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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 MP 2021

La ruée vers l'or : catalyse, imagerie thermique et propriétés plasmoniques

Le sujet en bref

Sujet moyen · Diffusion thermique et diffusion de particules, Ondes électromagnétiques dans les milieux, Électrostatique · 20 incontournables · 7 questions de première année
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Ce sujet explore les propriétés physico-chimiques singulières des nanoparticules d'or à travers trois volets complémentaires : la réactivité chimique de surface, le comportement thermique sous excitation optique et la réponse électrodynamique collective. La première partie couple la thermochimie classique de l'oxydation de CO à une description cinétique puis microstatistique de l'adsorption selon le modèle de Langmuir. La deuxième partie analyse la diffusion de la chaleur en géométrie sphérique et l'établissement d'une onde thermique autour d'une particule chauffée par laser modulé. Enfin, les deux dernières parties traitent de l'optique des métaux via le modèle de Drude et aboutissent à l'étude de la résonance plasmon de surface (condition de Fröhlich), expliquant la couleur rubis des vitraux historiques.

D'une richesse conceptuelle remarquable, cette épreuve balaie des pans entiers du programme de MP (physique statistique, diffusion thermique harmonique, électrodynamique des milieux conducteurs). Elle constitue un support d'entraînement très formateur pour travailler la cohérence physique entre approches microscopique et phénoménologique.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,9/20)
Temps estimé
≈ 3 h 15 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

20 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

29 questions rapides et accessibles · 4 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (29) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (4) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les parties I, II et III sont totalement indépendantes entre elles. La partie IV réutilise uniquement la pulsation plasma \omega_p et l'indice diélectrique établis aux questions Q29 et Q30.

  • Données en annexe

    Q2, Q17, Q19, Q22 et Q33 : Toutes les données numériques utiles aux calculs (masses molaires, masse volumique de l'or, constantes fondamentales) sont regroupées à la fin de l'énoncé.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

41 questions
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Partie I : Utilisation des nanoparticules d'or en catalyse hétérogène

I.A · Influences de la température, de la pression et de la composition du mélange gazeux sur l'oxydation du monoxyde de carbone

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation de réaction, avancement

Écrire l'équation de la réaction qui modélise l'oxydation en phase gazeuse du monoxyde de carbone en dioxyde de carbone en se ramenant à une mole de dioxygène.

Voir l'indice

Ajuster les coefficients stœchiométriques entiers de manière à avoir un coefficient égal à 1 devant \mathrm{O_2(g)}.

Voir la réponse courte

Écriture de l'équation de réaction : 2\,\mathrm{CO_{(g)}} + \mathrm{O_{2(g)}} = 2\,\mathrm{CO_{2(g)}}.

Voir le corrigé complet

L'oxydation du monoxyde de carbone \mathrm{CO(g)} par le dioxygène \mathrm{O_2(g)} conduit à la formation de dioxyde de carbone \mathrm{CO_2(g)}.

En imposant un nombre stœchiométrique égal à 1 pour le dioxygène \mathrm{O_2(g)}, l'équation de la réaction s'écrit :

\boxed{2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)}}

Résultat

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Question 2

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : constante d'équilibre, enthalpie standard de réaction, entropie standard de réaction

Calculer la valeur de la constante thermodynamique de cet équilibre chimique dans le cas particulier où .

Voir l'indice

Calculer d'abord \Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ} et \Delta_{\mathrm{r}}S^{\circ} à 298\text{ K}, en déduire \Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}, puis utiliser la relation K^{\circ} = \exp(-\Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}/(RT)).

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'enthalpie standard de réaction \Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ} à 298\text{ K} à l'aide de la loi de Hess et des enthalpies standard de formation.
  2. Calculer l'entropie standard de réaction \Delta_{\mathrm{r}}S^{\circ} à 298\text{ K} à partir des entropies molaires standard.
  3. En déduire l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ} = \Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ} - T\Delta_{\mathrm{r}}S^{\circ}, puis la constante d'équilibre thermodynamique K^{\circ} = \exp\left(-\frac{\Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}}{RT}\right).
Voir la réponse courte

Calcul de \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ par la loi de Hess, puis \Delta_r G^\circ = -RT \ln K^\circ donnant K^\circ(298\text{ K}).

Voir le corrigé complet

L'équation de la réaction établie à la question Q1 est :

2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)}.

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de réaction s'exprime par :

\begin{aligned} \Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ}(298\text{ K}) &= 2\,\Delta_{\mathrm{f}}H^{\circ}(\mathrm{CO_2(g)}) - 2\,\Delta_{\mathrm{f}}H^{\circ}(\mathrm{CO(g)}) - \Delta_{\mathrm{f}}H^{\circ}(\mathrm{O_2(g)}) \\ &= 2 \times (-393{,}5) - 2 \times (-110{,}6) - 0 \\ &= -565{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = -565{,}8 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}. \end{aligned}

L'entropie standard de réaction est donnée par :

\begin{aligned} \Delta_{\mathrm{r}}S^{\circ}(298\text{ K}) &= 2\,S^{\circ}(\mathrm{CO_2(g)}) - 2\,S^{\circ}(\mathrm{CO(g)}) - S^{\circ}(\mathrm{O_2(g)}) \\ &= 2 \times 213{,}7 - 2 \times 197{,}6 - 204{,}8 \\ &= -172{,}6\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}. \end{aligned}

On en déduit l'enthalpie libre standard de réaction à T = 298\text{ K} :

\begin{aligned} \Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}(298\text{ K}) &= \Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ}(298\text{ K}) - T\,\Delta_{\mathrm{r}}S^{\circ}(298\text{ K}) \\ &= -565{,}8 \times 10^3 - 298 \times (-172{,}6) \\ &= -514{,}4 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} = -514{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}. \end{aligned}

La constante thermodynamique d'équilibre est reliée à \Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ} par la relation :

K^{\circ}(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}(T)}{RT}\right).

L'exposant vaut :

\begin{aligned} -\frac{\Delta_{\mathrm{r}}G^{\circ}(298\text{ K})}{RT} &= \frac{514{,}37 \times 10^3}{8{,}31 \times 298} \simeq 207{,}7. \end{aligned}

D'où :

\begin{aligned} K^{\circ}(298\text{ K}) &= \mathrm{e}^{207{,}7} = 10^{\frac{207{,}7}{\ln 10}} \simeq 1{,}6 \times 10^{90}. \end{aligned}
\boxed{K^{\circ}(298\text{ K}) \simeq 1{,}6 \times 10^{90}\quad (\text{soit } \ln K^{\circ} \simeq 208)}

Résultat

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : quotient de réaction, équilibre chimique, avancement

L'état initial est constitué d'un mélange idéal de monoxyde de carbone et de dioxygène gazeux seulement. On définit la proportion initiale de dioxygène par le paramètre , égal au rapport de la quantité initiale de dioxygène sur la quantité initiale de monoxyde de carbone. On définit aussi le taux de conversion du monoxyde de carbone comme étant la quantité de monoxyde de carbone qui a réagi, rapportée à la quantité initiale de monoxyde de carbone. On le note .

Établir la relation qui lie le taux de conversion du monoxyde de carbone à l'équilibre à la constante thermodynamique d'équilibre à la température , à la pression totale du mélange gazeux, à la pression standard et à la proportion initiale de dioxygène .

Voir l'indice

Dresser un tableau d'avancement molaire normalisé par la quantité initiale de \mathrm{CO}, exprimer les fractions molaires à l'équilibre en fonction de \alpha_{\mathrm{e}} et \sigma, puis appliquer la loi d'action des masses.

Voir la stratégie
  1. Dresser un tableau d'avancement molaire pour la réaction 2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)} en exprimant les quantités de matière en fonction de la quantité initiale n_0 de \mathrm{CO} et du taux de conversion \alpha.
  2. En déduire la quantité totale de gaz et les fractions molaires à l'équilibre thermodynamique.
  3. Appliquer la loi d'action des masses (loi de Guldberg et Waage) avec les pressions partielles de gaz parfaits pour relier \alpha_{\mathrm{e}}, K^{\circ}(T), P, P^{\circ} et \sigma.
Voir la réponse courte

Tableau d'avancement exprimé avec \alpha, calcul des pressions partielles et expression de K^\circ(T) = Q_{r,\text{éq}} en fonction de \alpha_e, P/P^\circ et \sigma.

Voir le corrigé complet

Considérons une quantité initiale n_0 = n(\mathrm{CO})_0 de monoxyde de carbone. D'après la définition du paramètre \sigma, la quantité initiale de dioxygène est :

n(\mathrm{O}_2)_0 = \sigma \, n_0.

Par définition, le taux de conversion \alpha représente la fraction de \mathrm{CO} ayant réagi :

\alpha = \frac{n(\mathrm{CO})_0 - n(\mathrm{CO})}{n(\mathrm{CO})_0} = \frac{2\xi}{n_0} \quad \implies \quad \xi = \frac{\alpha \, n_0}{2},

où \xi est l'avancement de la réaction d'oxydation écrite sous la forme établie à la question Q1 :

2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)}.

À l'équilibre chimique, le taux de conversion vaut \alpha_{\mathrm{e}} et les quantités de matière des différentes espèces gazeuses s'écrivent :

\begin{aligned} n(\mathrm{CO}) &= n_0 - 2\xi_{\mathrm{e}} = n_0(1 - \alpha_{\mathrm{e}}), \\ n(\mathrm{O_2}) &= \sigma n_0 - \xi_{\mathrm{e}} = n_0\left(\sigma - \frac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right), \\ n(\mathrm{CO_2}) &= 2\xi_{\mathrm{e}} = n_0 \alpha_{\mathrm{e}}. \end{aligned}

La quantité totale de matière en phase gazeuse à l'équilibre est donc :

\begin{aligned} n_{\mathrm{tot, e}} &= n(\mathrm{CO}) + n(\mathrm{O_2}) + n(\mathrm{CO_2}) \\ &= n_0\left((1 - \alpha_{\mathrm{e}}) + \left(\sigma - \frac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right) + \alpha_{\mathrm{e}}\right) \\ &= n_0\left(1 + \sigma - \frac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right). \end{aligned}

Les gaz étant assimilés à des gaz parfaits, la pression partielle de chaque constituant i est P_i = x_i P = \frac{n_i}{n_{\mathrm{tot, e}}} P, d'où l'expression de l'activité a_i = \frac{P_i}{P^{\circ}}. La loi d'action des masses s'écrit alors :

K^{\circ}(T) = \frac{\left(\dfrac{P_{\mathrm{CO}_2}}{P^{\circ}}\right)^2}{\left(\dfrac{P_{\mathrm{CO}}}{P^{\circ}}\right)^2 \left(\dfrac{P_{\mathrm{O}_2}}{P^{\circ}}\right)} = \frac{x_{\mathrm{CO}_2}^2}{x_{\mathrm{CO}}^2 \, x_{\mathrm{O}_2}} \left(\frac{P}{P^{\circ}}\right)^{-1}.

En remplaçant les fractions molaires par leurs expressions en fonction des quantités de matière, le terme adimensionnel en fractions molaires devient :

\frac{x_{\mathrm{CO}_2}^2}{x_{\mathrm{CO}}^2 \, x_{\mathrm{O}_2}} = \frac{n(\mathrm{CO_2})^2 \cdot n_{\mathrm{tot, e}}}{n(\mathrm{CO})^2 \cdot n(\mathrm{O_2})} = \frac{(n_0 \alpha_{\mathrm{e}})^2 \cdot n_0\left(1 + \sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)}{n_0^2(1 - \alpha_{\mathrm{e}})^2 \cdot n_0\left(\sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)} = \frac{\alpha_{\mathrm{e}}^2\left(1 + \sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)}{(1 - \alpha_{\mathrm{e}})^2\left(\sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)}.

On en déduit la relation liant \alpha_{\mathrm{e}} aux différents paramètres du système :

\boxed{K^{\circ}(T) = \frac{\alpha_{\mathrm{e}}^2\left(1 + \sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)}{(1 - \alpha_{\mathrm{e}})^2\left(\sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)} \left(\frac{P^{\circ}}{P}\right)}

ou, sous forme équivalente :

\frac{\alpha_{\mathrm{e}}^2\left(1 + \sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)}{(1 - \alpha_{\mathrm{e}})^2\left(\sigma - \dfrac{\alpha_{\mathrm{e}}}{2}\right)} = K^{\circ}(T) \, \frac{P}{P^{\circ}}.

Résultat

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de van 't hoff, déplacement d'équilibre, catalyse

Indiquer quelles sont les conditions de température et de pression qui favorisent l'oxydation du monoxyde de carbone. Dans ces conditions, discuter de l'intérêt d'utiliser un catalyseur.

Voir l'indice

Discuter le sens de déplacement de l'équilibre selon la température grâce à la loi de Van 't Hoff et selon la pression via la variation de quantité de matière gazeuse \Delta_{\mathrm{r}}\nu_{\mathrm{g}} ; rappeler le rôle purement cinétique d'un catalyseur.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de modération de Le Chatelier (ou la loi de van 't Hoff) pour déterminer l'effet de la température sur la constante d'équilibre, compte tenu du signe de l'enthalpie standard de réaction.
  2. Appliquer la loi de modération de la pression (ou exploiter la relation obtenue à la question Q3) en tenant compte de la variation de la quantité de matière gazeuse \Delta\nu_{\mathrm{g}}.
  3. Confronter les aspects thermodynamique et cinétique : à basse température, l'équilibre est favorable mais la vitesse est très faible (blocage cinétique), d'où le rôle du catalyseur.
Voir la réponse courte

Réaction exothermique (\Delta_r H^\circ < 0) et contraction molaire : favorisée à basse température et haute pression, justifiant l'emploi d'un catalyseur.

Voir le corrigé complet

1. Influence de la température :

La réaction d'oxydation du monoxyde de carbone s'écrit (d'après la question Q1) :

2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)}

L'enthalpie standard de cette réaction est négative (d'après la question Q2) :

\Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ}(298\text{ K}) = -565{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} < 0

La réaction est donc fortement exothermique. D'après la relation de van 't Hoff :

\frac{\mathrm{d}\ln K^{\circ}}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_{\mathrm{r}}H^{\circ}(T)}{R T^2} < 0

Une diminution de la température T augmente la constante d'équilibre K^{\circ}(T), ce qui déplace l'équilibre dans le sens direct. L'oxydation de \mathrm{CO} est donc favorisée à basse température.

2. Influence de la pression :

La variation du nombre de moles de constituants gazeux vaut :

\Delta\nu_{\mathrm{g}} = 2 - (2 + 1) = -1 < 0

D'après la relation établie à la question Q3, F(\alpha_{\mathrm{e}}) = K^{\circ}(T)\,\frac{P}{P^{\circ}}. La fonction F(\alpha) étant strictement croissante avec \alpha, une augmentation de la pression totale P conduit à une augmentation du taux de conversion d'équilibre \alpha_{\mathrm{e}}. D'après le principe de Le Chatelier, une augmentation de pression favorise l'évolution dans le sens qui diminue la quantité de matière de gaz, c'est-à-dire le sens direct. L'oxydation de \mathrm{CO} est donc favorisée à haute pression.

\boxed{\text{L'oxydation du monoxyde de carbone est favorisée à basse température et à haute pression.}}

3. Intérêt d'utiliser un catalyseur :

Dans les conditions thermodynamiquement les plus favorables (notamment à basse température, voire à température ambiante où K^{\circ} \sim 10^{90}), l'énergie thermique disponible est insuffisante pour franchir rapidement les barrières d'activation de la réaction. Selon la loi d'Arrhenius, les constantes de vitesse sont alors extrêmement faibles : le mélange gazeux se trouve dans un état de blocage cinétique.

Un catalyseur offre un nouveau chemin réactionnel de plus faible énergie d'activation sans modifier l'état d'équilibre thermodynamique final. Il permet ainsi d'accélérer considérablement la réaction à basse température et d'obtenir l'oxydation quasi-totale du monoxyde de carbone en un temps compatible avec le fonctionnement d'un pot catalytique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La constante d'équilibre ne dépend pas de la pression, et le rôle d'un catalyseur est purement cinétique.

« Les arguments à développer pour déterminer l’influence de la température et de la pression sur un équilibre sont mal maitrisés. »

« beaucoup de candidats font reposer leur raisonnement sur une supposée dépendance de la constante d’équilibre vis-à-vis de la pression, ce qui les conduit inévitablement à un résultat erroné. »

« Le jury s’étonne par ailleurs que le rôle d’un catalyseur, purement cinétique, soit méconnu de la plupart des candidats. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : déplacement d'équilibre, quotient de réaction

Indiquer comment il convient de choisir la proportion initiale de dioxygène pour favoriser l'oxydation du monoxyde de carbone.

Voir l'indice

Analyser la dépendance de la fonction F(\alpha) vis-à-vis de \sigma à conversion fixée ou chercher la condition assurant que le réactif limitant théorique soit le monoxyde de carbone.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition minimale sur \sigma liée à la stœchiométrie pour que le monoxyde de carbone puisse être entièrement consommé.
  2. Analyser l'effet d'un excès de dioxygène (\sigma > 0{,}5) tant du point de vue qualitatif (principe de Le Chatelier) que quantitatif à l'aide de la figure 1.
Voir la réponse courte

Augmenter la proportion initiale \sigma en dioxygène déplace l'équilibre dans le sens direct et accroît le taux de conversion \alpha_e.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de la réaction 2\,\mathrm{CO(g)} + \mathrm{O_2(g)} = 2\,\mathrm{CO_2(g)}, la stœchiométrie impose :

\sigma_{\mathrm{stœ ch}} = \frac{n(\mathrm{O_2})_0}{n(\mathrm{CO})_0} = \frac{1}{2} = 0{,}5.
  • Condition minimale (\sigma \ge 0{,}5) : Si \sigma < 0{,}5, le dioxygène est le réactif limitant. La quantité maximale de \mathrm{CO} pouvant réagir est 2\,n(\mathrm{O_2})_0 = 2\sigma\,n(\mathrm{CO})_0, ce qui borne le taux de conversion à \alpha \leqslant 2\sigma < 1 (ce que traduit l'asymptote verticale à \alpha = 0{,}4 observée sur la figure 1 pour \sigma = 0{,}2). Pour permettre une conversion complète du monoxyde de carbone, il est donc impératif de choisir :

    \sigma \ge 0{,}5.
  • Intérêt d'un excès de dioxygène (\sigma > 0{,}5) : D'après le principe de modération de Le Chatelier, l'augmentation de la proportion initiale d'un réactif (\mathrm{O_2}) déplace l'équilibre dans le sens direct qui le consomme, favorisant ainsi la conversion de \mathrm{CO}.

    Sur le graphe de la figure 1, à valeur fixée de F(\alpha_{\mathrm{e}}) = K^{\circ}(T)\,\frac{P}{P^{\circ}}, l'abscisse \alpha_{\mathrm{e}} est une fonction strictement croissante de \sigma (la courbe se décale vers la droite quand \sigma croît).

Il convient donc de choisir une proportion initiale de dioxygène en excès par rapport à la stœchiométrie, soit :

\boxed{\sigma > 0{,}5}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La lecture graphique a dérouté ; toute valeur de sigma supérieure ou égale à 0,5 a été acceptée si elle était justifiée.

« La lecture du graphe présenté semble avoir dérouté une part importante des candidats. »

« Le jury a accepté toute réponse donnant une valeur de σsupérieure ou égale à 0,5, dès lors qu’elle était justifiée. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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I.B.1 · Modèle cinétique

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vitesse de réaction, isotherme de langmuir

Établir l'expression de la vitesse d'apparition des sites occupés, , en fonction de , , et .

Voir l'indice

Appliquer les lois de vitesse données : le terme d'adsorption est proportionnel à p(1-\theta) et le terme de désorption est proportionnel à \theta.

Voir la réponse courte

Bilan cinétique sur les sites : adsorption proportionnelle à p(1-\theta) et désorption proportionnelle à \theta, d'où \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}t = k_a p(1-\theta) - k_d \theta.

Voir le corrigé complet

Le taux d'occupation \theta représente la fraction de sites occupés par une molécule de monoxyde de carbone adsorbée (\mathrm{CO-S}). La fraction de sites vacants (\mathrm{S_{vacant}}) disponibles à la surface est donc donnée par :

\theta_{\text{vacant}} = 1 - \theta

D'après les hypothèses de l'énoncé :

  • la réaction d'adsorption est d'ordre 1 par rapport à la pression partielle p en \mathrm{CO} et d'ordre 1 par rapport au taux de sites vacants, ce qui conduit à une vitesse d'adsorption :

    v_a = k_a \, p \, (1 - \theta)
  • la réaction de désorption est d'ordre 1 par rapport au taux de sites occupés, d'où une vitesse de désorption :

    v_d = k_d \, \theta

La vitesse d'apparition nette des sites occupés correspond au bilan entre le processus d'adsorption et le processus de désorption :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} &= v_a - v_d \\ &= k_a \, p \, (1 - \theta) - k_d \, \theta \end{aligned}
\boxed{\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = k_a \, p \, (1 - \theta) - k_d \, \theta}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le degré de réussite a relevé du tout ou rien, nécessitant une bonne appropriation du modèle cinétique.

« Le degré de réussite sur ces questions, qui nécessitaient de s’approprier le modèle cinétique intégralement décrit par l’énoncé, relève quasiment du tout ou rien. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : isotherme de langmuir, équilibre chimique

Exprimer , lorsque l'équilibre est établi, en fonction du rapport des constantes de vitesse et de la pression . L'expression obtenue a été établie pour la première fois par Irving Langmuir, physicien et chimiste américain, récipiendaire du prix Nobel de chimie en 1932 pour ses travaux en physico-chimie des surfaces.

Voir l'indice

Traduire la condition d'équilibre stationnaire \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}t = 0 et isoler \theta en fonction du produit Kp.

Voir la stratégie

À l'équilibre dynamique d'adsorption-désorption, les vitesses d'adsorption et de désorption se compensent exactement, ce qui correspond à une vitesse nette d'apparition des sites occupés nulle : \dfrac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = 0. Il suffit alors d'isoler le taux d'occupation \theta et d'introduire le rapport K = k_a / k_d.

Voir la réponse courte

À l'équilibre stationnaire \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}t = 0, menant à l'isotherme de Langmuir \theta = \frac{K p}{1 + K p} avec K = k_a/k_d.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, l'évolution temporelle du taux d'occupation est régie par :

\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = k_a p (1 - \theta) - k_d \theta

À l'équilibre, le taux d'occupation ne varie plus au cours du temps, soit \dfrac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = 0. On en déduit :

k_a p (1 - \theta) = k_d \theta

En développant et en regroupant les termes en \theta :

\begin{aligned} k_a p &= (k_d + k_a p)\,\theta \\ \theta &= \frac{k_a p}{k_d + k_a p} \end{aligned}

En divisant le numérateur et le dénominateur par la constante de désorption k_d et en introduisant la constante d'équilibre d'adsorption K = \dfrac{k_a}{k_d}, on obtient l'isotherme de Langmuir :

\boxed{\theta = \frac{K p}{1 + K p}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le degré de réussite a relevé du tout ou rien, nécessitant une bonne appropriation du modèle cinétique.

« Le degré de réussite sur ces questions, qui nécessitaient de s’approprier le modèle cinétique intégralement décrit par l’énoncé, relève quasiment du tout ou rien. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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I.B.2 · Modèle statistique

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : microétat, dégénérescence

Donner l'expression de l'énergie associée à une configuration microscopique où sites, parmi les , sont occupés. On note le nombre de réalisations de cette configuration microscopique. Exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Chaque site occupé contribue pour une énergie -\varepsilon ; le facteur combinatoire g_n correspond au choix de n sites parmi N.

Voir la réponse courte

Énergie E(n) = -n\varepsilon pour n sites occupés indépendants et nombre de configurations donné par le coefficient binomial g_n = \binom{N}{n}.

Voir le corrigé complet

L'énergie d'un site vacant étant prise comme référence nulle et celle d'un site occupé valant -\varepsilon, l'énergie totale d'une configuration comportant n sites occupés (et donc N-n sites vacants), en l'absence d'interaction entre molécules adsorbées, s'écrit :

\boxed{E(n) = -n\varepsilon}

Chaque site d'adsorption occupant une position fixe sur le réseau de la nanoparticule, les N sites sont spatialement discernables. Le nombre g_n de réalisations (ou dégénérescence) correspond au nombre de manières de choisir les n sites occupés parmi les N sites disponibles, soit le coefficient binomial :

\boxed{g_n = \binom{N}{n} = \frac{N!}{n!(N-n)!}}

Résultat

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Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : facteur de boltzmann, probabilité d'occupation, fonction de partition

Donner l'expression de la probabilité que le système soit dans une configuration où sites sont occupés, en faisant intervenir , et le facteur de Boltzmann.

Voir l'indice

Appliquer la distribution canonique de Boltzmann : la probabilité est proportionnelle au poids statistique g_n et au facteur de Boltzmann \exp(-\beta E(n)), normalisée par Z.

Voir la réponse courte

Application de la loi de Boltzmann : la probabilité s'écrit P(n) = \frac{g_n \exp(-\beta E(n))}{Z}.

Voir le corrigé complet

À l'équilibre canonique à température T (soit \beta = 1/(k_{\mathrm{B}} T)), la probabilité d'occupation de chaque micro-état d'énergie E(n) est proportionnelle au facteur de Boltzmann \exp(-\beta E(n)).

La configuration macroscopique caractérisée par le nombre n de sites occupés regroupe g_n micro-états distincts de même énergie E(n) = -n\varepsilon (d'après la question Q8). La probabilité P(n) est donc la somme des probabilités de ces g_n micro-états, normalisée par la fonction de partition Z définie par l'équation (I.2) :

\boxed{P(n) = \frac{g_n \exp(-\beta E(n))}{Z} = \frac{g_n \exp(n\beta\varepsilon)}{Z}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction de partition, valeur moyenne

On note le nombre moyen de sites occupés à l'équilibre thermodynamique. Montrer qu'on peut le calculer ainsi : .

Voir l'indice

Exprimer \partial \ln Z / \partial \beta = (1/Z) \partial Z/\partial \beta, dériver chaque terme de la somme par rapport à \beta et faire apparaître la moyenne \langle n \rangle = \sum n P(n).

Voir la stratégie
  1. Partir de la définition statistique de la valeur moyenne \langle n \rangle = \sum_{n=0}^N n P(n) à l'aide de la probabilité P(n) obtenue à la question Q9.
  2. Calculer la dérivée par rapport à \beta de la fonction de partition Z définie par l'équation (I.2) avec E(n) = -n\varepsilon.
  3. Utiliser la propriété de la dérivée logarithmique \frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} = \frac{1}{Z}\frac{\partial Z}{\partial \beta} pour conclure.
Voir la réponse courte

Calcul direct de la dérivée logarithmique \frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} = \frac{1}{Z}\sum n\varepsilon g_n \mathrm{e}^{n\beta\varepsilon} = \varepsilon \langle n \rangle.

Voir le corrigé complet

Par définition d'une valeur moyenne discrète en physique statistique, le nombre moyen de sites occupés s'écrit :

\langle n \rangle = \sum_{n=0}^N n P(n)

En utilisant l'expression de la probabilité P(n) établie à la question Q9, il vient :

\langle n \rangle = \sum_{n=0}^N n \frac{g_n \exp(n\beta\varepsilon)}{Z} = \frac{1}{Z} \sum_{n=0}^N n g_n \exp(n\beta\varepsilon)

D'autre part, la fonction de partition s'écrit :

Z = \sum_{n=0}^N g_n \exp(n\beta\varepsilon)

En dérivant Z par rapport à la variable \beta (les grandeurs N, g_n et \varepsilon étant indépendantes de \beta) :

\frac{\partial Z}{\partial \beta} = \sum_{n=0}^N g_n (n\varepsilon) \exp(n\beta\varepsilon) = \varepsilon \sum_{n=0}^N n g_n \exp(n\beta\varepsilon)

On en déduit :

\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} = \frac{1}{Z}\frac{\partial Z}{\partial \beta} = \frac{\varepsilon}{Z} \sum_{n=0}^N n g_n \exp(n\beta\varepsilon) = \varepsilon \langle n \rangle

En divisant par \varepsilon > 0, on obtient bien la relation demandée :

\boxed{\langle n \rangle = \frac{1}{\varepsilon} \frac{\partial \ln Z}{\partial \beta}}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : isotherme de langmuir, fonction de partition

Établir l'expression du taux d'occupation à l'équilibre thermodynamique en fonction de la pression du monoxyde de carbone sachant qu'une étude plus approfondie permet d'établir que le facteur est proportionnel à la pression . Par comparaison avec le résultat établi à la question 7, proposer une expression du coefficient de proportionnalité.

Voir l'indice

Calculer Z à l'aide de la formule du binôme de Newton pour (1+\exp(\beta\varepsilon))^N, calculer \langle n \rangle via la relation précédente puis poser \theta = \langle n \rangle/N.

Voir la stratégie
  1. Calculer la fonction de partition Z à l'aide de la formule du binôme de Newton fournie dans l'énoncé.
  2. En déduire le nombre moyen de sites occupés \langle n \rangle en utilisant la formule établie à la question Q10, puis le taux d'occupation \theta = \langle n \rangle / N.
  3. Exprimer \theta en fonction de la pression p en traduisant la relation de proportionnalité, puis identifier le coefficient de proportionnalité avec la constante de Langmuir K trouvée à la question Q7.
Voir la réponse courte

Développement du binôme Z = (1 + \mathrm{e}^{\beta\varepsilon})^N donnant \theta = \frac{\mathrm{e}^{\beta\varepsilon}}{1+\mathrm{e}^{\beta\varepsilon}}, qui s'identifie à Langmuir pour \mathrm{e}^{\beta\varepsilon} = K p.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q8 et Q9, l'expression de la fonction de partition s'écrit :

Z = \sum_{n=0}^N \binom{N}{n} \left(\exp(\beta\varepsilon)\right)^n 1^{N-n}

En reconnaissant le développement du binôme de Newton :

Z = \bigl(1 + \exp(\beta\varepsilon)\bigr)^N

D'après le résultat de la question Q10, on calcule le nombre moyen de sites occupés :

\begin{aligned} \ln Z &= N \ln\bigl(1 + \exp(\beta\varepsilon)\bigr) \\ \langle n \rangle &= \frac{1}{\varepsilon} \frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} = \frac{1}{\varepsilon} \cdot N \frac{\varepsilon \exp(\beta\varepsilon)}{1 + \exp(\beta\varepsilon)} = N \frac{\exp(\beta\varepsilon)}{1 + \exp(\beta\varepsilon)} \end{aligned}

Le taux d'occupation moyen \theta = \frac{\langle n \rangle}{N} à l'équilibre vaut ainsi :

\theta = \frac{\exp(\beta\varepsilon)}{1 + \exp(\beta\varepsilon)}

L'énoncé indique que le facteur \exp(\beta\varepsilon) est proportionnel à la pression p du gaz. En notant C ce coefficient de proportionnalité, soit \exp(\beta\varepsilon) = C p, on obtient :

\boxed{\theta = \frac{C p}{1 + C p}}

Par comparaison directe avec l'isotherme de Langmuir établie par voie cinétique à la question Q7, \theta = \frac{K p}{1 + K p}, on identifie le coefficient de proportionnalité :

\boxed{C = K = \frac{k_a}{k_d}}

Résultat

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I.B.3 · Confrontation de mesures expérimentales au modèle de Langmuir

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : isotherme de langmuir, régression linéaire

On choisit de modéliser les données expérimentales données dans la figure 2 à l'aide du modèle de Langmuir. Estimer une valeur approchée du rapport des constantes de vitesse compatible avec les mesures dans la limite des faibles pressions. Expliquer de façon argumentée (en s'appuyant par exemple sur une représentation graphique) si cette valeur permet d'accorder le modèle de Langmuir avec les mesures réalisées aux plus hautes pressions.

Voir l'indice

À basse pression, utiliser l'équivalent au premier ordre \theta \simeq Kp pour évaluer la pente à l'origine sur la figure 2 ; tester ensuite la cohérence de ce K avec la valeur de saturation attendue.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le comportement aux faibles pressions (K p \ll 1) de l'isotherme de Langmuir pour relier directement K à la pente à l'origine.
  2. Estimer numériquement la valeur de K à partir des premières valeurs expérimentales du tableau ou du graphe de la figure 2.
  3. Calculer le taux de recouvrement théorique \theta_{\text{th}}(p) = \frac{Kp}{1+Kp} prédit pour de fortes pressions et le confronter aux mesures expérimentales de la figure 2 afin de discuter la validité du modèle.
Voir la réponse courte

Pente à l'origine \theta \approx K p pour estimer K, puis discussion de la saturation ou des écarts aux fortes pressions.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes (Q7 et Q11), le modèle de Langmuir s'écrit :

\theta(p) = \frac{K p}{1 + K p}

Dans la limite des faibles pressions (K p \ll 1), un développement limité au premier ordre conduit à un régime linéaire :

\theta(p) \underset{p \to 0}{\simeq} K p \quad \implies \quad K \simeq \left( \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}p} \right)_{p=0}

En exploitant les premières données expérimentales du tableau de la figure 2 :

  • Pour p = 5{,}6\text{ Pa}, \theta = 0{,}06 \implies \frac{\theta}{p} \simeq 1{,}1 \times 10^{-2}\text{ Pa}^{-1} ;
  • Pour p = 11{,}1\text{ Pa}, \theta = 0{,}09 \implies \frac{\theta}{p} \simeq 0{,}81 \times 10^{-2}\text{ Pa}^{-1} ;
  • Pour p = 16{,}7\text{ Pa}, \theta = 0{,}15 \implies \frac{\theta}{p} \simeq 0{,}90 \times 10^{-2}\text{ Pa}^{-1}.

La pente moyenne à l'origine fournit une estimation de K :

\boxed{K \simeq (8 \text{ à } 10) \times 10^{-3}\text{ Pa}^{-1} \simeq 1 \times 10^{-2}\text{ Pa}^{-1}}

Examinons à présent la prédiction de ce modèle aux pressions plus élevées avec K \simeq 1 \times 10^{-2}\text{ Pa}^{-1} :

  • Pour p = 266{,}6\text{ Pa} : K p \simeq 2{,}7, d'où \theta_{\text{th}} = \frac{2{,}7}{3{,}7} \simeq 0{,}73, alors que la valeur mesurée n'est que de \theta_{\text{exp}} = 0{,}50 ;
  • Pour p = 533{,}3\text{ Pa} : K p \simeq 5{,}3, d'où \theta_{\text{th}} \simeq 0{,}84, alors que \theta_{\text{exp}} = 0{,}59 ;
  • Pour p = 1336\text{ Pa} : K p \simeq 13{,}4, d'où \theta_{\text{th}} = \frac{13{,}4}{14{,}4} \simeq 0{,}93, alors que \theta_{\text{exp}} = 0{,}79.

Le modèle de Langmuir ajusté sur les faibles pressions surestime nettement le taux de couverture et prévoit une saturation vers \theta \to 1 bien plus précoce que celle observée expérimentalement : cette valeur de K ne permet donc pas d'accorder le modèle de Langmuir avec les mesures aux hautes pressions.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Plusieurs méthodes convenaient pour estimer K sans étude d'incertitudes ; la valeur du coefficient R2 ne valide pas un modèle théorique.

« Cette question non guidée a été abordée dans 22 % des copies seulement, ce qui s’explique sans doute par sa dépendance forte avec les questions Q7 et Q11. »

« la valeur du coefficient de corrélation R2 ne constitue pas un outil de validation ou non du modèle théorique sous-jacent. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Partie II : Imagerie des nanoparticules d'or

II.A · Équation de la diffusion thermique en géométrie sphérique

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif

Notions : symétrie, invariance

Montrer, à l'aide d'un argument simple, que la température en un point du milieu ne dépend spatialement que de , distance séparant le centre de la nanosphère du point considéré.

Voir l'indice

Invoquer l'invariance par rotation autour du centre de la nanosphère et l'isotropie du milieu infini pour justifier l'absence de dépendance angulaire.

Voir la réponse courte

Invariance par rotation autour du centre de la nanosphère sphérique dans un milieu infini et isotrope : T = T(r, t).

Voir le corrigé complet

Le problème présente les caractéristiques de symétrie et d'invariance suivantes :

  • la source thermique est une sphère de centre O dont la température est spatialement uniforme à chaque instant, égale à T_s(t) ;
  • le milieu extérieur (le gel) est supposé infini, homogène et isotrope ;
  • la condition aux limites au contact de la sphère, T(a^+, t) = T_s(t), ainsi que celle à l'infini, T(r \to \infty, t) = T_0, sont indépendantes des coordonnées angulaires ;
  • l'état initial est spatialement uniforme : T(M, 0) = T_0.

Le système matériel et l'ensemble des conditions aux limites et initiales sont donc invariants par toute rotation autour du centre O de la nanosphère.

D'après le principe de Curie, les effets possèdent au moins les symétries des causes. Par conséquent, en coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) d'origine O, le champ de température ne dépend pas des variables angulaires \theta et \varphi :

\boxed{T(M, t) = T(r, t)}

La température en un point du milieu ne dépend spatialement que de la distance r = OM.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une argumentation rigoureuse et précise était attendue : invoquer simplement une géométrie sphérique ne suffisait pas.

« Le jury a été attentif à la rigueur de la rédaction et à la précision des arguments développés. À titre d’exemple, une réponse affirmant simplement que « le problème est à géométrie sphérique » était considérée comme insuffisante. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de diffusion, loi de fourier, bilan thermique

Effectuer un bilan énergétique entre et pour un système bien choisi et établir l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la température dans le milieu :

Voir l'indice

Choisir un système fermé constitué du gel compris entre les sphères de rayon r et r+\mathrm{d}r, exprimer la loi de Fourier pour le flux conductif entrant et sortant, et relier le bilan thermique à la dérivée temporelle de l'énergie interne.

Voir la stratégie
  1. Choisir un système fermé infinitésimal adapté aux symétries sphériques du problème : une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r.
  2. Exprimer la variation d'énergie interne \mathrm{d}U de cette coquille entre les instants t et t + \mathrm{d}t en fonction de la capacité thermique volumique C_g.
  3. Évaluer le transfert thermique net \delta Q entrant à travers les frontières en r et en r+\mathrm{d}r à l'aide de la loi de Fourier, puis appliquer le premier principe de la thermodynamique.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie sur une coquille sphérique entre r et r+\mathrm{d}r avec le flux de conduction de Fourier.

Voir le corrigé complet

Considérons comme système la portion de gel (milieu sans source interne de chaleur pour r > a) délimitée par une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r. Le volume de cette coquille est :

\mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r.

Le gel étant une phase condensée indéformable et incompressible, le travail des forces de pression est nul (\delta W = 0). Le premier principe de la thermodynamique appliqué au système entre les instants t et t + \mathrm{d}t donne :

\mathrm{d}U = \delta Q.

La variation d'énergie interne s'exprime au premier ordre en \mathrm{d}t par :

\mathrm{d}U = C_g \, \mathrm{d}V \, [T(r, t+\mathrm{d}t) - T(r, t)] = 4\pi r^2 C_g \frac{\partial T}{\partial t}(r, t) \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t.

D'après la loi de Fourier et la dépendance radiale du champ de température établie à la question précédente, le vecteur densité de courant thermique s'écrit :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r, t) = -\kappa \vec{\mathrm{grad}}\,T(r, t) = -\kappa \frac{\partial T}{\partial r}(r, t) \, \vec{e}_r.

Le flux thermique traversant une sphère de rayon r orientée vers l'extérieur (dans le sens de \vec{e}_r) est :

\Phi(r, t) = \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r, t) \cdot (4\pi r^2 \vec{e}_r) = -4\pi \kappa \, r^2 \frac{\partial T}{\partial r}(r, t).

Le transfert thermique net reçu par la coquille entre t et t + \mathrm{d}t s'obtient en faisant le bilan du flux entrant en r et sortant en r + \mathrm{d}r :

\begin{aligned} \delta Q &= \left[\Phi(r, t) - \Phi(r + \mathrm{d}r, t)\right] \mathrm{d}t \\ &= -\frac{\partial \Phi}{\partial r}(r, t) \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t \\ &= 4\pi \kappa \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right)(r, t) \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t. \end{aligned}

En égalant \mathrm{d}U et \delta Q :

4\pi r^2 C_g \frac{\partial T}{\partial t}(r, t) \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t = 4\pi \kappa \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right)(r, t) \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t.

En divisant de part et d'autre par 4\pi r^2 \, \mathrm{d}r \, \mathrm{d}t, on obtient l'équation aux dérivées partielles régissant la diffusion thermique dans le milieu :

\boxed{C_g \frac{\partial T}{\partial t}(r, t) = \frac{\kappa}{r^2} \frac{\partial}{\partial r}\left(r^2 \frac{\partial T}{\partial r}\right)(r, t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas les notations d et delta différentiels lors de la réalisation des bilans d'énergie.

« Attention toutefois à ne pas confondre les notations d et δlors de la réalisation des bilans énergétiques idoines. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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II.B · Température dans le milieu en régime stationnaire

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : équation de diffusion, régime stationnaire, résistance thermique

Établir l'expression de la température dans le milieu en fonction de , , et .

Voir l'indice

En régime permanent, annuler la dérivée spatiale de rT(r) et déterminer les deux constantes d'intégration avec les conditions aux limites en r=a et r\to+\infty.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de la diffusion établie en Q14 en régime stationnaire (\partial T / \partial t = 0).
  2. Intégrer cette équation différentielle pour déterminer la forme générale de T(r).
  3. Utiliser les deux conditions aux limites (continuité de la température à la surface de la nanosphère en r = a et température du milieu non perturbé à l'infini r \to +\infty) pour expliciter les constantes d'intégration.
Voir la réponse courte

Intégration de \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}(r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}) = 0 avec T(a) = T_s et T(\infty) = T_0 donnant T(r) = T_0 + (T_s - T_0)\frac{a}{r}.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, la température T(r) est indépendante du temps (\partial T / \partial t = 0). L'équation de diffusion thermique obtenue à la question Q14 se simplifie alors sous la forme :

\frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}^2(rT)}{\mathrm{d}r^2} = 0 \quad \text{soit} \quad \frac{\mathrm{d}^2(rT)}{\mathrm{d}r^2} = 0

Une double intégration par rapport à r conduit à :

r T(r) = A r + B \implies T(r) = A + \frac{B}{r}

où A et B sont deux constantes réelles déterminées par les conditions aux limites :

  • Le milieu est infini et initialement à la température T_0, d'où à grande distance :

    \lim_{r \to +\infty} T(r) = T_0 \implies A = T_0
  • Le contact thermique est parfait en surface de la sphère de rayon a (énoncé), ce qui impose la continuité de la température :

    T(a) = T_s \implies T_0 + \frac{B}{a} = T_s \implies B = a(T_s - T_0)

En réinjectant ces constantes dans l'expression générale, on obtient le profil spatial de température dans le gel (r \geqslant a) :

\boxed{T(r) = T_0 + (T_s - T_0)\frac{a}{r}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre les notations différentielles d et delta dans vos bilans d'énergie.

« Attention toutefois à ne pas confondre les notations d et δlors de la réalisation des bilans énergétiques idoines. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de fourier, flux thermique

En déduire l'expression de la puissance fournie par la nanosphère au milieu extérieur, , en fonction de , et sous la forme :

Voir l'indice

Calculer le flux thermique sortant à travers la sphère r=a à l'aide du gradient de température stationnaire déterminé à la question précédente.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité de courant thermique \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r) à partir de la loi de Fourier et du gradient du profil stationnaire de température T(r) établi à la question Q15.
  2. Calculer la puissance thermique cédée en intégrant le flux sortant à travers la surface sphérique de la particule de rayon a.
Voir la réponse courte

Calcul du flux thermique sortant à travers la sphère en r = a : \Phi = -\kappa \left.\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}\right|_a 4\pi a^2 = 4\pi a\kappa (T_s - T_0).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, la température dans le milieu en régime stationnaire s'écrit, en posant \delta T_s = T_s - T_0 :

T(r) = T_0 + \delta T_s \frac{a}{r}

D'après la loi de Fourier, le vecteur densité volumique de courant thermique dans le milieu est donné par :

\vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r) = -\kappa \, \vec{\operatorname{grad}} T(r) = -\kappa \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} \, \vec{e}_r

En dérivant l'expression de T(r) par rapport à r :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r} = -\delta T_s \frac{a}{r^2} \implies \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(r) = \frac{\kappa a \delta T_s}{r^2} \, \vec{e}_r

La puissance thermique P_{\mathrm{sph}\to\mathrm{milieu}} fournie par la nanosphère au gel correspond au flux sortant de \vec{\jmath}_{\mathrm{th}} à travers la surface de la sphère de rayon a, orientée par la normale unitaire extérieure \vec{n}_{\mathrm{ext}} = \vec{e}_r :

\begin{aligned} P_{\mathrm{sph}\to\mathrm{milieu}} &= \iint_{r=a} \vec{\jmath}_{\mathrm{th}}(a) \cdot \vec{e}_r \, \mathrm{d}S \\ &= j_{\mathrm{th}}(a) \iint_{r=a} \mathrm{d}S \\ &= \left(\frac{\kappa a \delta T_s}{a^2}\right) \times 4\pi a^2 \end{aligned}

On en déduit l'expression demandée :

\boxed{P_{\mathrm{sph}\to\mathrm{milieu}} = 4\pi a\kappa \delta T_s}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas confondre les symboles d et delta dans les bilans énergétiques.

« Attention toutefois à ne pas confondre les notations d et δlors de la réalisation des bilans énergétiques idoines. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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II.C · Température de surface de la nanosphère

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : bilan thermique, constante de temps, capacité thermique

En effectuant un bilan énergétique pour la nanosphère entre et , établir l'équation différentielle vérifiée par et la mettre sous la forme :

où est une constante dont on donnera l'expression en fonction des données du problème et dont on vérifiera qu'elle est bien homogène à un temps.

Voir l'indice

Appliquer le premier principe à la nanosphère d'or entre t et t+\mathrm{d}t en comptabilisant la puissance absorbée P_{\mathrm{abs}}(t) et la puissance cédée au gel.

Voir la stratégie
  1. Choisir pour système la nanosphère d'or de rayon a et appliquer le premier principe de la thermodynamique entre les instants t et t + \mathrm{d}t.
  2. Exprimer la variation d'énergie interne en fonction de la capacité thermique volumique C_{\mathrm{Au}} et le transfert thermique global en utilisant la puissance laser absorbée P_{\mathrm{abs}}(t) et la puissance perdue dans le milieu établie à la question Q16.
  3. Mettre l'équation différentielle sous la forme canonique demandée pour identifier \tau et vérifier son homogénéité par analyse dimensionnelle.
Voir la réponse courte

Premier principe appliqué à la nanosphère : C_{\mathrm{sph}}\frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} = P_{\mathrm{abs}} - 4\pi a\kappa \delta T_s, avec \tau = \frac{C_{\mathrm{sph}}}{4\pi a\kappa}.

Voir le corrigé complet

Considérons comme système fermé la nanosphère d'or de rayon a, de volume V = \dfrac{4}{3}\pi a^3. Sa température T_s(t) étant spatialement uniforme, la variation de son énergie interne entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}U = C_{\mathrm{Au}} V \, \mathrm{d}T_s = \frac{4}{3}\pi a^3 C_{\mathrm{Au}} \, \mathrm{d}(\delta T_s)

puisque \delta T_s(t) = T_s(t) - T_0 avec T_0 constant, d'où \mathrm{d}T_s = \mathrm{d}(\delta T_s).

Le bilan énergétique pour la nanosphère entre t et t+\mathrm{d}t traduit les échanges d'énergie avec l'extérieur (absorption du faisceau laser et conduction vers le milieu) :

\mathrm{d}U = \delta Q = \left( P_{\mathrm{abs}}(t) - P_{\mathrm{sph}\to\mathrm{milieu}}(t) \right) \mathrm{d}t

En utilisant l'expression admise pour le régime variable (d'après la question Q16) :

P_{\mathrm{sph}\to\mathrm{milieu}}(t) = 4\pi a \kappa \, \delta T_s(t)

il vient :

\frac{4}{3}\pi a^3 C_{\mathrm{Au}} \frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} = P_{\mathrm{abs}}(t) - 4\pi a \kappa \, \delta T_s(t)

En regroupant les termes en \delta T_s(t) et en divisant l'ensemble de l'équation par 4\pi a \kappa, on obtient :

\delta T_s(t) + \frac{a^2 C_{\mathrm{Au}}}{3\kappa} \frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} = \frac{P_{\mathrm{abs}}(t)}{4\pi\kappa a}

Cette équation est bien de la forme attendue :

\begin{aligned} \delta T_s(t) + \tau \frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} = \frac{P_{\mathrm{abs}}(t)}{4\pi\kappa a} \end{aligned}

avec :

\boxed{\tau = \frac{a^2 C_{\mathrm{Au}}}{3\kappa}}

Vérification de la dimension de \tau :

  • [a] = \mathrm{L} ;
  • [C_{\mathrm{Au}}] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\Theta^{-1} (car une capacité thermique volumique s'exprime en \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-3}) ;
  • [\kappa] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1} (car une conductivité s'exprime en \mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1} = \mathrm{J}\cdot\mathrm{s}^{-1}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1}).

Par quotient :

[\tau] = \frac{\mathrm{L}^2 \times (\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\Theta^{-1})}{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1}} = \frac{\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{T}^{-3}} = \mathrm{T}

La constante \tau est donc bien homogène à un temps.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à distinguer rigoureusement les notations d et delta dans le bilan d'énergie.

« Attention toutefois à ne pas confondre les notations d et δlors de la réalisation des bilans énergétiques idoines. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : régime sinusoïdal forcé, constante de temps

Justifier que la température se met sous la forme approchée :

Voir l'indice

Calculer la valeur numérique de la constante de temps \tau de la sphère et la comparer à la période d'excitation 2\pi/\Omega pour vérifier que \Omega\tau \ll 1.

Voir la stratégie
  1. Évaluer numériquement la constante de temps thermique \tau établie à la question Q17 ainsi que le produit adimensionnel \Omega\tau.
  2. En déduire le comportement de la réponse en régime sinusoïdal forcé à pulsation \Omega (analogie avec un filtre passe-bas du premier ordre).
  3. Exprimer \delta T_s(t) puis T_s(t) = T_0 + \delta T_s(t).
Voir la réponse courte

Condition \Omega\tau \ll 1 : la dérivée temporelle est négligeable et la nanosphère suit instantanément la modulation de puissance.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q17, l'élévation de température \delta T_s(t) obéit à l'équation différentielle :

\delta T_s(t) + \tau \frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}\left(1 + \cos(\Omega t)\right), \quad \text{avec} \quad \tau = \frac{a^2 C_{\mathrm{Au}}}{3\kappa}.

Calculons numériquement la constante de temps \tau avec a = 10\text{ nm} = 1{,}0 \times 10^{-8}\text{ m}, C_{\mathrm{Au}} = 2{,}5 \times 10^6\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{m}^{-3} et \kappa = 0{,}6\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} :

\tau = \frac{(1{,}0 \times 10^{-8})^2 \times 2{,}5 \times 10^6}{3 \times 0{,}6} \simeq 1{,}4 \times 10^{-10}\text{ s} = 0{,}14\text{ ns}.

La pulsation de modulation vaut \Omega = 2\pi \times 700\text{ kHz} \simeq 4{,}4 \times 10^6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}. Le terme adimensionnel \Omega\tau s'élève à :

\Omega\tau = 4{,}4 \times 10^6 \times 1{,}4 \times 10^{-10} \simeq 6{,}1 \times 10^{-4} \ll 1.

Par linéarité, la solution en régime forcé établi est la somme d'une composante continue et d'une composante sinusoïdale de pulsation \Omega :

\delta T_s(t) = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}\left(1 + \frac{\cos(\Omega t - \varphi)}{\sqrt{1 + (\Omega\tau)^2}}\right), \quad \text{avec} \quad \tan\varphi = \Omega\tau.

Puisque \Omega\tau \ll 1, on a :

\sqrt{1 + (\Omega\tau)^2} \simeq 1 \quad \text{et} \quad \varphi \simeq 0,

ce qui équivaut à négliger le terme dérivé \tau \frac{\mathrm{d}(\delta T_s)}{\mathrm{d}t} devant \delta T_s(t) dans l'équation différentielle.

Par suite, \delta T_s(t) \simeq \frac{P_0}{4\pi\kappa a}(1 + \cos(\Omega t)). Sachant que T_s(t) = T_0 + \delta T_s(t), on obtient bien :

\boxed{T_s(t) = T_0 + \frac{P_0}{4\pi\kappa a}(1 + \cos(\Omega t))}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait comparer la période du forçage avec le temps caractéristique d'évolution du système.

« L’enjeu de cette question a rarement été saisi : il s’agissait de comparer la période du terme de forçage et le temps caractéristique d’évolution du système. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : valeur moyenne, flux thermique

Donner l'expression de l'élévation moyenne de la température de la surface de la sphère et calculer sa valeur.

Voir l'indice

Prendre la moyenne temporelle de l'expression de T_s(t) en remarquant que la moyenne de la fonction cosinus sur une période est nulle.

Voir la réponse courte

Moyenne temporelle du cosinus nulle : \overline{\delta T_s} = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}, puis évaluation numérique directe.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q18, l'élévation instantanée de la température de surface de la nanosphère s'écrit :

\delta T_s(t) = T_s(t) - T_0 = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}\left(1 + \cos(\Omega t)\right)

La valeur moyenne temporelle d'un terme sinusoïdal sur une période étant nulle (\langle \cos(\Omega t) \rangle = 0), l'élévation moyenne de température s'obtient directement par :

\overline{\delta T_s} = \langle \delta T_s(t) \rangle = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}
\boxed{\overline{\delta T_s} = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}}

Application numérique : Avec les grandeurs fournies :

  • P_0 = 0{,}375\text{ }\mu\text{W} = 3{,}75 \times 10^{-7}\text{ W} ;
  • \kappa = 0{,}6\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • a = 10\text{ nm} = 1{,}0 \times 10^{-8}\text{ m}.

On obtient :

\begin{aligned} \overline{\delta T_s} &= \frac{3{,}75 \times 10^{-7}}{4\pi \times 0{,}6 \times 1{,}0 \times 10^{-8}} \simeq 4{,}97\text{ K} \end{aligned}
\boxed{\overline{\delta T_s} \simeq 5{,}0\text{ K}}

Résultat

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II.D · Température du gel autour de la sphère

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : longueur de diffusion, diffusion thermique

Interpréter physiquement la constante et citer un autre domaine de la physique où l'on rencontre une situation similaire.

Voir l'indice

Identifier r_{\mathrm{th}} comme une longueur d'atténuation ou d'amortissement de l'onde thermique diffusive, analogue à l'épaisseur de peau en électromagnétisme dans un conducteur ohmique.

Voir la réponse courte

Longueur d'atténuation caractéristique de l'onde thermique périodique, analogue à l'épaisseur de peau en électromagnétisme.

Voir le corrigé complet

La solution de l'équation de la diffusion pour la température dans le gel fait apparaître un terme modulé spatialement et temporellement :

\exp\left(-\frac{r-a}{r_{\mathrm{th}}}\right)\cos\left(\Omega t - \frac{r-a}{r_{\mathrm{th}}}\right)

avec

r_{\mathrm{th}} = \sqrt{\frac{2\kappa}{\Omega C_g}} = \sqrt{\frac{2D}{\Omega}}

où D = \kappa / C_g désigne la diffusivité thermique du gel.

  • Interprétation physique : La constante r_{\mathrm{th}} représente la longueur de diffusion thermique (ou épaisseur de peau thermique) de l'onde thermique oscillante à la pulsation \Omega. Elle caractérise la distance à partir de la surface (r - a) sur laquelle l'amplitude des oscillations temporelles de température est divisée par \mathrm{e}. Pour des distances r - a \gg r_{\mathrm{th}}, les oscillations de température sont totalement amorties et le milieu n'est sensible qu'au champ moyen stationnaire.
  • Autre domaine de la physique : On retrouve une équation de diffusion rigoureusement identique et une solution de même forme en électromagnétisme dans les conducteurs ohmiques : il s'agit de l'effet de peau (ou effet Kelvin), où le champ électromagnétique pénètre dans le métal sur une profondeur caractéristique

    \delta = \sqrt{\frac{2}{\mu_0 \gamma \omega}}

    (avec \gamma la conductivité électrique et \omega la pulsation de l'onde).

Voir ce qu'a relevé le jury

Une analyse dimensionnelle montrait que la grandeur rth ne désignait pas une résistance thermique.

« Signalons toutefois que la notation rth ne désigne pas nécessairement une résistance thermique ! Une brève analyse dimensionnelle permet de s’en convaincre dans le cas présent. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : condition aux limites, diffusion thermique

Établir l'expression de la constante en fonction de et .

Voir l'indice

Évaluer l'expression admise T(r,t) en surface r=a et la confronter à l'expression de T_s(t) obtenue à la question 18.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de continuité de la température à l'interface gel-nanoparticule en r = a : T(a^+, t) = T_s(t).
  2. Évaluer la forme générale de la température dans le gel T(r, t) en r = a.
  3. Identifier terme à terme avec l'expression de la température de surface T_s(t) obtenue à la question Q18 pour en déduire \alpha.
Voir la réponse courte

Continuité du flux en surface r = a en exploitant la limite a \ll r_{\mathrm{th}} pour identifier \alpha = \frac{P_0}{4\pi\kappa}.

Voir le corrigé complet

Le contact thermique entre la nanosphère et le gel étant supposé parfait, la température est continue à l'interface r = a :

T(a, t) = T_s(t)

En évaluant en r = a l'expression admise de la température dans le gel, on obtient :

\begin{aligned} T(a, t) &= T_0 + \frac{\alpha}{a}\left( 1 + \exp(0)\cos(\Omega t - 0) \right) \\ &= T_0 + \frac{\alpha}{a}\left(1 + \cos(\Omega t)\right) \end{aligned}

Or, d'après le résultat de la question Q18, la température de surface de la sphère s'écrit :

T_s(t) = T_0 + \frac{P_0}{4\pi\kappa a}(1 + \cos(\Omega t))

Par identification directe pour tout instant t, il vient :

\frac{\alpha}{a} = \frac{P_0}{4\pi\kappa a}

Soit finalement :

\boxed{\alpha = \frac{P_0}{4\pi\kappa}}

Résultat

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Question 22

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : valeur moyenne, intégration spatiale

En considérant que , déterminer l'expression de l'élévation moyenne de la température du milieu contenu dans une sphère de rayon autour de la nanoparticule, la moyenne étant effectuée sur le temps puis sur le volume de la sphère de rayon . L'exprimer en fonction de , et de (voir question 19). Évaluer numériquement .

Voir l'indice

Prendre la moyenne temporelle de T(r,t)-T_0 pour éliminer le terme oscillant, puis intégrer l'expression radiale 1/r en coordonnées sphériques sur le volume de rayon r_{\mathrm{th}}.

Voir la stratégie
  1. Effectuer d'abord la moyenne temporelle de l'élévation locale de température T(r, t) - T_0 sur une période 2\pi/\Omega.
  2. Intégrer cette moyenne temporelle sur le volume du milieu (gel) compris entre la surface de la nanosphère (r = a) et la sphère de rayon r_{\mathrm{th}}, puis diviser par le volume correspondant en utilisant l'approximation a \ll r_{\mathrm{th}}.
  3. Exprimer le résultat en fonction de \overline{\delta T_s} et calculer numériquement r_{\mathrm{th}} puis \overline{\delta T}.
Voir la réponse courte

Intégration temporelle puis spatiale de \delta T(r) sur la sphère de rayon r_{\mathrm{th}} : \overline{\delta T} = \frac{3}{2}\frac{a}{r_{\mathrm{th}}}\overline{\delta T_s}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression fournie pour T(r, t) et le résultat de la question Q21 (\alpha = a\,\overline{\delta T_s}), l'élévation locale de température s'écrit :

T(r, t) - T_0 = \frac{\alpha}{r}\left(1 + \exp\left(-\frac{r-a}{r_{\mathrm{th}}}\right)\cos\left(\Omega t - \frac{r-a}{r_{\mathrm{th}}}\right)\right)

La moyenne temporelle sur une période du terme en cosinus étant nulle (\langle \cos(\Omega t - \varphi) \rangle_t = 0), l'élévation moyenne temporelle en tout point ne dépend que de r :

\langle T(r, t) - T_0 \rangle_t = \frac{\alpha}{r}

Calculons à présent la moyenne spatiale de cette grandeur sur le volume V du gel contenu dans la sphère de rayon r_{\mathrm{th}}, soit pour a \leqslant r \leqslant r_{\mathrm{th}} :

V = \int_a^{r_{\mathrm{th}}} 4\pi r^2\,\mathrm{d}r = \frac{4}{3}\pi\left(r_{\mathrm{th}}^3 - a^3\right) \underset{a \ll r_{\mathrm{th}}}{\simeq} \frac{4}{3}\pi r_{\mathrm{th}}^3

L'intégrale sur ce volume vaut :

\begin{aligned} I &= \int_a^{r_{\mathrm{th}}} \langle T(r, t) - T_0 \rangle_t \times 4\pi r^2\,\mathrm{d}r \\ &= 4\pi \alpha \int_a^{r_{\mathrm{th}}} r\,\mathrm{d}r = 2\pi\alpha\left(r_{\mathrm{th}}^2 - a^2\right) \underset{a \ll r_{\mathrm{th}}}{\simeq} 2\pi\alpha r_{\mathrm{th}}^2 \end{aligned}

L'élévation moyenne \overline{\delta T} est donc donnée par :

\overline{\delta T} = \frac{I}{V} \simeq \frac{2\pi\alpha r_{\mathrm{th}}^2}{\frac{4}{3}\pi r_{\mathrm{th}}^3} = \frac{3}{2}\frac{\alpha}{r_{\mathrm{th}}}

Sachant que d'après la question Q19, \overline{\delta T_s} = \frac{\alpha}{a}, il vient :

\boxed{\overline{\delta T} = \frac{3}{2}\frac{a}{r_{\mathrm{th}}}\,\overline{\delta T_s}}

Application numérique :

  • Pulsation de modulation : \Omega = 2\pi \times 700\times 10^3 = 4{,}40\times 10^6\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}.
  • Longueur de diffusion thermique :

    r_{\mathrm{th}} = \sqrt{\frac{2\kappa}{\Omega C_g}} = \sqrt{\frac{2 \times 0{,}6}{4{,}40\times 10^6 \times 4{,}2\times 10^6}} \simeq 2{,}55\times 10^{-7}\text{ m} = 255\text{ nm}

    On vérifie bien que a = 10\text{ nm} \ll r_{\mathrm{th}} = 255\text{ nm} (a/r_{\mathrm{th}} \simeq 0{,}039).

  • Élévation moyenne de température :

    \overline{\delta T} = \frac{3}{2} \times \frac{10\times 10^{-9}}{2{,}55\times 10^{-7}} \times 4{,}97\text{ K} \simeq 0{,}29\text{ K}
\boxed{\overline{\delta T} \simeq 0{,}29\text{ K}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le moyennage spatial était technique et peu de candidats ont réussi à le mener à bien.

« Si le calcul de la moyenne temporelle a semblé classique, l’opération de moyennage dans l’espace était beaucoup plus technique et peu nombreux sont les candidats qui s’en sont sortis. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : interféromètre de michelson, chemin optique, indice de réfraction

Proposer une technique permettant de révéler les variations faibles de l'indice optique du gel induites par cette variation de température.

Voir l'indice

Penser à une méthode optique exploitant le déphasage induit par la variation thermique d'indice \mathrm{d}n/\mathrm{d}T (interférométrie, microscopie à contraste de phase ou effet mirage/lentille thermique).

Voir la stratégie
  1. Identifier l'effet physique reliant température et optique (effet thermo-optique : variation de l'indice optique \Delta n \approx \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}T}\Delta T).
  2. Proposer un dispositif optique ultrasensible à une variation locale d'indice ou de chemin optique (interférométrie ou effet de lentille thermique).
  3. Souligner l'intérêt de la modulation temporelle à la pulsation \Omega pour la détection (détection synchrone).
Voir la réponse courte

Utilisation d'un interféromètre (Michelson ou Mach-Zehnder) traduisant la variation thermique d'indice en déplacement de franges.

Voir le corrigé complet

L'élévation de température locale du gel entraîne, par effet thermo-optique, une variation locale de son indice de réfraction :

\Delta n(r,t) = \left(\frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}T}\right) \delta T(r,t).

Pour de l'eau, \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}T} \approx -10^{-4}\text{ K}^{-1}, de sorte que pour \overline{\delta T} \approx 0{,}3\text{ K} (établi à la question Q22), la variation d'indice est extrêmement faible : |\Delta n| \sim 3 \times 10^{-5}.

Plusieurs techniques optiques permettent de mettre en évidence de si faibles variations :

1. La méthode de la lentille thermique / microscopie photothermique (technique de référence) :

  • On superpose au faisceau laser de pompe (qui chauffe la particule à la pulsation \Omega) un second faisceau laser continu, dit faisceau sonde, dont la longueur d'onde n'est pas absorbée par la nanoparticule.
  • Le gradient radial d'indice \frac{\partial n}{\partial r} autour de la particule se comporte comme une microlentille divergente (car \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}T} < 0). Cette « lentille thermique » défocalise et diffuse le faisceau sonde.
  • La puissance transmise par le faisceau sonde à travers un diaphragme (ou collectée sur un photodétecteur) présente ainsi une composante modulée à la pulsation \Omega.

2. L'interférométrie optique (type Mach-Zehnder) :

  • Un faisceau sonde est séparé en deux voies : le faisceau de mesure traverse la zone échauffée et subit un déphasage \Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda_0}\int \Delta n\,\mathrm{d}z, tandis que le faisceau de référence n'est pas perturbé.
  • La recombinaison des deux faisceaux transforme la modulation de phase en modulation d'intensité lumineuse détectable.

Rôle clé de la détection synchrone : Dans les deux dispositifs, la modulation de l'échauffement à haute fréquence (\frac{\Omega}{2\pi} = 700\text{ kHz}) permet d'effectuer une détection synchrone (amplificateur à détection synchrone, ou lock-in) à la fréquence de référence \frac{\Omega}{2\pi}. Ce filtrage passe-bande extrêmement étroit élimine les bruits basse fréquence (bruit en 1/f, dérives thermiques ambiantes) et permet d'atteindre la sensibilité requise pour détecter la nanoparticule unique.

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury a valorisé les candidats ayant développé le principe des méthodes interférométriques ou de déviation d'un faisceau.

« Des méthodes interférométriques ou reposant sur une mesure de déviation d’un faisceau lumineux sont souvent mentionnées, à raison. Le jury a valorisé les candidats qui ont pris le temps de développer quelque peu le principe de ces méthodes. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Partie III : Propriétés optiques du métal or

III.A · Mouvement des électrons libres

Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de lorentz, ordre de grandeur

Expliquer pourquoi, compte tenu des hypothèses retenues, la composante magnétique de la force exercée par l'onde électromagnétique sur les électrons n'apparaît pas dans l'équation du mouvement (III.1).

Voir l'indice

Comparer les amplitudes relatives des forces électrique et magnétique en utilisant la relation d'onde B_1 \sim E_1/c et l'hypothèse non relativiste v_1 \ll c, ou remarquer que \vec{v}_1 \wedge \vec{B}_1 est d'ordre 2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force électromagnétique de Lorentz exercée sur un électron en fonction des champs et de la vitesse perturbés.
  2. Justifier la disparition du terme magnétique à l'aide des deux hypothèses fondamentales posées dans l'énoncé : la linéarisation au premier ordre et le caractère non relativiste du mouvement.
Voir la réponse courte

Le rapport de la force magnétique à la force électrique vaut v B / E \sim v/c \ll 1 pour des électrons non relativistes.

Voir le corrigé complet

La force électromagnétique exercée par l'onde sur un électron libre de charge q = -e et de vitesse \vec{v}(M,t) s'écrit d'après la loi de Lorentz :

\vec{F}_{\mathrm{em}} = -e \left( \vec{E}(M,t) + \vec{v}(M,t) \times \vec{B}(M,t) \right).

Compte tenu des conditions au repos (\vec{E}_0 = \vec{0}, \vec{B}_0 = \vec{0} et \vec{v}_0 = \vec{0}), les grandeurs au premier ordre s'écrivent \vec{E} = \vec{E}_1, \vec{B} = \vec{B}_1 et \vec{v} = \vec{v}_1. La composante magnétique de la force de Lorentz s'exprime donc par :

\vec{F}_{\mathrm{mag}} = -e \, \vec{v}_1(M,t) \times \vec{B}_1(M,t).

Deux arguments complémentaires justifient son absence dans l'équation linéarisée (III.1) :

  • Cadre de l'approximation linéaire : La vitesse \vec{v}_1 et le champ magnétique \vec{B}_1 sont tous deux des grandeurs de perturbation d'ordre 1. Leur produit vectoriel \vec{v}_1 \times \vec{B}_1 est donc une grandeur du second ordre. Conformément à la démarche de linéarisation au premier ordre précisée dans le texte, ce terme d'ordre 2 est négligé devant la force électrique -e\vec{E}_1, qui est d'ordre 1.
  • Approximation non relativiste : Pour une onde électromagnétique se propageant à une vitesse de l'ordre de c, les amplitudes des champs vérifient la relation d'ordre de grandeur B_1 \sim E_1 / c. Le rapport des normes des forces magnétique et électrique s'estime donc par :

    \frac{\|\vec{F}_{\mathrm{mag}}\|}{\|\vec{F}_{\mathrm{elec}}\|} \sim \frac{e v_1 B_1}{e E_1} \sim \frac{v_1}{c}.

    L'hypothèse d'électrons non relativistes (\|\vec{v}_1\| \ll c) garantit ainsi que la composante magnétique est totalement négligeable devant la composante électrique.

Voir ce qu'a relevé le jury

On pouvait comparer l'ordre de grandeur des termes ou exploiter le caractère non relativiste des électrons libres.

« Il était possible de raisonner sur l’ordre des différents termes ou d’exploiter, plus classiquement, le caractère non relativiste des électrons libres. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : modèle de drude, densité de courant

Exprimer, dans l'approximation linéaire, la densité volumique de courant électrique dans le métal en fonction, entre autres, de la vitesse moyenne des électrons , puis établir l'équation différentielle liant et .

Voir l'indice

Écrire la densité de courant électronique \vec{\jmath}_1 = -e n_{e0}\vec{v}_1 et reporter \vec{v}_1 dans l'équation du mouvement pour obtenir l'équation différentielle régissant \vec{\jmath}_1.

Voir la réponse courte

Relation \vec{\jmath}_1 = -n_{e0}e\vec{v}_1 et équation du mouvement de Drude conduisant à \frac{\mathrm{d}\vec{\jmath}_1}{\mathrm{d}t} + \frac{\vec{\jmath}_1}{\tau} = \frac{n_{e0}e^2}{m_e}\vec{E}_1.

Voir le corrigé complet

Les porteurs de charge participant au courant électrique sont les électrons de conduction, de charge -e, les ions du réseau cristallin étant supposés fixes (\vec{v}_{\text{ions}} = \vec{0}). La densité volumique de courant électrique s'écrit donc :

\vec{\jmath}(M, t) = -e \, n_e(M, t) \, \vec{v}(M, t) = -e \big(n_{e0} + n_{e1}(M, t)\big) \big(\vec{v}_0(M) + \vec{v}_1(M, t)\big).

À l'état de repos, \vec{v}_0(M) = \vec{0}, ce qui implique \vec{\jmath}_0(M) = \vec{0}. Au premier ordre vis-à-vis des grandeurs perturbées, le terme du second ordre -e \, n_{e1}(M, t) \, \vec{v}_1(M, t) est négligé, d'où :

\boxed{\vec{\jmath}_1(M, t) = -e \, n_{e0} \, \vec{v}_1(M, t)}

D'après l'équation du mouvement (III.1) établie pour les électrons dans l'approximation linéaire :

m_e \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t}(M, t) = -e \vec{E}_1(M, t) - \frac{m_e}{\tau}\vec{v}_1(M, t).

En multipliant cette relation par le facteur scalaire constant -\dfrac{e \, n_{e0}}{m_e}, il vient :

\frac{\partial}{\partial t}\big(-e \, n_{e0} \vec{v}_1\big)(M, t) = \frac{n_{e0} e^2}{m_e} \vec{E}_1(M, t) - \frac{1}{\tau}\big(-e \, n_{e0} \vec{v}_1(M, t)\big).

En substituant l'expression de \vec{\jmath}_1(M, t), on obtient l'équation différentielle :

\boxed{\frac{\partial \vec{\jmath}_1}{\partial t}(M, t) + \frac{1}{\tau} \vec{\jmath}_1(M, t) = \frac{n_{e0} e^2}{m_e} \vec{E}_1(M, t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La prise en compte de l'approximation linéaire a posé problème à de nombreux candidats.

« La prise en compte de l’approximation linéaire, pourtant longuement développée et illustrée dans l’introduction de cette partie, s’est avérée problématique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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III.B · Relation de dispersion

Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde plane progressive, polarisation rectiligne

Justifier que l'onde électromagnétique considérée peut être qualifiée de plane, progressive, transverse et que son état de polarisation est rectiligne.

Voir l'indice

Analyser les surfaces d'équiphase x=\mathrm{cste} (onde plane), la propagation selon les x croissants, l'orthogonalité de \vec{E}_1 avec le vecteur d'onde (transverse) et la direction fixe selon \vec{e}_y (rectiligne).

Voir la stratégie

Pour justifier chacun des qualificatifs appliqués à l'onde dont le champ électrique complexe s'écrit

\underline{\vec{E}}_1(M, t) = \tilde{E}_1 \exp\left(\mathrm{i}\left(\omega t - \underline{n}\frac{\omega}{c}x\right)\right)\vec{e}_y,

on analyse successivement la dépendance spatiale de la phase et de l'amplitude, le sens de propagation et l'orientation vectorielle du champ.

Voir la réponse courte

Dépendance spatiale en z seul, phase en \omega t - k z vers z>0, et champ électrique selon la direction fixe \vec{u}_x \perp \vec{u}_z.

Voir le corrigé complet
  • Onde plane : L'amplitude et la phase du champ électrique ne dépendent spatialement que de la seule coordonnée cartésienne x. Les surfaces d'onde (surfaces équiphases) ainsi que les surfaces équiamplitudes sont donc les plans d'équation x = \text{cte}, orthogonaux au vecteur unitaire \vec{e}_x.
  • Onde progressive : En notant \underline{n} = n' - \mathrm{i}n'' avec n' = \mathrm{Re}(\underline{n}) > 0, la dépendance spatio-temporelle de la phase s'écrit \omega t - k' x avec k' = n'\omega/c. À phase constante \varphi = \omega t - k' x = \text{cte}, la position vérifie \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} = \frac{\omega}{k'} = \frac{c}{n'} > 0 : l'onde se propage dans le sens des x croissants.
  • Onde transverse : Le champ électrique est colinéaire à \vec{e}_y, donc orthogonal à la direction de propagation portée par \vec{e}_x :

    \vec{E}_1(M, t) \cdot \vec{e}_x = 0.

    De plus, d'après l'équation de Maxwell-Faraday, le champ magnétique associé \vec{B}_1 est colinéaire à \vec{e}_z, donc également orthogonal à la direction de propagation. L'onde est ainsi transverse électromagnétique (TEM).

  • Polarisation rectiligne : Le champ électrique conserve à tout instant t et en tout point M une direction fixe dans l'espace, parallèle à l'axe (Oy) dirigé par \vec{e}_y.
Voir ce qu'a relevé le jury

Les justifications des propriétés de l'onde à partir de l'expression du champ électrique étaient trop souvent approximatives.

« Le jury est globalement déçu des réponses apportées à cette question, qui demandait de mettre en regard les définitions du cours sur les ondes électromagnétiques avec l’expression, donnée, d’un champ électrique. »

« Les justifications des propriétés élémentaires de l’onde considérée s’avèrent trop souvent ap proximatives. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : équation de maxwell

Rappeler l'expression des équations de Maxwell dans le milieu considéré, en faisant intervenir , , et .

Voir l'indice

Écrire les quatre équations de Maxwell locales en milieu neutre en moyenne en tenant compte des densités perturbées au premier ordre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la densité volumique de charge totale \rho(M, t) et la densité de courant \vec{\jmath}(M, t) au premier ordre à l'aide des grandeurs introduites par le sujet (n_{e1}, \vec{\jmath}_1).
  2. Écrire les quatre équations de Maxwell fondamentales pour les champs perturbés \vec{E}_1(M, t) et \vec{B}_1(M, t) dans le milieu en présence de ces sources.
Voir la réponse courte

Énoncé des quatre équations de Maxwell locales dans le métal en présence des sources n_{e1} et \vec{\jmath}_1.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre du modèle de Drude, les ions du réseau cristallin sont fixes et assurent la neutralité électrique locale à l'état de repos : la densité volumique de charge positive due aux ions est constante et vaut \rho_{\mathrm{ions}} = +e n_{e0}.

Lors du passage de l'onde, la densité volumique d'électrons libres devient n_e(M, t) = n_{e0} + n_{e1}(M, t), de sorte que la densité volumique totale de charge s'écrit :

\rho(M, t) = \rho_{\mathrm{ions}} - e\,n_e(M, t) = +e n_{e0} - e(n_{e0} + n_{e1}(M, t)) = -e\,n_{e1}(M, t)

Les ions étant immobiles, le courant électrique est uniquement porté par le mouvement des électrons libres, soit \vec{\jmath}(M, t) = \vec{\jmath}_1(M, t).

Les champs électromagnétiques totaux se réduisent aux champs perturbés d'ordre 1 (\vec{E} = \vec{E}_1 et \vec{B} = \vec{B}_1). Les quatre équations de Maxwell s'écrivent donc :

\boxed{ \left\{ \begin{aligned} \mathrm{div}\,\vec{E}_1(M, t) &= -\frac{e\,n_{e1}(M, t)}{\varepsilon_0} && \text{(Maxwell-Gauss)} \\[1.2ex] \mathrm{div}\,\vec{B}_1(M, t) &= 0 && \text{(Maxwell-Thomson)} \\[1.2ex] \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1(M, t) &= -\frac{\partial \vec{B}_1}{\partial t}(M, t) && \text{(Maxwell-Faraday)} \\[1.2ex] \vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B}_1(M, t) &= \mu_0\,\vec{\jmath}_1(M, t) + \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t}(M, t) && \text{(Maxwell-Ampère)} \end{aligned} \right. }

où l'on a utilisé la relation c^2\varepsilon_0\mu_0 = 1 dans l'équation de Maxwell-Ampère.

Résultat

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équation de maxwell-gauss, onde transverse

Montrer que les caractéristiques de l'onde électromagnétique imposent .

Voir l'indice

Calculer la divergence du champ électrique \vec{E}_1(M,t) proposé et la relier à la densité volumique de charge via l'équation de Maxwell-Gauss.

Voir la stratégie

Calculer la divergence du champ électrique \vec{E}_1(M, t) à partir de l'expression fournie en (III.2), puis utiliser l'équation de Maxwell-Gauss établie à la question Q27 pour en déduire la perturbation de densité électronique n_{e1}(M, t).

Voir la réponse courte

\vec{E}_1 transverse et uniforme dans le plan xy implique \mathrm{div}\,\vec{E}_1 = 0, d'où n_{e1} = 0 par Maxwell-Gauss.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression (III.2), le champ électrique perturbé \vec{E}_1(M, t) est dirigé selon \vec{e}_y et ne dépend spatialement que de la variable d'espace x :

\vec{E}_1(M, t) = E_{1,y}(x, t)\,\vec{e}_y .

Calculons la divergence de ce champ en coordonnées cartésiennes :

\mathrm{div}\,\vec{E}_1(M, t) = \frac{\partial E_{1,x}}{\partial x} + \frac{\partial E_{1,y}}{\partial y} + \frac{\partial E_{1,z}}{\partial z} = 0 + 0 + 0 = 0 ,

puisque E_{1,x} = E_{1,z} = 0 et que la composante E_{1,y} ne dépend pas de y.

En notation complexe, ce résultat découle directement de la transversalité de l'onde démontrée en Q26 (\vec{k} \perp \underline{\vec{E}}_1) :

\mathrm{div}\,\underline{\vec{E}}_1 = -\mathrm{i}\vec{k}\cdot\underline{\vec{E}}_1 = 0 .

D'après l'équation de Maxwell-Gauss rappelée à la question Q27 :

\mathrm{div}\,\vec{E}_1(M, t) = -\frac{e\,n_{e1}(M, t)}{\varepsilon_0} .

Comme \varepsilon_0 \neq 0 et e \neq 0, on en déduit immédiatement :

\boxed{n_{e1}(M, t) = 0}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, pulsation plasma

Établir l'équation aux dérivées partielles qui régit l'évolution spatiale et temporelle du champ électrique dans le métal. On fera apparaître la pulsation plasma définie par la relation .

Voir l'indice

Appliquer l'opérateur rotationnel à l'équation de Maxwell-Faraday, utiliser la relation vectorielle du formulaire et remplacer \vec{\jmath}_1 en dérivant par rapport au temps.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation vectorielle du formulaire \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1) = \vec{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}_1) - \Delta \vec{E}_1, simplifiée par la nullité de la divergence établie à la question Q28.
  2. Exprimer \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1) à l'aide des équations de Maxwell-Faraday et Maxwell-Ampère (question Q27) pour faire apparaître le courant \vec{\jmath}_1.
  3. Éliminer \vec{\jmath}_1 en appliquant l'opérateur différentiel issu du modèle de Drude (question Q25) et introduire la pulsation plasma \omega_p.
Voir la réponse courte

Relation vectorielle \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\vec{E}) = -\Delta\vec{E} combinée aux équations de Maxwell avec le terme de courant de Drude.

Voir le corrigé complet

D'après le formulaire fourni :

\vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1) = \vec{\mathrm{grad}}(\mathrm{div}\,\vec{E}_1) - \Delta \vec{E}_1

D'après la question Q28, la densité volumique de charge au premier ordre est nulle (n_{e1} = 0), d'où \mathrm{div}\,\vec{E}_1 = 0. Il vient donc :

\vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1) = -\Delta \vec{E}_1

En utilisant l'équation de Maxwell-Faraday puis l'équation de Maxwell-Ampère (question Q27) :

\begin{aligned} \vec{\mathrm{rot}}(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{E}_1) &= -\frac{\partial}{\partial t}\left(\vec{\mathrm{rot}}\,\vec{B}_1\right) \\ &= -\frac{\partial}{\partial t}\left(\mu_0 \vec{\jmath}_1 + \frac{1}{c^2}\frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t}\right) \\ &= -\mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}_1}{\partial t} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2} \end{aligned}

En égalant les deux expressions, on obtient :

\Delta \vec{E}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2} = \mu_0 \frac{\partial \vec{\jmath}_1}{\partial t}

D'après l'équation régissant la densité de courant établie à la question Q25 :

\frac{\partial \vec{\jmath}_1}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\vec{\jmath}_1 = \frac{n_{e0}e^2}{m_e}\vec{E}_1 = \varepsilon_0 \omega_p^2 \vec{E}_1

où \omega_p = \sqrt{\frac{n_{e0}e^2}{m_e\varepsilon_0}}.

En appliquant l'opérateur linéaire \left(\frac{\partial}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\right) aux deux membres de l'équation d'onde, et sachant que les dérivées spatiales et temporelles commutent :

\begin{aligned} \left(\frac{\partial}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\right)\left(\Delta \vec{E}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2}\right) &= \mu_0 \frac{\partial}{\partial t}\left[\left(\frac{\partial}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\right)\vec{\jmath}_1\right] \\ &= \mu_0 \varepsilon_0 \omega_p^2 \frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t} \end{aligned}

Sachant que \mu_0 \varepsilon_0 = \frac{1}{c^2}, on obtient l'équation aux dérivées partielles régissant \vec{E}_1(M, t) :

\boxed{\left(\frac{\partial}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\right)\left(\Delta \vec{E}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2}\right) = \frac{\omega_p^2}{c^2}\frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t}}

Elle peut également s'écrire sous forme développée :

\frac{\partial}{\partial t}\Delta \vec{E}_1 + \frac{1}{\tau}\Delta \vec{E}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^3 \vec{E}_1}{\partial t^3} - \frac{1}{c^2\tau}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2} - \frac{\omega_p^2}{c^2}\frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t} = \vec{0}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : relation de dispersion, indice complexe, modèle de drude

Établir que le champ électrique (III.2) est solution de l'équation aux dérivées partielles précédente à condition que :

Voir l'indice

Remplacer l'opérateur laplacien par -(\underline{n}\omega/c)^2 et la dérivation temporelle par \mathrm{i}\omega dans l'équation de propagation établie précédemment.

Voir la stratégie

Pour établir la relation de dispersion vérifiée par l'indice complexe \underline{n}, on injecte la forme d'onde plane harmonique monochromatique proposée dans l'équation de propagation établie à la question Q29. En notation complexe, les dérivées temporelles et spatiales se traduisent par de simples facteurs multiplicatifs.

Voir la réponse courte

Injection de la forme exponentielle complexe et de la conductivité de Drude dans l'équation d'onde avec k = \underline{n}\omega/c.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q29, le champ électrique \vec{E}_1(M,t) vérifie dans le métal l'équation de propagation :

\left(\frac{\partial}{\partial t} + \frac{1}{\tau}\right)\left(\Delta \vec{E}_1 - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 \vec{E}_1}{\partial t^2}\right) = \frac{\omega_p^2}{c^2}\frac{\partial \vec{E}_1}{\partial t}.

Pour le champ électrique en représentation complexe :

\underline{\vec{E}}_1(M, t) = \tilde{E}_1 \exp\left(\mathrm{i}\left(\omega t - \underline{n}\,\frac{\omega}{c}\,x\right)\right)\vec{e}_y,

les opérateurs différentiels agissant sur \underline{\vec{E}}_1 s'expriment par :

\begin{aligned} \frac{\partial}{\partial t} &\longleftrightarrow \mathrm{i}\omega, \\ \frac{\partial^2}{\partial t^2} &\longleftrightarrow -\omega^2, \\ \Delta \underline{\vec{E}}_1 &= \frac{\partial^2 \underline{\vec{E}}_1}{\partial x^2} = \left(-\mathrm{i}\underline{n}\,\frac{\omega}{c}\right)^2 \underline{\vec{E}}_1 = -\underline{n}^2 \frac{\omega^2}{c^2}\,\underline{\vec{E}}_1. \end{aligned}

En injectant ces dérivées dans l'équation de propagation, il vient :

\left(\mathrm{i}\omega + \frac{1}{\tau}\right)\left(-\underline{n}^2 \frac{\omega^2}{c^2} + \frac{\omega^2}{c^2}\right)\underline{\vec{E}}_1 = \frac{\omega_p^2}{c^2}(\mathrm{i}\omega)\,\underline{\vec{E}}_1.

Pour une onde non identiquement nulle (\underline{\vec{E}}_1 \neq \vec{0}), on simplifie par \frac{\omega}{c^2} \neq 0 :

\omega\left(\mathrm{i}\omega + \frac{1}{\tau}\right)(1 - \underline{n}^2) = \mathrm{i}\omega_p^2.

En divisant les deux membres par \mathrm{i} (soit en multipliant par -\mathrm{i}) :

\left(\omega^2 - \mathrm{i}\frac{\omega}{\tau}\right)(1 - \underline{n}^2) = \omega_p^2.

On en déduit immédiatement :

1 - \underline{n}^2 = \frac{\omega_p^2}{\omega^2 - \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}},

soit finalement :

\boxed{\underline{n}^2 = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2 - \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démonstration sélective : tentée par la moitié des candidats, elle n'a abouti que dans 37 % des cas.

« La démonstration, tentée par la moitié des candidats, n’a abouti que dans 37 % des cas. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : constante diélectrique, relation de dispersion

Déterminer les expressions des constantes diélectriques et (qui sont des grandeurs réelles) telles que . Exprimer et en fonction de , et .

Voir l'indice

Multiplier le numérateur et le dénominateur de la fraction par le complexe conjugué de \omega^2 - \mathrm{i}\omega/\tau et identifier les parties réelle et imaginaire.

Voir la stratégie

Pour identifier les parties réelle et imaginaire de \underline{n}^2, on multiplie le dénominateur de la fraction par son conjugué, puis on identifie directement avec \underline{n}^2 = \varepsilon_1 - \mathrm{i}\varepsilon_2.

Voir la réponse courte

Séparation des parties réelle et imaginaire : \varepsilon_1 = 1 - \frac{\omega_p^2\tau^2}{1 + \omega^2\tau^2} et \varepsilon_2 = \frac{\omega_p^2\tau}{\omega(1 + \omega^2\tau^2)}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation (III.3) établie à la question Q30, l'indice complexe au carré s'écrit :

\underline{n}^2 = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2 - \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}}

En multipliant numérateur et dénominateur du quotient par le complexe conjugué \omega^2 + \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau} :

\begin{aligned} \frac{\omega_p^2}{\omega^2 - \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}} &= \frac{\omega_p^2 \left(\omega^2 + \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}\right)}{\left(\omega^2 - \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}\right)\left(\omega^2 + \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}\right)} \\ &= \frac{\omega_p^2 \left(\omega^2 + \mathrm{i}\dfrac{\omega}{\tau}\right)}{\omega^4 + \dfrac{\omega^2}{\tau^2}} \\ &= \frac{\omega_p^2}{\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}} + \mathrm{i}\,\frac{\omega_p^2}{\omega\tau\left(\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}\right)} \end{aligned}

Par identification avec \underline{n}^2 = \varepsilon_1 - \mathrm{i}\varepsilon_2, où \varepsilon_1 et \varepsilon_2 sont réelles, on en déduit :

\boxed{\varepsilon_1 = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}} = 1 - \frac{\omega_p^2\tau^2}{1 + \omega^2\tau^2}}

et

\boxed{\varepsilon_2 = \frac{\omega_p^2}{\omega\tau\left(\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}\right)} = \frac{\omega_p^2\tau}{\omega(1 + \omega^2\tau^2)}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à vérifier l'homogénéité des expressions obtenues.

« Quelques soucis d’homogénéité ont parfois été rencontrés dans les expressions proposées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : relation de dispersion, pulsation plasma

En déduire les expressions asymptotiques des constantes diélectriques et dans la limite où , et comparer et dans cette limite.

Voir l'indice

Effectuer un développement asymptotique pour 1/(\omega\tau) \to 0 au premier ordre non nul pour \varepsilon_1 et \varepsilon_2, puis former le quotient \varepsilon_2/|\varepsilon_1|.

Voir la réponse courte

Équivalents pour \omega\tau \gg 1 : \varepsilon_1 \approx 1 - \omega_p^2/\omega^2 et \varepsilon_2 \approx \frac{\omega_p^2}{\omega^3\tau}, montrant que \varepsilon_2 \ll |\varepsilon_1|.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q31, les constantes diélectriques s'écrivent :

\begin{aligned} \varepsilon_1 &= 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}} = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2\left(1 + \dfrac{1}{\omega^2\tau^2}\right)} \\ \varepsilon_2 &= \frac{\omega_p^2}{\omega\tau\left(\omega^2 + \dfrac{1}{\tau^2}\right)} = \frac{\omega_p^2}{\omega^3\tau\left(1 + \dfrac{1}{\omega^2\tau^2}\right)} \end{aligned}

Dans la limite du régime de haute fréquence où \omega\tau \gg 1, le terme \dfrac{1}{\omega^2\tau^2} est négligeable devant 1 :

\boxed{\varepsilon_1 \simeq 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}
\boxed{\varepsilon_2 \simeq \frac{\omega_p^2}{\omega^3\tau}}

Pour comparer \varepsilon_1 et \varepsilon_2, on calcule le rapport :

\frac{\varepsilon_2}{1 - \varepsilon_1} \simeq \frac{1}{\omega\tau} \ll 1

Pour un métal noble dans le domaine visible ou proche infrarouge, la pulsation de l'onde est inférieure à la pulsation plasma (\omega < \omega_p), si bien que \varepsilon_1 < 0 et |\varepsilon_1| \simeq \dfrac{\omega_p^2}{\omega^2} \gg 1. On a alors directement :

\boxed{\frac{\varepsilon_2}{|\varepsilon_1|} \simeq \frac{1}{\omega\tau} \ll 1 \quad \implies \quad \varepsilon_2 \ll |\varepsilon_1|}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Des erreurs d'homogénéité ont parfois été commises dans les expressions.

« Quelques soucis d’homogénéité ont parfois été rencontrés dans les expressions proposées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : pulsation plasma, modèle de drude, densité volumique de charge

Exploiter la figure 3 et les résultats théoriques précédents pour déterminer des valeurs numériques approchées du nombre moyen d'électrons libres dans le métal or et de la constante de temps . Comparer la valeur de obtenue à celle qu'on peut déduire des données relatives à l'or qui figurent en fin d'énoncé.

Voir l'indice

Relier \omega à \lambda pour exprimer -\varepsilon_1 en fonction de \lambda^2, mesurer la pente de la droite de la figure 3(a) pour déduire \omega_p puis n_{e0} ; procéder de même avec la figure 3(b) pour accéder à \tau.

Voir la stratégie
  1. Exprimer -\varepsilon_1 et \varepsilon_2/\lambda en fonction de \lambda^2 à partir des résultats asymptotiques de la question Q32 (\omega\tau \gg 1) et de la relation \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}.
  2. Mesurer les pentes des droites associées à l'or (Au) sur les figures 3(a) et 3(b) pour en déduire les valeurs de la pulsation plasma \omega_p, de la densité n_{e0} et du temps de collision \tau.
  3. Calculer la densité théorique n_{e0} à partir des données cristallographiques de l'énoncé (réseau CFC, rayon atomique, électrons de conduction) et confronter les deux valeurs.
Voir la réponse courte

Annulation de \varepsilon_1 donnant \omega_p puis n_{e0}, déduction de \tau via \varepsilon_2, et comparaison avec la densité atomique de l'or.

Voir le corrigé complet

1. Relations théoriques entre permittivités et longueur d'onde

D'après la question Q32, dans la limite \omega\tau \gg 1, on a :

\varepsilon_1 \simeq 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2} \quad\text{et}\quad \varepsilon_2 \simeq \frac{\omega_p^2}{\omega^3 \tau}

En utilisant la relation entre pulsation et longueur d'onde dans le vide, \omega = \frac{2\pi c}{\lambda}, il vient :

\begin{aligned} -\varepsilon_1 &\simeq \frac{\omega_p^2}{4\pi^2 c^2} \lambda^2 - 1 \\ \frac{\varepsilon_2}{\lambda} &\simeq \frac{\omega_p^2}{8\pi^3 c^3 \tau} \lambda^2 \end{aligned}

Les grandeurs -\varepsilon_1 et \varepsilon_2/\lambda varient donc linéairement en fonction de \lambda^2, ce qui est en accord avec les allures observées sur la figure 3.

Notons s_1 la pente de la droite -\varepsilon_1 = f(\lambda^2) et s_2 celle de \frac{\varepsilon_2}{\lambda} = g(\lambda^2) :

s_1 = \frac{\omega_p^2}{4\pi^2 c^2} = \frac{n_{e0} e^2}{4\pi^2 c^2 m_e \varepsilon_0} \quad\text{et}\quad s_2 = \frac{\omega_p^2}{8\pi^3 c^3 \tau} = \frac{s_1}{2\pi c \tau}

2. Détermination de n_{e0} et de \tau à partir des graphes

  • Exploitation de la figure 3(a) : Pour l'or (Au), la droite passe approximativement par les points (\lambda^2 = 1{,}0\,\mu\text{m}^2\,;\,-\varepsilon_1 \simeq 55) et (\lambda^2 = 3{,}0\,\mu\text{m}^2\,;\,-\varepsilon_1 \simeq 185) :

    s_1 \simeq \frac{185 - 55}{3{,}0 - 1{,}0} \simeq 65\,\mu\text{m}^{-2} = 6{,}5 \times 10^{13}\,\text{m}^{-2}

    On en déduit l'expression et la valeur de n_{e0} :

    \begin{aligned} n_{e0} &= \frac{4\pi^2 c^2 m_e \varepsilon_0}{e^2} s_1 \\ n_{e0} &\simeq \frac{4\pi^2 \times (3{,}00 \times 10^8)^2 \times 9{,}11 \times 10^{-31} \times 8{,}85 \times 10^{-12}}{(1{,}60 \times 10^{-19})^2} \times 6{,}5 \times 10^{13} \simeq 7{,}3 \times 10^{28}\,\text{m}^{-3} \end{aligned}

    Compte tenu de l'incertitude de lecture graphique (s_1 \in [60\,;\,65]\,\mu\text{m}^{-2}), on retient :

    \boxed{n_{e0} \simeq (7 \pm 1) \times 10^{28}\,\text{m}^{-3}}
  • Exploitation de la figure 3(b) : Pour l'or (Au), la droite passe par l'origine et par le point (\lambda^2 = 3{,}0\,\mu\text{m}^2\,;\,\varepsilon_2/\lambda \simeq 10{,}5\,\mu\text{m}^{-1}) :

    s_2 \simeq \frac{10{,}5}{3{,}0} \simeq 3{,}5\,\mu\text{m}^{-3}

    La constante de temps \tau s'exprime alors simplement par le rapport des deux pentes :

    \tau = \frac{s_1}{2\pi c\, s_2}

    Numériquement, avec s_1/s_2 \simeq \frac{65\,\mu\text{m}^{-2}}{3{,}5\,\mu\text{m}^{-3}} \simeq 18{,}6\,\mu\text{m} = 1{,}86 \times 10^{-5}\,\text{m} :

    \tau \simeq \frac{1{,}86 \times 10^{-5}}{2\pi \times 3{,}00 \times 10^8} \simeq 9{,}9 \times 10^{-15}\,\text{s}
    \boxed{\tau \simeq 1{,}0 \times 10^{-14}\,\text{s} = 10\,\text{fs}}

3. Comparaison avec les données cristallographiques

L'or cristallise dans un réseau cubique à faces centrées (CFC) avec contact des atomes le long de la diagonale d'une face :

a\sqrt{2} = 4 R_{\text{at}} \implies a = 2\sqrt{2} R_{\text{at}}

Une maille élémentaire contient Z = 4 atomes d'or. La configuration électronique [\text{Xe}]\,6s^1\,4f^{14}\,5d^{10} indique la présence d'un seul électron de valence par atome susceptible de participer à la conduction (n_{\text{cond}} = 1). La densité théorique d'électrons libres est donc :

n_{e0,\text{crist}} = \frac{Z \times n_{\text{cond}}}{a^3} = \frac{4}{(2\sqrt{2} R_{\text{at}})^3} = \frac{1}{4\sqrt{2}\, R_{\text{at}}^3}

Avec R_{\text{at}} = 135\,\text{pm} = 1{,}35 \times 10^{-10}\,\text{m} :

n_{e0,\text{crist}} = \frac{1}{4\sqrt{2} \times (1{,}35 \times 10^{-10})^3} \simeq 7{,}2 \times 10^{28}\,\text{m}^{-3}

La valeur déduite des mesures optiques (n_{e0} \simeq 7{,}3 \times 10^{28}\,\text{m}^{-3}) est en parfait accord avec celle issue de la structure cristallographique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait exploiter la pente des courbes, mais les unités ont trop souvent été oubliées ou fausses.

« Cette question non guidée, qui vient clore une partie un peu technique sur le plan calculatoire, a été abordée par 18 % des candidats. »

« La plupart des candidats qui s’y sont essayés ont ainsi bien identifié qu’il s’agissait d’exploiter les pentes des courbes présentées ; quel dommage alors que les valeurs de ces pentes soient souvent proposées sans unité, ou avec une unité erronée »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021

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Partie IV : Résonance plasmon des nanoparticules d'or

IV.A · Pulsation propre d'une nanoparticule d'or

Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : théorème de gauss, principe de superposition

Déterminer une expression du champ électrostatique à l'intérieur de la nanoparticule, qui résulte du déplacement du nuage électronique par rapport au réseau cristallin. Commenter le résultat obtenu.

Voir l'indice

Calculer le champ créé par chaque sphère uniformément chargée en son intérieur via le théorème de Gauss, puis appliquer le principe de superposition pour deux centres distants de \vec{r}(t).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrostatique créé à l'intérieur d'une sphère uniformément chargée à l'aide du théorème de Gauss.
  2. Appliquer le principe de superposition aux deux sphères de densités volumiques opposées et décalées du vecteur \vec{r}(t).
  3. Commenter la structure spatiale du champ obtenu et son rôle physique dans l'apparition d'une force de rappel harmonique.
Voir la réponse courte

Superposition de deux sphères chargées uniformément décalées de \vec{r} donnant un champ intérieur uniforme \vec{E} = \frac{n_{e0}e}{3\varepsilon_0}\vec{r}.

Voir le corrigé complet

Considérons une sphère de centre C, de rayon R, portant une densité volumique de charge uniforme \rho. Par symétrie sphérique, le champ électrostatique créé en un point M situé à la distance u = CM < R est radial : \vec{E}(M) = E(u)\,\vec{e}_u.

Le flux du champ électrique à travers la sphère de Gauss de centre C et de rayon u s'écrit :

\Phi = E(u) \times 4\pi u^2 = \frac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_0} = \frac{1}{\varepsilon_0}\left(\rho \times \frac{4}{3}\pi u^3\right)

On en déduit l'expression du champ à l'intérieur de la sphère :

\vec{E}(M) = \frac{\rho}{3\varepsilon_0}\,\vec{CM}

La nanoparticule est modélisée par la superposition de deux distributions sphériques :

  • la sphère des ions du réseau cristallin, centrée en O, de rayon R et de densité volumique \rho_+ = +n_{e0}e ;
  • la sphère du nuage électronique, centrée en O', de rayon R et de densité volumique \rho_- = -n_{e0}e, déplacée du vecteur \vec{r}(t) = \vec{OO'}.

Par le principe de superposition, en tout point M situé dans la zone de recouvrement des deux sphères (qui constitue la quasi-totalité du volume de la nanoparticule puisque \|\vec{r}\| \ll R) :

\begin{aligned} \vec{E}_{\text{int}}(M, t) &= \vec{E}_+(M) + \vec{E}_-(M) \\ &= \frac{\rho_+}{3\varepsilon_0}\,\vec{OM} + \frac{\rho_-}{3\varepsilon_0}\,\vec{O'M} \\ &= \frac{n_{e0}e}{3\varepsilon_0}\left(\vec{OM} - \vec{O'M}\right) \\ &= \frac{n_{e0}e}{3\varepsilon_0}\,\vec{OO'} \end{aligned}

Comme \vec{OO'} = \vec{r}(t), on obtient :

\boxed{\vec{E}_{\text{int}}(t) = \frac{n_{e0}e}{3\varepsilon_0}\,\vec{r}(t)}

Commentaires sur le résultat obtenu :

  • Uniformité : Le champ électrostatique interne ne dépend pas du point M considéré : il est rigoureusement uniforme dans tout le volume de la particule.
  • Origine physique de la force de rappel : Chaque électron subit de la part de ce champ une force électrostatique :

    \vec{f} = -e\vec{E}_{\text{int}} = -\frac{n_{e0}e^2}{3\varepsilon_0}\,\vec{r}(t) = -m_e\,\frac{\omega_p^2}{3}\,\vec{r}(t)

    Cette force est linéaire en \vec{r} et de sens opposé au déplacement : elle constitue précisément une force de rappel élastique qui ramène collectivement le nuage vers sa position d'équilibre, justifiant la pulsation propre d'oscillation \Omega = \omega_p/\sqrt{3}.

Résultat

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IV.B · Modélisation de la réponse d'une nanoparticule à une excitation électromagnétique

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : oscillateur harmonique, principe fondamental de la dynamique

Justifier que l'équation différentielle vérifiée par le vecteur déplacement du nuage électronique par rapport au centre de la nanoparticule s'écrit sous la forme

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique au centre de masse du nuage électronique en sommant la force de rappel coulombienne dérivée de \vec{E}_{\mathrm{int}} et la force exercée par le champ incident.

Voir la stratégie
  1. Définir le système (l'ensemble du nuage électronique de masse M_e et de charge totale Q) dans le référentiel d'étude lié au centre fixe O du réseau cristallin.
  2. Exprimer les forces s'exerçant sur le nuage électronique : la force de rappel électrostatique induite par le déplacement \vec{r}(t) (en exploitant le champ interne déterminé à la question Q34) et la force extérieure exercée par le champ électrique \vec{E}_1(O,t).
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique et introduire la pulsation propre \Omega = \omega_p/\sqrt{3}.
Voir la réponse courte

PFD sur le nuage électronique soumis à la force de rappel électrostatique et au champ inducteur, avec \Omega^2 = \frac{\omega_p^2}{3}.

Voir le corrigé complet

Considérons le nuage des électrons libres comme un système global assimilé à une sphère de rayon R, décalée d'un vecteur \vec{r}(t) par rapport au réseau d'ions métalliques fixes centré en O.

Le nombre total d'électrons libres est N_e = \frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0}, sa masse totale est M_e = N_e m_e = \frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0} m_e, et sa charge totale est Q = -e N_e.

Dans le référentiel galiléen d'étude lié au centre O, appliquons le principe fondamental de la dynamique au nuage électronique soumis à deux actions :

  • La force de rappel électrostatique \vec{F}_{\text{rappel}} : les forces d'interaction entre les électrons du nuage ayant une résultante interne nulle, la force électrostatique nette subie par le nuage est due au champ créé par les charges du réseau d'ions. Ce champ est égal au champ interne \vec{E}_{\text{int}} établi à la question Q34 (puisque l'auto-champ a une résultante globale nulle) :

    \vec{F}_{\text{rappel}} = \iiint_{\text{nuage}} \rho_- \vec{E}_{\text{int}}\,\mathrm{d}\tau = Q\,\vec{E}_{\text{int}} = (-e N_e)\left(\frac{n_{e0} e}{3\varepsilon_0}\vec{r}(t)\right) = -\frac{N_e n_{e0} e^2}{3\varepsilon_0}\vec{r}(t)
  • La force exercée par l'onde électromagnétique incidente \vec{F}_{\text{ext}} : le champ électrique \vec{E}_1(O,t) étant supposé spatialement uniforme à l'échelle de la nanoparticule, la force totale exercée par ce champ s'écrit :

    \vec{F}_{\text{ext}} = Q\,\vec{E}_1(O,t) = -e N_e \vec{E}_1(O,t)

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit alors :

\begin{aligned} M_e \frac{\mathrm{d}^2\vec{r}(t)}{\mathrm{d}t^2} &= \vec{F}_{\text{rappel}} + \vec{F}_{\text{ext}} \\ N_e m_e \frac{\mathrm{d}^2\vec{r}(t)}{\mathrm{d}t^2} &= -\frac{N_e n_{e0} e^2}{3\varepsilon_0}\vec{r}(t) - e N_e \vec{E}_1(O,t) \end{aligned}

En divisant par la masse totale M_e = N_e m_e, on obtient :

\frac{\mathrm{d}^2\vec{r}(t)}{\mathrm{d}t^2} + \frac{n_{e0} e^2}{3 m_e \varepsilon_0}\vec{r}(t) = -\frac{e}{m_e}\vec{E}_1(O,t)

En utilisant la définition de la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\frac{n_{e0} e^2}{m_e \varepsilon_0}} et la relation \Omega = \frac{\omega_p}{\sqrt{3}}, le terme en facteur de \vec{r}(t) s'identifie bien à :

\Omega^2 = \frac{\omega_p^2}{3} = \frac{n_{e0} e^2}{3 m_e \varepsilon_0}

L'équation du mouvement se met donc bien sous la forme demandée :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\vec{r}(t)}{\mathrm{d}t^2} + \Omega^2 \vec{r}(t) = -\frac{e}{m_e}\vec{E}_1(O, t)}

Résultat

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Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : oscillateur harmonique, régime sinusoïdal forcé

Déterminer l'expression de la représentation complexe du déplacement en régime sinusoïdal forcé en fonction, entre autres, de , représentation complexe du champ électrique de l'onde incidente.

Voir l'indice

Remplacer la dérivée seconde par -\omega^2 en notation complexe et exprimer le vecteur déplacement complexe \underline{\vec{r}} en fonction de \underline{\vec{E}}_1.

Voir la réponse courte

Résolution de l'oscillateur forcé en notation complexe : \vec{\underline{r}} = \frac{e/m_e}{\omega^2 - \Omega^2}\vec{\underline{E}}_1.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q35, l'équation différentielle régissant le déplacement \vec{r}(t) du nuage électronique s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2\vec{r}(t)}{\mathrm{d}t^2} + \Omega^2 \vec{r}(t) = -\frac{e}{m_e}\vec{E}_1(O, t)

En adoptant la convention de l'énoncé pour la représentation complexe où la dépendance temporelle est en \exp(\mathrm{i}\omega t), l'opérateur de dérivation temporelle \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} se traduit par une multiplication par \mathrm{i}\omega, et la dérivée seconde par :

\frac{\mathrm{d}^2}{\mathrm{d}t^2} \;\longleftrightarrow\; -\omega^2

L'équation différentielle projetée dans l'espace complexe devient ainsi :

(-\omega^2 + \Omega^2)\,\underline{\vec{r}} = -\frac{e}{m_e}\underline{\vec{E}}_1

En supposant \omega \neq \Omega (en l'absence de terme dissipatif), on en déduit immédiatement :

\boxed{\underline{\vec{r}} = -\frac{e}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)}\,\underline{\vec{E}}_1 = \frac{e}{m_e(\omega^2 - \Omega^2)}\,\underline{\vec{E}}_1}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : moment dipolaire, polarisabilité

En déduire l'expression du moment dipolaire électrique de la nanoparticule en fonction de sous la forme

Voir l'indice

Définir le moment dipolaire global induit par \underline{\vec{p}} = - N_e e \underline{\vec{r}} où N_e = (4/3)\pi R^3 n_{e0}, puis identifier terme à terme avec \varepsilon_0 \underline{\alpha}(\omega) \underline{\vec{E}}_1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment dipolaire électrique instantané \vec{p}(t) de la nanoparticule à partir de la distribution de charges globale : celle-ci est formée du nuage électronique (charge totale -N_e e) centré en O' et du réseau d'ions métalliques (charge +N_e e) centré en O.
  2. Remplacer l'expression du déplacement complexe \underline{\vec{r}} obtenue à la question Q36.
  3. Faire apparaître la permittivité du vide \varepsilon_0 à l'aide de la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n_{e0}e^2}{m_e\varepsilon_0}} et identifier la forme demandée.
Voir la réponse courte

Moment dipolaire global \vec{\underline{p}} = -N_e e \vec{\underline{r}} reliant \vec{\underline{p}} à \vec{\underline{E}}_1 par la polarisabilité dipolaire \underline{\alpha}(\omega).

Voir le corrigé complet

La nanoparticule neutre est constituée :

  • du réseau d'ions fixes, de charge totale Q_+ = +N_e e centré en O ;
  • du nuage électronique mobile, de charge totale Q_- = -N_e e centré en O', avec \vec{r}(t) = \vec{OO'}(t).

Le nombre total d'électrons libres dans la sphère de rayon R vaut :

N_e = n_{e0} V = n_{e0} \left(\frac{4}{3}\pi R^3\right)

Le moment dipolaire électrique associé à cette paire de charges globales s'écrit :

\vec{p}(t) = Q_+ \vec{OO} + Q_- \vec{OO'} = - N_e e\,\vec{r}(t) = -\frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0} e\,\vec{r}(t)

En passant aux grandeurs complexes associées en régime harmonique :

\underline{\vec{p}} = -\frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0} e\,\underline{\vec{r}}

En utilisant le résultat établi à la question Q36, \underline{\vec{r}} = -\dfrac{e}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)}\underline{\vec{E}}_1, il vient :

\begin{aligned} \underline{\vec{p}} &= \left(-\frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0} e\right) \left(-\frac{e}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)}\right) \underline{\vec{E}}_1 \\ &= \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{n_{e0} e^2}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)} \underline{\vec{E}}_1 \end{aligned}

D'après l'expression de la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\dfrac{n_{e0}e^2}{m_e\varepsilon_0}}, on a \dfrac{n_{e0}e^2}{m_e} = \varepsilon_0 \omega_p^2. Par conséquent :

\underline{\vec{p}} = \varepsilon_0 \left(\frac{4}{3}\pi R^3 \frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2}\right) \underline{\vec{E}}_1

Le moment dipolaire s'écrit bien sous la forme demandée :

\boxed{\underline{\vec{p}} = \varepsilon_0\underline{\alpha}(\omega)\underline{\vec{E}}_1 \quad \text{avec} \quad \underline{\alpha}(\omega) = \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2}}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : polarisabilité, analyse dimensionnelle

Expliciter la polarisabilité complexe en fonction de , , et . Préciser la dimension du module de la polarisabilité complexe.

Voir l'indice

Remplacer n_{e0}e^2/(\varepsilon_0 m_e) par \omega_p^2 = 3\Omega^2 dans l'expression de \underline{\alpha}(\omega) et vérifier la cohérence dimensionnelle de \alpha.

Voir la réponse courte

Expression \underline{\alpha}(\omega) = 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{\Omega^2 - \omega^2}, dont le module a la dimension d'un volume (\text{m}^3).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q37, le moment dipolaire induit complexe s'identifie sous la forme :

\underline{\vec{p}} = \varepsilon_0 \underline{\alpha}(\omega)\underline{\vec{E}}_1

avec l'expression de \underline{\vec{p}} déduite du déplacement complexe \underline{\vec{r}} du nuage électronique (obtenu à la question Q36) :

\begin{aligned} \underline{\vec{p}} &= - N_e e \, \underline{\vec{r}} = \left( \frac{4}{3}\pi R^3 n_{e0} e \right) \left( \frac{e}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)}\underline{\vec{E}}_1 \right) \\ &= \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{n_{e0}e^2}{m_e(\Omega^2 - \omega^2)}\underline{\vec{E}}_1 \end{aligned}

En introduisant la pulsation plasma \omega_p = \sqrt{\frac{n_{e0}e^2}{m_e\varepsilon_0}}, il vient \frac{n_{e0}e^2}{m_e} = \varepsilon_0 \omega_p^2, d'où :

\underline{\vec{p}} = \varepsilon_0 \left( \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2} \right) \underline{\vec{E}}_1

On en déduit l'expression de la polarisabilité dipolaire complexe :

\boxed{\underline{\alpha}(\omega) = \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2} = 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{\Omega^2 - \omega^2}}

où l'on a également utilisé la relation \Omega = \frac{\omega_p}{\sqrt{3}}, soit \omega_p^2 = 3\Omega^2.

Dimension de la polarisabilité :

  • À partir de la relation de définition \underline{\vec{p}} = \varepsilon_0 \underline{\alpha}(\omega) \underline{\vec{E}}_1, la dimension du moment dipolaire est [p] = \mathrm{I}\cdot\mathrm{T}\cdot\mathrm{L}, celle du champ électrique est [E_1] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\mathrm{I}^{-1}, et celle de la permittivité diélectrique du vide est [\varepsilon_0] = \mathrm{M}^{-1}\cdot\mathrm{L}^{-3}\cdot\mathrm{T}^4\cdot\mathrm{I}^2. Ainsi :

    [\varepsilon_0 E_1] = \mathrm{L}^{-2}\cdot\mathrm{I}\cdot\mathrm{T} \quad \Longrightarrow \quad [\underline{\alpha}] = \frac{[p]}{[\varepsilon_0 E_1]} = \mathrm{L}^3
  • L'expression explicite confirme immédiatement ce résultat : les termes de pulsation forment un rapport sans dimension \left[\frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2}\right] = 1, donc :

    \boxed{[\,|\underline{\alpha}(\omega)|\,] = \mathrm{L}^3}

Le module de la polarisabilité complexe est donc homogène à un volume (son unité dans le Système international est le \mathrm{m}^3).

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résonance, oscillateur harmonique amorti

Étudier et interpréter qualitativement le comportement de en fonction de la pulsation . Indiquer quelle modification principale entraîne la prise en compte d'effets dissipatifs dans le mouvement du nuage électronique.

Voir l'indice

Examiner le comportement de |\underline{\alpha}(\omega)| lorsque \omega \to \Omega ; expliquer comment un terme de frottement lève la divergence et confère une largeur finie au pic de résonance.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression établie à la question Q38 pour étudier le module |\underline{\alpha}(\omega)| aux limites (\omega \to 0, \omega \to \Omega, \omega \to +\infty) ainsi que ses variations.
  2. Interpréter physiquement ces régimes (limite quasi-statique, résonance sans amortissement, coupure haute fréquence due à l'inertie électronique).
  3. Décrire les effets attendus d'un terme de frottement fluide sur un oscillateur harmonique (écrêtage de la résonance, élargissement du pic, apparition d'une composante imaginaire et dissipation énergétique).
Voir la réponse courte

Résonance dipolaire à \omega = \Omega ; la prise en compte de l'amortissement tronque la divergence et élargit la réponse.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q38, la polarisabilité complexe s'écrit :

\underline{\alpha}(\omega) = 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{\Omega^2 - \omega^2}

Son module est donné par :

|\underline{\alpha}(\omega)| = 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{|\Omega^2 - \omega^2|}

Étude des variations et cas limites

  • Basse fréquence (\omega \to 0) :

    |\underline{\alpha}(0)| = 4\pi R^3

    On retrouve la polarisabilité statique d'une sphère conductrice idéale de rayon R plongée dans un champ électrostatique uniforme.

  • À la résonance (\omega \to \Omega) : Le dénominateur s'annule, donc :

    \lim_{\omega \to \Omega} |\underline{\alpha}(\omega)| = +\infty

    Le système présente une résonance aiguë (d'amplitude infinie en l'absence de terme d'amortissement).

  • Haute fréquence (\omega \gg \Omega) :

    |\underline{\alpha}(\omega)| \underset{\omega \gg \Omega}{\sim} 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{\omega^2} \xrightarrow[\omega \to +\infty]{} 0

    En raison de leur inertie, les électrons ne peuvent plus suivre les oscillations trop rapides du champ excitateur, et le moment dipolaire induit s'atténue jusqu'à s'annuler.

La fonction \omega \mapsto |\underline{\alpha}(\omega)| est donc strictement croissante sur [0, \Omega[, diverge en \Omega, puis décroît strictement vers 0 sur ]\Omega, +\infty[.

Prise en compte des effets dissipatifs L'inclusion du frottement fluide -\frac{m_e}{\tau}\vec{v} dans l'équation du mouvement du nuage électronique modifie la réponse :

  • Écrêtage de la résonance : la divergence en \omega = \Omega est éliminée ; le module |\underline{\alpha}(\omega)| présente désormais un maximum d'amplitude finie au voisinage de \Omega, caractérisé par une largeur de résonance inversement proportionnelle à \tau.
  • Déphasage et absorption : la polarisabilité devient complexe avec une partie imaginaire non nulle \mathrm{Im}(\underline{\alpha}) \neq 0, traduisant un déphasage entre le dipôle et le champ incident, directement responsable d'une dissipation d'énergie par effet Joule (puissance absorbée non nulle).
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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : constante diélectrique, polarisabilité

Vérifier que la relation (IV.1) est compatible avec l'expression, déterminée à la question 37, de la polarisabilité complexe d'une nanoparticule placée dans le vide lorsqu'on néglige les phénomènes dissipatifs ().

Voir l'indice

Poser n_0 = 1 et injecter la limite non dissipative \underline{n}^2 \simeq 1 - \omega_p^2/\omega^2 dans la formule (IV.1), puis comparer à l'expression de la question 38.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'indice optique du milieu environnant pour le vide (n_0 = 1).
  2. Utiliser la limite sans dissipation (\omega\tau \gg 1) de l'indice complexe \underline{n}^2 du métal établie à la question Q32.
  3. Injecter ces grandeurs dans la relation (IV.1) et faire apparaître la pulsation propre \Omega = \omega_p/\sqrt{3} pour comparer avec l'expression de la question Q37.
Voir la réponse courte

Remplacement de \varepsilon(\omega) = 1 - \omega_p^2/\omega^2 dans la formule de Clausius-Mossotti pour vérifier la cohérence avec \Omega^2 = \omega_p^2/3.

Voir le corrigé complet

Pour une nanoparticule placée dans le vide, l'indice du milieu extérieur est n_0 = 1. L'expression générale (IV.1) de la polarisabilité complexe devient :

\underline{\alpha}(\omega) = 4\pi R^3 \frac{\underline{n}^2 - 1}{\underline{n}^2 + 2}

D'après l'expression (III.3) établie à la question Q30, l'indice complexe vérifie :

\underline{n}^2 = 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2 - \mathrm{i}\frac{\omega}{\tau}}

Dans la limite où les phénomènes dissipatifs sont négligés (\omega\tau \gg 1), le terme en \mathrm{i}/\tau devient négligeable devant \omega, ce qui conduit au comportement asymptotique établi à la question Q32 :

\underline{n}^2 \simeq 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}

En injectant cette expression au numérateur et au dénominateur du rapport :

\begin{aligned} \underline{n}^2 - 1 &\simeq -\frac{\omega_p^2}{\omega^2} \\ \underline{n}^2 + 2 &\simeq 3 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2} = \frac{3\omega^2 - \omega_p^2}{\omega^2} \end{aligned}

Le quotient s'écrit alors :

\frac{\underline{n}^2 - 1}{\underline{n}^2 + 2} = \frac{-\dfrac{\omega_p^2}{\omega^2}}{\dfrac{3\omega^2 - \omega_p^2}{\omega^2}} = \frac{-\omega_p^2}{3\omega^2 - \omega_p^2} = \frac{\omega_p^2}{\omega_p^2 - 3\omega^2} = \frac{\dfrac{\omega_p^2}{3}}{\dfrac{\omega_p^2}{3} - \omega^2}

Or, d'après la section IV.B, la pulsation propre du nuage électronique dans le vide est \Omega = \dfrac{\omega_p}{\sqrt{3}}, soit \Omega^2 = \dfrac{\omega_p^2}{3}. Il vient donc :

\frac{\underline{n}^2 - 1}{\underline{n}^2 + 2} = \frac{\Omega^2}{\Omega^2 - \omega^2}

En reportant dans la formule (IV.1), on obtient :

\boxed{\underline{\alpha}(\omega) = 4\pi R^3 \frac{\Omega^2}{\Omega^2 - \omega^2} = \frac{4}{3}\pi R^3 \frac{\omega_p^2}{\Omega^2 - \omega^2}}

Cette expression est rigoureusement identique à celle déterminée à la question Q37 (et formulée à la question Q38). La formule (IV.1) est donc parfaitement compatible avec le modèle microscopique non dissipatif.

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résonance plasmon, absorption

Calculer la valeur de la longueur d'onde principalement absorbée par des nanoparticules d'or présentes dans le verre d'un vitrail (). Conclure quant à la couleur par transmission des vitraux de la cathédrale de Chartres mentionnés dans l'introduction du sujet.

Voir l'indice

Maximiser l'absorption en annulant la partie réelle du dénominateur de \underline{\alpha} (condition de Fröhlich \varepsilon_1 = -2n_0^2), en déduire la pulsation de résonance, la longueur d'onde absorbée, puis la couleur perçue en transmission.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de résonance d'absorption à partir de la polarisabilité complexe \underline{\alpha}(\omega) donnée par l'équation (IV.1).
  2. Relier la pulsation de résonance à la longueur d'onde dans le vide \lambda_{\mathrm{abs}} à l'aide de l'expression asymptotique de \varepsilon_1(\omega) du modèle de Drude (question Q32).
  3. Effectuer l'application numérique, confronter la valeur obtenue aux données physiques réelles (rappelées dans le préambule de la partie IV) et en déduire la couleur par transmission par synthèse soustractive.
Voir la réponse courte

Condition \varepsilon_1 + 2n_0^2 = 0 donnant une absorption dans le vert (\approx 520\text{ nm}), d'où la couleur rouge rubis transmise.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la puissance électromagnétique absorbée par la nanoparticule est proportionnelle à |\mathrm{Im}(\underline{\alpha}(\omega))|. En injectant l'expression de la permittivité relative complexe \underline{n}^2 = \varepsilon_1 - \mathrm{i}\varepsilon_2 dans la relation (IV.1) :

\underline{\alpha}(\omega) = 4\pi R^3 \frac{(\varepsilon_1 - n_0^2) - \mathrm{i}\varepsilon_2}{(\varepsilon_1 + 2n_0^2) - \mathrm{i}\varepsilon_2}

La partie imaginaire de cette expression s'écrit :

\mathrm{Im}(\underline{\alpha}(\omega)) = -4\pi R^3 \frac{3n_0^2 \varepsilon_2}{(\varepsilon_1 + 2n_0^2)^2 + \varepsilon_2^2}

Dans le domaine optique, les pertes sont faibles (\omega\tau \gg 1, soit \varepsilon_2 \ll |\varepsilon_1| d'après la question Q32). L'absorption est donc maximale lorsque le dénominateur est minimal, ce qui correspond à l'annulation de sa partie réelle (condition de résonance de Fröhlich) :

\varepsilon_1(\omega_{\mathrm{res}}) + 2n_0^2 = 0 \iff \varepsilon_1(\omega_{\mathrm{res}}) = -2n_0^2

En utilisant l'expression asymptotique de \varepsilon_1 établie à la question Q32, \varepsilon_1 \simeq 1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2} = 1 - \left(\frac{\lambda}{\lambda_p}\right)^2 où \lambda_p = \frac{2\pi c}{\omega_p}, la condition devient :

1 - \left(\frac{\lambda_{\mathrm{abs}}}{\lambda_p}\right)^2 = -2n_0^2 \iff \lambda_{\mathrm{abs}} = \lambda_p \sqrt{1 + 2n_0^2}

D'après les résultats de la question Q33, la longueur d'onde plasma de l'or vaut :

\lambda_p = \frac{2\pi c}{\omega_p} = \frac{2\pi c}{\sqrt{\dfrac{n_{e0}e^2}{m_e\varepsilon_0}}} \simeq 130\text{ nm} \quad (\text{avec } n_{e0} \simeq 7{,}2 \times 10^{28}\text{ m}^{-3})

Avec n_0 = 1{,}5 pour le verre :

\sqrt{1 + 2n_0^2} = \sqrt{1 + 2 \times (1{,}5)^2} = \sqrt{5{,}5} \simeq 2{,}35

On en déduit la longueur d'onde d'absorption maximale selon le modèle :

\boxed{\lambda_{\mathrm{abs}} = \lambda_p \sqrt{1 + 2n_0^2} \simeq 3{,}1 \times 10^2\text{ nm}}

Discussion et couleur par transmission :

  • La valeur calculée (\lambda_{\mathrm{abs}} \simeq 310\text{ nm}) se situe dans le proche ultraviolet. Cette sous-estimation provient des limites du modèle de Drude pour l'or : celui-ci ne prend en compte que les électrons libres et ignore les transitions interbandes (excitation d'électrons de la bande 5\mathrm{d} vers la bande 6\mathrm{s}), qui ajoutent une contribution diélectrique réelle positive \varepsilon_\infty \approx 9 déplaçant la résonance vers les plus grandes longueurs d'onde.
  • Dans la réalité (comme précisé dans le préambule de la partie IV.A), la bande d'absorption plasmon des nanoparticules d'or se situe vers \lambda \approx 520\text{--}530\text{ nm}, c'est-à-dire dans le vert.
  • Lorsque la lumière blanche traverse le vitrail, la composante verte du spectre visible est absorbée par les nanoparticules d'or. Par synthèse soustractive, la lumière transmise correspond à la couleur complémentaire du vert : les vitraux apparaissent donc d'une couleur rouge (rouge rubis).

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 ?

Surtout 4 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (24 % des questions, partie II), Ondes électromagnétiques dans les milieux (20 %, partie III), Thermodynamique chimique et équilibres (11 %) et Électrostatique (11 %, partie IV). Plus ponctuellement : Facteur de Boltzmann et physique statistique, Cinétique chimique, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Interférences lumineuses, Cinématique et dynamique du point…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 7 questions sur 41 (17 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q1, Q3, Q5 à Q7, Q12 et Q36.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 ?

Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q22 (valeur moyenne) et Q33 (pulsation plasma).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 ?

Questions de cours : Q1 (équation de réaction), Q8 (microétat), Q9 (facteur de boltzmann), Q20 (longueur de diffusion), Q23 (interféromètre de michelson), Q24 (force de lorentz), Q26 (onde plane progressive) et Q27 (équation de maxwell). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (constante d'équilibre), Q3 (quotient de réaction), Q4 (relation de van 't hoff), Q7 (isotherme de langmuir), Q10 (fonction de partition), Q13 (symétrie), Q14 (équation de diffusion), Q15 (équation de diffusion)….

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (24 sur 41), par exemple : Q1, Q2, Q4 à Q9, Q13, Q15, Q19 à Q21, Q23 à Q28, Q31, Q32, Q36, Q38 et Q39. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q10, Q14, Q16 à Q18, Q30, Q35, Q37 et Q40.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 MP 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge la longueur raisonnable (41 questions) et note un bon taux de réussite sur les raisonnements classiques, tandis que les questions non guidées et la partie IV ont été peu réussies. Moyenne : 8,9/20 (écart-type 4,13, 4 965 présents).

Comment déterminer le champ électrostatique intérieur à la nanosphère en Q34 ?

Par le principe de superposition de deux sphères uniformément chargées : le nuage électronique décalé et le réseau fixe d'ions créent chacun un champ déduit du théorème de Gauss. Leur somme vectorielle donne un champ intérieur uniforme proportionnel au vecteur déplacement.

Que faire si l'on ne parvient pas à établir la dispersion en Q30 ?

Admettre l'expression de n^2 donnée dans l'énoncé. Ce résultat permet de traiter directement l'étude des constantes diélectriques aux questions Q31 et Q32, l'exploitation graphique en Q33 ainsi que la question Q40.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 41 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,9 et d'écart-type 4,13 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.