WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 MPI 2025

Une histoire de tubes

Le sujet en bref

Sujet difficile · Circuits électriques et régimes transitoires, Électrostatique, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire · 7 incontournables · 37 questions de première année
Afficher ou masquer la section

Ce sujet original et très formateur propose une étude approfondie des tubes électroniques à vide, technologie emblématique des débuts de l'électronique et toujours prisée en audio haut de gamme. Il balaie un spectre très large de la physique de prépa : modélisation électrostatique d'une diode avec charge d'espace (loi de Child-Langmuir), transferts radiatifs et émission thermoïonique (loi de Richardson), pour finir par la modélisation en petits signaux et l'étude des distorsions harmoniques d'un amplificateur à triode. L'épreuve est progressive, élégante et constitue un excellent sujet de synthèse pour travailler le couplage entre phénomènes microscopiques, électromagnétisme et circuits électroniques.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,38/20)
Temps estimé
≈ 2 h 50 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

7 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en MP2I et MPSI : 31 questions sur 46, parties C et A.III.

Où gagner des points

42 questions rapides et accessibles · 1 résultat donné par l'énoncé
Afficher ou masquer la section

Rapides et accessibles (42) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (1) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie C (Q31 à Q46), consacrée à l'électrocinétique de l'amplificateur, est quasi indépendante des calculs d'électrostatique et de thermique des parties A et B ; seule la question Q37 réutilise un ordre de grandeur établi en Q14.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

46 questions
Afficher ou masquer la section

Partie A : La diode à vide

I · Caractéristique Iₐ(U_ac) de la diode

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de maxwell, potentiel électrostatique, équation de poisson

Rappeler les équations de Maxwell en régime stationnaire. Justifier l'existence du potentiel électrostatique et établir la relation qui lie à . Donner le nom de cette relation.

Voir l'indice

Utiliser \vec{\nabla}\times\vec{E} = \vec{0} pour justifier l'existence d'un potentiel scalaire, puis combiner \vec{E} = -\vec{\nabla}V avec l'équation de Maxwell-Gauss pour trouver l'équation de Poisson.

Voir la réponse courte

En régime stationnaire, \vec{\nabla}\times\vec{E}=\vec{0}\implies\vec{E}=-\vec{\nabla}V, et combiné à \vec{\nabla}\cdot\vec{E}=\rho/\varepsilon_0, on obtient l'équation de Poisson \Delta V = -\rho/\varepsilon_0.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, toutes les dérivées temporelles sont nulles (\partial/\partial t = 0). Les quatre équations de Maxwell s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Maxwell-Gauss :}\quad & \operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0} \\ \text{Maxwell-Thomson :}\quad & \operatorname{div}\vec{B} = 0 \\ \text{Maxwell-Faraday :}\quad & \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = \vec{0} \\ \text{Maxwell-Ampère :}\quad & \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} = \mu_0 \vec{\jmath} \end{aligned}

D'après l'équation de Maxwell-Faraday en régime stationnaire, le champ électrique vérifie \vec{\operatorname{rot}}\vec{E} = \vec{0}. Dans un domaine simplement connexe, tout champ vectoriel de rotationnel nul dérive d'un potentiel scalaire. D'après l'identité vectorielle rappelée dans le formulaire, \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{grad}} V) = \vec{0}, il existe donc un champ scalaire V, appelé potentiel électrostatique, tel que :

\vec{E} = -\vec{\operatorname{grad}} V

En injectant cette relation dans l'équation de Maxwell-Gauss :

\operatorname{div}\vec{E} = \operatorname{div}(-\vec{\operatorname{grad}} V) = -\Delta V = \frac{\rho}{\varepsilon_0}

où l'on a utilisé l'identité \operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}} V) = \Delta V. On obtient ainsi :

\boxed{\Delta V + \frac{\rho}{\varepsilon_0} = 0}

Cette équation aux dérivées partielles liant le potentiel V à la densité volumique de charge \rho est l'équation de Poisson.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : invariance, symétrie cylindrique

Proposer des éléments de justification de ces choix.

Voir l'indice

Invoquer les invariances par translation selon l'axe (Oz) (effets de bord négligés) et par rotation autour de (Oz) pour réduire les variables à la seule coordonnée radiale r.

Voir la réponse courte

Symétrie cylindrique et invariance selon z et \theta : le potentiel ne dépend que de r, le champ est purement radial.

Voir le corrigé complet

Deux arguments physiques et géométriques justifient que le potentiel électrostatique ne dépende que de la coordonnée radiale r :

  1. Invariance par rotation (indépendance selon \theta) :
    Les électrodes (cathode et anode) sont des cylindres coaxiaux d'axe (Oz). La géométrie du système ainsi que les conditions aux limites pour les potentiels (V(r_1) = 0 et V(r_2) = V_a) sont invariantes par toute rotation d'angle \theta autour de l'axe (Oz). L'émission d'électrons étant spatialement uniforme sur le pourtour de la cathode, la distribution de charges conserve cette symétrie axiale, d'où :

    \frac{\partial V}{\partial \theta} = 0
  2. Négligence des effets de bord et invariance par translation (indépendance selon z) :
    Comparons la hauteur H des électrodes à l'écartement inter-électrodes :

    \frac{H}{r_2 - r_1} = \frac{45\text{ mm}}{5{,}0\text{ mm} - 2{,}0\text{ mm}} = \frac{45}{3{,}0} = 15 \gg 1

    De même, H \gg r_2 > r_1. Les cylindres sont donc très élancés. Loin des extrémités z = \pm H/2, les effets de bord sont négligeables et le système peut être modélisé comme invariant par translation le long de l'axe (Oz), d'où :

    \frac{\partial V}{\partial z} = 0

En combinant ces deux invariances, on en déduit que le potentiel ne dépend que de la coordonnée radiale r :

\boxed{V(r,\theta,z) = V(r)}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force électrostatique, poids

Évaluer, en ordre de grandeur, le poids d'un électron et la force électrostatique subie par un électron circulant depuis la cathode vers l'anode. Conclure.

Voir l'indice

Calculer l'ordre de grandeur du champ moyen E \sim V_a / (r_2 - r_1) avec V_a de quelques dizaines de volts pour comparer la force électrique eE au poids mg.

Voir la stratégie
  1. Exprimer et évaluer l'ordre de grandeur du poids d'un électron P = m g.
  2. Estimer le champ électrique moyen entre les électrodes à partir de la tension typique V_a et de la distance inter-électrodes d = r_2 - r_1, puis en déduire l'ordre de grandeur de la force électrostatique F_e = e E.
  3. Comparer ces deux forces et conclure sur la pertinence de négliger la pesanteur dans la suite de l'étude.
Voir la réponse courte

Évaluation de P = mg \sim 10^{-29}\text{ N} et F_e = eE \sim 10^{-14}\text{ N} : le poids est totalement négligeable.

Voir le corrigé complet

Le poids de l'électron s'écrit en norme :

P = m g

Avec m = 9{,}1 \times 10^{-31}\text{ kg} et g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, on obtient :

\boxed{P \sim 10^{-29}\text{ N}}

Un électron circulant entre la cathode et l'anode est soumis à la force électrostatique \vec{F}_e = -e \vec{E}, de norme :

F_e = e E

La distance séparant les deux cylindres vaut d = r_2 - r_1 = 5{,}0 - 2{,}0 = 3{,}0\text{ mm} = 3{,}0 \times 10^{-3}\text{ m}. La différence de potentiel appliquée V_a est typiquement de l'ordre de quelques dizaines à quelques centaines de volts (l'énoncé mentionne des tensions d'alimentation de l'ordre de 10\text{ V} à 350\text{ V}). Prenons comme ordre de grandeur V_a \sim 10^2\text{ V} :

E \sim \frac{V_a}{r_2 - r_1} \sim \frac{10^2}{3{,}0 \times 10^{-3}} \approx 3 \times 10^4\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}

La force électrostatique subie par l'électron est alors d'ordre de grandeur :

F_e \sim 1{,}6 \times 10^{-19} \times 3 \times 10^4 \approx 5 \times 10^{-15}\text{ N}

soit :

\boxed{F_e \sim 10^{-14}\text{ N}}

Le rapport des deux forces vaut :

\frac{F_e}{P} \sim 10^{15} \gg 1

Conclusion : La force électrostatique surpasse le poids de plus de quatorze ordres de grandeur. Le poids de l'électron est donc totalement négligeable devant la force électrostatique pour l'étude de la dynamique des électrons.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle électrostatique, théorème de l'énergie mécanique

Traduire la conservation de l'énergie mécanique d'un électron circulant depuis la cathode vers l'anode pour en déduire la vitesse d'un électron à la distance de l'axe en fonction, notamment, du potentiel électrique .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique E_m = \frac{1}{2}m v(r)^2 - e V(r) d'un électron émis sans vitesse initiale depuis la cathode où V(r_1)=0.

Voir la stratégie
  1. Définir le système et inventorier les forces pour justifier la conservation de l'énergie mécanique.
  2. Exprimer l'énergie mécanique à la cathode à l'aide des conditions initiales données par l'énoncé.
  3. Écrire l'égalité à une distance r quelconque pour en déduire l'expression de la vitesse v(r).
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique \frac{1}{2}mv^2 - eV(r) = 0, d'où v(r) = \sqrt{2eV(r)/m} avec vitesse nulle à la cathode.

Voir le corrigé complet

On étudie un électron, assimilé à un point matériel de masse m et de charge q = -e, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

D'après la question Q3, le poids de l'électron est totalement négligeable devant la force électrostatique. L'électron n'est donc soumis qu'à la force électrostatique :

\vec{F}_e = -e \vec{E} = e \, \vec{\operatorname{grad}} V

Cette force dérive de l'énergie potentielle électrostatique :

\mathcal{E}_p(r) = q \, V(r) = -e \, V(r)

Le système n'étant soumis à aucune force non conservative, son énergie mécanique \mathcal{E}_m se conserve au cours du mouvement :

\mathcal{E}_m = \mathcal{E}_c(r) + \mathcal{E}_p(r) = \frac{1}{2} m v^2(r) - e V(r) = \text{cte}

À la cathode (r = r_1), les électrons sont émis sans vitesse initiale (v(r_1) = 0) et le potentiel est choisi nul (V(r_1) = V_c = 0). L'énergie mécanique initiale est donc nulle :

\mathcal{E}_m = 0

On en déduit que pour tout r \in [r_1, r_2] :

\frac{1}{2} m v^2(r) - e V(r) = 0

Comme V(r) \ge 0, la vitesse v(r) de l'électron à la distance r de l'axe s'écrit :

\boxed{v(r) = \sqrt{\frac{2e \, V(r)}{m}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Question de cours
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : conservation de la charge, densité de courant

Rappeler l'équation locale de conservation de la charge en régime quelconque. En déduire, pour le régime stationnaire d'étude, une propriété vérifiée par le vecteur densité de courant électrique . Établir la relation qui existe en conséquence entre , , , et le courant électrique anodique .

Voir l'indice

Partir de \mathrm{div}\,\vec{\jmath} + \partial\rho/\partial t = 0 pour établir la conservation du flux de \vec{\jmath} = \rho \vec{v} à travers un cylindre de rayon r et de hauteur H.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation de continuité générale, puis l'adapter au régime stationnaire où les dérivées temporelles sont nulles.
  2. Utiliser le caractère à flux conservatif du vecteur densité de courant \vec{\jmath} pour exprimer l'intensité I_a traversant une surface cylindrique coaxiale quelconque de rayon r et de hauteur H.
  3. Relier \vec{\jmath}(r) à la densité volumique de charge \rho(r) et à la vitesse v(r) des électrons en veillant scrupuleusement aux conventions de signe.
Voir la réponse courte

\mathrm{div}\,\vec{\jmath} = 0 en régime stationnaire ; le flux du courant à travers le cylindre donne I_a = -2\pi r H \rho(r) v(r).

Voir le corrigé complet

L'équation locale de conservation de la charge en régime quelconque s'écrit :

\operatorname{div} \vec{\jmath} + \frac{\partial \rho}{\partial t} = 0

En régime stationnaire, les grandeurs locales ne dépendent pas explicitement du temps, d'où \dfrac{\partial \rho}{\partial t} = 0. Le vecteur densité de courant vérifie donc :

\operatorname{div} \vec{\jmath} = 0

Le champ de vecteurs \vec{\jmath} est ainsi à flux conservatif.

Considérons une surface cylindrique \Sigma_r d'axe (Oz), de rayon r \in [r_1, r_2] et de hauteur H, fermée par deux disques aux extrémités z = \pm H/2. Les effets de bord étant négligés, l'écoulement électronique est purement radial : \vec{v}(r) = v(r)\,\vec{u}_r avec v(r) > 0.

La densité de courant volumique convective associée au mouvement des charges est :

\vec{\jmath}(r) = \rho(r)\,\vec{v}(r) = \rho(r) v(r)\,\vec{u}_r

Par convention, le courant anodique I_a > 0 circule de l'anode vers la cathode, c'est-à-dire vers le centre (selon -\vec{u}_r), à l'opposé du mouvement des électrons (dont la charge est négative, \rho(r) < 0). Le courant I_a correspond donc au flux de \vec{\jmath} orienté vers l'axe -\vec{u}_r à travers la paroi latérale de surface S = 2\pi r H :

\begin{aligned} I_a &= \iint_{\Sigma_r} \vec{\jmath} \cdot (-\vec{u}_r)\,\mathrm{d}S \\ &= -\rho(r) v(r) \cdot 2\pi r H \end{aligned}

On en déduit la relation demandée :

\boxed{I_a = -2\pi r H \rho(r) v(r)}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de poisson, loi de child-langmuir

À l'aide des relations précédentes, montrer que le potentiel est solution de la relation suivante en précisant l'expression du facteur :

Voir l'indice

Remplacer l'expression du laplacien radial donnée dans le formulaire dans l'équation de Poisson, en exprimant \rho(r) en fonction de I_a, r et v(r).

Voir la stratégie

Pour obtenir l'équation différentielle régissant le potentiel V(r) :

  1. On part de l'équation de Poisson établie à la question Q1, exprimée en coordonnées cylindriques grâce au formulaire.
  2. On exprime la quantité r\rho(r) en fonction de I_a et de la vitesse v(r) à l'aide du résultat de la question Q5.
  3. On remplace la vitesse v(r) par son expression en fonction de V(r) issue de la question Q4 pour identifier le facteur k.
Voir la réponse courte

Injection de \rho(r) et v(r) dans le laplacien cylindrique de V(r) pour obtenir l'équation différentielle et identifier k.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q1 et la formule du laplacien pour une fonction à symétrie uniquement radiale en coordonnées cylindriques (rappelée dans le formulaire de l'énoncé), l'équation de Poisson s'écrit :

\Delta V(r) = \frac{1}{r}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{\rho(r)}{\varepsilon_0}

En multipliant par r, il vient :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = -\frac{r\rho(r)}{\varepsilon_0}

D'après la relation établie à la question Q5, le courant anodique I_a vérifie :

I_a = -2\pi r H \rho(r) v(r) \iff r\rho(r) = -\frac{I_a}{2\pi H v(r)}

En injectant cette relation dans l'équation différentielle, on obtient :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = \frac{I_a}{2\pi\varepsilon_0 H}\frac{1}{v(r)}

Enfin, en remplaçant la vitesse v(r) par son expression obtenue à la question Q4, v(r) = \sqrt{\dfrac{2e V(r)}{m}}, on a :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = \frac{I_a}{2\pi\varepsilon_0 H}\sqrt{\frac{m}{2e}}\,V(r)^{-\frac{1}{2}}

Le potentiel V(r) vérifie donc bien la relation demandée :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = k V^{-\frac{1}{2}}

avec :

\boxed{k = \frac{I_a}{2\pi\varepsilon_0 H}\sqrt{\frac{m}{2e}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle

Vérifier la cohérence de l'unité du facteur .

Voir l'indice

Vérifier les dimensions dans l'équation différentielle : le membre de gauche a la dimension d'un potentiel divisé par une longueur, soit des \mathrm{V\cdot m^{-1}}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la dimension et l'unité de k à partir de l'équation différentielle régissant le potentiel V(r).
  2. Déterminer l'unité de k à partir de son expression analytique établie à la question Q6, en reliant les grandeurs électrostatiques et mécaniques.
  3. Comparer les deux résultats pour conclure à la cohérence.
Voir la réponse courte

Le membre de gauche étant homogène à une tension V, k s'exprime en \text{V}^{3/2}, en accord avec l'expression littérale de k.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle de la question Q6 :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = k\,V^{-1/2}

Analysons dimensionnellement le membre de gauche :

  • le rayon r s'exprime en mètres (\mathrm{m}) et le potentiel V en volts (\mathrm{V}) ;
  • \left[\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right] = \mathrm{V\cdot m^{-1}} ;
  • \left[r\,\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right] = \mathrm{m}\times(\mathrm{V\cdot m^{-1}}) = \mathrm{V} ;
  • \left[\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\,\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right)\right] = \mathrm{V\cdot m^{-1}}.

Le second membre doit avoir la même dimension :

[k] = \frac{\left[\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\,\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right)\right]}{[V^{-1/2}]} = \frac{\mathrm{V\cdot m^{-1}}}{\mathrm{V^{-1/2}}} = \mathrm{V}^{3/2}\cdot\mathrm{m}^{-1}

D'autre part, l'expression de k obtenue à la question Q6 est :

k = \frac{I_a}{2\pi\varepsilon_0 H}\sqrt{\frac{m}{2e}}
  • L'intensité I_a s'exprime en \mathrm{A} et la hauteur H en \mathrm{m}.
  • D'après l'équation de Poisson \Delta V = -\frac{\rho}{\varepsilon_0}, la permittivité diélectrique s'exprime par :

    [\varepsilon_0] = \frac{[\rho]}{[\Delta V]} = \frac{\mathrm{C\cdot m^{-3}}}{\mathrm{V\cdot m^{-2}}} = \mathrm{A\cdot s\cdot V^{-1}\cdot m^{-1}}

    Le premier facteur a donc pour unité :

    \left[\frac{I_a}{\varepsilon_0 H}\right] = \frac{\mathrm{A}}{(\mathrm{A\cdot s\cdot V^{-1}\cdot m^{-1}})\times \mathrm{m}} = \mathrm{V\cdot s^{-1}}
  • D'après la relation de conservation de l'énergie établie à la question Q4, v = \sqrt{\frac{2e V}{m}}, soit \sqrt{\frac{m}{2e}} = \frac{V^{1/2}}{v}. Le second facteur a ainsi pour dimension :

    \left[\sqrt{\frac{m}{2e}}\right] = \frac{[V]^{1/2}}{[v]} = \frac{\mathrm{V}^{1/2}}{\mathrm{m\cdot s^{-1}}} = \mathrm{V}^{1/2}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}^{-1}

En effectuant le produit des deux termes :

[k] = (\mathrm{V\cdot s^{-1}})\times(\mathrm{V}^{1/2}\cdot\mathrm{s}\cdot\mathrm{m}^{-1}) = \mathrm{V}^{3/2}\cdot\mathrm{m}^{-1}

Les deux approches conduisent à la même unité :

\boxed{[k] = \mathrm{V}^{3/2}\cdot\mathrm{m}^{-1}}

L'expression du facteur k est dimensionnellement cohérente.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : invariance d'échelle

Déterminer par quels facteurs sont multipliés , et si le potentiel de l'anode est multiplié par un facteur .

Voir l'indice

Utiliser les dépendances de chaque grandeur vis-à-vis du potentiel : v \propto V^{1/2}, \rho \propto V, et en déduire l'échelle pour I_a \propto \rho v.

Voir la stratégie

Pour déterminer le comportement d'échelle des grandeurs physiques lors d'une multiplication du potentiel par un facteur N (V \to N V) :

  1. On utilise la relation liant la vitesse v au potentiel V obtenue à la question Q4.
  2. On relie la densité volumique de charge \rho au potentiel V par l'équation de Poisson (Q1).
  3. On déduit le facteur multiplicatif de l'intensité I_a à partir de l'expression du flux de charges (Q5) ou de l'invariance d'échelle de l'équation différentielle (Q6).
Voir la réponse courte

Par invariance d'échelle : v \propto V^{1/2} multiplié par N^{1/2}, k \propto V^{3/2} \implies I_a par N^{3/2}, et \rho \propto I/v par N.

Voir le corrigé complet

Si le potentiel imposé à l'anode est multiplié par un facteur N, la fonction potentiel V(r) en tout point est multipliée par N : V'(r) = N\,V(r).

  • Vitesse v : d'après la question Q4, la vitesse des électrons s'écrit :

    v(r) = \sqrt{\frac{2e\,V(r)}{m}}

    En remplaçant V(r) par N\,V(r), la vitesse devient :

    v'(r) = \sqrt{\frac{2e\,N\,V(r)}{m}} = N^{1/2}\,v(r)

    La vitesse v est donc multipliée par le facteur N^{1/2} = \sqrt{N}.

  • Densité volumique de charge \rho : d'après l'équation de Poisson (question Q1) :

    \Delta V + \frac{\rho}{\varepsilon_0} = 0 \iff \rho(r) = -\varepsilon_0\,\Delta V(r)

    L'opérateur laplacien étant linéaire, si le potentiel est multiplié par N, son laplacien l'est également :

    \rho'(r) = -\varepsilon_0\,\Delta(N\,V) = N\,\rho(r)

    La densité volumique de charge \rho est donc multipliée par le facteur N.

  • Courant anodique I_a : d'après la relation établie à la question Q5 :

    I_a = -2\pi r H\,\rho(r)\,v(r)

    En substituant les grandeurs transformées :

    I'_a = -2\pi r H\,\rho'(r)\,v'(r) = -2\pi r H\,[N\,\rho(r)]\,[N^{1/2}\,v(r)] = N^{3/2}\,I_a

    On retrouve de façon équivalente ce résultat à partir de l'équation différentielle de la question Q6 :

    \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = k\,V^{-1/2}

    Le membre de gauche est multiplié par N tandis que V^{-1/2} est multiplié par N^{-1/2}. La constante k (proportionnelle à I_a) doit donc être multipliée par N / N^{-1/2} = N^{3/2}.

\boxed{\text{Si } V_a \to N\,V_a, \quad v \text{ est multipliée par } N^{1/2}, \quad \rho \text{ par } N \quad \text{et } I_a \text{ par } N^{3/2}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : équation différentielle

Déterminer le système d'équations dont et sont solutions. En déduire la valeur de et l'expression de en fonction de .

Voir l'indice

Injecter la forme d'essai V(r) = \alpha r^n dans l'équation différentielle et égaliser les exposants de r ainsi que les préfacteurs constants des deux côtés.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme proposée V(r) = \alpha r^n dans le premier membre et dans le second membre de l'équation différentielle établie à la question Q6.
  2. Identifier les exposants de la coordonnée radiale r pour obtenir la valeur de n.
  3. Identifier les coefficients multiplicatifs pour en déduire l'expression de \alpha en fonction de k.
Voir la réponse courte

Injection d'une solution en puissance V(r) = \alpha r^n : égalisation des exposants n = 2/3 et identification de \alpha.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, le potentiel V(r) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) = k V^{-\frac{1}{2}}

En injectant la forme V(r) = \alpha r^n (avec \alpha > 0) dans le membre de gauche, il vient successivement :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r} &= \alpha n r^{n-1} \\ r \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r} &= \alpha n r^n \\ \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}r}\right) &= \alpha n^2 r^{n-1} \end{aligned}

Le membre de droite s'écrit quant à lui :

k V^{-\frac{1}{2}} = k \left(\alpha r^n\right)^{-\frac{1}{2}} = k \alpha^{-\frac{1}{2}} r^{-\frac{n}{2}}

L'égalité devant être vérifiée pour tout r, les puissances de r ainsi que les préfacteurs doivent coïncider, ce qui conduit au système d'équations suivant :

\left\{ \begin{aligned} n - 1 &= -\frac{n}{2} \\[1ex] \alpha n^2 &= k \alpha^{-\frac{1}{2}} \end{aligned} \right.

La première équation donne immédiatement :

\frac{3}{2} n = 1 \implies \boxed{n = \frac{2}{3}}

En reportant cette valeur dans la seconde équation, on obtient :

\begin{aligned} \alpha \left(\frac{2}{3}\right)^2 &= k \alpha^{-\frac{1}{2}} \\ \frac{4}{9} \alpha^{\frac{3}{2}} &= k \\ \alpha^{\frac{3}{2}} &= \frac{9}{4} k \end{aligned}

D'où l'expression de \alpha :

\boxed{\alpha = \left(\frac{9}{4} k\right)^{\frac{2}{3}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de child-langmuir

Exprimer en fonction de et des autres paramètres utiles. En déduire que la relation caractéristique de la diode s'écrit et préciser l'expression de en fonction de , , , , et . Déterminer la valeur numérique de .

Voir l'indice

Appliquer la loi approchée avec U_{ac} = \alpha (r_2 - r_1)^{2/3} et isoler le courant I_a pour identifier le coefficient \beta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer U_{ac} = V(r_2) - V(r_1) à l'aide de la solution approchée V(r) = \alpha(r-r_1)^n avec n = \frac{2}{3}.
  2. Exprimer \alpha en fonction de k (établi en Q9), puis remplacer k par son expression en fonction de I_a (établie en Q6).
  3. Inverser la relation pour exprimer I_a en fonction de U_{ac}, en déduire l'expression analytique de \beta, puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Évaluation de U_{ac} = V(r_2), inversion de la relation pour déduire I_a = \beta U_{ac}^{3/2} et calcul de la constante \beta.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la solution adoptée est V(r) = \alpha(r - r_1)^{2/3}. Comme V(r_1) = 0, la tension anode-cathode s'écrit :

U_{ac} = V(r_2) - V(r_1) = \alpha (r_2 - r_1)^{\frac{2}{3}}

D'après la question Q9, \alpha = \left(\frac{9}{4}k\right)^{\frac{2}{3}}, ce qui donne :

U_{ac} = \left[\frac{9}{4}k(r_2 - r_1)\right]^{\frac{2}{3}}

En injectant l'expression du facteur k établie à la question Q6, k = \frac{I_a}{2\pi\varepsilon_0 H}\sqrt{\frac{m}{2e}}, il vient :

U_{ac} = \left[\frac{9(r_2 - r_1)}{8\pi\varepsilon_0 H}\sqrt{\frac{m}{2e}}\, I_a\right]^{\frac{2}{3}}

En élevant cette expression à la puissance 3/2 pour isoler I_a, on obtient la loi caractéristique :

I_a = \beta U_{ac}^{\frac{3}{2}}

avec :

\boxed{\beta = \frac{8\pi\varepsilon_0 H}{9(r_2 - r_1)}\sqrt{\frac{2e}{m}}}

Application numérique :

\begin{aligned} \frac{H}{r_2 - r_1} &= \frac{45\times 10^{-3}}{(5,0 - 2,0)\times 10^{-3}} = 15 \\ \sqrt{\frac{2e}{m}} &= \sqrt{\frac{2 \times 1,6\times 10^{-19}}{9,1\times 10^{-31}}} \approx 5,930\times 10^{5}\ \mathrm{m\cdot s^{-1}\cdot V^{-1/2}} \\ \beta &= \frac{8\pi \times 8,8\times 10^{-12} \times 15}{9} \times 5,930\times 10^{5} \approx 2,19\times 10^{-4}\ \mathrm{A\cdot V^{-3/2}} \end{aligned}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{\beta = 2,2\times 10^{-4}\ \mathrm{A\cdot V^{-3/2}}\quad (\text{ou USI})}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : diode à vide

Expliquer pourquoi le résultat précédent n'est pas valable dans le cas . Préciser ce qu'il se passe dans ce cas et indiquer la valeur de correspondante.

Voir l'indice

Analyser le sens du champ électrique lorsque U_{ac} < 0 : les électrons émis par la cathode sont alors repoussés vers celle-ci.

Voir la stratégie
  1. Montrer l'incompatibilité de l'expression mathématique et de la conservation de l'énergie avec une tension négative.
  2. Décrire le comportement physique des électrons soumis à un potentiel retardateur avec une vitesse initiale nulle.
  3. Conclure sur le flux d'électrons atteignant l'anode et la valeur du courant I_a.
Voir la réponse courte

Si U_{ac} < 0, la force électrostatique repousse les électrons vers la cathode : aucun courant ne circule, I_a = 0.

Voir le corrigé complet

Le résultat précédent I_a = \beta U_{ac}^{3/2} n'est pas valable pour U_{ac} < 0 pour deux raisons :

  • Aspect mathématique : la fonction puissance non entière U_{ac}^{3/2} n'est pas définie dans \mathbb{R} pour des valeurs strictement négatives.
  • Aspect énergétique : d'après la relation issue du théorème de l'énergie mécanique établie à la question Q4, la vitesse d'un électron s'écrit :

    v(r) = \sqrt{\frac{2e\,V(r)}{m}}

    Pour U_{ac} = V(r_2) - V(r_1) < 0, le potentiel V(r_2) = V_a est strictement négatif (puisque V_c = 0). Cela imposerait une énergie cinétique négative à l'anode, ce qui est physiquement impossible.

Comportement physique dans ce cas : Lorsque U_{ac} < 0, l'anode est à un potentiel plus bas que la cathode (V_a < V_c). Le champ électrique moyen régnant dans le tube est dirigé vers l'anode (\vec{E} = -\vec{\nabla}V). La force électrostatique subie par les électrons, de charge négative -e, est donc répulsive :

\vec{F}_e = -e\,\vec{E}

Elle est dirigée vers la cathode. Les électrons étant émis par émission thermoïonique avec une vitesse initiale nulle, ils ne possèdent pas l'énergie cinétique requise pour franchir cette barrière de potentiel retardatrice : ils sont immédiatement repoussés sur la cathode.

Aucun électron ne peut ainsi atteindre l'anode, ce qui conduit à :

\boxed{I_a = 0}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : caractéristique courant-tension

Tracer la caractéristique .

Voir l'indice

Tracer une courbe nulle pour les tensions négatives et suivant une loi de puissance en exposant 3/2 pour les tensions positives, avec une dérivée continue et nulle à l'origine.

Voir la réponse courte

Tracé de I_a nul pour U_{ac} \le 0 puis allure en puissance 3/2 pour U_{ac} > 0.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q10 et Q11, l'expression de l'intensité anodique en fonction de la tension anode-cathode U_{ac} est donnée par :

I_a(U_{ac}) = \begin{cases} 0 & \text{si } U_{ac} \le 0 \\ \beta U_{ac}^{3/2} & \text{si } U_{ac} > 0 \end{cases}

L'allure de cette caractéristique s'appuie sur les propriétés suivantes :

  • Pour U_{ac} < 0, la diode est bloquée et le courant est strictement nul.
  • En U_{ac} = 0, la fonction est continue : I_a(0) = 0.
  • La dérivée pour U_{ac} > 0 vaut :

    \frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}} = \frac{3}{2}\beta U_{ac}^{1/2}

    Elle tend vers 0 lorsque U_{ac} \to 0^+. La courbe admet donc une demi-tangente horizontale à l'origine, assurant le raccordement dérivable \mathcal{C}^1 avec le palier à courant nul.

  • Pour U_{ac} > 0, la fonction est strictement croissante et sa dérivée seconde, \frac{\mathrm{d}^2I_a}{\mathrm{d}U_{ac}^2} = \frac{3}{4}\beta U_{ac}^{-1/2} > 0, montre que la courbe est convexe (concavité tournée vers les I_a croissants).
Signaler une erreurSommaire

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : caractéristique courant-tension

Déterminer la valeur telle que .

Voir l'indice

Inverser directement la relation I_a^0 = \beta (U_{ac}^0)^{3/2} avec les valeurs numériques données.

Voir la réponse courte

Inversion U_{ac}^0 = (I_a^0/\beta)^{2/3} et application numérique pour trouver la tension de polarisation correspondante.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, pour une tension anode-cathode positive, la caractéristique de la diode à vide s'écrit :

I_a = \beta U_{ac}^{3/2}

Au point de fonctionnement préconisé (I_a^0, U_{ac}^0), on a donc :

\begin{aligned} I_a^0 = \beta (U_{ac}^0)^{3/2} \iff U_{ac}^0 = \left( \frac{I_a^0}{\beta} \right)^{2/3} \end{aligned}

Avec les valeurs numériques :

  • I_a^0 = 1,2\text{ mA} = 1,2 \times 10^{-3}\text{ A} ;
  • \beta = 2,2 \times 10^{-4}\text{ A}\cdot\text{V}^{-3/2} (valeur déterminée en Q10 et confirmée en partie A.III).

Le calcul donne :

\begin{aligned} U_{ac}^0 = \left( \frac{1,2 \times 10^{-3}}{2,2 \times 10^{-4}} \right)^{2/3} = \left( \frac{60}{11} \right)^{2/3} \approx (5,455)^{2/3} \approx 3,1\text{ V} \end{aligned}
\boxed{U_{ac}^0 = 3,1\text{ V}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

II · Caractéristiques dynamiques de la diode

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de vol, analyse dimensionnelle

Pour , déterminer le temps de vol d'un électron entre la cathode et l'anode. En déduire, par analyse dimensionnelle, une expression et une estimation de la fréquence de coupure de la diode.

Voir l'indice

Écrire \mathrm{d}t = \mathrm{d}r / v(r) puis intégrer entre r_1 et r_2. Estimer ensuite la fréquence maximale utilisable par l'inverse du temps de transit.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de l'électron v(r) = \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t} en fonction de la distance radiale r à l'aide de la loi de potentiel approchée V(r) = U_{ac}^0 \left(\frac{r-r_1}{r_2-r_1}\right)^{2/3}.
  2. Intégrer la relation \mathrm{d}t = \frac{\mathrm{d}r}{v(r)} entre la cathode (r=r_1) et l'anode (r=r_2) pour déterminer le temps de vol \tau.
  3. Utiliser l'analyse dimensionnelle pour relier la fréquence de coupure f_c au temps de vol \tau et calculer son ordre de grandeur.
Voir la réponse courte

Intégration \tau = \int \mathrm{d}r/v(r), puis estimation de la fréquence de coupure dynamique par analyse dimensionnelle f_c \sim 1/\tau.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, la vitesse d'un électron à la distance r de l'axe est reliée au potentiel par :

v(r) = \sqrt{\frac{2e V(r)}{m}}

En utilisant la solution approchée adoptée à la question Q10, V(r) = \alpha (r-r_1)^{2/3}, et sachant que U_{ac}^0 = V(r_2) - V(r_1) = \alpha (r_2-r_1)^{2/3}, le potentiel s'écrit :

V(r) = U_{ac}^0 \left(\frac{r-r_1}{r_2-r_1}\right)^{2/3}

La vitesse de l'électron s'exprime donc sous la forme :

v(r) = v_a \left(\frac{r-r_1}{r_2-r_1}\right)^{1/3} \quad \text{avec} \quad v_a = v(r_2) = \sqrt{\frac{2e U_{ac}^0}{m}}

Comme la trajectoire est purement radiale, v(r) = \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t}, d'où la durée élémentaire \mathrm{d}t = \frac{\mathrm{d}r}{v(r)}. Le temps de vol \tau pour aller de r_1 à r_2 s'obtient par intégration :

\begin{aligned} \tau &= \int_{r_1}^{r_2} \frac{\mathrm{d}r}{v(r)} \\ &= \frac{(r_2-r_1)^{1/3}}{v_a} \int_{r_1}^{r_2} (r-r_1)^{-1/3}\,\mathrm{d}r \\ &= \frac{(r_2-r_1)^{1/3}}{v_a} \left[ \frac{3}{2}(r-r_1)^{2/3} \right]_{r_1}^{r_2} \\ &= \frac{3}{2}\frac{r_2-r_1}{v_a} \end{aligned}

Application numérique :

  • U_{ac}^0 \approx 3,1\text{ V} (d'après la question Q13) ;
  • v_a = \sqrt{\dfrac{2 \times 1,6\times 10^{-19}\times 3,1}{9,1\times 10^{-31}}} \approx 1,04\times 10^6\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • r_2 - r_1 = 5,0\text{ mm} - 2,0\text{ mm} = 3,0\times 10^{-3}\text{ m}.
\tau = \frac{3}{2} \times \frac{3,0\times 10^{-3}}{1,04\times 10^6} \approx 4,3\times 10^{-9}\text{ s}
\boxed{\tau = \frac{3}{2}(r_2-r_1)\sqrt{\frac{m}{2e U_{ac}^0}} \approx 4,3\text{ ns}}

Par analyse dimensionnelle, la seule échelle de temps du problème microscopique étant le temps de transit \tau, une fréquence de coupure s'écrit de manière générale :

\boxed{f_c \sim \frac{1}{\tau}}

(ou f_c \sim \frac{1}{2\pi\tau} si l'on introduit la pulsation de coupure \omega_c \tau \sim 1).

Application numérique :

f_c \sim \frac{1}{4,3\times 10^{-9}\text{ s}} \approx 2,3\times 10^8\text{ Hz} \sim 2\times 10^2\text{ MHz}

(ou \frac{1}{2\pi\tau} \approx 37\text{ MHz}, soit un ordre de grandeur de quelques dizaines à quelques centaines de mégahertz).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résistance dynamique

Exprimer la résistance dynamique de la diode en fonction de et . Faire l'application numérique pour la valeur de .

Voir l'indice

Dériver l'expression de I_a par rapport à U_{ac} pour obtenir la conductance dynamique, puis prendre son inverse au point de fonctionnement.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conductance dynamique g_d = \frac{1}{r_d} = \frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}} à partir de la loi caractéristique I_a(U_{ac}) = \beta U_{ac}^{3/2} établie à la question Q10.
  2. Exprimer U_{ac} en fonction de I_a et \beta pour éliminer la tension et obtenir r_d en fonction de \beta et I_a uniquement.
  3. Réaliser l'application numérique au point de fonctionnement I_a^0 = 1,2\text{ mA}.
Voir la réponse courte

Définition r_d = (\mathrm{d}I_a/\mathrm{d}U_{ac})^{-1} = \frac{2}{3} \frac{U_{ac}^0}{I_a^0} et application numérique.

Voir le corrigé complet

D'après la loi caractéristique obtenue à la question Q10, pour un fonctionnement passant (U_{ac} > 0) :

I_a = \beta U_{ac}^{3/2}

Une petite variation \delta u autour du point de fonctionnement engendre une variation de courant \delta i, reliées à l'ordre 1 par :

\delta i = \left(\frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}}\right) \delta u

Par définition, la résistance dynamique r_d s'écrit donc :

r_d = \frac{\delta u}{\delta i} = \left(\frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}}\right)^{-1}

En dérivant la relation caractéristique par rapport à U_{ac} :

\frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}} = \frac{3}{2}\beta U_{ac}^{1/2}

Or, U_{ac} = \left(\frac{I_a}{\beta}\right)^{2/3}, d'où U_{ac}^{1/2} = \left(\frac{I_a}{\beta}\right)^{1/3}. On en déduit :

\frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}} = \frac{3}{2}\beta \left(\frac{I_a}{\beta}\right)^{1/3} = \frac{3}{2}\beta^{2/3} I_a^{1/3}

On en déduit l'expression de la résistance dynamique r_d :

\boxed{r_d = \frac{2}{3} \beta^{-2/3} I_a^{-1/3}}

On remarque que cette expression peut également s'écrire r_d = \frac{2}{3}\frac{U_{ac}}{I_a} = \frac{2}{3} R_s, où R_s = \frac{U_{ac}}{I_a} est la résistance statique de la diode au point considéré.

Application numérique : Avec \beta = 2,2\times 10^{-4}\text{ A}\cdot\text{V}^{-3/2} et I_a^0 = 1,2\times 10^{-3}\text{ A} :

\begin{aligned} r_d &= \frac{2}{3} \left(2,2\times 10^{-4}\right)^{-2/3} \left(1,2\times 10^{-3}\right)^{-1/3} \\ r_d &\approx \frac{2}{3} \times \frac{3,10}{1,2\times 10^{-3}} \approx 1,7\times 10^3\ \Omega \end{aligned}
\boxed{r_d \approx 1,7\text{ k}\Omega}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III · Polarisation de la diode

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : droite de charge, loi des mailles

Écrire la relation entre et , appelée droite de charge, imposée dans la maille où la diode se trouve.

Voir l'indice

Appliquer la loi des mailles dans le circuit comprenant la source de tension V_{cc}, la résistance R_a et la diode.

Voir la stratégie

Appliquer la loi des mailles au circuit de polarisation (figure 4) en respectant les conventions de fléchage des tensions et du courant.

Voir la réponse courte

Loi des mailles dans le circuit d'anode : I_a = \frac{E - U_{ac}}{R_a}.

Voir le corrigé complet

Considérons la maille unique du circuit représenté sur la figure 4. En choisissant le potentiel de référence nul au niveau du potentiel de la cathode (branche inférieure), le générateur impose une tension continue V_{cc} au sommet du montage.

Le courant anodique I_a traverse la résistance de charge R_a du haut vers le bas (en entrant par l'anode du tube). En convention récepteur pour la résistance, la tension à ses bornes s'écrit U_{R_a} = R_a I_a.

La loi des mailles (ou l'additivité des tensions) s'écrit alors :

V_{cc} = R_a I_a + U_{ac}

On en déduit l'expression de la droite de charge reliant I_a à U_{ac} :

\boxed{I_a = \frac{V_{cc} - U_{ac}}{R_a}}

ou, sous forme affine pour la tension :

\boxed{U_{ac} = V_{cc} - R_a I_a}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : point de fonctionnement

Déterminer la valeur de pour avoir .

Voir l'indice

Utiliser la droite de charge en y injectant les coordonnées du point de fonctionnement désiré (I_a^0, U_{ac}^0).

Voir la réponse courte

Calcul de la résistance d'anode par R_a = (E - U_{ac}^0)/I_a^0.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de la droite de charge établie à la question Q16 :

V_{cc} = U_{ac} + R_a I_a

Au point de repos souhaité, les grandeurs électriques prennent les valeurs (I_a^0, U_{ac}^0). On en déduit l'expression de la résistance R_a :

R_a = \frac{V_{cc} - U_{ac}^0}{I_a^0}

D'après la question Q13, la tension anode-cathode au point de repos vaut U_{ac}^0 \approx 3,1\text{ V} pour I_a^0 = 1,2\text{ mA}. Avec V_{cc} = 10\text{ V}, l'application numérique donne :

R_a = \frac{10 - 3,1}{1,2 \times 10^{-3}} \approx 5{,}75 \times 10^3\ \Omega
\boxed{R_a \approx 5{,}8\text{ k}\Omega}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : droite de charge, point de fonctionnement

Reproduire sur la copie la figure 5, puis y reporter la droite de charge de la question Q16, ainsi que la caractéristique de la diode. Ajouter également sur celle-ci les grandeurs précédemment introduites et (relative à ). Indiquer aussi la signification de la pente de la caractéristique de la diode au point de fonctionnement.

Voir l'indice

Tracer l'intersection entre la caractéristique non linéaire de la diode et la droite de charge de pente négative -1/R_a, puis faire apparaître graphiquement la pente 1/r_d au point de repos.

Voir la stratégie
  1. Tracer la caractéristique directe de la diode à vide I_a = \beta U_{ac}^{3/2} (nulle pour U_{ac} \le 0) et la droite de charge d'équation I_a = \frac{V_{cc} - U_{ac}}{R_a}.
  2. Identifier leur intersection qui définit le point de repos (U_{ac}^0, I_a^0).
  3. Reporter les variations \delta u et \delta i autour de ce point de fonctionnement et interpréter la pente de la tangente.
Voir la réponse courte

Tracé de la caractéristique et de la droite de charge, identification du point de repos (U_{ac}^0, I_a^0) et pente 1/r_d.

Voir le corrigé complet

La droite de charge établie en Q16 s'écrit :

I_a = \frac{V_{cc}}{R_a} - \frac{1}{R_a} U_{ac}

Il s'agit d'une droite de pente négative -1/R_a, qui coupe l'axe des abscisses en U_{ac} = V_{cc} et l'axe des ordonnées en I_a = V_{cc}/R_a.

Le point de fonctionnement (U_{ac}^0, I_a^0) se situe à l'intersection de cette droite de charge et de la caractéristique statique de la diode I_a(U_{ac}) = \beta U_{ac}^{3/2}.

Au point de repos (U_{ac}^0, I_a^0), la pente de la tangente à la caractéristique de la diode vaut :

p = \left( \frac{\mathrm{d}I_a}{\mathrm{d}U_{ac}} \right)_{U_{ac}^0} = \frac{\delta i}{\delta u} = \frac{1}{r_d}
\boxed{\text{La pente de la caractéristique au point de fonctionnement représente la conductance dynamique } g_d = \frac{1}{r_d} \text{ de la diode.}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Partie B : Température des éléments de la triode ECC83 et émission thermoïonique

I · Température du filament

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : résistance d'un conducteur, effet joule

Donner l'expression et calculer la résistance électrique du filament. En déduire la valeur de la puissance électrique reçue par le filament.

Voir l'indice

Exprimer la résistance d'un conducteur cylindrique R_f = L / (\gamma \pi r_f^2) puis en déduire la puissance Joule P_{\text{él}} = U_f^2 / R_f.

Voir la réponse courte

Calcul de R_f = \rho_{el}\ell/S puis de la puissance dissipée par effet Joule P_{\text{él}} = U_f^2/R_f.

Voir le corrigé complet

Le filament est un conducteur cylindrique homogène de longueur L, de rayon r_{\mathrm{f}} et de conductivité électrique \gamma. Sa section droite vaut :

S = \pi r_{\mathrm{f}}^2

D'après la loi de Pouillet (résistance d'un conducteur cylindrique en régime continu), sa résistance électrique s'écrit :

\boxed{ R_{\mathrm{f}} = \frac{L}{\gamma \pi r_{\mathrm{f}}^2} }

Application numérique :

\begin{aligned} R_{\mathrm{f}} &= \frac{4,0 \times 10^{-2}}{8,9 \times 10^6 \times \pi \times (0,20 \times 10^{-3})^2} \approx 3,58 \times 10^{-2}\ \Omega \end{aligned}

Soit, avec deux chiffres significatifs :

\boxed{ R_{\mathrm{f}} = 3,6 \times 10^{-2}\ \Omega = 36\ \mathrm{m\Omega} }

Le filament étant soumis à la tension continue U_{\mathrm{f}}, la puissance électrique reçue (dissipée par effet Joule) s'exprime par :

\boxed{ P_{\text{él}} = \frac{U_{\mathrm{f}}^2}{R_{\mathrm{f}}} = \frac{\gamma \pi r_{\mathrm{f}}^2 U_{\mathrm{f}}^2}{L} }

Application numérique :

\begin{aligned} P_{\text{él}} &= \frac{(1,5)^2}{3,58 \times 10^{-2}} \approx 62,9\ \mathrm{W} \end{aligned}

Soit :

\boxed{ P_{\text{él}} = 63\ \mathrm{W} }

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : mode de transfert thermique, rayonnement thermique

Indiquer quels sont les différents modes de transfert thermique possibles. Préciser, avec justification, celui qui est mis en jeu lors du chauffage de la cathode par le filament.

Voir l'indice

Citer conduction, convection et rayonnement ; le tube étant sous vide, éliminer les modes nécessitant un support matériel.

Voir la réponse courte

Conduction, convection, rayonnement ; dans l'ampoule sous vide, seuls les transferts radiatifs peuvent chauffer la cathode.

Voir le corrigé complet

Il existe trois modes de transfert thermique :

  • la conduction (ou diffusion) thermique : transfert d'énergie de proche en proche au sein de la matière sans déplacement macroscopique de matière ;
  • la convection thermique : transfert d'énergie accompagné d'un déplacement macroscopique de matière, propre aux fluides (liquides ou gaz) ;
  • le rayonnement thermique : transfert d'énergie sous forme d'ondes électromagnétiques (photons), ne nécessitant aucun milieu matériel pour se propager.

Le tube électronique est sous vide : l'espace séparant le filament chauffant de la cathode est dépourvu de milieu matériel. En l'absence de fluide, la convection est impossible ; de même, en l'absence de contact solide continu ou de gaz interstitiel, la conduction thermique dans cet espace est exclue.

Le chauffage de la cathode par le filament est donc assuré par rayonnement thermique.

Signaler une erreurSommaire

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Faisable en MP2I, BCPST1

Notions : flux thermique

Rappeler quelle est la signification de la grandeur .

Voir l'indice

Rappeler que \phi est l'émittance énergétique ou densité surfacique de flux thermique émis par la surface du corps noir.

Voir la réponse courte

Le flux thermique \Phi représente la puissance thermique totale traversant une surface donnée, exprimée en watts.

Voir le corrigé complet

Dans la loi de Stefan-Boltzmann \phi = \sigma T^4 :

  • La grandeur \phi représente la densité surfacique de flux thermique émis (ou émittance énergétique, ou encore exitance) par la surface du corps noir à la température T.
  • Il s'agit de la puissance thermique totale rayonnée par unité d'aire de la surface émettrice, intégrée sur l'ensemble du spectre électromagnétique (toutes les longueurs d'onde) et dans tout le demi-espace vers l'extérieur.
\boxed{\phi \text{ est la densité de flux thermique (ou émittance) émise par rayonnement, en }\mathrm{W\cdot m^{-2}}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en BCPST1

Notions : premier principe de la thermodynamique, loi de stefan-boltzmann

À l'aide d'un bilan énergétique entre et , établir l'équation différentielle régissant l'évolution temporelle de la température du filament (supposée uniforme). On pourra négliger le flux thermique reçu par le filament de la part du milieu extérieur.

Voir l'indice

Écrire le premier principe de la thermodynamique pour le filament entre t et t+\mathrm{d}t en équilibrant la puissance électrique reçue et la puissance rayonnée \sigma T^4 S_f.

Voir la stratégie
  1. Définir le système thermodynamique (le filament) et exprimer sa capacité thermique C à partir de sa masse volumique \mu_{\mathrm{W}}, de son volume et de sa capacité thermique massique c.
  2. Exprimer la variation d'énergie interne \mathrm{d}U entre les instants t et t+\mathrm{d}t, ainsi que les transferts d'énergie (travail électrique reçu et transfert thermique radiatif émis).
  3. Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour en déduire l'équation différentielle satisfaite par T(t).
Voir la réponse courte

Bilan énergétique du premier principe \mathrm{d}U = \delta Q + \delta W : m c \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = P_{\text{él}} - \sigma \varepsilon S T^4.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué par le filament de tungstène entre les instants t et t+\mathrm{d}t. Le filament est modélisé par une phase condensée indilatable et incompressible de température uniforme T(t).

Sa masse s'exprime en fonction de son rayon r_{\mathrm{f}} et de sa longueur L par :

m_{\mathrm{f}} = \mu_{\mathrm{W}} \pi r_{\mathrm{f}}^2 L

Sa capacité thermique est donc :

C = m_{\mathrm{f}} c = \mu_{\mathrm{W}} c \pi r_{\mathrm{f}}^2 L

La variation de son énergie interne entre t et t+\mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}U = C\,\mathrm{d}T = \mu_{\mathrm{W}} c \pi r_{\mathrm{f}}^2 L\,\mathrm{d}T

Pendant cette durée \mathrm{d}t, le filament échange de l'énergie avec l'extérieur :

  • Il reçoit un travail électrique (effet Joule) :

    \delta W = P_{\text{él}}\,\mathrm{d}t
  • Il émet un flux thermique radiatif par sa surface extérieure. Le rayon r_{\mathrm{f}} étant très petit devant la longueur L (r_{\mathrm{f}}/L = 5{,}0\times 10^{-3} \ll 1), la surface d'échange se réduit à sa surface latérale :

    S_{\mathrm{f}} \approx 2\pi r_{\mathrm{f}} L

    D'après la loi de Stefan-Boltzmann et en négligeant le flux reçu du milieu extérieur, le transfert thermique s'écrit :

    \delta Q = - \phi S_{\mathrm{f}}\,\mathrm{d}t = - 2\pi r_{\mathrm{f}} L \sigma T^4\,\mathrm{d}t

D'après le premier principe de la thermodynamique :

\mathrm{d}U = \delta W + \delta Q = \left( P_{\text{él}} - 2\pi r_{\mathrm{f}} L \sigma T^4 \right)\mathrm{d}t

Soit, en divisant par \mathrm{d}t et en explicitant C :

\mu_{\mathrm{W}} c \pi r_{\mathrm{f}}^2 L \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = P_{\text{él}} - 2\pi r_{\mathrm{f}} L \sigma T^4

Ce qui conduit à l'équation différentielle :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + \frac{2\sigma}{\mu_{\mathrm{W}} c r_{\mathrm{f}}} T^4 = \frac{P_{\text{él}}}{\mu_{\mathrm{W}} c \pi r_{\mathrm{f}}^2 L}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de stefan-boltzmann, équilibre thermique

En déduire l'expression et la valeur numérique de la température d'équilibre du filament en régime stationnaire.

Voir l'indice

Annuler la dérivée temporelle de la température pour obtenir la température stationnaire T_{\text{éq}}.

Voir la réponse courte

En régime stationnaire, annulation de la dérivée : T_{\text{éq}} = (P_{\text{él}} / (\sigma \varepsilon S))^{1/4}, puis calcul numérique.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, la température du filament est constante au cours du temps, soit :

\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = 0

L'équation différentielle établie à la question Q22 se réduit alors à l'équilibre entre la puissance électrique reçue et la puissance rayonnée :

P_{\text{él}} = S_{\mathrm{f}} \sigma T_{\text{éq}}^4 = 2\pi r_{\mathrm{f}} L \sigma T_{\text{éq}}^4

On en déduit l'expression de la température d'équilibre T_{\text{éq}} :

T_{\text{éq}} = \left( \frac{P_{\text{él}}}{2\pi r_{\mathrm{f}} L \sigma} \right)^{1/4}

En remplaçant la puissance électrique P_{\text{él}} = \dfrac{U_{\mathrm{f}}^2}{R_{\mathrm{f}}} = \dfrac{\pi \gamma r_{\mathrm{f}}^2 U_{\mathrm{f}}^2}{L} par son expression obtenue à la question Q19, on obtient :

T_{\text{éq}}^4 = \frac{\gamma r_{\mathrm{f}} U_{\mathrm{f}}^2}{2 \sigma L^2}

soit finalement :

\boxed{T_{\text{éq}} = \left( \frac{\gamma r_{\mathrm{f}} U_{\mathrm{f}}^2}{2 \sigma L^2} \right)^{1/4}}

Application numérique : Avec les valeurs numériques fournies :

  • \gamma = 8{,}9 \times 10^6\ \mathrm{S\cdot m^{-1}} ;
  • r_{\mathrm{f}} = 0{,}20\ \mathrm{mm} = 2{,}0 \times 10^{-4}\ \mathrm{m} ;
  • U_{\mathrm{f}} = 1{,}5\ \mathrm{V} ;
  • \sigma = 5{,}7 \times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}\cdot K^{-4}} ;
  • L = 4{,}0\ \mathrm{cm} = 4{,}0 \times 10^{-2}\ \mathrm{m}.

Le calcul donne :

\begin{aligned} T_{\text{éq}}^4 &= \frac{8{,}9 \times 10^6 \times 2{,}0 \times 10^{-4} \times (1{,}5)^2}{2 \times 5{,}7 \times 10^{-8} \times (4{,}0 \times 10^{-2})^2} \\ &= \frac{4005}{1{,}824 \times 10^{-10}} \approx 2{,}20 \times 10^{13}\ \mathrm{K^4} \end{aligned}

D'où :

\boxed{T_{\text{éq}} \approx 2{,}2 \times 10^3\ \mathrm{K}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : temps caractéristique

Évaluer l'ordre de grandeur du temps nécessaire pour que le filament atteigne la température qui permet une émission thermoïonique stabilisée (les grandeurs , , et pourront être supposées indépendantes de la température pour l'évaluation de cet ordre de grandeur). Commenter dans le cadre d'un amplificateur audio à tubes (figure 1b).

Voir l'indice

Estimer l'ordre de grandeur du temps de chauffage par le rapport entre l'énergie interne à stocker C T_{\text{éq}} et la puissance fournie P_{\text{él}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie thermique totale nécessaire pour amener le filament de la température ambiante T_0 à sa température d'équilibre T_{\text{éq}} : \Delta U = C(T_{\text{éq}} - T_0) \approx C T_{\text{éq}}, où C = \mu_{\mathrm{W}} c \pi r_{\mathrm{f}}^2 L est la capacité thermique du filament.
  2. En déduire l'ordre de grandeur du temps de chauffage t_{\text{ch}} à partir de la puissance électrique injectée P_{\text{él}} (ou du temps caractéristique de relaxation thermique de l'équation différentielle).
  3. Commenter le résultat obtenu au regard de l'utilisation pratique d'un amplificateur audio à tubes (délai de préchauffage nécessaire à l'allumage).
Voir la réponse courte

Estimation de \tau \sim m c T_{\text{éq}}/P_{\text{él}} de l'ordre de quelques secondes, justifiant le temps de chauffe des amplificateurs à tubes.

Voir le corrigé complet

La capacité thermique du filament s'écrit :

C = m_{\mathrm{f}} c = \mu_{\mathrm{W}} (\pi r_{\mathrm{f}}^2 L) c

Numériquement :

C = 1{,}9\times 10^4 \times \pi \times (0{,}20\times 10^{-3})^2 \times (4{,}0\times 10^{-2}) \times 1{,}3\times 10^2 \approx 1{,}24\times 10^{-2}\ \mathrm{J\cdot K^{-1}}

L'élévation de température du filament de la température ambiante T_0 \approx 300\ \mathrm{K} jusqu'à la température d'équilibre T_{\text{éq}} \approx 2{,}2\times 10^3\ \mathrm{K} requiert une variation d'énergie interne :

\Delta U = C (T_{\text{éq}} - T_0) \approx C T_{\text{éq}} \approx 1{,}24\times 10^{-2} \times 2{,}2\times 10^3 \approx 27\ \mathrm{J}

La puissance électrique injectée étant P_{\text{él}} \approx 63\ \mathrm{W} et les pertes radiatives étant nulles à l'instant initial pour croître jusqu'à compenser P_{\text{él}} à l'équilibre, le temps de mise en température est de l'ordre de :

t_{\text{ch}} \sim \frac{C T_{\text{éq}}}{P_{\text{él}}} = \frac{27}{63} \approx 0{,}4\ \mathrm{s}

Une analyse du temps caractéristique de l'équation différentielle linéarisée au voisinage de T_{\text{éq}} donne de même :

\tau_{\text{th}} = \frac{C T_{\text{éq}}}{4 P_{\text{él}}} \approx 0{,}1\ \mathrm{s}

L'ordre de grandeur du temps de chauffage du filament seul est donc de l'ordre d'une fraction de seconde à la seconde :

\boxed{t_{\text{ch}} \sim 1\ \mathrm{s}}

Commentaire dans le cadre d'un amplificateur audio à tubes : Contrairement aux amplificateurs à transistors qui sont opérationnels quasi-instantanément, un équipement audio à tubes nécessite une phase de préchauffage à l'allumage. Bien que le filament atteigne sa température de fonctionnement en environ une seconde, le transfert thermique par rayonnement vers la cathode environnante (qui possède une masse et une capacité thermique plus grandes) requiert un délai supplémentaire pour stabiliser l'émission thermoïonique (typiquement de quelques secondes à plusieurs dizaines de secondes). C'est pourquoi le son n'est émis qu'après une phase de montée en température caractéristique des appareils à tubes.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en BCPST1

Notions : loi de wien

Déterminer la couleur du filament lorsqu'il est chaud.

Voir l'indice

Appliquer la loi de déplacement de Wien pour calculer la longueur d'onde de rayonnement maximal et la situer par rapport au spectre visible.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la loi de déplacement de Wien pour calculer la longueur d'onde \lambda_{\max} correspondant au maximum d'émission spectrale du filament à la température T_{\text{éq}} \approx 2{,}2 \times 10^3\ \mathrm{K}.
  2. Situer \lambda_{\max} par rapport au domaine du spectre visible ([400\ \mathrm{nm},\, 750\ \mathrm{nm}]) et en déduire la répartition de l'intensité lumineuse émise dans le visible, afin d'identifier la couleur perçue.
Voir la réponse courte

Loi de Wien \lambda_{\max} T_{\text{éq}} = 2,9\cdot 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{K} : le maximum est dans le proche IR, le filament apparaît rouge/orangé.

Voir le corrigé complet

D'après le formulaire, la loi de déplacement de Wien s'écrit :

\lambda_{\max} T_{\text{éq}} = 2{,}9\ \mathrm{mm\cdot K}

À la température d'équilibre T_{\text{éq}} \approx 2{,}2 \times 10^3\ \mathrm{K} obtenue à la question Q23, la longueur d'onde au sommet du spectre d'émission vaut :

\begin{aligned} \lambda_{\max} &= \frac{2{,}9 \times 10^{-3}}{2{,}16 \times 10^3} \approx 1{,}3 \times 10^{-6}\ \mathrm{m} = 1{,}3\ \mu\mathrm{m} \end{aligned}

Cette longueur d'onde se situe dans le domaine du proche infrarouge (\lambda_{\max} > 750\ \mathrm{nm}).

Puisque le spectre d'émission du corps noir est une fonction strictement croissante de la longueur d'onde pour \lambda < \lambda_{\max}, l'émittance spectrale dans le domaine visible (\lambda \in [400\ \mathrm{nm},\, 750\ \mathrm{nm}]) est d'autant plus intense que la longueur d'onde est grande : le rouge et l'orange sont très prédominants par rapport au bleu et au vert.

Le filament présente donc une teinte chaude :

\boxed{\text{Le filament apparaît rouge-orangé (ou orange).}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

II · Température de la cathode et émission thermoïonique

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : travail d'extraction

Expliquer pourquoi la constante de Planck est susceptible d'intervenir dans l'expression de , en plus de , et de la constante de Boltzmann .

Voir l'indice

L'émission met en jeu des électrons confinés dans un puits de potentiel métallique, système microscopique qui relève de la mécanique quantique et de la statistique de Fermi.

Voir la réponse courte

L'émission thermoïonique fait intervenir la statistique quantique des électrons dans le métal et la constante de Planck via la densité d'états.

Voir le corrigé complet

L'émission thermoïonique est un phénomène de transport microscopique d'électrons hors du métal :

  • À l'échelle microscopique, les électrons de conduction du métal sont des fermions de spin 1/2, régis par la physique quantique et soumis au principe d'exclusion de Pauli.
  • La distribution statistique de ces électrons suit la statistique de Fermi-Dirac, dans laquelle le dénombrement des états quantiques accessibles fait intervenir le volume d'une cellule élémentaire de l'espace des phases, égal à h^3 (ou une densité d'états proportionnelle à h^{-3}).
  • Le calcul microscopique du flux d'électrons possédant une énergie cinétique suffisante pour franchir la barrière de potentiel W nécessite donc d'intégrer sur cette densité d'états quantiques.

Ainsi, la constante de Planck h, constante fondamentale de la physique quantique régissant la quantification des états et la densité d'états dans l'espace des phases, intervient nécessairement dans le préfacteur A.

Signaler une erreurSommaire

Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, MP2I, BCPST1

Notions : analyse dimensionnelle, constante de richardson

Établir, à l'aide d'une analyse dimensionnelle, une expression de en fonction de , , et , à un facteur numérique sans dimension près (dont on admettra la valeur de ici). Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Poser A \propto m^\alpha e^\beta k_B^\gamma h^\delta et écrire le système d'équations sur les dimensions de masse, longueur, temps, intensité et température.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la dimension de la constante A à partir de la loi de Richardson j = A\,T^2 \exp\left(-\frac{W}{k_B T}\right), en rappelant que la densité de courant électrique j a pour dimension celle d'une intensité par unité de surface ([j] = \mathrm{I\cdot L^{-2}}).
  2. Exprimer les dimensions des grandeurs m, e, k_B et h dans le système international de dimensions (\mathrm{M}, \mathrm{L}, \mathrm{T}, \mathrm{I}, \Theta).
  3. Poser une relation sous la forme A = 4\pi\, m^\alpha e^\beta k_B^\gamma h^\delta et résoudre le système linéaire issu de l'identification des exposants pour en déduire l'expression littérale et la valeur numérique de A.
Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle sur [j] = \text{A}\cdot\text{m}^{-2} avec m, e, k_B, h, aboutissant à A = 4\pi m e k_B^2 / h^3.

Voir le corrigé complet

Dans la loi de Richardson, l'argument de l'exponentielle est sans dimension, de sorte que :

[j] = [A]\,[T]^2 \implies [A] = \frac{[j]}{[T]^2} = \mathrm{I\cdot L^{-2}\cdot \Theta^{-2}}

où \mathrm{I} désigne la dimension d'intensité électrique, \mathrm{L} la longueur et \Theta la température thermodynamique.

Exprimons les dimensions fondamentales des grandeurs microscopiques considérées :

  • Masse de l'électron : [m] = \mathrm{M} ;
  • Charge élémentaire : [e] = \mathrm{I\cdot T} ;
  • Constante de Boltzmann : k_B T est une énergie ([E] = \mathrm{M\cdot L^2\cdot T^{-2}}), d'où [k_B] = \mathrm{M\cdot L^2\cdot T^{-2}\cdot \Theta^{-1}} ;
  • Constante de Planck : h\nu est une énergie avec [\nu] = \mathrm{T^{-1}}, d'où [h] = \mathrm{M\cdot L^2\cdot T^{-1}}.

On cherche une expression de la forme A = 4\pi\, m^\alpha e^\beta k_B^\gamma h^\delta. L'analyse dimensionnelle se traduit par :

\begin{aligned} [A] &= [m]^\alpha [e]^\beta [k_B]^\gamma [h]^\delta \\ \mathrm{I\cdot L^{-2}\cdot \Theta^{-2}} &= \mathrm{M}^{\alpha+\gamma+\delta} \cdot \mathrm{L}^{2\gamma+2\delta} \cdot \mathrm{T}^{\beta-2\gamma-\delta} \cdot \mathrm{I}^\beta \cdot \Theta^{-\gamma} \end{aligned}

Par identification des exposants dimension par dimension :

\begin{aligned} \text{sur } \Theta &: -\gamma = -2 \implies \gamma = 2 \\ \text{sur } \mathrm{I} &: \beta = 1 \\ \text{sur } \mathrm{L} &: 2\gamma + 2\delta = -2 \implies 4 + 2\delta = -2 \implies \delta = -3 \\ \text{sur } \mathrm{M} &: \alpha + \gamma + \delta = 0 \implies \alpha + 2 - 3 = 0 \implies \alpha = 1 \end{aligned}

On vérifie la cohérence sur la dimension temporelle \mathrm{T} : \beta - 2\gamma - \delta = 1 - 4 - (-3) = 0, ce qui est bien vérifié.

On en déduit l'expression de la constante de Richardson A :

\boxed{A = \frac{4\pi\, m\, e\, k_B^2}{h^3}}

Application numérique : Avec les valeurs de l'énoncé :

\begin{aligned} A &= \frac{4\pi \times (9{,}1 \times 10^{-31}\ \mathrm{kg}) \times (1{,}6 \times 10^{-19}\ \mathrm{C}) \times (1{,}4 \times 10^{-23}\ \mathrm{J\cdot K^{-1}})^2}{(6{,}6 \times 10^{-34}\ \mathrm{J\cdot s})^3} \\ A &\approx 1{,}2 \times 10^6\ \mathrm{A\cdot m^{-2}\cdot K^{-2}} \end{aligned}
\boxed{A \approx 1{,}2 \times 10^6\ \mathrm{A\cdot m^{-2}\cdot K^{-2}}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en BCPST1

Notions : équilibre radiatif

En supposant que la cathode reçoit la totalité de la puissance émise par le filament, et en négligeant toute autre forme de transfert thermique reçu, déterminer la température de la cathode.

Voir l'indice

Égaliser la puissance émise par le filament à la puissance totale réémise par rayonnement par la surface externe de la cathode S_c = 2\pi r_1 H.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan de puissance sur la cathode en régime stationnaire en égalant la puissance reçue (intégralité de la puissance émise par le filament, soit P_{\text{él}}) à la puissance thermique rayonnée vers l'extérieur.
  2. Exprimer la puissance rayonnée par la cathode à l'aide de la loi de Stefan-Boltzmann appliquée à sa surface extérieure cylindrique S_c = 2\pi r_1 H.
  3. En déduire l'expression littérale de T_c puis effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Bilan radiatif stationnaire entre la puissance reçue du filament et la puissance réémise par la cathode pour déduire T_c.

Voir le corrigé complet

Considérons la cathode en régime stationnaire. Par hypothèse de l'énoncé :

  • la cathode reçoit la totalité de la puissance rayonnée par le filament, elle-même égale en régime stationnaire à la puissance électrique dissipée dans le filament (établie aux questions Q19 et Q23), soit P_{\text{él}} = \dfrac{U_{\mathrm{f}}^2}{R_{\mathrm{f}}} = \sigma T_{\text{éq}}^4 S_{\mathrm{f}} ;
  • tout autre transfert thermique reçu est négligé.

La cathode évacue cette puissance par rayonnement thermique depuis sa surface latérale externe vers le reste du tube. Cette surface externe est un cylindre de rayon r_1 et de hauteur H, d'aire :

S_c = 2\pi r_1 H

En assimilant la cathode à un corps noir à la température uniforme T_c, la puissance totale rayonnée vers l'extérieur s'écrit selon la loi de Stefan-Boltzmann :

P_{\text{ray}} = \sigma T_c^4 S_c = 2\pi \sigma r_1 H T_c^4

À l'équilibre stationnaire, la conservation de l'énergie impose P_{\text{ray}} = P_{\text{él}}, ce qui conduit à :

2\pi \sigma r_1 H T_c^4 = P_{\text{él}}

soit encore, en reliant directement T_c à la température d'équilibre du filament T_{\text{éq}} :

T_c = T_{\text{éq}} \left(\frac{S_{\mathrm{f}}}{S_c}\right)^{1/4} = T_{\text{éq}} \left(\frac{r_{\mathrm{f}} L}{r_1 H}\right)^{1/4}

D'où l'expression de la température de la cathode :

\boxed{T_c = \left(\frac{P_{\text{él}}}{2\pi \sigma r_1 H}\right)^{1/4} = \left(\frac{\gamma r_{\mathrm{f}}^2 U_{\mathrm{f}}^2}{2\sigma r_1 H L}\right)^{1/4}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • P_{\text{él}} \approx 62{,}5\ \mathrm{W} ;
  • r_1 = 2{,}0\times 10^{-3}\ \mathrm{m} et H = 45\times 10^{-3}\ \mathrm{m}, d'où S_c = 2\pi \times 2{,}0\times 10^{-3} \times 45\times 10^{-3} \approx 5{,}65\times 10^{-4}\ \mathrm{m}^2 ;
  • \sigma = 5{,}7\times 10^{-8}\ \mathrm{W\cdot m^{-2}\cdot K^{-4}}.
\begin{aligned} T_c &= \left(\frac{62{,}5}{5{,}7\times 10^{-8} \times 5{,}65\times 10^{-4}}\right)^{1/4} = \left(1{,}94\times 10^{12}\right)^{1/4} \approx 1{,}18\times 10^3\ \mathrm{K} \end{aligned}
\boxed{T_c \approx 1{,}2\times 10^3\ \mathrm{K} \quad (\text{soit environ } 910\ ^\circ\mathrm{C})}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : émission thermoïonique, loi de richardson

Calculer l'intensité électrique émise par la cathode côté filament et l'intensité électrique émise par la cathode côté anode. Comparer à l'intensité optimale de fonctionnement . Commenter.

Voir l'indice

Calculer les densités de courant de Richardson pour le nickel côté intérieur et le baryum côté extérieur en utilisant les travaux de sortie respectifs, puis multiplier par les surfaces correspondantes.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les densités de courant thermoïonique j_{\text{th-F}} et j_{\text{th-A}} à l'aide de la loi de Richardson, en utilisant la température T_c déterminée à la question Q28 et les travaux de sortie respectifs W_{\mathrm{Ni}} et W_{\mathrm{BaO}}.
  2. En déduire les intensités totales émises I_{\text{th}} = j\,S_c à travers les surfaces de la cathode cylindrique (S_c = 2\pi r_1 H).
  3. Comparer le courant émis côté anode au courant de repos I_a^0 et interpréter le régime de fonctionnement du tube.
Voir la réponse courte

Calcul des courants d'émission thermoïonique ; I_{\text{th-A}} \gg I_a^0, montrant que la diode fonctionne sous régime de charge d'espace.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Richardson, la densité de courant émise par une surface métallique à la température T_c est :

j = A T_c^2 \exp\left(-\frac{W}{k_B T_c}\right)

La cathode cylindrique présente une surface émettrice latérale S_c = 2\pi r_1 H = 2\pi \times 2{,}0\times 10^{-3} \times 45\times 10^{-3} \approx 5{,}65\times 10^{-4}\text{ m}^2.

L'énergie thermique à la température T_c \approx 1{,}18\times 10^3\text{ K} vaut :

k_B T_c = 1{,}4\times 10^{-23} \times 1{,}18\times 10^3 \approx 1{,}65\times 10^{-20}\text{ J} \approx 0{,}103\text{ eV}

1. Émission côté filament (face interne en nickel, W_{\mathrm{Ni}} = 4{,}6\text{ eV}) Le rapport énergétique vaut :

\frac{W_{\mathrm{Ni}}}{k_B T_c} = \frac{4{,}6 \times 1{,}6\times 10^{-19}}{1{,}65\times 10^{-20}} \approx 44{,}6

La densité de courant d'émission est alors :

j_{\text{th-F}} = 1{,}2\times 10^6 \times (1{,}18\times 10^3)^2 \exp(-44{,}6) \approx 7{,}0\times 10^{-8}\text{ A}\cdot\text{m}^{-2}

L'intensité émise vers l'intérieur (côté filament) est donc :

I_{\text{th-F}} = j_{\text{th-F}} S_c \approx 7{,}0\times 10^{-8} \times 5{,}65\times 10^{-4} \approx 4{,}0\times 10^{-11}\text{ A}
\boxed{I_{\text{th-F}} \approx 4\times 10^{-11}\text{ A} = 40\text{ pA} \approx 0}

2. Émission côté anode (face externe recouverte de BaO, W_{\mathrm{BaO}} = 2{,}0\text{ eV}) Le rapport énergétique devient :

\frac{W_{\mathrm{BaO}}}{k_B T_c} = \frac{2{,}0 \times 1{,}6\times 10^{-19}}{1{,}65\times 10^{-20}} \approx 19{,}4

La densité de courant d'émission vaut :

j_{\text{th-A}} = 1{,}2\times 10^6 \times (1{,}18\times 10^3)^2 \exp(-19{,}4) \approx 6{,}3\times 10^3\text{ A}\cdot\text{m}^{-2}

L'intensité totale maximale émise (courant de saturation thermoïonique) est ainsi :

I_{\text{th-A}} = j_{\text{th-A}} S_c \approx 6{,}3\times 10^3 \times 5{,}65\times 10^{-4} \approx 3{,}6\text{ A}
\boxed{I_{\text{th-A}} \approx 3{,}6\text{ A}}

3. Comparaison et commentaire On constate que :

I_{\text{th-A}} \gg I_a^0 = 1{,}2\text{ mA} \quad \left(\frac{I_{\text{th-A}}}{I_a^0} \approx 3\times 10^3\right)

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : saturation du courant, diode à vide

Reprendre le tracé de la caractéristique de la question Q12 en tenant compte de ce qui précède et en justifiant.

Voir l'indice

Montrer que le courant anodique ne peut pas dépasser le courant thermoïonique disponible I_{\text{th-A}}, ce qui induit un palier de saturation à haute tension.

Voir la stratégie
  1. Identifier les différents régimes de conduction à partir des résultats des questions Q10, Q11 et Q29.
  2. Exprimer la condition de raccordement entre le régime limité par la charge d'espace et le régime de saturation thermoïonique.
  3. Tracer l'allure complète de la caractéristique I_a(U_{ac}) en précisant les grandeurs remarquables (I_{\text{th-A}} et la tension de saturation correspondante).
Voir la réponse courte

La caractéristique suit la loi en U_{ac}^{3/2} puis plafonne à la valeur du courant thermoïonique de saturation I_{\text{th-A}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude précédente, le comportement réel de la diode à vide fait intervenir la limite imposée par l'émission thermoïonique de la cathode :

  • Polarisation inverse (U_{ac} < 0) : le champ électrique repousse les électrons vers la cathode. La cathode n'étant pas une anode collectrice et l'anode froide n'émettant aucun électron, la diode est bloquée :

    I_a = 0
  • Régime de charge d'espace (0 < U_{ac} < U_{\text{sat}}) : pour des tensions modérées, le courant est limité par l'effet d'écran créé par le nuage électronique entre les électrodes. C'est le domaine de validité de la loi de Child-Langmuir établie à la question Q10 :

    I_a = \beta U_{ac}^{3/2}
  • Régime de saturation thermoïonique (U_{ac} \ge U_{\text{sat}}) : le champ électrique devient suffisamment intense pour capter la totalité des électrons émis par la cathode côté anode. Le courant ne dépend plus de la tension appliquée mais uniquement de la température de la cathode par la loi de Richardson (question Q29). Il atteint le courant de saturation :

    \boxed{I_a = I_{\text{th-A}} = \text{cte}}

La tension de saturation U_{\text{sat}} marquant la frontière entre ces deux derniers régimes vérifie :

I_{\text{th-A}} = \beta U_{\text{sat}}^{3/2} \implies U_{\text{sat}} = \left(\frac{I_{\text{th-A}}}{\beta}\right)^{2/3}

Avec I_{\text{th-A}} \approx 3{,}6\text{ A} et \beta = 2{,}2\times 10^{-4}\text{ A}\cdot\text{V}^{-3/2}, on obtient U_{\text{sat}} \approx 6{,}5\times 10^2\text{ V}.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Partie C : Amplificateur de tension à triode

I · Montage amplificateur de tension à triode et principe d'analyse

Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : non-linéarité

Donner une raison pour laquelle le principe de superposition ne s'applique pas dans ce circuit.

Voir l'indice

Souligner le caractère non linéaire de la caractéristique de la triode qui interdit d'additionner les réponses de plusieurs générateurs.

Voir la réponse courte

Le montage contient un composant non linéaire (la triode), ce qui empêche d'appliquer le principe de superposition.

Voir le corrigé complet

Le principe de superposition s'applique exclusivement aux circuits constitués de composants linéaires, c'est-à-dire régis par des équations différentielles linéaires liant tensions et courants.

Or, la triode présente une caractéristique courant-tension intrinsèquement non linéaire :

I_a = \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{3/2}

L'exposant 3/2 (non égal à 1) implique que la réponse du tube à la somme de deux signaux n'est pas la somme des réponses individuelles.

\boxed{\text{Le principe de superposition ne s'applique pas car la triode est un composant non linéaire.}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime petit signal

Donner un argument numérique justifiant cette démarche. Préciser de quelle(s) source(s) dépendent respectivement les grandeurs et .

Voir l'indice

Comparer l'amplitude du signal alternatif (quelques centaines de millivolts) à la polarisation continue continue (plusieurs centaines de volts).

Voir la stratégie
  1. Comparer numériquement l'ordre de grandeur de l'amplitude du signal d'entrée v_e(t) aux tensions continues du montage pour justifier l'hypothèse des petits signaux (linéarisation à l'ordre 1).
  2. Identifier, pour chaque composante du signal de sortie V_s(t) = V_s^0 + v_s(t), la ou les sources à l'origine de son existence.
Voir la réponse courte

L'amplitude du signal est petite devant la polarisation (v_e \ll U_{gc}^0) ; V_s^0 dépend de l'alimentation continue, v_s(t) de la source variable.

Voir le corrigé complet

1. Argument numérique justifiant la démarche :

D'après le texte, l'amplitude du signal d'entrée variable v_e(t) est de quelques centaines de millivolts :

v_{e,\max} \sim 0{,}1\text{ à }0{,}5\ \mathrm{V}

La tension continue d'alimentation impose un ordre de grandeur de :

V_{cc} = 3{,}5\times 10^2\ \mathrm{V} = 350\ \mathrm{V}

Ainsi, le rapport d'amplitude vérifie :

\frac{v_{e,\max}}{V_{cc}} \sim \frac{0{,}3}{350} \sim 10^{-3} \ll 1

Le signal variable d'entrée constitue donc une très faible perturbation devant les tensions continues de polarisation. On peut ainsi effectuer un développement limité à l'ordre 1 des caractéristiques de la triode au voisinage du point de fonctionnement fixé par la composante continue : c'est le régime des petits signaux.

2. Dépendance vis-à-vis des sources :

  • La tension continue de polarisation V_s^0 ne dépend que de la source continue d'alimentation V_{cc}.
  • La tension variable v_s(t) est engendrée par la source variable v_e(t) (l'amplification dépendant toutefois des paramètres dynamiques fixés par le point de repos, et donc indirectement de V_{cc}).
\boxed{ \frac{v_{e,\max}}{V_{cc}} \sim 10^{-3} \ll 1 \quad ; \quad V_s^0 \text{ dépend de } V_{cc} \quad \text{et} \quad v_s(t) \text{ dépend de } v_e(t) }

Résultat

Signaler une erreurSommaire

II · Étape 1 : point de fonctionnement et dimensionnement des résistances Rₐ et R_c

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : condensateur, régime continu

Déterminer le comportement électrique d'un condensateur en régime stationnaire. En déduire la représentation du schéma électrique équivalent du montage de la figure 7 en régime stationnaire.

Voir l'indice

En régime continu permanent, l'impédance d'un condensateur tend vers l'infini : les condensateurs se comportent comme des circuits ouverts.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la relation constitutive d'un condensateur idéal reliant le courant i(t) à la dérivée de la tension u(t) à ses bornes, puis en déduire le courant en régime stationnaire.
  2. Remplacer chaque condensateur du circuit de la figure 7 par son dipôle équivalent (circuit ouvert) et éteindre la source variable v_e(t) pour obtenir le schéma équivalent continu.
Voir la réponse courte

En continu i = C \mathrm{d}u/\mathrm{d}t = 0, les condensateurs se comportent comme des circuits ouverts ; schéma équivalent correspondant.

Voir le corrigé complet

La relation constitutive d'un condensateur parfait de capacité C s'écrit, en convention récepteur :

i(t) = C \frac{\mathrm{d}u(t)}{\mathrm{d}t}

En régime stationnaire (régime continu), toutes les tensions et toutes les charges sont constantes dans le temps, soit :

\frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}t} = 0 \implies i = 0

Un condensateur est donc traversé par un courant rigoureusement nul, quelle que soit la tension continue à ses bornes.

\boxed{\text{En régime stationnaire, un condensateur se comporte comme un circuit ouvert (interrupteur ouvert).}}

Par conséquent, dans le montage de la figure 7 :

  • la source alternative v_e(t) est déconnectée de la grille car le condensateur de liaison d'entrée C_e se comporte comme un circuit ouvert (de plus, par hypothèse de l'énoncé, la source variable est éteinte : v_e = 0) ;
  • le condensateur de découplage cathodique C_c en parallèle de la résistance de cathode R_c est également un circuit ouvert : aucun courant continu ne traverse cette branche, qui peut être supprimée du schéma.

Le schéma électrique équivalent du montage en régime stationnaire est représenté ci-dessous :

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : grille d'une triode

Montrer alors qualitativement que quelles que soient les valeurs des résistances , et .

Voir l'indice

Constater qu'aucun courant continu ne peut circuler à travers la grille isolée et que celle-ci est portée à un potentiel négatif par rapport à la cathode.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les potentiels de la grille et de la cathode en régime stationnaire d'après le schéma établi à la question précédente.
  2. En déduire le signe de la tension grille-cathode U_{gc} = V_g - V_c et analyser son effet sur la trajectoire des électrons émis par la cathode.
  3. Conclure sur l'absence de capture d'électrons par la grille et sur la nullité du courant I_g.
Voir la réponse courte

La grille polarisée négativement n'attire pas d'électrons et le condensateur bloque le continu, d'où I_g = 0.

Voir le corrigé complet

D'après le schéma équivalent continu obtenu à la question Q33 :

  • La grille est isolée du générateur d'entrée par le condensateur C_e (circuit ouvert) et n'est reliée au reste du montage que par la résistance de fuite R_g connectée à la masse. Le potentiel de la grille est donc :

    V_g = -R_g I_g
  • Le courant issu de l'anode traverse le tube puis la résistance cathodique R_c pour rejoindre la masse. En notant I_k = I_a + I_g le courant traversant R_c, le potentiel de la cathode s'écrit :

    V_c = R_c (I_a + I_g)

Rappelons les propriétés physiques des électrodes :

  • Seule la cathode est chauffée par le filament : la grille, froide, n'est pas le siège d'une émission thermoïonique. Le courant I_g ne peut donc résulter que du captage d'électrons émis par la cathode, ce qui impose I_g \ge 0.
  • Dès lors qu'un courant anodique circule (I_a > 0), la cathode est portée à un potentiel strictement positif (V_c > 0), tandis que la grille est à un potentiel négatif ou nul (V_g \le 0).

La tension grille-cathode est donc négative :

U_{gc} = V_g - V_c < 0

La grille se trouve ainsi à un potentiel électrostatique inférieur à celui de la cathode : elle exerce une force électrostatique répulsive sur les électrons (de charge négative -e) émis par la cathode. Aucun électron ne peut vaincre cette barrière de potentiel pour atteindre la grille.

Le flux d'électrons collectés par la grille est donc rigoureusement nul, ce qui impose :

\boxed{I_g = 0}

Ce résultat est valable quelles que soient les valeurs des résistances R_a, R_g et R_c, dès lors que R_c > 0 et I_a > 0.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : point de fonctionnement, polarisation automatique

Déterminer la valeur de de compatible. En déduire les valeurs à prendre pour et . Expliquer pourquoi la valeur de n'intervient pas ici.

Voir l'indice

Résoudre la relation de la triode pour déterminer U_{gc}^0, puis appliquer la loi des mailles pour exprimer le potentiel de cathode V_c^0 = R_c I_a^0 et celui d'anode.

Voir la stratégie
  1. Utiliser la loi caractéristique de la triode au point de repos pour isoler et calculer la tension grille-cathode U_{gc}^0.
  2. Exprimer le potentiel de cathode V_c^0 et le potentiel de grille V_g^0 en fonction des courants de repos, sachant que I_g = 0. En déduire la résistance de cathode R_c.
  3. Écrire la loi des mailles continue reliant V_{cc}, R_a, U_{ac}^0 et R_c pour en déduire la résistance d'anode R_a.
  4. Justifier l'absence d'influence de R_g par le fait qu'aucun courant continu ne la traverse.
Voir la réponse courte

Comme I_g=0, le potentiel de grille est nul ; calcul de R_c = -U_{gc}^0/I_a^0 puis déduction de R_a par la maille anodique.

Voir le corrigé complet

1. Détermination de U_{gc}^0 :

Au point de repos, le courant anodique est donné par la caractéristique de la triode (pour I_g = 0) :

I_a^0 = \beta' \left(\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0\right)^{\frac{3}{2}}

En inversant cette relation :

\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0 = \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{\frac{2}{3}} \implies U_{gc}^0 = \frac{1}{\mu}\left[\left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{\frac{2}{3}} - U_{ac}^0\right]

Avec I_a^0 = 1{,}2\times 10^{-3}\ \mathrm{A}, \beta' = 3{,}3\times 10^{-6}\ \mathrm{A\cdot V^{-3/2}}, \mu = 100 et U_{ac}^0 = 2{,}5\times 10^2\ \mathrm{V} :

\left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{\frac{2}{3}} = \left(\frac{1{,}2\times 10^{-3}}{3{,}3\times 10^{-6}}\right)^{\frac{2}{3}} = \left(\frac{4000}{11}\right)^{\frac{2}{3}} \approx 50{,}95\ \mathrm{V}

Il vient ainsi :

U_{gc}^0 = \frac{50{,}95 - 250}{100} = -1{,}99\ \mathrm{V}
\boxed{U_{gc}^0 \approx -2{,}0\ \mathrm{V}}

On remarque que U_{gc}^0 < 0, ce qui est parfaitement cohérent avec l'hypothèse d'une grille polarisée en inverse et I_g = 0.

2. Détermination de R_c :

D'après l'étude précédente (Q34), le courant de grille stationnaire est nul (I_g = 0). La résistance R_g n'est traversée par aucun courant, de sorte que le potentiel continu de la grille est nul :

V_g^0 = 0\ \mathrm{V}

Par la loi des nœuds à la cathode en continu, le courant traversant R_c vers la masse est l'intégralité du courant anodique I_k^0 = I_a^0. Le potentiel de la cathode est donc :

V_c^0 = R_c I_a^0

La tension grille-cathode s'écrit alors :

U_{gc}^0 = V_g^0 - V_c^0 = -R_c I_a^0

D'où l'expression de la résistance de cathode (principe de la polarisation automatique par résistance de cathode) :

R_c = -\frac{U_{gc}^0}{I_a^0}

Application numérique :

R_c = \frac{1{,}99\ \mathrm{V}}{1{,}2\times 10^{-3}\ \mathrm{A}} \approx 1{,}66\times 10^3\ \Omega
\boxed{R_c \approx 1{,}7\ \mathrm{k\Omega}}

3. Détermination de R_a :

La loi des mailles le long de la branche principale s'écrit en régime continu :

V_{cc} = R_a I_a^0 + U_{ac}^0 + R_c I_a^0 = R_a I_a^0 + U_{ac}^0 - U_{gc}^0

On en déduit l'expression de R_a :

R_a = \frac{V_{cc} - U_{ac}^0 - R_c I_a^0}{I_a^0} = \frac{V_{cc} - U_{ac}^0 + U_{gc}^0}{I_a^0}

Application numérique avec V_{cc} = 350\ \mathrm{V} :

R_a = \frac{350 - 250 - 1{,}99}{1{,}2\times 10^{-3}} = \frac{98{,}01}{1{,}2\times 10^{-3}} \approx 8{,}17\times 10^4\ \Omega
\boxed{R_a \approx 82\ \mathrm{k\Omega}}

4. Rôle de R_g en régime continu :

Le courant de grille étant rigoureusement nul en régime stationnaire (I_g = 0), la chute de tension aux bornes de R_g est nulle (U_{R_g} = R_g \times 0 = 0) quelle que soit la valeur de cette résistance. La grille est donc fixée au potentiel de référence de la masse (V_g^0 = 0\ \mathrm{V}) indépendamment de R_g. La résistance R_g n'intervient donc pas dans la détermination du point de fonctionnement continu.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : potentiel de repos

Préciser alors la valeur de .

Voir l'indice

Calculer V_s^0 = V_{cc} - R_a I_a^0 au point de fonctionnement statique.

Voir la réponse courte

Le condensateur de liaison de sortie bloque la composante continue : V_s^0 = 0\text{ V}.

Voir le corrigé complet

Le signal de sortie V_s(t) est prélevé à l'anode du tube et référencé par rapport à la masse (figure 7). En régime stationnaire, sa composante continue V_s^0 est donc le potentiel électrostatique continu de l'anode V_a^0.

En appliquant la loi des mailles le long de la branche anodique ou en exprimant le potentiel de l'anode par rapport à celui de la cathode :

V_s^0 = V_a^0 = V_c^0 + U_{ac}^0 = V_{cc} - R_a I_a^0

D'après les résultats de la question Q35, le potentiel continu de la cathode vaut :

V_c^0 = -U_{gc}^0 = R_c I_a^0 \approx 2{,}0\ \mathrm{V}

On en déduit :

V_s^0 = U_{ac}^0 - U_{gc}^0 = 2{,}5\times 10^2 + 2{,}0 = 252\ \mathrm{V}

Compte tenu de la précision des données de l'énoncé (U_{ac}^0 = 2{,}5\times 10^2\ \mathrm{V}) :

\boxed{V_s^0 \approx 252\ \mathrm{V} \approx 2{,}5\times 10^2\ \mathrm{V}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III · Étape 2 : linéarisation du comportement de la triode ECC83

Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : approximation des régimes quasi stationnaires, temps de vol

Donner un argument numérique autorisant à utiliser la caractéristique statique de la triode en régime variable.

Voir l'indice

Comparer la période du signal d'entrée (T = 1/f = 1\text{ ms}) au temps de vol des électrons \tau évalué en partie A pour valider l'approximation des régimes quasi-stationnaires.

Voir la stratégie

Pour pouvoir appliquer une loi statique (ou stationnaire) en régime dépendant du temps, le dispositif doit fonctionner en régime quasi-statique. On compare donc le temps de réponse intrinsèque du tube — ici le temps de vol \tau des électrons entre cathode et anode déterminé à la question Q14 — avec le temps caractéristique d'évolution du signal extérieur, c'est-à-dire sa période T = 1/f.

Voir la réponse courte

Le temps de vol des électrons \tau \sim 1\text{ ns} est négligeable devant la période acoustique (T \sim 1\text{ ms}), validant l'ARQS.

Voir le corrigé complet

Le signal d'entrée v_e(t) a pour fréquence f = 1{,}0\text{ kHz}, ce qui correspond à une période temporelle :

T = \frac{1}{f} = \frac{1}{1{,}0 \times 10^3} = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ s} = 1{,}0\text{ ms}

D'après la question Q14, le temps de transit d'un électron entre la cathode et l'anode est de l'ordre de :

\tau \approx 4{,}3 \times 10^{-9}\text{ s} = 4{,}3\text{ ns}

ce qui correspondait à une fréquence de coupure dynamique f_c \sim \frac{1}{\tau} \approx 2 \times 10^8\text{ Hz} = 200\text{ MHz}.

On constate que :

\frac{\tau}{T} = \frac{f}{f_c} \approx \frac{4{,}3 \times 10^{-9}}{1{,}0 \times 10^{-3}} \approx 4{,}3 \times 10^{-6} \ll 1 \quad (\text{soit } f \ll f_c)
\boxed{\tau \ll T \quad \Longleftrightarrow \quad f \ll f_c}

Pendant la traversée du tube par un électron, les potentiels de grille et d'anode demeurent quasi constants. Le régime est donc quasi-statique, ce qui justifie pleinement l'utilisation de la caractéristique statique I_a(U_{gc}, U_{ac}) à chaque instant.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductance mutuelle, différentielle totale

Montrer que les grandeurs , et sont liées à l'ordre 1 par la relation suivante, où les coefficients et sont à exprimer en fonction de , et :

Voir l'indice

Effectuer un développement de Taylor à l'ordre 1 de la fonction I_a(U_{gc}, U_{ac}) autour du point de repos et identifier les dérivées partielles à g_m et 1/r_a.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité à l'ordre 1 (ou calculer la différentielle totale) de la fonction I_a(U_{gc}, U_{ac}) = \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{3/2} au voisinage du point de repos (U_{gc}^0, U_{ac}^0).
  2. Identifier les dérivées partielles aux coefficients g_m (pente ou transconductance) et \frac{1}{r_a} (conductance interne ou dynamique d'anode).
  3. Exprimer ces coefficients en fonction de \beta', \mu et I_a^0 à l'aide de la relation statique au repos : I_a^0 = \beta' (\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0)^{3/2}.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au premier ordre de I_a(U_{gc}, U_{ac}) au point de repos pour identifier la pente g_m et la résistance r_a.

Voir le corrigé complet

La caractéristique statique de la triode s'écrit :

I_a(U_{gc}, U_{ac}) = \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{3/2}

En introduisant les petites variations u_{gc}, u_{ac} et i_a autour du point de repos (U_{gc}^0, U_{ac}^0, I_a^0), le développement de Taylor de I_a à l'ordre 1 s'écrit :

I_a = I_a(U_{gc}^0 + u_{gc}, U_{ac}^0 + u_{ac}) = I_a^0 + \left( \frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}} \right)_0 u_{gc} + \left( \frac{\partial I_a}{\partial U_{ac}} \right)_0 u_{ac}

Soit, avec i_a = I_a - I_a^0 :

i_a = g_m u_{gc} + \frac{1}{r_a} u_{ac}

en posant par identification :

g_m = \left( \frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}} \right)_0 \quad \text{et} \quad \frac{1}{r_a} = \left( \frac{\partial I_a}{\partial U_{ac}} \right)_0

Calculons les dérivées partielles de la fonction I_a :

\begin{aligned} \frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}} &= \frac{3}{2} \beta' \mu (\mu U_{gc} + U_{ac})^{1/2} \\ \frac{\partial I_a}{\partial U_{ac}} &= \frac{3}{2} \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{1/2} \end{aligned}

Au point de fonctionnement, la relation statique impose :

\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0 = \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{2/3} \implies (\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0)^{1/2} = \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{1/3}

On en déduit l'expression de la transconductance (ou pente) g_m :

g_m = \frac{3}{2} \beta' \mu \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{1/3} = \frac{3}{2} \mu \beta'^{2/3} (I_a^0)^{1/3}

De même, pour la résistance dynamique interne r_a :

\frac{1}{r_a} = \frac{3}{2} \beta' \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{1/3} = \frac{3}{2} \beta'^{2/3} (I_a^0)^{1/3} \implies r_a = \frac{2}{3} \beta'^{-2/3} (I_a^0)^{-1/3}
\boxed{g_m = \frac{3}{2} \mu \beta'^{2/3} (I_a^0)^{1/3} \quad \text{et} \quad r_a = \frac{2}{3} \beta'^{-2/3} (I_a^0)^{-1/3}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur d'amplification

Exprimer la quantité . Commenter.

Voir l'indice

Calculer le produit g_m r_a à partir de leurs définitions et reconnaître le facteur d'amplification théorique \mu de la triode.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit g_m r_a à partir des expressions de g_m et r_a établies à la question Q38.
  2. Commenter le résultat obtenu : dimension, dépendance vis-à-vis du point de polarisation, signification physique dans le cadre de la triode (relation de Barkhausen).
Voir la réponse courte

Le produit g_m r_a = \mu correspond au facteur d'amplification intrinsèque sans dimension de la triode.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q38, les expressions de la transconductance g_m et de la résistance dynamique interne r_a au point de fonctionnement sont :

\begin{aligned} g_m &= \frac{3}{2}\,\mu\,{\beta'}^{2/3} \left(I_a^0\right)^{1/3} \\ \frac{1}{r_a} &= \frac{3}{2}\,{\beta'}^{2/3} \left(I_a^0\right)^{1/3} \implies r_a = \frac{2}{3\,{\beta'}^{2/3} \left(I_a^0\right)^{1/3}} \end{aligned}

En effectuant le produit de ces deux grandeurs, les dépendances en I_a^0 et \beta' se simplifient exactement :

g_m r_a = \left[ \frac{3}{2}\,\mu\,{\beta'}^{2/3} \left(I_a^0\right)^{1/3} \right] \times \left[ \frac{2}{3\,{\beta'}^{2/3} \left(I_a^0\right)^{1/3}} \right] = \mu
\boxed{g_m r_a = \mu}

Commentaires :

  • Indépendance vis-à-vis du point de repos : Le produit g_m r_a est strictement égal au paramètre sans dimension \mu. Il est indépendant de la polarisation du tube (I_a^0, U_{ac}^0, U_{gc}^0) ainsi que du paramètre \beta'. Il ne dépend donc que des caractéristiques géométriques des électrodes du tube (espacements, pas de bobinage de la grille).
  • Facteur d'amplification (relation de Barkhausen) : À courant anodique constant (i_a = 0), la relation différentielle devient g_m u_{gc} + \frac{u_{ac}}{r_a} = 0, soit :

    \left(\frac{\partial U_{ac}}{\partial U_{gc}}\right)_{I_a} = - g_m r_a = -\mu

    \mu représente donc le facteur d'amplification maximal en tension de la triode.

  • Efficacité de la grille : La valeur élevée \mu = 100 \gg 1 confirme que le potentiel de la grille est cent fois plus influent sur la charge d'espace et le courant anodique que le potentiel de l'anode, ce qui confère à la triode son rôle d'amplificateur de tension.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : conductance mutuelle, résistance interne

Calculer les valeurs numériques de et .

Voir l'indice

Calculer numériquement g_m et r_a avec les paramètres \beta', \mu et le courant de repos I_a^0.

Voir la réponse courte

Applications numériques directes de g_m et r_a à partir des formules littérales.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q38, la pente (ou transconductance) g_m s'exprime par :

g_m = \frac{3}{2}\,\mu\,{\beta'}^{2/3}\,(I_a^0)^{1/3} = \frac{3}{2}\,\mu\,\frac{I_a^0}{\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0}

Avec les grandeurs numériques fournies par l'énoncé et établies à la question Q35 :

  • \mu = 100 ;
  • \beta' = 3{,}3 \times 10^{-6}\ \mathrm{A\cdot V^{-3/2}} ;
  • I_a^0 = 1{,}2\ \mathrm{mA} = 1{,}2 \times 10^{-3}\ \mathrm{A} ;
  • \mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0 = \left(\dfrac{I_a^0}{\beta'}\right)^{2/3} \approx 50{,}9\ \mathrm{V}.

On calcule g_m :

\begin{aligned} g_m &= \frac{3}{2} \times 100 \times \frac{1{,}2 \times 10^{-3}}{50{,}9} \\ &\approx 3{,}53 \times 10^{-3}\ \mathrm{A\cdot V^{-1}} \end{aligned}

D'après la relation de Barkhausen établie à la question Q39 (g_m r_a = \mu), la résistance interne r_a vaut :

\begin{aligned} r_a &= \frac{\mu}{g_m} \\ &= \frac{100}{3{,}53 \times 10^{-3}} \\ &\approx 2{,}83 \times 10^{4}\ \Omega \end{aligned}

En ne conservant que deux chiffres significatifs :

\boxed{g_m \approx 3{,}5\ \mathrm{mA\cdot V^{-1}} = 3{,}5\ \mathrm{mS}} \quad \text{et} \quad \boxed{r_a \approx 28\ \mathrm{k\Omega}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

IV · Étape 3 : détermination du gain de l'amplificateur

Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gain en tension, schéma équivalent petit signal

Montrer que et préciser l'expression de l'amplification en tension en fonction de , et . Commenter le signe et calculer cette amplification en décimal et en décibels.

Voir l'indice

Appliquer la loi d'Ohm en sortie u_{ac} = v_s = -R_a i_a et l'égalité d'entrée u_{gc} = v_e pour exprimer v_s en fonction de v_e.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs petits signaux u_{gc} et u_{ac} en fonction de v_e et v_s à l'aide du schéma de la figure 8.
  2. Écrire la loi des nœuds à l'anode pour relier le courant d'anode i_a à la tension de sortie v_s.
  3. Injecter cette relation dans la caractéristique linéarisée issue de la question Q38 pour déterminer A_V, commenter le signe et calculer les valeurs en décimal et en décibels.
Voir la réponse courte

Schéma équivalent petits signaux : v_s = -R_a i_a et u_{gc}=v_e, d'où A_V = -\frac{\mu R_a}{r_a + R_a}, signe négatif (inverseur) et gain en dB.

Voir le corrigé complet

D'après le schéma équivalent en régime variable (figure 8) :

  • la cathode est reliée à la masse dynamique commune (court-circuitée par le condensateur de découplage C_c) ;
  • la grille est portée au potentiel v_e(t) imposé par la source idéale, d'où :

    u_{gc} = v_e
  • la tension de sortie v_s(t) est prise entre l'anode et la masse, tout comme la tension dynamique anode-cathode :

    u_{ac} = v_s

La résistance d'anode R_a est connectée entre l'anode et la masse dynamique (puisque la source V_{cc} impose une variation de potentiel nulle). La loi des nœuds au niveau de l'anode s'écrit donc :

i_a + \frac{v_s}{R_a} = 0 \iff i_a = -\frac{v_s}{R_a}

En reportant ces expressions dans la relation petits signaux issue de la question Q38 :

\begin{aligned} i_a &= g_m u_{gc} + \frac{1}{r_a} u_{ac} \\ -\frac{v_s}{R_a} &= g_m v_e + \frac{v_s}{r_a} \\ v_s \left( \frac{1}{R_a} + \frac{1}{r_a} \right) &= - g_m v_e \end{aligned}

On en déduit bien une relation de proportionnalité v_s = A_V v_e, où l'amplification en tension A_V s'exprime par :

\boxed{A_V = -\frac{g_m}{\dfrac{1}{r_a} + \dfrac{1}{R_a}} = -\frac{g_m r_a R_a}{r_a + R_a} = -\frac{\mu R_a}{r_a + R_a}}

Commentaire sur le signe : Le signe négatif de A_V traduit le caractère inverseur du montage amplificateur : le signal de sortie v_s(t) est en opposition de phase (\Delta \varphi = \pi\ \text{rad}) par rapport au signal d'entrée v_e(t).

Applications numériques : Avec g_m \approx 3{,}5\times 10^{-3}\ \text{S}, r_a \approx 28\ \text{k}\Omega (Q40) et R_a \approx 82\ \text{k}\Omega (Q35) (soit \mu = g_m r_a = 100) :

A_V = -\frac{100 \times 81{,}7\times 10^3}{(28{,}3 + 81{,}7)\times 10^3} \approx -74

En décibels, le gain en tension associé est défini par :

G_{\text{dB}} = 20 \log_{10} |A_V| = 20 \log_{10}(74) \approx 37\ \text{dB}
\boxed{A_V \approx -74 \quad \text{et} \quad G_{\text{dB}} \approx 37\ \text{dB}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : adaptation d'impédance, pont diviseur de tension

En réalité, la source n'est pas idéale et possède une résistance de sortie notée . Préciser, avec justification, comment doit être choisie la valeur de pour ne pas altérer la valeur de .

Voir l'indice

Modéliser l'entrée par un diviseur de tension entre la résistance interne r_e du générateur et la résistance de grille R_g.

Voir la stratégie
  1. Modéliser la source réelle par un modèle de Thévenin (force électromotrice v_e en série avec la résistance interne r_e) connecté à l'entrée du circuit en régime variable (figure 8).
  2. Exprimer la tension grille-cathode u_{gc} réellement transmise à la triode à l'aide d'un pont diviseur de tension, en rappelant que le courant de grille est nul.
  3. En déduire la condition sur R_g pour que l'amplification globale ne soit pas diminuée par la résistance interne de la source.
Voir la réponse courte

Pour que la tension d'entrée ne soit pas atténuée par le diviseur de tension formé avec r_e, il faut choisir R_g \gg r_e.

Voir le corrigé complet

En régime variable, le condensateur de liaison d'entrée C_e se comporte comme un fil. Si la source présente une résistance de sortie r_e, elle constitue avec la résistance de grille R_g un diviseur de tension à l'entrée de l'amplificateur.

Le courant de grille étant nul (i_g = 0, l'impédance d'entrée propre de la triode est infinie), la tension u_{gc} appliquée entre grille et cathode (cette dernière étant mise à la masse dynamique par le condensateur de découplage C_c) vaut :

u_{gc} = \frac{R_g}{R_g + r_e}\, v_e

L'amplification effective du montage avec la source réelle s'écrit donc :

A_V' = \frac{v_s}{v_e} = \frac{v_s}{u_{gc}} \times \frac{u_{gc}}{v_e} = A_V \, \frac{R_g}{R_g + r_e}

Pour ne pas altérer l'amplification en tension, il faut que le signal d'entrée ne soit pas atténué par la résistance interne de la source, soit u_{gc} \approx v_e, ce qui impose la condition d'adaptation en tension :

\boxed{R_g \gg r_e}

Avec r_e = 50\ \Omega, il suffit donc de choisir R_g d'au moins quelques kilo-ohms (typiquement R_g \gtrsim 5\ \mathrm{k\Omega}, et couramment R_g \sim 100\ \mathrm{k\Omega} à 1\ \mathrm{M\Omega} dans les montages audio à triode).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

V · Distorsion harmonique de l'amplificateur

Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement de taylor, non-linéarité

En reprenant le raisonnement effectué à la question Q38, mais à l'ordre 2 en , établir la relation :

Exprimer en fonction de , et . Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Pousser le développement de Taylor de I_a jusqu'à l'ordre 2 par rapport à la variable u_{gc} et isoler la dérivée seconde.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement de Taylor de la caractéristique I_a(U_{gc}, U_{ac}) au voisinage du point de repos (U_{gc}^0, U_{ac}^0), à l'ordre 2 pour la variable u_{gc} et à l'ordre 1 pour u_{ac}.
  2. Calculer la dérivée seconde de I_a par rapport à U_{gc} au point de repos pour identifier \xi.
  3. Exprimer le terme (\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0) en fonction de I_a^0 et \beta' pour obtenir l'expression demandée de \xi.
  4. Réaliser l'application numérique avec les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Calcul du terme de dérivée seconde \xi = \frac{1}{2}\frac{\partial^2 I_a}{\partial U_{gc}^2} dans le développement de Taylor et application numérique.

Voir le corrigé complet

La caractéristique statique de la triode s'écrit :

I_a(U_{gc}, U_{ac}) = \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{3/2}

En posant U_{gc} = U_{gc}^0 + u_{gc} et U_{ac} = U_{ac}^0 + u_{ac}, avec u_{gc} et u_{ac} de petites variations, effectuons un développement limité au voisinage du point de repos (U_{gc}^0, U_{ac}^0) à l'ordre 2 en u_{gc} et à l'ordre 1 en u_{ac} :

I_a = I_a^0 + \left(\frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}}\right)_0 u_{gc} + \frac{1}{2}\left(\frac{\partial^2 I_a}{\partial U_{gc}^2}\right)_0 u_{gc}^2 + \left(\frac{\partial I_a}{\partial U_{ac}}\right)_0 u_{ac}

Puisque I_a = I_a^0 + i_a, on identifie directement :

i_a = g_m u_{gc} + \xi u_{gc}^2 + \frac{1}{r_a} u_{ac}

avec g_m = \left(\frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}}\right)_0, \dfrac{1}{r_a} = \left(\frac{\partial I_a}{\partial U_{ac}}\right)_0 et le coefficient non linéaire :

\xi = \frac{1}{2}\left(\frac{\partial^2 I_a}{\partial U_{gc}^2}\right)_0

Calculons les dérivées partielles par rapport à U_{gc} :

\begin{aligned} \frac{\partial I_a}{\partial U_{gc}} &= \frac{3}{2}\mu \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{1/2} \\ \frac{\partial^2 I_a}{\partial U_{gc}^2} &= \frac{3}{4}\mu^2 \beta' (\mu U_{gc} + U_{ac})^{-1/2} \end{aligned}

Au point de fonctionnement, on a par définition I_a^0 = \beta' (\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0)^{3/2}, d'où :

\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0 = \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{2/3}

Il vient ainsi :

(\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0)^{-1/2} = \left(\frac{I_a^0}{\beta'}\right)^{-1/3} = {\beta'}^{1/3} (I_a^0)^{-1/3}

On en déduit l'expression du coefficient \xi :

\xi = \frac{1}{2} \times \frac{3}{4}\mu^2 \beta' {\beta'}^{1/3} (I_a^0)^{-1/3}
\boxed{\xi = \frac{3}{8}\mu^2 {\beta'}^{4/3} (I_a^0)^{-1/3}}

Application numérique : Avec \mu = 100, \beta' = 3{,}3 \times 10^{-6}\ \mathrm{A\cdot V^{-3/2}} et I_a^0 = 1{,}2\ \mathrm{mA} = 1{,}2 \times 10^{-3}\ \mathrm{A} :

\begin{aligned} \xi &= \frac{3}{8} \times 100^2 \times (3{,}3 \times 10^{-6})^{4/3} \times (1{,}2 \times 10^{-3})^{-1/3} \\ &\approx 1{,}73 \times 10^{-3}\ \mathrm{A\cdot V^{-2}} \end{aligned}
\boxed{\xi \approx 1{,}7 \times 10^{-3}\ \mathrm{A\cdot V^{-2}} = 1{,}7\ \mathrm{mA\cdot V^{-2}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : distorsion non linéaire

Déterminer alors l'expression de en fonction de , et des autres grandeurs utiles.

Voir l'indice

Reprendre la loi des mailles en sortie u_{ac} = -R_a i_a en injectant la nouvelle expression de i_a contenant le terme non linéaire en u_{gc}^2.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs petits signaux u_{gc}, u_{ac} et i_a en fonction des grandeurs d'entrée v_e et de sortie v_s à l'aide du schéma équivalent de la figure 8.
  2. Injecter ces expressions dans la relation non linéaire à l'ordre 2 établie à la question Q43.
  3. Isoler la tension de sortie v_s(t) en faisant apparaître l'amplification linéaire A_V.
Voir la réponse courte

Résolution du circuit petit signal à l'ordre 2 reliant v_s(t) à v_e(t) et v_e(t)^2.

Voir le corrigé complet

D'après le schéma équivalent en régime variable (figure 8) :

  • la cathode étant reliée à la masse pour les variations, la tension grille-cathode s'identifie à la tension d'entrée :

    u_{gc}(t) = v_e(t)
  • la tension anode-cathode s'identifie à la tension de sortie :

    u_{ac}(t) = v_s(t)
  • aucun courant n'étant prélevé sur la borne de sortie, la loi d'Ohm aux bornes du résistor R_a donne :

    v_s(t) = - R_a i_a(t) \iff i_a(t) = -\frac{v_s(t)}{R_a}

En injectant ces relations dans la caractéristique linéarisée à l'ordre 2 issue de la question Q43 :

i_a = g_m u_{gc} + \xi u_{gc}^2 + \frac{1}{r_a} u_{ac}

il vient :

\begin{aligned} -\frac{v_s(t)}{R_a} &= g_m v_e(t) + \xi v_e(t)^2 + \frac{v_s(t)}{r_a} \\ v_s(t) \left( \frac{1}{R_a} + \frac{1}{r_a} \right) &= -\left( g_m v_e(t) + \xi v_e(t)^2 \right) \\ v_s(t) \left( \frac{r_a + R_a}{r_a R_a} \right) &= -\left( g_m v_e(t) + \xi v_e(t)^2 \right) \end{aligned}

On en déduit l'expression de la tension de sortie :

\boxed{v_s(t) = -\frac{r_a R_a}{r_a + R_a} \left( g_m v_e(t) + \xi v_e(t)^2 \right) = A_V \left( v_e(t) + \frac{\xi}{g_m} v_e(t)^2 \right)}

où A_V = -\dfrac{g_m r_a R_a}{r_a + R_a} est l'amplification en tension déterminée à la question Q41.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 45

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : distorsion harmonique, harmonique de rang 2

Montrer que, pour un signal sinusoïdal de la forme , le signal comporte plusieurs composantes spectrales. Identifier leurs caractéristiques.

Voir l'indice

Remplacer v_e(t) = U\sin(\omega t) et linéariser le terme en \sin^2(\omega t) = \frac{1 - \cos(2\omega t)}{2} pour faire apparaître les différentes pulsations.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression de la tension d'entrée v_e(t) = U\sin(\omega t) dans la relation non linéaire reliant v_s(t) à v_e(t) établie à la question précédente.
  2. Linéariser le terme quadratique \sin^2(\omega t) à l'aide de l'identité trigonométrique usuelle.
  3. Identifier les composantes spectrales obtenues en précisant pour chacune sa pulsation (ou fréquence), son amplitude et sa nature physique.
Voir la réponse courte

Avec \sin^2(\omega t) = \frac{1-\cos(2\omega t)}{2}, le signal de sortie présente le fondamental à \omega et un harmonique à 2\omega.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q44, la tension de sortie s'exprime sous la forme :

v_s(t) = A_V v_e(t) + A_V \frac{\xi}{g_m} v_e(t)^2

En injectant le signal d'entrée sinusoïdal v_e(t) = U\sin(\omega t), le terme au carré s'écrit :

v_e(t)^2 = U^2 \sin^2(\omega t) = \frac{U^2}{2}\bigl(1 - \cos(2\omega t)\bigr)

On en déduit l'expression temporelle complète de la tension de sortie :

\begin{aligned} v_s(t) &= A_V U \sin(\omega t) + A_V \frac{\xi}{g_m} \frac{U^2}{2}\bigl(1 - \cos(2\omega t)\bigr) \\ &= \frac{A_V \xi U^2}{2g_m} + A_V U \sin(\omega t) - \frac{A_V \xi U^2}{2g_m}\cos(2\omega t) \end{aligned}

Le signal v_s(t) comporte trois composantes spectrales distinctes :

  • Une composante continue (fréquence f_0 = 0) :

    V_{s,0} = \frac{A_V \xi U^2}{2g_m}

    Cette composante correspond à un décalage du point de repos induit par la non-linéarité (effet de redressement).

  • Le fondamental (pulsation \omega, fréquence f = \frac{\omega}{2\pi}) :

    v_{s,1}(t) = A_V U \sin(\omega t)

    Son amplitude vaut :

    S_1 = |A_V| U
  • L'harmonique de rang 2 (pulsation 2\omega, fréquence 2f) :

    v_{s,2}(t) = -\frac{A_V \xi U^2}{2g_m}\cos(2\omega t)

    Son amplitude vaut :

    S_2 = \frac{|A_V| \xi U^2}{2g_m}
\boxed{v_s(t) = \frac{A_V \xi U^2}{2g_m} + A_V U \sin(\omega t) - \frac{A_V \xi U^2}{2g_m}\cos(2\omega t)}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : taux de distorsion harmonique

Calculer les valeurs de pour , et . Commenter.

Voir l'indice

Calculer le rapport de l'amplitude de la composante à pulsation 2\omega sur celle à pulsation \omega, proportionnel à l'amplitude U de l'excitation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le taux de distorsion harmonique de second rang DH_2 comme le rapport des amplitudes de l'harmonique 2 et du fondamental déterminées à la question précédente.
  2. Effectuer les applications numériques pour les trois amplitudes de tension U demandées.
  3. Commenter les résultats obtenus en analysant la dépendance vis-à-vis de U, la validité de l'approximation des petits signaux, et la pertinence pour un amplificateur audio à tubes.
Voir la réponse courte

Calcul de DH_2 pour les trois amplitudes : le taux de distorsion croît linéairement avec l'amplitude d'entrée.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q45, le fondamental et l'harmonique de rang 2 ont pour amplitudes respectives :

S_1 = |A_V|\, U \quad \text{et} \quad S_2 = \frac{|A_V|\,\xi\, U^2}{2\,g_m}

Le taux de distorsion harmonique de second rang s'écrit donc :

DH_2 = \frac{S_2}{S_1} = \frac{\xi}{2\,g_m}\, U

En utilisant les expressions littérales issues de Q38 et Q43 :

g_m = \frac{3}{2}\mu {\beta'}^{2/3} (I_a^0)^{1/3} \quad \text{et} \quad \xi = \frac{3}{8}\mu^2 {\beta'}^{4/3} (I_a^0)^{-1/3}

le rapport s'exprime sous forme compacte :

\frac{\xi}{2\,g_m} = \frac{1}{8}\,\mu\, {\beta'}^{2/3} (I_a^0)^{-2/3} = \frac{\mu}{8\left(\mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0\right)}

Avec les valeurs numériques \mu = 100, \mu U_{gc}^0 + U_{ac}^0 \approx 50{,}9\text{ V} (ou g_m \approx 3{,}53\times 10^{-3}\text{ S} et \xi \approx 1{,}73\times 10^{-3}\text{ A}\cdot\text{V}^{-2}) :

\frac{\xi}{2\,g_m} = \frac{100}{8 \times 50{,}9} \approx 0{,}246\text{ V}^{-1}

Calculons les valeurs de DH_2 pour les amplitudes données :

  • Pour U = 0{,}1\text{ V} :

    DH_2 = 0{,}246 \times 0{,}1 = 0{,}0246 \approx \mathbf{2{,}5\,\%}
  • Pour U = 0{,}3\text{ V} :

    DH_2 = 0{,}246 \times 0{,}3 = 0{,}0737 \approx \mathbf{7{,}4\,\%}
  • Pour U = 0{,}5\text{ V} :

    DH_2 = 0{,}246 \times 0{,}5 = 0{,}123 \approx \mathbf{12\,\%}
\boxed{ DH_2(0{,}1\text{ V}) \approx 2{,}5\,\% \,;\quad DH_2(0{,}3\text{ V}) \approx 7{,}4\,\% \,;\quad DH_2(0{,}5\text{ V}) \approx 12\,\% }

Commentaires :

  • La distorsion harmonique DH_2 est strictement proportionnelle à l'amplitude d'entrée U : plus le signal attaquant la grille est grand, plus la non-linéarité de la caractéristique se manifeste.
  • Pour de faibles amplitudes (U = 0{,}1\text{ V}), la distorsion reste faible (2{,}5\,\%), ce qui justifie a posteriori l'approximation des petits signaux (modèle purement linéaire de la section IV).
  • Pour des signaux de quelques centaines de millivolts (U = 0{,}5\text{ V}), la distorsion dépasse 10\,\%. Bien que rédhibitoire en haute fidélité (où l'on vise couramment un taux de distorsion harmonique inférieur à 0{,}1\,\%), cette prédominance d'harmonique 2 (harmonique paire) est historiquement appréciée dans les amplificateurs audio à tubes pour instruments (notamment pour guitare électrique) car elle procure une sonorité jugée particulièrement « chaude » et musicale.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 ?

Surtout 4 chapitres : Circuits électriques et régimes transitoires (29 % des questions, partie C), Électrostatique (25 %, partie A), Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire (13 %) et Rayonnement thermique (11 %). Plus ponctuellement : Physique quantique, Cinématique et dynamique du point, Diffusion thermique et diffusion de particules, Électronique numérique : échantillonnage et modulation, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 dès la première année (MP2I ou MPSI) ?

En partie : 31 questions sur 46 (67 %) ne demandent que le programme de MP2I ou MPSI. Blocs abordables : la partie C en entier (Q31 à Q46) et la sous-partie A.III (Q16 à Q18). Avec les autres programmes de première année : 30 en PCSI, 28 en PTSI, 28 en TSI1 et 37 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 ?

Environ 2 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 ?

Aucune question n'est vraiment difficile : toutes sont cotées 1 ou 2 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 ?

Questions de cours : Q1 (équation de maxwell), Q5 (conservation de la charge), Q20 (mode de transfert thermique), Q21 (flux thermique) et Q33 (condensateur). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (énergie potentielle électrostatique), Q16 (droite de charge), Q22 (premier principe de la thermodynamique), Q38 (conductance mutuelle) et Q41 (gain en tension).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (39 sur 46), par exemple : Q1 à Q5, Q7 à Q9, Q11 à Q26, Q28 à Q34, Q36, Q37, Q39, Q40, Q42 et Q44 à Q46. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q6, Q10, Q38 et Q43.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 MPI 2025 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury indique que le sujet a permis de classer efficacement les candidats sur un thème vraisemblablement non traité par la majorité d'entre eux, avec des taux de réussite très faibles sur plusieurs questions, par exemple seuls 8 % des candidats ayant abordé la question 37… Moyenne : 9,38/20 (écart-type 3,93, 722 présents).

Faut-il connaître la loi de Child-Langmuir pour aborder ce sujet ?

Non : l'énoncé guide intégralement son établissement aux questions Q1 à Q10 à partir des équations de Maxwell, de la conservation de la charge et du bilan d'énergie mécanique en régime stationnaire.

Le modèle petit signal de la triode est-il analogue à celui d'un transistor ?

Oui : la relation obtenue en Q38 et le schéma équivalent associé sont identiques à ceux d'un transistor à effet de champ en régime de petits signaux, avec une transconductance g_m et une résistance interne r_a.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 46
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 46 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,38 et d'écart-type 3,93 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.