n) = \frac{1}{2} p(x_{n-1}, t_{n-1}) + \frac{1}{2} p(x_{n+1}, t_{n-1})}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : développement limité, dérivée temporelle

En passant à une probabilité continue définie en tout point et à tout instant, montrer qu'on peut écrire : .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité de Taylor au premier ordre par rapport au temps de p(x_n, t_{n-1} + \tau).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intervalle temporel entre deux sauts successifs : t_n - t_{n-1} = \tau.
  2. L'abscisse x_n étant fixée, effectuer un développement de Taylor de la fonction continue t \mapsto p(x_n, t) à l'ordre 1 au voisinage de la date t_{n-1} pour un pas temporel élémentaire \tau.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor à l'ordre 1 en temps : p(x_n, t_n) \approx p(x_n, t_{n-1}) + \tau \frac{\partial p}{\partial t}.

Voir le corrigé complet

La durée élémentaire d'un saut étant notée \tau, les dates discrètes vérifient la relation :

t_n = n\tau = t_{n-1} + \tau

En supposant la fonction de probabilité continue p(x,t) de classe \mathcal{C}^1 par rapport à la variable temporelle t, on effectue un développement limité à l'ordre 1 en \tau à l'abscisse fixée x = x_n :

\begin{aligned} p(x_n, t_n) &= p(x_n, t_{n-1} + \tau) \\ &= p(x_n, t_{n-1}) + \left.\frac{\partial p}{\partial t}\right|_{(x_n, t_{n-1})} \tau + o(\tau) \end{aligned}

En négligeant les termes d'ordres supérieurs pour un pas de temps \tau infinitésimal à l'échelle mésoscopique, on obtient bien :

\boxed{p(x_n, t_n) \approx p(x_n, t_{n-1}) + \frac{\partial p}{\partial t}\,\tau}

où la dérivée partielle est évaluée en (x_n, t_{n-1}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne faut pas se contenter de recopier le résultat fourni, mais justifier son obtention.

« la seconde met en exergue toute la difficulté liée aux questions sous la forme « montrer que […] Dès lors, le candidat ne peut se contenter de recopier la solution, puisqu’elle lui est fournie, mais doit se demander pourquoi il est possible de l’écrire. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : développement limité, laplacien

Relier par un développement limité au second ordre et à .

Voir l'indice

Effectuer les développements de Taylor au second ordre en espace de p(x_n \pm a, t_{n-1}) autour de x_n et faire la somme.

Voir la stratégie

Les sites du réseau spatial sont régulièrement espacés de la distance élémentaire a :

x_{n+1} = x_n + a \quad \text{et} \quad x_{n-1} = x_n - a

À l'échelle macroscopique, le pas spatial a est très petit devant les distances caractéristiques de variation de la densité de probabilité continue p(x,t). On effectue donc un développement de Taylor à l'ordre 2 par rapport à la variable d'espace x, au voisinage de x_n, à la date fixée t_{n-1}.

Voir la réponse courte

Développements de Taylor spatiaux à l'ordre 2 pour p(x_n \pm a, t) montrant l'apparition de la dérivée seconde.

Voir le corrigé complet

En effectuant un développement limité à l'ordre 2 en puissances de a à l'instant t_{n-1}, il vient :

\begin{aligned} p(x_{n+1}, t_{n-1}) &= p(x_n + a, t_{n-1}) \\ &= p(x_n, t_{n-1}) + a \left.\frac{\partial p}{\partial x}\right|_{(x_n, t_{n-1})} + \frac{a^2}{2} \left.\frac{\partial^2 p}{\partial x^2}\right|_{(x_n, t_{n-1})} + o(a^2) \end{aligned}

et de même pour le site voisin de gauche :

\begin{aligned} p(x_{n-1}, t_{n-1}) &= p(x_n - a, t_{n-1}) \\ &= p(x_n, t_{n-1}) - a \left.\frac{\partial p}{\partial x}\right|_{(x_n, t_{n-1})} + \frac{a^2}{2} \left.\frac{\partial^2 p}{\partial x^2}\right|_{(x_n, t_{n-1})} + o(a^2) \end{aligned}

On obtient ainsi les deux relations demandées :

\boxed{p(x_{n\pm 1}, t_{n-1}) \approx p(x_n, t_{n-1}) \pm a \frac{\partial p}{\partial x}(x_n, t_{n-1}) + \frac{a^2}{2} \frac{\partial^2 p}{\partial x^2}(x_n, t_{n-1})}

En sommant ces deux développements, les termes d'ordre 1 en a s'annulent par symétrie, ce qui donne la demi-somme intervenant dans l'équation maîtresse de la question Q30 :

\boxed{\frac{1}{2}\left[p(x_{n-1}, t_{n-1}) + p(x_{n+1}, t_{n-1})\right] \approx p(x_n, t_{n-1}) + \frac{a^2}{2} \frac{\partial^2 p}{\partial x^2}(x_n, t_{n-1})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs fréquentes dans les coefficients des développements limités.

« notons toutefois des erreurs dans les coefficients des développements limités pour certains. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, marche au hasard

Montrer alors que vérifie une équation de diffusion.

Voir l'indice

Substituer les développements spatiaux et temporels dans la relation de récurrence et identifier les dérivées partielles.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation discrète établie à la question Q30 exprimant p(x_n, t_n) en fonction des probabilités à l'instant antérieur t_{n-1}.
  2. Remplacer le membre de gauche par son développement temporel au premier ordre obtenu à la question Q31.
  3. Remplacer le membre de droite par la demi-somme obtenue grâce aux développements spatiaux au second ordre de la question Q32.
  4. Simplifier l'égalité pour faire apparaître la forme canonique de l'équation de diffusion à une dimension.
Voir la réponse courte

Combinaison des développements en temps et en espace pour obtenir l'équation de diffusion \frac{\partial p}{\partial t} = D \frac{\partial^2 p}{\partial x^2}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de récurrence obtenue à la question Q30, on a :

p(x_n, t_n) = \frac{1}{2} p(x_{n-1}, t_{n-1}) + \frac{1}{2} p(x_{n+1}, t_{n-1})

En injectant l'approximation au premier ordre en temps de la question Q31 dans le membre de gauche et le résultat des développements spatiaux de la question Q32 dans le membre de droite, évalués au point (x_n, t_{n-1}), il vient :

p(x_n, t_{n-1}) + \frac{\partial p}{\partial t}(x_n, t_{n-1})\,\tau = p(x_n, t_{n-1}) + \frac{a^2}{2}\,\frac{\partial^2 p}{\partial x^2}(x_n, t_{n-1})

En simplifiant par le terme p(x_n, t_{n-1}) commun aux deux membres, puis en divisant par \tau > 0, on obtient :

\frac{\partial p}{\partial t}(x_n, t_{n-1}) = \frac{a^2}{2\tau}\,\frac{\partial^2 p}{\partial x^2}(x_n, t_{n-1})

Cette égalité étant vérifiée en tout site x_n et à tout instant t_{n-1}, elle est valable pour les variables continues (x, t) :

\boxed{\frac{\partial p}{\partial t} = D\,\frac{\partial^2 p}{\partial x^2}}

La fonction p(x,t) vérifie donc bien une équation de diffusion unidimensionnelle, où le coefficient de diffusion s'écrit D = \dfrac{a^2}{2\tau}.

Résultat

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Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : coefficient de diffusion, marche au hasard

Déterminer le coefficient de diffusion .

Voir l'indice

Identifier le coefficient devant \partial^2 p/\partial x^2 par identification avec la forme standard de l'équation de Fick.

Voir la réponse courte

Identification du terme de transport : D = \frac{a^2}{2\tau}.

Voir le corrigé complet

D'après les développements établis aux questions précédentes (questions Q30 à Q33), l'identification entre l'approximation temporelle au premier ordre et le développement spatial au second ordre conduit à :

\frac{\partial p}{\partial t}(x_n, t_{n-1}) = \frac{a^2}{2\tau} \frac{\partial^2 p}{\partial x^2}(x_n, t_{n-1})

Par identification avec l'équation de diffusion unidimensionnelle canonique :

\frac{\partial p}{\partial t} = D \frac{\partial^2 p}{\partial x^2}

on en déduit l'expression du coefficient de diffusion :

\boxed{D = \frac{a^2}{2\tau}}

Résultat

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Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : marche au hasard, moyenne d'ensemble

Exprimer , la moyenne statistique sur un grand nombre de configurations de la quantité vectorielle après sauts. Commenter.

Voir l'indice

Exprimer le vecteur position comme somme de vecteurs déplacements élémentaires indépendants et de moyenne nulle.

Voir la stratégie
  1. Décomposer le déplacement total \vec{OA_N} après N sauts en la somme des déplacements élémentaires indépendants \vec{\delta}_k effectués à chaque étape.
  2. Utiliser la linéarité de la moyenne d'ensemble (espérance statistique) et l'équiprobabilité des sauts vers la droite et vers la gauche pour conclure.
Voir la réponse courte

Par symétrie des sauts équiprobables dans toutes les directions, \langle\vec{OA_N}\rangle = \vec{0}.

Voir le corrigé complet

Soit \vec{u}_x le vecteur unitaire de l'axe (Ox). Initialement en O, la molécule effectue N sauts successifs indépendants. Notons \vec{\delta}_k le vecteur déplacement lors du k-ième saut (1 \leqslant k \leqslant N). La position de la molécule après N sauts s'écrit :

\vec{OA_N} = \sum_{k=1}^N \vec{\delta}_k

D'après l'énoncé, chaque saut est de longueur a et les deux sens de déplacement sont équiprobables :

\vec{\delta}_k = \begin{cases} +a\,\vec{u}_x & \text{avec la probabilité } \frac{1}{2} \\ -a\,\vec{u}_x & \text{avec la probabilité } \frac{1}{2} \end{cases}

La moyenne statistique du déplacement élémentaire vaut donc :

\langle\vec{\delta}_k\rangle = \frac{1}{2}(+a\,\vec{u}_x) + \frac{1}{2}(-a\,\vec{u}_x) = \vec{0}

Par linéarité de la moyenne statistique, on en déduit :

\begin{aligned} \langle\vec{OA_N}\rangle &= \sum_{k=1}^N \langle\vec{\delta}_k\rangle = \vec{0} \end{aligned}
\boxed{\langle\vec{OA_N}\rangle = \vec{0}}

Commentaire :

  • En moyenne statistique, le barycentre d'un ensemble de particules diffusantes reste fixe à l'origine O : il n'y a aucun mouvement d'ensemble privilégié, c'est-à-dire aucune dérive (drift) ni transport convectif, du fait de la symétrie de la marche au hasard (absence de champ ou de force extérieure).
  • Ce résultat moyen nul ne signifie nullement que la molécule reste immobile en O : elle s'éloigne effectivement de l'origine au cours du temps, mais explore symétriquement les deux sens de l'axe, ce que caractérise le moment d'ordre deux (déplacement quadratique moyen \langle \|\vec{OA_N}\|^2 \rangle \neq 0).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était indispensable de mentionner l'équiprobabilité pour justifier la valeur moyenne nulle.

« Si l’expression de la valeur moyenne demandée est bien nulle, mentionner l’importance de l’équi probabilité parait indispensable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : déplacement quadratique moyen, marche au hasard

Montrer que le déplacement quadratique moyen (noté MSD sur la figure 6), , est proportionnel à la durée correspondant à sauts.

Voir l'indice

Calculer la moyenne du carré de la somme des déplacements élémentaires en exploitant l'indépendance statistique des sauts successifs.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le déplacement total \vec{OA_N} comme la somme de N déplacements élémentaires indépendants \vec{\delta_k}.
  2. Développer le carré de la norme sous forme d'une somme de termes diagonaux et de produits croisés, puis appliquer la moyenne statistique en exploitant l'indépendance des sauts.
  3. Exprimer le nombre de sauts N en fonction de la durée totale \Delta t = N \tau et relier le résultat au coefficient de diffusion D.
Voir la réponse courte

Déploiement du carré scalaire des sauts indépendants : \langle\|\vec{OA_N}\|^2\rangle = N a^2 \propto \Delta t.

Voir le corrigé complet

Le déplacement total après N sauts s'écrit sous forme de somme de pas élémentaires :

\vec{OA_N} = \sum_{k=1}^{N} \vec{\delta_k}

où, pour chaque pas k \in \{1, \dots, N\}, le saut s'effectue suivant l'axe (Ox) :

\vec{\delta_k} = \delta_k\,\vec{u}_x \quad \text{avec} \quad \delta_k = \pm a \quad \text{avec équiprobabilité } \frac{1}{2}.

Le carré de la norme de ce déplacement s'écrit :

\begin{aligned} \|\vec{OA_N}\|^2 &= \left( \sum_{k=1}^{N} \vec{\delta_k} \right)^2 \\ &= \sum_{k=1}^{N} \|\vec{\delta_k}\|^2 + 2 \sum_{1 \le j < k \le N} \vec{\delta_j} \cdot \vec{\delta_k} \end{aligned}

En prenant la moyenne statistique sur un grand nombre de réalisations et par linéarité de l'espérance :

\Delta^2 = \langle \|\vec{OA_N}\|^2 \rangle = \sum_{k=1}^{N} \langle \|\vec{\delta_k}\|^2 \rangle + 2 \sum_{1 \le j < k \le N} \langle \vec{\delta_j} \cdot \vec{\delta_k} \rangle.
  • Pour les termes diagonaux :

    \|\vec{\delta_k}\|^2 = \delta_k^2 = (\pm a)^2 = a^2 \implies \langle \|\vec{\delta_k}\|^2 \rangle = a^2.
  • Les sauts à des dates distinctes étant mutuellement indépendants, l'espérance du produit se factorise pour tout couple (j, k) avec j \neq k :

    \langle \vec{\delta_j} \cdot \vec{\delta_k} \rangle = \langle \vec{\delta_j} \rangle \cdot \langle \vec{\delta_k} \rangle = \vec{0} \cdot \vec{0} = 0.

On en déduit :

\Delta^2 = \sum_{k=1}^{N} a^2 = N a^2.

Chaque saut ayant une durée \tau, la durée totale associée à N sauts est \Delta t = N \tau, soit N = \frac{\Delta t}{\tau}. En utilisant l'expression du coefficient de diffusion D = \frac{a^2}{2\tau} obtenue à la question Q34 :

\begin{aligned} \Delta^2 &= \frac{a^2}{\tau} \Delta t = 2 D \Delta t. \end{aligned}
\boxed{\Delta^2 = 2 D\,\Delta t \propto \Delta t}

Le déplacement quadratique moyen est bien strictement proportionnel à la durée \Delta t.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une approche en ordres de grandeur est acceptée, mais une analyse plus fine est valorisée.

« Ici, plusieurs niveaux de réponse sont possibles. Une approche en ordres de grandeur est acceptée, mais une approche plus fine est valorisée, conduisant l’une et l’autre à un résultat proche, à un facteur 2 près. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : déplacement quadratique moyen, coefficient de diffusion

Sur la molécule suivie en figure 6, une modélisation linéaire de en fonction de donne pour le coefficient directeur . En déduire la valeur du coefficient de diffusion avec son unité.

Voir l'indice

Utiliser la relation bidimensionnelle \Delta^2 = 4 D \Delta t, identifier la pente \beta = 4D et préciser l'unité légale du coefficient de diffusion.

Voir la réponse courte

Relation \beta = 2d D en dimension d=2 d'où D = \beta / 4 = 10^{-13}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q36, à une dimension d'espace, le déplacement quadratique moyen s'écrit :

\Delta^2 = 2 D \Delta t

L'énoncé précise qu'à deux dimensions d'espace, le coefficient de proportionnalité reliant \Delta^2 à \Delta t est multiplié par deux, ce qui conduit à :

\Delta^2 = 4 D \Delta t

La modélisation linéaire de l'évolution temporelle du déplacement quadratique moyen s'écrit \Delta^2 = \beta \Delta t, par identification :

\beta = 4 D \iff D = \frac{\beta}{4}

Puisque le déplacement quadratique moyen s'exprime en \text{m}^2 et la durée en \text{s}, le coefficient directeur \beta ainsi que le coefficient de diffusion D ont pour unité du Système International le \text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}.

Avec la valeur numérique \beta = 4 \times 10^{-13}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}, on obtient :

\boxed{D = 1 \times 10^{-13}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une approche en ordres de grandeur est acceptée, mais une analyse plus fine est valorisée.

« Ici, plusieurs niveaux de réponse sont possibles. Une approche en ordres de grandeur est acceptée, mais une approche plus fine est valorisée, conduisant l’une et l’autre à un résultat proche, à un facteur 2 près. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Partie III : Exaltation du signal par un substrat métallique présentant une rugosité

A · Dipôle induit dans une nanoparticule métallique sphérique de taille 10 nm

Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : polarisabilité, analyse dimensionnelle

Comment appelle-t-on la grandeur ? Préciser, en la justifiant, la dimension de puis donner un ordre de grandeur littéral.

Voir l'indice

Nommer la constante \alpha (polarisabilité électronique), déterminer sa dimension en égalant les dimensions de \vec{p} et \varepsilon_0 \vec{E}, et relier son ordre de grandeur au volume de l'objet.

Voir la réponse courte

La polarisabilité \alpha relie moment dipolaire et champ électrique ; homogène au volume fois \varepsilon_0.

Voir le corrigé complet
  1. Nom de la grandeur \alpha :
    La grandeur \alpha est la polarisabilité (souvent qualifiée de volume de polarisabilité lorsqu'elle est définie en factorisant la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0) de l'entité microscopique.
  2. Dimension de \alpha :
    Par définition, un moment dipolaire électrique s'écrit \vec{p} = q\,\vec{r}, sa dimension est donc :

    [p] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L} \quad (\text{en }\mathrm{C\cdot m})

    D'après le théorème de Gauss en électrostatique (\mathrm{div}\,\vec{E} = \rho/\varepsilon_0), le terme \varepsilon_0 \vec{E} a la dimension d'une charge par unité de surface (ou d'un déplacement électrique \vec{D}) :

    [\varepsilon_0 E] = \frac{[q]}{[\text{Surface}]} = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L}^{-2} \quad (\text{en }\mathrm{C\cdot m^{-2}})

    En reliant ces deux grandeurs par \vec{p} = \alpha \varepsilon_0 \vec{E}, il vient :

    [\alpha] = \frac{[p]}{[\varepsilon_0 E]} = \frac{\mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L}}{\mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L}^{-2}} = \mathrm{L}^3

    La grandeur \alpha est donc homogène à un volume (elle s'exprime en \mathrm{m^3} dans le Système international) :

    \boxed{[\alpha] = \mathrm{L}^3}
  3. Ordre de grandeur littéral :
    Pour une particule ou une molécule sphérique de rayon caractéristique a et de volume V \sim a^3, la polarisation induite par un champ électrique extérieur conduit à un dipôle proportionnel au volume de l'édifice électronique :

    \boxed{\alpha \sim a^3 \sim V}

    (Pour une sphère métallique conductrice de rayon a, l'électrostatique donne rigoureusement \alpha = 4\pi a^3).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La consigne « préciser, en la justifiant » exige une démonstration claire de la dimension.

« en revanche il attire leur attention sur les termes « préciser, en la justifiant » qui n’ont pas la même signification que « quelle est la dimension » de la Q20. Ici, une démonstration claire est attendue ! Elle n’est pas univoque et la variété des choix est apprécié, mais une réponse non justifiée est inacceptable. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : polarisabilité, effet d'antenne

Évaluer numériquement l'ordre de grandeur du rapport . Conclure sur l'effet d'antenne que représente la nanoparticule pour la molécule.

Voir l'indice

Comparer les volumes caractéristiques d'une molécule organique (nanomètre cube) et d'une nanoparticule de 10 nm de diamètre.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la loi d'échelle établie à la question précédente (\alpha \sim a^3) en estimant la taille typique de la molécule et celle de la nanoparticule.
  2. En déduire l'ordre de grandeur du rapport \alpha_2/\alpha_1.
  3. Interpréter physiquement ce rapport en comparant les dipôles induits \vec{p}_1 et \vec{p}_2 pour expliciter l'effet d'antenne.
Voir la réponse courte

Calcul du rapport \alpha_2/\alpha_1 \gg 1 montrant que la nanoparticule capte et concentre le champ incident.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q38, la polarisabilité d'une entité microscopique varie comme le cube de sa dimension caractéristique :

\alpha \sim a^3

1. Ordres de grandeur des dimensions :

  • Pour la nanoparticule métallique, le sujet indique une taille a_1 \sim 10\text{ nm} = 10^{-8}\text{ m} (ou un rayon de l'ordre de 5\text{ nm}).
  • Pour une molécule organique (telle que le pérylène), la taille caractéristique est de l'ordre de a_2 \sim 0{,}5\text{ à }1\text{ nm} \sim 10^{-9}\text{ m}.

On en déduit l'ordre de grandeur du rapport des polarisabilités :

\frac{\alpha_2}{\alpha_1} \sim \left(\frac{a_2}{a_1}\right)^3 \sim \left(\frac{10^{-9}\text{ m}}{10^{-8}\text{ m}}\right)^3 = 10^{-3}

Selon l'estimation retenue pour le rayon de la nanoparticule (5 ou 10\text{ nm}) et la taille moléculaire, ce rapport est compris entre 10^{-4} et 10^{-3}. On retient :

\boxed{\frac{\alpha_2}{\alpha_1} \sim 10^{-3} \text{ à } 10^{-4}}

2. Conclusion sur l'effet d'antenne : Sous l'action du champ électrique laser \vec{E}, le dipôle induit dans la nanoparticule \vec{p}_1 = \alpha_1 \varepsilon_0 \vec{E} est beaucoup plus intense que celui de la molécule isolée \vec{p}_2 = \alpha_2 \varepsilon_0 \vec{E} :

\|\vec{p}_1\| \sim 10^3 \text{ à } 10^4 \, \|\vec{p}_2\|

La nanoparticule métallique capte donc l'onde électromagnétique incidente avec une efficacité considérablement supérieure à celle de la molécule seule. Elle se comporte comme une antenne optique nanométrique : elle collecte l'énergie lumineuse, exalte fortement le champ électromagnétique local à son voisinage immédiat et rayonne une onde diffusée d'amplitude bien plus grande, ce qui amplifie considérablement le signal Raman de la molécule adsorbée.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne calculez pas de rapports de vecteurs et prenez garde à ne pas confondre α1 et α2.

« Le jury se désole de voir régulièrement des rapports de vecteurs ici, ainsi que des conclusions hâtives résultant d’une confusion entre α1 et α2. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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B · Modèle de Drude pour les électrons métalliques de la nanoparticule

Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : vecteur densité de courant, modèle de drude

Exprimer le vecteur densité volumique de courant en fonction de la densité volumique d'électrons libres du métal, de la charge de l'électron et de sa vitesse .

Voir l'indice

Appliquer la définition microscopique de la densité volumique de courant de porteurs de charge libres \vec{\jmath} = \sum q_i \vec{v}_i.

Voir la réponse courte

Définition microscopique du courant volumique : \underline{\vec{\jmath}_e} = -n e \underline{\vec{v}}.

Voir le corrigé complet

Par définition du vecteur densité volumique de courant associé au déplacement d'une population de porteurs de charge identiques, on a :

\vec{\jmath}_e = \rho_m \, \vec{v}

où \rho_m est la densité volumique de charge mobile et \vec{v} la vitesse moyenne d'ensemble des porteurs.

Pour les électrons de conduction, de densité particulaire n et de charge électrique individuelle q = -e, la densité volumique de charge mobile s'écrit \rho_m = -n e.

En passant à la représentation complexe en régime sinusoïdal établi, le lien linéaire entre le courant et la vitesse se conserve :

\boxed{\underline{\vec{\jmath}_e} = -n e \, \underline{\vec{v}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre les notations vectorielles et scalaires.

« Toutefois, le jury déplore la négligence de certains candidats quant à l’écriture des vecteurs, qui se retrouvent régulièrement identifiés à des scalaires. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

Question déjà tombée ailleurs

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : modèle de drude, pulsation plasma

Exprimer la conductivité électrique complexe en fonction de , , et et de la pulsation appelée pulsation plasma.

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Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron en régime sinusoïdal pour trouver \underline{\vec{v}}, en déduire \underline{\vec{\jmath}}_e = \underline{\sigma} \underline{\vec{E}} et introduire \omega_p.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron de conduction soumis au champ électrique oscillant et à la force de frottement fluide modélisant les collisions.
  2. En déduire l'expression de la vitesse complexe \underline{\vec{v}}, puis celle de la densité de courant volumique \underline{\vec{\jmath}_e} établie à la question précédente.
  3. Identifier la conductivité complexe \underline{\sigma} via la loi d'Ohm locale \underline{\vec{\jmath}_e} = \underline{\sigma}\,\underline{\vec{E}} et introduire la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n e^2}{m\varepsilon_0}}.
Voir la réponse courte

Principe fondamental appliqué aux électrons libres avec frottement pour établir la conductivité de Drude \underline{\sigma}(\omega).

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen, on applique le principe fondamental de la dynamique à un électron de conduction (de masse m et de charge -e), en négligeant le poids et la force magnétique :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -e\vec{E} - \frac{m}{\tau}\,\vec{v}

En régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega, avec la convention \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}, la dérivation temporelle se traduit par une multiplication par \mathrm{i}\omega :

m\left(\mathrm{i}\omega + \frac{1}{\tau}\right)\underline{\vec{v}} = -e\underline{\vec{E}}

D'où l'expression de la vitesse complexe de l'électron :

\underline{\vec{v}} = -\frac{e}{m\left(\dfrac{1}{\tau} + \mathrm{i}\omega\right)}\,\underline{\vec{E}} = -\frac{e\tau}{m(1 + \mathrm{i}\omega\tau)}\,\underline{\vec{E}}

D'après la question Q40, le vecteur densité volumique de courant s'écrit \underline{\vec{\jmath}_e} = -n e\,\underline{\vec{v}}, soit :

\underline{\vec{\jmath}_e} = \frac{n e^2}{m\left(\dfrac{1}{\tau} + \mathrm{i}\omega\right)}\,\underline{\vec{E}} = \frac{n e^2 \tau}{m(1 + \mathrm{i}\omega\tau)}\,\underline{\vec{E}}

Par identification avec la loi d'Ohm locale en régime harmonique \underline{\vec{\jmath}_e} = \underline{\sigma}\,\underline{\vec{E}}, on obtient la conductivité électrique complexe :

\underline{\sigma} = \frac{n e^2 \tau}{m(1 + \mathrm{i}\omega\tau)} = \frac{n e^2}{m\left(\dfrac{1}{\tau} + \mathrm{i}\omega\right)}

En utilisant la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n e^2}{m\varepsilon_0}}, c'est-à-dire \dfrac{n e^2}{m} = \varepsilon_0 \omega_p^2, on obtient finalement :

\boxed{\underline{\sigma} = \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2 \tau}{1 + \mathrm{i}\omega\tau} = \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\dfrac{1}{\tau} + \mathrm{i}\omega}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre les notations vectorielles et scalaires.

« Toutefois, le jury déplore la négligence de certains candidats quant à l’écriture des vecteurs, qui se retrouvent régulièrement identifiés à des scalaires. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : modèle de drude, loi de joule

Montrer que si la constante est « suffisamment » grande, alors la conductivité est imaginaire pur. Quelle est alors la valeur moyenne de la puissance cédée par le champ électrique dans le métal ?

Voir l'indice

Prendre la limite \omega\tau \gg 1 dans \underline{\sigma} et calculer la puissance volumique moyenne \langle \vec{\jmath}\cdot\vec{E} \rangle = \frac{1}{2}\mathrm{Re}(\underline{\sigma}) |E_0|^2.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition sur le temps caractéristique \tau traduisant le fait qu'il est « suffisamment grand » par rapport à la période optique (soit \omega\tau \gg 1).
  2. Effectuer l'approximation correspondante sur l'expression de la conductivité complexe établie à la question Q41 pour en déduire son caractère imaginaire pur.
  3. Exprimer la puissance volumique moyenne cédée par le champ électrique aux porteurs de charge à l'aide de la loi d'Ohm locale et des moyennes temporelles en régime sinusoïdal.
Voir la réponse courte

Pour \tau \to \infty, \underline{\sigma} est imaginaire pur ; le déphasage courant-champ est de \pi/2, donc puissance Joule moyenne nulle.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q41, la conductivité électrique complexe s'écrit :

\underline{\sigma} = \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2 \tau}{1 + \mathrm{i}\omega\tau} = \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\frac{1}{\tau} + \mathrm{i}\omega}

Dire que \tau est « suffisamment grand » signifie que le temps moyen entre deux collisions dissipatives est très grand devant la période de l'onde lumineuse, soit :

\omega\tau \gg 1 \quad \left(\text{ou } \frac{1}{\tau} \ll \omega\right)

En négligeant 1 devant \mathrm{i}\omega\tau au dénominateur, la conductivité devient :

\underline{\sigma} \approx \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2 \tau}{\mathrm{i}\omega\tau} = -\mathrm{i} \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\omega}

Cette expression ne comporte aucune partie réelle :

\boxed{\underline{\sigma} \approx -\mathrm{i} \frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\omega} \in \mathrm{i}\mathbb{R}}

La conductivité électrique est donc bien un imaginaire pur dans cette limite.

La puissance volumique instantanée cédée par le champ électrique aux électrons dans le métal est donnée par le terme de transfert de Joule :

p_V(t) = \vec{\jmath}_e(t) \cdot \vec{E}(t)

En régime sinusoïdal de pulsation \omega, la puissance volumique moyenne dans le temps s'exprime à l'aide des amplitudes complexes par :

\langle p_V \rangle = \frac{1}{2} \operatorname{Re}\left( \underline{\vec{\jmath}}_e \cdot \underline{\vec{E}}^* \right) = \frac{1}{2} \operatorname{Re}(\underline{\sigma}) \|\underline{\vec{E}}\|^2

Puisque \underline{\sigma} est imaginaire pur, sa partie réelle est nulle (\operatorname{Re}(\underline{\sigma}) = 0). Par conséquent, la puissance volumique moyenne cédée est nulle :

\langle p_V \rangle = 0

Il en découle immédiatement que la puissance moyenne totale cédée par le champ électrique au métal (par intégration sur le volume de la particule) est nulle :

\boxed{\langle P \rangle = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comparez τ à 1/ω et évitez les confusions sur le calcul de la valeur moyenne de la puissance complexe.

« En premier lieu, il parait important de rappeler qu’une grandeur physique est toujours considérée grande ou petite par rapport à une autre, ainsi ici τse devait d’être comparé à 1/ω. »

« Le jury relève des confusions trop fréquentes entre grandeurs quadratiques réelles, produit de représentations complexes, valeurs moyennes, pouvant déboucher sur un facteur dépourvu de sens comme exp(2jωt) ou une expression incorrecte comme ⟨P⟩= Re( ⃗ȷ⋅⃗⃗⃗⃗ E ∗). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : permittivité diélectrique, plasma

On définit la constante diélectrique du métal par . Exprimer en fonction de et de la pulsation , dans le cas où les pertes sont négligeables.

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Injecter l'expression de \underline{\sigma} sans collision dans la relation de définition de la permittivité relative \underline{\varepsilon}(\omega).

Voir la réponse courte

Insertion de \underline{\sigma} sans pertes dans la permittivité effective : \underline{\varepsilon}(\omega) = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q42, lorsque les pertes par collisions sont négligeables (\omega\tau \gg 1), la conductivité complexe du métal s'écrit :

\underline{\sigma} \approx -\mathrm{i}\frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\omega}

En injectant cette expression dans la définition de la constante diélectrique relative du métal :

\varepsilon = 1 - \frac{\mathrm{i}\underline{\sigma}}{\omega\varepsilon_0}

il vient :

\begin{aligned} \varepsilon &= 1 - \frac{\mathrm{i}}{\omega\varepsilon_0}\left(-\mathrm{i}\frac{\varepsilon_0 \omega_p^2}{\omega}\right) \\ &= 1 - \frac{-\mathrm{i}^2 \, \omega_p^2}{\omega^2} \end{aligned}

Comme \mathrm{i}^2 = -1, on obtient finalement :

\boxed{\varepsilon(\omega) = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}

Résultat

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Question 44

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résonance de fröhlich, plasmon de surface

En déduire la condition sur la pulsation du champ pour que la polarisabilité de la particule métallique sphérique devienne très grande.

Voir l'indice

Chercher la condition d'annulation du dénominateur dans la formule de Clausius-Mossotti / Fröhlich (\varepsilon(\omega) + 2 = 0).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition sur la constante diélectrique \varepsilon pour que la polarisabilité \alpha devienne arbitrairement grande.
  2. Remplacer \varepsilon par son expression en fonction de \omega établie à la question Q43 pour en déduire la pulsation de résonance correspondante.
Voir la réponse courte

Annulation du dénominateur de la polarisabilité diélectrique pour \varepsilon(\omega) = -2, soit \omega = \omega_p / \sqrt{3}.

Voir le corrigé complet

L'expression de la polarisabilité de la particule sphérique est :

\alpha = 4\pi a^3 \left( \frac{\varepsilon - 1}{\varepsilon + 2} \right)

Pour que cette polarisabilité devienne très grande (divergence dans le modèle sans pertes), il faut que le dénominateur tende vers zéro, ce qui correspond à la condition :

\varepsilon + 2 = 0 \iff \varepsilon = -2

En utilisant l'expression de la constante diélectrique obtenue à la question Q43 dans l'approximation sans pertes, \varepsilon(\omega) = 1 - \dfrac{\omega_p^2}{\omega^2}, la condition s'écrit :

\begin{aligned} 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2} = -2 &\iff \frac{\omega_p^2}{\omega^2} = 3 \\ &\iff \omega^2 = \frac{\omega_p^2}{3} \end{aligned}

Puisque la pulsation \omega est une grandeur positive, on en déduit la pulsation résonante :

\boxed{\omega = \frac{\omega_p}{\sqrt{3}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La recherche de la condition conduisant à la pulsation de résonance ne nécessite que du calcul.

« la seconde est plus compliquée, alors qu’elle ne fait appel à aucune compétence supplémentaire et conduit à la pulsation résonante. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 ?

Surtout 4 chapitres : Optique géométrique (26 % des questions), Cinétique chimique (23 %), Diffusion thermique et diffusion de particules (15 %, partie II) et Ondes électromagnétiques dans les milieux (10 %, partie III). Plus ponctuellement : Diffraction et réseaux, Électrostatique, Physique quantique, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 24 questions sur 44 (55 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie I.A (Q1 à Q5), la sous-partie I.B (Q6 à Q9) et la sous-partie I.D (Q12 à Q21), ainsi que Q10, Q11 et Q25 à Q27. Avec les autres programmes de première année : 24 en MPSI, 24 en PTSI, 24 en MP2I, 24 en TSI1 et 24 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 2 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q44 (résonance de fröhlich).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 ?

Questions de cours : Q1 (microscope), Q10 (niveau d'énergie), Q38 (polarisabilité) et Q40 (vecteur densité de courant). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (tracé de rayons), Q33 (équation de diffusion), Q34 (coefficient de diffusion), Q35 (marche au hasard), Q36 (déplacement quadratique moyen), Q41 (modèle de drude) et Q43 (permittivité diélectrique).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (35 sur 44), par exemple : Q1 à Q3, Q5 à Q14, Q16 à Q18, Q20, Q21, Q23 à Q30, Q32, Q34, Q35, Q37 à Q40, Q42 et Q43. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q19, Q31, Q33 et Q36.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge l'épreuve bien calibrée et classante : une majorité de candidats a pu aller au bout, la progressivité des questions a aidé les candidats sérieux, et la troisième partie était proche du cours. Moyenne : 8,93/20 (écart-type 4,04, 3 328 présents).

Quelle unité donner pour le taux de fluorescence à la question Q18 ?

La seconde réciproque (\text{s}^{-1}) : le jury précise que le taux d'émission d'un processus aléatoire s'exprime en \text{s}^{-1} (ou \text{photons}\cdot\text{s}^{-1}) et non en hertz (\text{Hz}), unité réservée aux phénomènes périodiques.

Comment justifier la nullité du déplacement moyen à la question Q35 ?

En mentionnant explicitement l'équiprobabilité des sauts dans chaque direction. Le jury sanctionne l'absence de cet argument probabiliste pour conclure que \langle\vec{OA_N}\rangle = \vec{0}.

Où je me situe, question par question

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 44 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,93 et d'écart-type 4,04 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.