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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2022

NASA's Mars Exploration Program

Le sujet en bref

Sujet difficile · Mouvement dans un champ de force centrale, Mécanique des fluides, Ondes mécaniques et acoustiques · 16 incontournables · 26 questions de première année
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Ce sujet aborde de façon réaliste et transversale la physique d'une mission habitée vers Mars selon les concepts étudiés par la NASA. Il s'articule autour de deux grandes parties indépendantes : l'astrodynamique des trajectoires interplanétaires d'une part, et l'ingénierie du propulseur nucléaire thermique NERVA d'autre part.

La première partie constitue une excellente synthèse de mécanique céleste newtonienne, balayant l'orbite de transfert standard de Hohmann, les contraintes de fenêtres de tir synodiques, puis une trajectoire de transfert rapide non tangentielle. La seconde partie propose une étude approfondie de thermodynamique des écoulements compressibles en tuyère de Laval (Saint-Venant, Hugoniot, transition sonique au col), complétée par un volet d'acoustique linéaire. Très formateur, ce problème est un modèle du genre pour réviser la mécanique newtonienne à force centrale et la dynamique des fluides compressibles en filière PC.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,19/20)
Temps estimé
≈ 3 h 45 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

16 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

31 questions rapides et accessibles · 5 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (31) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (5) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé, parties indépendantes, données en annexe
  • Erreur d'énoncé

    L'expression littérale de \alpha_M fournie en Q34 contient une erreur de signe à l'exposant : il faut lire \alpha_M = ((\gamma + 1)/2)^{-\gamma/(\gamma-1)} = (2/(\gamma+1))^{\gamma/(\gamma-1)}. La valeur numérique 0{,}528 indiquée par l'énoncé est en revanche exacte.

  • Parties indépendantes

    Q22 à Q46 : La partie II sur le moteur NERVA est quasi indépendante de la partie I sur la mécanique des orbites, et peut être abordée directement.

  • Données en annexe

    Les tracés de trajectoires des questions Q7, Q10, Q14 et Q16 doivent être réalisés sur les figures A et B du document réponse fourni avec le sujet.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

46 questions
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Partie I : Le voyage entre la Terre et Mars

A · Vitesse de la Terre et de Mars dans le référentiel héliocentrique

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, gravitation

Donner les dimensions de la constante gravitationnelle ainsi que son unité dans le système international.

Voir l'indice

Utiliser la loi de gravitation universelle de Newton F = G \frac{m_1 m_2}{d^2} et la relation fondamentale de la dynamique pour isoler [G].

Voir la stratégie

Pour déterminer la dimension et l'unité d'une constante fondamentale, on utilise une loi physique simple où elle intervient, ici la loi de gravitation universelle de Newton.

Voir la réponse courte

Dimension [G] = \mathrm{M^{-1} L^3 T^{-2}} déduite de la loi de Newton, unité \mathrm{m^3\cdot kg^{-1}\cdot s^{-2}} ou \mathrm{N\cdot m^2\cdot kg^{-2}}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de la gravitation universelle de Newton, la force d'attraction gravitationnelle entre deux masses ponctuelles m_1 et m_2 séparées par une distance r a pour norme :

F = G \frac{m_1 m_2}{r^2}

On en déduit l'expression de G :

G = \frac{F r^2}{m_1 m_2}

En passant à l'équation aux dimensions, avec [F] = \mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}} d'après le principe fondamental de la dynamique :

\begin{aligned} [G] &= \frac{[F] \, [r]^2}{[m]^2} \\ &= \frac{(\mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}) \cdot \mathrm{L^2}}{\mathrm{M}^2} \\ &= \mathrm{M^{-1} \cdot L^3 \cdot T^{-2}} \end{aligned}
\boxed{[G] = \mathrm{M^{-1} L^3 T^{-2}}}

Dans le Système international d'unités (SI), l'unité de G exprimée en unités de base est donc :

\boxed{\mathrm{m^3 \cdot kg^{-1} \cdot s^{-2}} \quad (\text{ou de façon équivalente } \mathrm{N \cdot m^2 \cdot kg^{-2}})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury invite à la cohérence dans les notations et met en garde contre la confusion entre dimensions et grandeurs physiques.

« Il note toutefois que certaines écritures mêlant dimensions et grandeurs peuvent s’avérer notoirement fausses et invite les candidats à davantage de cohérence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : force centrale, moment cinétique

Montrer que le moment cinétique en , centre du Soleil, d'un objet de masse est une constante du mouvement.

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique en O dans le référentiel héliocentrique galiléen et remarquer que la force gravitationnelle est centrale.

Voir la stratégie

Pour montrer la conservation du moment cinétique :

  1. On définit le système \{ \text{objet de masse } m \}, le référentiel d'étude (héliocentrique, supposé galiléen) et le bilan des forces (force gravitationnelle exercée par le Soleil).
  2. On applique le théorème du moment cinétique en O (ou on dérive directement par rapport au temps l'expression du moment cinétique \vec{L}_O).
Voir la réponse courte

Le moment de la force gravitationnelle en O est nul car colinéaire au rayon vecteur, donc \vec{L}_O est constant.

Voir le corrigé complet

On étudie l'objet ponctuel M de masse m dans le référentiel héliocentrique supposé galiléen. L'origine O coïncide avec le centre du Soleil de masse M_S.

L'objet n'est soumis qu'à la force gravitationnelle exercée par le Soleil :

\vec{F} = -\frac{G M_S m}{r^2}\,\vec{e}_r = -\frac{G M_S m}{r^3}\,\vec{OM}

où r = OM et \vec{e}_r = \frac{\vec{OM}}{r}.

Par définition, le moment cinétique de l'objet en O s'écrit :

\vec{L}_O = \vec{OM} \wedge (m\vec{v})

où \vec{v} = \frac{\mathrm{d}\vec{OM}}{\mathrm{d}t} est la vitesse de l'objet dans le référentiel héliocentrique.

Dérivons \vec{L}_O par rapport au temps dans ce référentiel :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} &= \frac{\mathrm{d}\vec{OM}}{\mathrm{d}t} \wedge (m\vec{v}) + \vec{OM} \wedge \left( m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} \right) \\ &= \vec{v} \wedge (m\vec{v}) + \vec{OM} \wedge \vec{F} \end{aligned}

d'après le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'objet (m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{F}).

Or :

  • \vec{v} \wedge (m\vec{v}) = \vec{0} car les vecteurs sont colinéaires ;
  • \vec{OM} \wedge \vec{F} = \vec{OM} \wedge \left( -\frac{G M_S m}{r^3}\,\vec{OM} \right) = \vec{0} car la force d'attraction gravitationnelle est centrale de centre O.

On en déduit :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{0}
\boxed{\vec{L}_O = \vec{\mathrm{cste}}}

Le moment cinétique en O est donc bien une constante du mouvement.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait citer explicitement le théorème du moment cinétique et préciser le caractère central de la force gravitationnelle.

« Il est attendu ici un théorème (ou une « loi » !) du moment cinétique explicite ainsi que la particularité de la force étudiée, qu’elle soit nommée « force centrale » ou que sa direction soit explicite. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : mouvement plan, loi des aires

On utilise les coordonnées cylindriques avec tel que . Justifier que le mouvement est plan et exprimer en fonction de et . Quel est le nom de cette grandeur ?

Voir l'indice

Exprimer le moment cinétique en coordonnées cylindriques et traduire sa conservation vectorielle le long de l'axe (Oz).

Voir la stratégie
  1. Exploiter la propriété d'orthogonalité du produit vectoriel entre le vecteur position \vec{r} et le moment cinétique \vec{L}_O pour établir la planéité de la trajectoire.
  2. Exprimer \vec{L}_O en coordonnées polaires dans le plan du mouvement pour isoler la quantité C = r^2\dot{\theta} et l'identifier.
Voir la réponse courte

\vec{r} \cdot \vec{L}_O = 0 implique un mouvement plan ; la constante des aires vaut C = L_O/m.

Voir le corrigé complet

Le moment cinétique du point matériel de masse m par rapport au centre attracteur O est défini par :

\vec{L}_O = \vec{r} \wedge m\vec{v}

Par construction du produit vectoriel, le vecteur position \vec{r} = \overrightarrow{OM} est à tout instant orthogonal à \vec{L}_O :

\vec{r}(t) \cdot \vec{L}_O = 0

D'après la question précédente, \vec{L}_O est un vecteur constant non nul, colinéaire par choix à \vec{e}_z (\vec{L}_O = L_O \vec{e}_z). On en déduit :

\vec{r}(t) \cdot \vec{e}_z = z(t) = 0

Le mouvement s'effectue donc dans le plan fixe orthogonal à \vec{L}_O passant par le Soleil O : le mouvement est plan.

Dans ce plan, repéré par les coordonnées polaires (r, \theta), le vecteur vitesse s'écrit :

\vec{v} = \dot{r} \, \vec{e}_r + r\dot{\theta} \, \vec{e}_\theta

Le moment cinétique en O s'exprime alors :

\vec{L}_O = (r \, \vec{e}_r) \wedge m \left(\dot{r} \, \vec{e}_r + r\dot{\theta} \, \vec{e}_\theta\right) = m r^2 \dot{\theta} \, \vec{e}_z

En identifiant avec \vec{L}_O = L_O \vec{e}_z et en introduisant C = r^2 \dot{\theta}, il vient :

L_O = m C

soit :

\boxed{C = \frac{L_O}{m}}

Cette grandeur conservative C est appelée la constante des aires.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question de cours mal rédigée où de nombreux candidats partent à tort du résultat à démontrer.

« Cette question a été particulièrement mal rédigée. Alors qu’il s’agit d’une question de cours, bon nombre de candidats partent du résultat, supposant ⃗ OMselon ⃗er, et invalidant ainsi toute démonstration ultérieure. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : orbite circulaire, vitesse orbitale

Déterminer, dans le cas d'une orbite circulaire de rayon , la vitesse de l'objet en fonction de , , et . Calculer les valeurs numériques de , la vitesse orbitale de la Terre et de , celle de Mars, dans le référentiel héliocentrique.

Voir l'indice

Écrire la relation fondamentale de la dynamique en coordonnées cylindriques ou dans la base de Frenet pour une trajectoire circulaire de rayon R.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la deuxième loi de Newton à l'objet de masse m dans le référentiel héliocentrique galiléen en projetant sur l'axe radial (ou la normale de Frenet).
  2. Exprimer l'accélération dans le cas d'un mouvement circulaire uniforme pour en déduire V.
  3. Effectuer les applications numériques pour la Terre et Mars en veillant aux conversions d'unités (notamment les distances en mètres).
Voir la réponse courte

PFD en base de Frenet : V = \sqrt{GM_S/R}. Application numérique : V_T = 29{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} et V_M = 24{,}1\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

On étudie un objet de masse m modélisé par un point matériel soumis à la seule force d'attraction gravitationnelle exercée par le Soleil de masse M_S. Le référentiel héliocentrique est supposé galiléen.

La deuxième loi de Newton s'écrit :

m \vec{a} = -\frac{G M_S m}{R^2} \vec{e}_r

Pour une trajectoire circulaire de rayon R, la vitesse V est constante et l'accélération est purement centripète :

\vec{a} = -\frac{V^2}{R}\vec{e}_r

En projetant sur \vec{e}_r, on obtient :

m \frac{V^2}{R} = \frac{G M_S m}{R^2}

La vitesse V est indépendante de la masse m de l'objet :

\boxed{V = \sqrt{\frac{G M_S}{R}}}

Applications numériques :

  • Pour la Terre (R = a_T = 150 \times 10^6\text{ km} = 1{,}50 \times 10^{11}\text{ m}) :

    \begin{aligned} V_T &= \sqrt{\frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 2{,}00 \times 10^{30}}{1{,}50 \times 10^{11}}} \\ V_T &\approx 2{,}98 \times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{V_T = 29{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}
  • Pour Mars (R = a_M = 228 \times 10^6\text{ km} = 2{,}28 \times 10^{11}\text{ m}) :

    \begin{aligned} V_M &= \sqrt{\frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 2{,}00 \times 10^{30}}{2{,}28 \times 10^{11}}} \\ V_M &\approx 2{,}42 \times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{V_M = 24{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La relation fondamentale de la dynamique suffisait et les grandeurs mentionnées dans la consigne ne doivent pas nécessairement figurer dans l'expression finale.

« Une simple relation fondamentale de la dynamique (qui peut recevoir bien d’autres dénominations !) permet de conclure. Notons que si des variables sont mentionnées, elles ne doivent pas apparaitre coute que coute dans le résultat final. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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B · Aspect énergétique et troisième loi de Kepler

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : énergie mécanique, orbite circulaire

Déduire l'expression de l'énergie cinétique, puis de l'énergie mécanique de l'objet de masse sur son orbite circulaire autour du Soleil en fonction de et .

Voir l'indice

Exprimer l'énergie cinétique à partir de la vitesse orbitale, puis sommer avec l'énergie potentielle gravitationnelle de référence nulle à l'infini.

Voir la réponse courte

Énergie cinétique E_c = GM_S m / (2R) et énergie mécanique E_m = -GM_S m / (2R) pour une trajectoire circulaire.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, la vitesse orbitale de l'objet sur son orbite circulaire de rayon R est donnée par :

V = \sqrt{\frac{G M_S}{R}}

L'énergie cinétique E_c du point matériel de masse m s'en déduit immédiatement :

E_c = \frac{1}{2} m V^2 = \frac{1}{2} m \frac{G M_S}{R}
\boxed{E_c = \frac{G M_S m}{2R}}

La force gravitationnelle exercée par le Soleil sur l'objet est conservative et dérive de l'énergie potentielle gravitationnelle E_p(r) définie par :

\vec{F} = -\frac{\mathrm{d}E_p}{\mathrm{d}r}\vec{e}_r = -\frac{G M_S m}{r^2}\vec{e}_r \implies E_p(r) = -\frac{G M_S m}{r} + \text{cte}

En choisissant la référence usuelle d'énergie potentielle nulle à l'infini (\lim_{r \to \infty} E_p(r) = 0), on a sur l'orbite de rayon R :

E_p = -\frac{G M_S m}{R}

L'énergie mécanique E_m du système vaut alors :

E_m = E_c + E_p = \frac{G M_S m}{2R} - \frac{G M_S m}{R}
\boxed{E_m = -\frac{G M_S m}{2R}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une déduction doit être justifiée et le signe négatif de l'énergie mécanique est caractéristique d'un état lié newtonien.

« Lorsqu’une question demande de déduire une expression, il ne peut s’agir en aucun cas de donner un résultat sans aucune explication. »

« Le jury invite tout préparationnaire à s’interroger sur le sens du signe de l’énergie mécanique pour un mouvement newtonien. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de kepler, période de révolution

Exprimer la période de rotation de l'objet en fonction et (troisième loi de Kepler).

Voir l'indice

Relier la période T au périmètre de l'orbite 2\pi R et à la vitesse orbitale V, ou intégrer la loi des aires sur une période.

Voir la stratégie

Le mouvement étant circulaire et uniforme de rayon R à la vitesse V, la période de rotation T s'obtient simplement par le rapport du périmètre de l'orbite 2\pi R à la vitesse V déterminée à la question Q4.

Voir la réponse courte

Troisième loi de Kepler sur orbite circulaire : T = 2\pi \sqrt{R^3 / (GM_S)}.

Voir le corrigé complet

Le mouvement de l'objet sur son orbite circulaire de rayon R s'effectue à vitesse constante V. La période de rotation T correspond à la durée nécessaire pour parcourir une circonférence complète 2\pi R :

T = \frac{2\pi R}{V}

En injectant l'expression de la vitesse orbitale V = \sqrt{\frac{G M_S}{R}} obtenue à la question Q4, il vient :

\begin{aligned} T &= 2\pi R \sqrt{\frac{R}{G M_S}} \end{aligned}

On obtient ainsi l'expression de la troisième loi de Kepler :

\boxed{T = 2\pi \sqrt{\frac{R^3}{G M_S}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était attendu de dépasser la simple citation brute de la troisième loi de Kepler, souvent erronée ou inhomogène.

« le candidat doit réaliser qu’il est invité à aller un tout petit peu au-delà d’une simple écriture brute de la troisième loi de Kepler, parfois incorrecte, voire inhomogène. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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C · Voyage aller Terre – Mars, orbite de transfert

Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : transfert orbital, trajectoire elliptique

Représenter, sur la figure A du document réponse, montrant les orbites de la Terre et de Mars, l'allure de l'orbite de transfert (trajectoire de Hohmann).

Voir l'indice

L'ellipse de Hohmann est bitangente aux deux orbites circulaires concentriques : son périhélie est sur l'orbite terrestre et son aphélie sur celle de Mars.

Voir la stratégie

Une orbite de transfert de Hohmann entre deux orbites circulaires coplanaires est une ellipse dont :

  1. le Soleil occupe l'un des foyers ;
  2. le périhélie coïncide avec le point de départ sur l'orbite terrestre : r_P = a_T ;
  3. l'aphélie se situe sur l'orbite martienne : r_A = a_M ;
  4. la trajectoire est tangente aux deux orbites circulaires en ces deux points afin de minimiser les variations de vitesse nécessaires.
Voir la réponse courte

Tracé de la demi-ellipse bitangente aux orbites circulaires de la Terre et de Mars.

Voir le corrigé complet

L'orbite de transfert de Hohmann est une trajectoire elliptique bitangente coplanaire dont les caractéristiques géométriques sont :

  • Foyer : le centre O du Soleil ;
  • Périhélie (départ) : situé à la position de la Terre au décollage, à l'angle polaire \theta = 0, avec r_P = a_T ;
  • Aphélie (arrivée) : situé à l'opposé sur l'axe focal, à l'angle polaire \theta = \pi, avec r_A = a_M ;
  • Demi-grand axe :

    a_H = \frac{a_T + a_M}{2}
  • Sens de parcours : dans le sens direct (trigonométrique), identique à celui de la vitesse orbitale initiale \vec{V}_T.

Le vaisseau parcourt la demi-ellipse supérieure (\theta \in [0, \pi]) pour rejoindre l'orbite de Mars.

Voir ce qu'a relevé le jury

Les deux tiers des candidats se sont trompés en traçant une orbite de transfert entre 0 et pi/2.

« Les deux tiers des candidats se sont trompés sur cette question, imaginant une orbite de transfert entre 0 et π⁄2. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : transfert de hohmann, vitesse orbitale

Au départ de l'orbite de la Terre, exprimer en fonction de , et la vitesse que doit avoir le vaisseau sur sa trajectoire de transfert. En déduire la variation de vitesse . Calculer la valeur numérique de .

Voir l'indice

Exprimer l'énergie mécanique sur l'orbite de transfert à l'aide de son demi-grand axe a_H = \frac{a_T + a_M}{2}, puis en déduire la vitesse au périhélie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique du vaisseau sur l'orbite de transfert de Hohmann à l'aide de son demi-grand axe a_H = \dfrac{a_T + a_M}{2}.
  2. Écrire l'énergie mécanique au périhélie de transfert (r = a_T, vitesse V_T') pour en déduire V_T' en fonction de V_T, a_M et a_T.
  3. En déduire l'incrément de vitesse \Delta V_T = V_T' - V_T et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique sur l'ellipse : V_T' = V_T \sqrt{2a_M/(a_T+a_M)} d'où \Delta V_T = 2{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après le rappel de l'énoncé (généralisation de la question Q5 aux orbites elliptiques), l'énergie mécanique du vaisseau de masse m sur l'orbite de transfert de demi-grand axe a_H = \dfrac{a_T + a_M}{2} est :

E_m = -\frac{G M_S m}{2 a_H} = -\frac{G M_S m}{a_T + a_M}

Au moment du départ, le vaisseau se trouve au périhélie de cette orbite, à la distance r_P = a_T du Soleil, avec la vitesse V_T'. Son énergie mécanique s'écrit alors :

E_m = \frac{1}{2} m {V_T'}^2 - \frac{G M_S m}{a_T}

En égalant les deux expressions :

\begin{aligned} \frac{1}{2} m {V_T'}^2 - \frac{G M_S m}{a_T} &= -\frac{G M_S m}{a_T + a_M} \\ \frac{1}{2} {V_T'}^2 &= G M_S \left(\frac{1}{a_T} - \frac{1}{a_T + a_M}\right) \\ \frac{1}{2} {V_T'}^2 &= \frac{G M_S}{a_T} \frac{a_M}{a_T + a_M} \end{aligned}

Comme d'après la question Q4 la vitesse circulaire de la Terre vérifie V_T^2 = \dfrac{G M_S}{a_T}, on obtient :

{V_T'}^2 = V_T^2 \, \frac{2 a_M}{a_T + a_M}

soit :

\boxed{V_T' = V_T \sqrt{\frac{2 a_M}{a_T + a_M}}}

On en déduit l'expression de la variation de vitesse \Delta V_T :

\boxed{\Delta V_T = V_T' - V_T = V_T \left(\sqrt{\frac{2 a_M}{a_T + a_M}} - 1\right)}

Application numérique :

  • a_T = 150 \times 10^6\text{ km}
  • a_M = 228 \times 10^6\text{ km}
  • V_T = 29{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}
\sqrt{\frac{2 a_M}{a_T + a_M}} = \sqrt{\frac{2 \times 228}{150 + 228}} = \sqrt{\frac{456}{378}} \approx 1{,}0983
\Delta V_T = 29{,}8 \times (1{,}0983 - 1) \approx 2{,}93\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{\Delta V_T = 2{,}93\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 2{,}93 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Près de 80 % des candidats échouent en appliquant à tort la conservation de l'énergie mécanique lors du changement d'orbite.

« Beaucoup n’ont pas compris que le passage de l’orbite circulaire à l’orbite elliptique nécessitait un apport d’énergie et qu’on ne pouvait pas écrire une conservation de l’énergie mécanique. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de kepler, durée de transfert

Exprimer puis calculer la durée du voyage jusqu'à l'orbite de Mars.

Voir l'indice

La durée du transfert correspond à une demi-révolution sur l'ellipse de Hohmann ; appliquer la troisième loi de Kepler avec le demi-grand axe a_H.

Voir la stratégie
  1. La trajectoire de transfert de Hohmann est une demi-ellipse joignant le périhélie (au niveau de l'orbite terrestre) à l'aphélie (au niveau de l'orbite martienne).
  2. La durée du voyage \Delta t correspond donc à une demi-période orbitale de l'ellipse de transfert : \Delta t = \dfrac{T_H}{2}.
  3. On applique la troisième loi de Kepler généralisée aux ellipses (rappelée à la fin de la sous-partie I.B) au demi-grand axe a_H = \dfrac{a_T + a_M}{2}.
Voir la réponse courte

Demi-période de l'ellipse de demi-grand axe a = (a_T + a_M)/2 : \Delta t = T_H/2 \approx 259\text{ jours}.

Voir le corrigé complet

Le demi-grand axe de l'orbite elliptique de transfert s'écrit :

a_H = \frac{a_T + a_M}{2}

D'après la troisième loi de Kepler (question Q6 généralisée aux orbites elliptiques), la période orbitale T_H associée à cette ellipse vérifie :

T_H = 2\pi \sqrt{\frac{a_H^3}{G M_S}} = T_T \left(\frac{a_H}{a_T}\right)^{3/2}

Le voyage aller correspondant à une demi-ellipse (du périhélie à l'aphélie), la durée de transfert \Delta t s'exprime par :

\Delta t = \frac{T_H}{2} = \pi \sqrt{\frac{(a_T + a_M)^3}{8\,G M_S}} = \frac{T_T}{2} \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2}
\boxed{\Delta t = \pi \sqrt{\frac{(a_T + a_M)^3}{8\,G M_S}} = \frac{T_T}{2} \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2}}

Application numérique :

  • En utilisant la période orbitale de la Terre T_T = 365\text{ jours} :

    \Delta t = \frac{365}{2} \left(\frac{150 + 228}{2 \times 150}\right)^{3/2} = 182{,}5 \times (1{,}26)^{3/2} \approx 258{,}1\text{ jours} \approx 258\text{ jours}
  • En utilisant les constantes G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ SI}, M_S = 2{,}00 \times 10^{30}\text{ kg} et a_H = 189 \times 10^9\text{ m} :

    \begin{aligned} \Delta t &= \pi \sqrt{\frac{(1{,}89 \times 10^{11})^3}{6{,}67 \times 10^{-11} \times 2{,}00 \times 10^{30}}} \approx 2{,}24 \times 10^7\text{ s} \approx 259\text{ jours} \end{aligned}

Soit une durée d'environ 8{,}5\text{ mois}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La vitesse n'étant pas constante sur une orbite elliptique, il fallait utiliser la deuxième loi de Kepler.

« Nous invitons vraiment les candidats à s’interroger sur la deuxième loi de Kepler afin de mieux appréhender cette évolution de la vitesse au cours d’un orbite de transfert : ainsi rechercher « la » vitesse d’un mouvement elliptique devient impossible. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : rendez-vou spatial, vitesse angulaire

Quel doit être l'angle (Terre - Soleil - Mars) formé par les directions de Mars et de la Terre, vus du Soleil, au moment du lancement afin que Mars soit au rendez-vous à l'arrivée du vaisseau ? Calculer la valeur numérique de et indiquer la position de Mars au moment du lancement sur la figure A du document réponse.

Voir l'indice

Exprimer l'angle balayé par Mars pendant la durée \Delta t à l'aide de sa vitesse angulaire moyenne \omega_M = \frac{2\pi}{T_M}, sachant que le vaisseau parcourt un angle \pi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de rendez-vous à l'instant d'arrivée t = \Delta t : la longitude héliocentrique de Mars \theta_M(\Delta t) doit coïncider avec celle du vaisseau à l'aphélie, soit \theta_M(\Delta t) = \pi.
  2. Exprimer \theta_M(\Delta t) en fonction de la vitesse angulaire de Mars \omega_M = \frac{2\pi}{T_M} et de sa position initiale \theta_M(0) = \alpha_0.
  3. En déduire l'angle \alpha_0, effectuer l'application numérique et représenter la position sur la figure A.
Voir la réponse courte

Condition de rendez-vous : \alpha_0 = \pi - \omega_M \Delta t \approx 44^\circ (0{,}77\text{ rad}).

Voir le corrigé complet

Le vaisseau part de la Terre en \theta_T(0) = 0 à t = 0. Il parcourt une demi-ellipse de transfert de Hohmann ; son arrivée sur l'orbite de Mars (à l'aphélie de l'orbite de transfert) a donc lieu à l'abscisse angulaire :

\theta_{\text{vaisseau}}(\Delta t) = \pi.

Mars décrit une orbite circulaire de rayon a_M à la vitesse angulaire constante :

\omega_M = \frac{2\pi}{T_M}.

Sa position angulaire à tout instant t est régie par :

\theta_M(t) = \theta_M(0) + \omega_M t = \alpha_0 + \omega_M t,

puisque \theta_T(0) = 0 et \alpha_0 = \theta_M(0) - \theta_T(0) = \theta_M(0).

Pour que Mars soit au rendez-vous à l'arrivée du vaisseau à la date t = \Delta t, il faut que :

\theta_M(\Delta t) = \pi \iff \alpha_0 + \omega_M \Delta t = \pi.

On en déduit l'expression de l'angle \alpha_0 :

\alpha_0 = \pi - \omega_M \Delta t = \pi \left(1 - \frac{2\Delta t}{T_M}\right).

En introduisant la période T_H = 2\Delta t de l'orbite de transfert :

\boxed{ \alpha_0 = \pi \left(1 - \frac{T_H}{T_M}\right) = \pi - \frac{2\pi \Delta t}{T_M} }

Application numérique : Avec \Delta t \approx 259\text{ jours} (obtenu à la question Q9) et T_M = 687\text{ jours} :

\begin{aligned} \alpha_0 &= \pi \left(1 - \frac{2 \times 259}{687}\right) \approx \pi \times (1 - 0{,}754) = 0{,}246\,\pi\text{ rad} \approx 0{,}77\text{ rad}, \end{aligned}

soit en degrés :

\boxed{ \alpha_0 \approx 44^\circ \quad (\text{ou } 0{,}77\text{ rad}) }

Position sur la figure A : Le sens de révolution est trigonométrique (anti-horaire), imposé par le vecteur \vec{V}_T dirigé selon +\vec{e}_y en (a_T, 0). Au lancement (t=0), Mars se trouve sur son orbite circulaire dans le premier quadrant, en avance d'un angle \alpha_0 \approx 44^\circ par rapport à l'axe (Ox) (direction Soleil-Terre).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La vitesse varie sur une orbite elliptique et son étude nécessite l'utilisation de la deuxième loi de Kepler.

« Nous invitons vraiment les candidats à s’interroger sur la deuxième loi de Kepler afin de mieux appréhender cette évolution de la vitesse au cours d’un orbite de transfert : ainsi rechercher « la » vitesse d’un mouvement elliptique devient impossible. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : loi de kepler, résonance orbitale

Dans l'hypothèse d'un problème survenu pendant le voyage aller nécessitant de ne pas explorer la planète, le vaisseau ne modifie pas sa vitesse lors du passage de l'orbite de Mars. Déterminer la position angulaire de la Terre au bout d'une révolution complète de celui-ci sur son orbite de transfert. Commenter.

Voir l'indice

Calculer l'angle parcouru par la Terre pendant une période orbitale complète T_H du vaisseau et le comparer à 2\pi modulo 2\pi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la durée d'une révolution complète du vaisseau sur son orbite de transfert à partir de sa période orbitale T_H = 2\,\Delta t.
  2. Calculer l'angle balayé par la Terre, en mouvement circulaire uniforme de pulsation \omega_T = \frac{2\pi}{T_T}, pendant cette même durée.
  3. Conclure sur la position relative de la Terre et du vaisseau au périhélie de l'orbite de transfert, puis discuter des conséquences pratiques pour l'équipage.
Voir la réponse courte

En une période T_H, la Terre a parcouru plus d'un tour complet : elle ne sera pas au point de rendez-vous au retour.

Voir le corrigé complet

Puisque le vaisseau ne modifie pas sa vitesse lors du survol de Mars, il reste sur son orbite de transfert elliptique autour du Soleil. Une révolution complète sur cette orbite s'effectue en une période T_H :

T_H = 2\,\Delta t = T_T \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2}

Numériquement, avec T_T = 365\text{ jours}, a_T = 150 \times 10^6\text{ km} et a_M = 228 \times 10^6\text{ km} :

T_H = 365 \times \left(\frac{378}{300}\right)^{3/2} = 365 \times (1{,}26)^{3/2} \approx 516\text{ jours}

La Terre décrit une orbite circulaire à la vitesse angulaire constante \omega_T = \frac{2\pi}{T_T}. Ayant pour origine \theta_T(0) = 0, la position angulaire de la Terre au bout de cette durée t = T_H est :

\begin{aligned} \theta_T(T_H) &= \omega_T T_H = 2\pi \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2} \\ \theta_T(T_H) &\approx 2\pi \times 1{,}414 \approx 2{,}83\,\pi\text{ rad} \approx 8{,}89\text{ rad} \end{aligned}

En retranchant une révolution complète (2\pi\text{ rad}), la position angulaire repérée par rapport à la position de départ s'écrit :

\boxed{\theta_T(T_H) \equiv 0{,}83\,\pi\text{ rad} \approx 149^\circ \quad [2\pi]}

Commentaire : Au bout d'une période T_H, le vaisseau revient exactement à son périhélie, c'est-à-dire à une distance r = a_T du Soleil et à la position angulaire \theta = 0\ [2\pi]. Or, à cet instant, la Terre a dépassé cette position de près de 149^\circ (soit plus de cinq mois d'avance orbitale).

Par conséquent, la Terre n'est pas au rendez-vous lors du retour du vaisseau au périhélie. Contrairement à certaines trajectoires circumlunaires (comme celle d'Apollo 13), l'orbite de transfert de Hohmann interplanétaire ne constitue pas une trajectoire de retour libre (« free-return trajectory ») immédiate. En l'absence d'une manœuvre propulsive pour corriger la période orbitale, les astronautes seraient contraints d'effectuer plusieurs révolutions héliocentriques avant de retrouver la Terre, ce qui poserait un problème critique de survie (réserves de consommables limitées).

Résultat

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D · Durée de la mission

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : rendez-vou spatial, symétrie de trajectoire

Déterminer l'angle (Terre - Soleil - Mars) au moment du départ de Mars.

Voir l'indice

Raisonner de manière symétrique à l'aller : à l'instant du départ de Mars, la Terre doit être en retard angulaire pour être au rendez-vous à l'aphélie retour.

Voir la stratégie
  1. Le voyage retour s'effectue sur la même demi-ellipse de transfert que le voyage aller, avec une durée identique \Delta t et un angle balayé par le vaisseau de \Delta \theta = \pi.
  2. Écrire la condition de rendez-vous à l'arrivée : la position de la Terre à l'instant d'arrivée doit coïncider avec l'aphélie opposé de l'orbite de transfert.
  3. Exprimer le mouvement angulaire de la Terre pendant la durée \Delta t pour en déduire l'angle \alpha_1 entre la Terre et Mars au départ.
Voir la réponse courte

Par symétrie du voyage retour identique, l'angle Terre-Soleil-Mars doit valoir \alpha_1 = -\alpha_0 \equiv 2\pi - \alpha_0.

Voir le corrigé complet

Le voyage retour s'effectue sur une orbite de transfert de Hohmann identique à celle de l'aller : le vaisseau part de l'orbite de Mars (aphélie) et rejoint l'orbite de la Terre (périhélie) après avoir balayé un angle au centre de \pi radians pendant une durée égale à \Delta t.

Notons t_{\mathrm{dep}} l'instant de départ de Mars et t_{\mathrm{arr}} = t_{\mathrm{dep}} + \Delta t l'instant d'arrivée sur Terre. La position angulaire d'arrivée du vaisseau est :

\theta_{\text{vaisseau}}(t_{\mathrm{arr}}) = \theta_M(t_{\mathrm{dep}}) + \pi

Pour que la Terre soit au rendez-vous à l'instant d'arrivée, il faut :

\theta_T(t_{\mathrm{arr}}) = \theta_{\text{vaisseau}}(t_{\mathrm{arr}}) = \theta_M(t_{\mathrm{dep}}) + \pi

Durant le transfert de durée \Delta t, la Terre, animée d'une vitesse angulaire \omega_T = \frac{2\pi}{T_T}, a parcouru un angle :

\Delta \theta_T = \theta_T(t_{\mathrm{arr}}) - \theta_T(t_{\mathrm{dep}}) = \omega_T \Delta t = \frac{2\pi \Delta t}{T_T}

On en déduit la relation entre les positions angulaires de Mars et de la Terre au moment du départ :

\theta_T(t_{\mathrm{dep}}) + \frac{2\pi \Delta t}{T_T} = \theta_M(t_{\mathrm{dep}}) + \pi

L'angle \alpha_1 = \theta_M(t_{\mathrm{dep}}) - \theta_T(t_{\mathrm{dep}}) formé par les directions Soleil–Mars et Soleil–Terre au départ de Mars s'écrit donc :

\alpha_1 = \frac{2\pi \Delta t}{T_T} - \pi = \pi \left(\frac{2\Delta t}{T_T} - 1\right)

En utilisant la relation établie à la question Q9, \frac{2\Delta t}{T_T} = \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2}, on obtient :

\alpha_1 = \pi \left[ \left(\frac{a_T + a_M}{2a_T}\right)^{3/2} - 1 \right]

Application numérique :

\begin{aligned} \frac{2\Delta t}{T_T} &= \left(\frac{150 + 228}{300}\right)^{3/2} = (1{,}26)^{3/2} \approx 1{,}414 \\ \alpha_1 &= \pi (1{,}414 - 1) = 0{,}414\,\pi\text{ rad} \approx 1{,}30\text{ rad} \approx 74{,}5^\circ \approx 75^\circ \end{aligned}

(ou avec \Delta t \approx 259\text{ jours} et T_T = 365\text{ jours} : \alpha_1 = \pi \left(\frac{2 \times 259}{365} - 1\right) \approx 75{,}4^\circ).

\boxed{\alpha_1 = \pi \left(\frac{2\Delta t}{T_T} - 1\right) \approx 75^\circ \quad (1{,}30\text{ rad})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Beaucoup de candidats ont rencontré des difficultés pour déterminer la valeur de l'angle demandé.

« Là encore, beaucoup de difficultés à trouver le bon angle. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : période synodique, durée de mission

En déduire le nombre de jours que les astronautes vont pouvoir passer sur la planète rouge, la durée totale de la mission (en jours) et la période entre deux fenêtres de lancement depuis la Terre.

Voir l'indice

Exprimer le déphasage angulaire à combler sur Mars et le relier à la vitesse angulaire relative (\omega_T - \omega_M), liée à la période synodique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer d'abord la période entre deux fenêtres de tir, qui correspond à la période synodique T_{\mathrm{syn}} du couple Terre-Mars.
  2. Déterminer la durée du séjour sur Mars \Delta t_s en écrivant l'évolution du déphasage angulaire entre la Terre et Mars entre l'instant d'arrivée et l'instant de départ pour le retour.
  3. En déduire la durée totale de la mission \Delta t_{\mathrm{tot}} = 2\Delta t + \Delta t_s.
Voir la réponse courte

Évolution de l'angle relatif \Delta\theta = (\omega_T - \omega_M) t pour calculer le séjour martien (\approx 450\text{ j}) et la durée totale (\approx 970\text{ j}).

Voir le corrigé complet

1. Période entre deux fenêtres de lancement depuis la Terre

Pour qu'une nouvelle fenêtre de tir s'ouvre, le système Terre-Soleil-Mars doit retrouver la même configuration angulaire relative \alpha_0 qu'au départ.

Les vitesses angulaires orbitales respectives de la Terre et de Mars sont \omega_T = \frac{2\pi}{T_T} et \omega_M = \frac{2\pi}{T_M}. La vitesse angulaire relative de la Terre par rapport à Mars vaut \Delta\omega = \omega_T - \omega_M > 0. La période synodique T_{\mathrm{syn}} vérifie donc :

(\omega_T - \omega_M) T_{\mathrm{syn}} = 2\pi \iff \frac{1}{T_{\mathrm{syn}}} = \frac{1}{T_T} - \frac{1}{T_M}

Soit :

\boxed{T_{\mathrm{syn}} = \frac{T_T \, T_M}{T_M - T_T}}

Application numérique :

T_{\mathrm{syn}} = \frac{365 \times 687}{687 - 365} = \frac{250\,755}{322} \approx 779\text{ jours} \quad (\approx 2{,}13\text{ ans})

2. Nombre de jours passés sur Mars (durée du séjour \Delta t_s)

À l'instant d'arrivée sur Mars t_{\mathrm{arr}} = \Delta t, Mars se trouve à l'aphélie de l'orbite de transfert (\theta_M(\Delta t) = \pi) et la Terre a avancé de \theta_T(\Delta t) = \omega_T \Delta t. L'écart angulaire Terre-Mars vaut alors :

\theta_T(\Delta t) - \theta_M(\Delta t) = \omega_T \Delta t - \pi = \alpha_1

d'après l'expression établie à la question Q12.

Au moment du départ de Mars t_{\mathrm{dep}} = \Delta t + \Delta t_s, la condition de rendez-vous avec la Terre au terme du transfert retour (de durée \Delta t) impose que la Terre soit en retard angulaire de \alpha_1 sur Mars (Q12) :

\theta_M(t_{\mathrm{dep}}) - \theta_T(t_{\mathrm{dep}}) = \alpha_1 \iff \theta_T(t_{\mathrm{dep}}) - \theta_M(t_{\mathrm{dep}}) = -\alpha_1 \equiv 2\pi - \alpha_1 \pmod{2\pi}

L'écart angulaire \theta_T - \theta_M a donc augmenté de :

\Delta\phi = (2\pi - \alpha_1) - \alpha_1 = 2(\pi - \alpha_1)

Pendant le séjour \Delta t_s, la Terre rattrape Mars à la vitesse angulaire relative \omega_T - \omega_M, d'où :

\Delta\phi = (\omega_T - \omega_M)\,\Delta t_s

En utilisant T_{\mathrm{syn}} = \frac{2\pi}{\omega_T - \omega_M} et \alpha_1 = \pi\left(\frac{2\Delta t}{T_T} - 1\right) :

\Delta t_s = \frac{2(\pi - \alpha_1)}{\omega_T - \omega_M} = T_{\mathrm{syn}} \left(1 - \frac{\alpha_1}{\pi}\right) = 2 T_{\mathrm{syn}} \left(1 - \frac{\Delta t}{T_T}\right)
\boxed{\Delta t_s = 2 T_{\mathrm{syn}} \left(1 - \frac{\Delta t}{T_T}\right)}

Application numérique avec \Delta t \approx 259\text{ jours} (Q9) :

\Delta t_s = 2 \times 778{,}7 \times \left(1 - \frac{258{,}8}{365}\right) \approx 453\text{ jours} \quad (\approx 15\text{ mois})

3. Durée totale de la mission \Delta t_{\mathrm{tot}}

La durée totale est la somme des durées des trajets aller et retour et du séjour sur Mars :

\Delta t_{\mathrm{tot}} = \Delta t + \Delta t_s + \Delta t = 2\Delta t + \Delta t_s
\boxed{\Delta t_{\mathrm{tot}} = 2\Delta t + \Delta t_s}

Application numérique :

\Delta t_{\mathrm{tot}} = 2 \times 259 + 453 = 971\text{ jours} \quad (\approx 2{,}66\text{ ans} \approx 32\text{ mois})

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question ouverte peu abordée où il convenait de définir des symboles pour les grandeurs utiles et d'appuyer son raisonnement sur des schémas.

« Ce dernier déplore que les deux tiers des candidats n’aient pas abordé cette question. »

« Une des étapes clé pour aborder un problème ouvert est de poser un ou plusieurs symboles qui représentent les grandeurs physiques recherchées ou utiles au raisonnement. »

« Suivre le raisonnement d’un candidat est souvent ardu lorsqu’il s’agit d’une juxtaposition de phrases : il ne doit pas négliger la force des schémas. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : rendez-vou spatial, trajectoire elliptique

Placer sur la figure B du document réponse la position de Mars à l'arrivée du vaisseau.

Voir l'indice

Identifier la position angulaire \theta = 3\pi/4 (soit 135^\circ) sur le cercle représentant l'orbite de Mars.

Voir la stratégie
  1. Identifier le repère polaire de centre O (le Soleil) et d'origine des angles fixée par la position de la Terre au départ (\theta = 0 sur l'axe (Ox) orienté vers la droite, sens direct donné par le vecteur vitesse \vec{V}_T).
  2. Utiliser la condition angulaire donnée par l'énoncé à l'instant d'arrivée : \theta_M(\Delta t') = \dfrac{3\pi}{4} = 135^\circ.
  3. Reporter ce point sur le cercle extérieur correspondant à l'orbite de Mars (de rayon a_M).
Voir la réponse courte

Placement de Mars sur son orbite circulaire à l'instant d'arrivée pour la trajectoire rapide sécante.

Voir le corrigé complet

L'origine des angles polaires correspond à la position de la Terre au lancement (t = 0), située sur l'axe horizontal à droite du Soleil (x > 0), soit \theta_T(0) = 0. Le sens trigonométrique direct est fixé par l'orientation de la vitesse orbitale \vec{V}_T vers le haut.

À l'instant \Delta t' où le vaisseau atteint l'orbite de Mars, l'angle balayé par le vaisseau depuis la Terre vaut \theta = \dfrac{3\pi}{4}, ce qui correspond à une réduction de 25\,\% par rapport au demi-tour complet (\pi) du transfert de Hohmann :

\theta_M(\Delta t') = \frac{3\pi}{4} = 135^\circ

Mars se trouve donc à l'intersection de la demi-droite d'angle polaire \theta = \dfrac{3\pi}{4} (deuxième quadrant, bissectrice des axes -Ox et +Oy) et du cercle extérieur figurant l'orbite de Mars (de rayon a_M).

Voir ce qu'a relevé le jury

Le positionnement de l'angle 3pi/4 sur le cercle a constitué un obstacle inattendu pour plusieurs candidats.

« À priori, cette question ne demande qu’à placer un point, donné, sur un cercle, soit d’être capable de déterminer où figure 3π⁄4. Malheureusement, cette demande représente pour certains un réel obstacle. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : périhélie, orbite de transfert

Justifier que , le périhélie de la trajectoire du vaisseau (distance minimale du Soleil au vaisseau), vérifie .

Voir l'indice

Remarquer que la vitesse au départ est colinéaire à la vitesse orbitale de la Terre, ce qui impose une vitesse radiale nulle en t = 0.

Voir la stratégie
  1. Caractériser la cinématique au point de tir : l'orbite initiale de la Terre étant circulaire et la poussée tangentielle, la vitesse initiale est purement orthoradiale (\dot{r} = 0).
  2. Exploiter l'équation polaire donnée de la conique pour relier la direction \theta = 0 à la position du périhélie.
Voir la réponse courte

Le vaisseau est injecté tangentiellement depuis l'orbite terrestre, donc le point d'injection est le périhélie r_P = a_T.

Voir le corrigé complet

L'orbite de la Terre est modélisée par un cercle de rayon a_T centré sur le Soleil. La vitesse de la Terre est donc purement orthoradiale :

\vec{V}_T = V_T\,\vec{e}_\theta

L'incrément de vitesse communiqué au départ étant colinéaire à \vec{V}_T, la vitesse initiale \vec{V}''_T du vaisseau à t = 0 est également orthoradiale :

\vec{V}''_T = V''_T\,\vec{e}_\theta \implies \dot{r}(0) = 0

La dérivée radiale s'annulant en \theta = 0, la distance r(\theta) présente un extremum en ce point (ligne des absides).

D'après l'équation polaire imposée pour la conique :

r(\theta) = \frac{p}{1 + e\cos\theta}

la distance minimale au foyer (le périhélie r_P) est atteinte lorsque le dénominateur est maximal, c'est-à-dire pour \cos\theta = 1, soit \theta = 0 :

r_P = r(0) = \frac{p}{1 + e}

Le point d'injection à t = 0 étant situé sur l'orbite terrestre (\theta = 0), la distance initiale au Soleil est r(0) = a_T. On en déduit immédiatement :

\boxed{r_P = a_T}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : excentricité, conique

Montrer que l'excentricité s'écrit et calculer sa valeur numérique. Tracer sur la figure B l'allure de la trajectoire.

Voir l'indice

Écrire que r(0) = a_T pour relier le paramètre p à e, puis exprimer r(3\pi/4) = a_M pour isoler l'excentricité e.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre p de la conique en fonction de a_T et de l'excentricité e à partir de la condition au périhélie (r(0) = a_T).
  2. Utiliser la condition de rendez-vous avec l'orbite de Mars en \theta = 3\pi/4 (r(3\pi/4) = a_M) pour isoler e.
  3. Réaliser l'application numérique, puis tracer la trajectoire sur un schéma représentant les orbites circulaires de la Terre et de Mars.
Voir la réponse courte

Équation polaire de la conique avec p = a_T(1+e) et passage par Mars en \theta = \pi/4, conduisant à l'expression de e.

Voir le corrigé complet

L'équation polaire de la trajectoire est :

r(\theta) = \frac{p}{1 + e\cos\theta}

D'après la question Q15, le lancement s'effectue au périhélie en \theta = 0 à la distance r_P = a_T :

r(0) = \frac{p}{1+e} = a_T \implies p = a_T(1+e)

Le vaisseau atteint l'orbite de Mars à la position angulaire \theta = \theta_M(\Delta t') = \frac{3\pi}{4} à la distance r(3\pi/4) = a_M. Avec \cos\left(\frac{3\pi}{4}\right) = -\frac{\sqrt{2}}{2} = -\frac{1}{\sqrt{2}}, il vient :

\begin{aligned} a_M &= \frac{a_T(1+e)}{1 - \frac{e}{\sqrt{2}}} \\ a_M\left(1 - \frac{e}{\sqrt{2}}\right) &= a_T(1+e) \\ a_M - a_T &= e\left(a_T + \frac{a_M}{\sqrt{2}}\right) \end{aligned}

On en déduit l'expression demandée pour l'excentricité :

\boxed{e = \frac{a_M - a_T}{\frac{1}{\sqrt{2}}a_M + a_T}}

Application numérique : Avec a_T = 150 \times 10^6\text{ km} et a_M = 228 \times 10^6\text{ km} :

e = \frac{228 - 150}{\frac{228}{\sqrt{2}} + 150} = \frac{78}{161{,}22 + 150} \approx \frac{78}{311{,}22} \approx 0{,}251
\boxed{e \approx 0{,}25}

Comme 0 < e < 1, la trajectoire de transfert est une ellipse.

Allure de la trajectoire (Figure B) :

  • Au départ (\theta = 0), le vaisseau part du périhélie (r = a_T) : la vitesse \vec{V}_T'' est orthoradiale, la trajectoire est donc tangente à l'orbite de la Terre.
  • À l'arrivée (\theta = 3\pi/4 = 135^\circ), le vaisseau croise l'orbite de Mars (r = a_M). Cette position ne correspond pas à l'aphélie de l'ellipse (qui aurait lieu en \theta = \pi à r_A = a_T \frac{1+e}{1-e} \approx 250 \times 10^6\text{ km} > a_M) : la trajectoire coupe donc l'orbite de Mars avec un angle non nul (non tangentiellement).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La trajectoire à tracer est une conique et il ne fallait en aucun cas modifier les orbites fournies pour l'ajuster.

« Concernant le tracé des trajectoires, le jury tient tout de même à rappeler que les données permettent de savoir que, quoiqu’il en soit de la valeur numérique, le candidat doit aboutir à une conique, ce que certains semblent ignorer, allant parfois jusqu’à modifier les orbites de la Terre et de Mars pour que ces dernières conviennent à leur tracé »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : énergie mécanique, conique

Exprimer l'énergie mécanique du vaisseau sur cette trajectoire en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer le demi-grand axe de la conique a' = \frac{p}{1-e^2} = \frac{a_T}{1-e} et utiliser la relation générale de l'énergie mécanique E_M = -\frac{G M_S m}{2a'}.

Voir la stratégie
  1. L'excentricité étant comprise entre 0 et 1 (e \approx 0{,}251), la nouvelle orbite de transfert est une ellipse de demi-grand axe noté a'.
  2. Exprimer le demi-grand axe a' en fonction du rayon au périhélie r_P = a_T et de l'excentricité e.
  3. Utiliser l'expression générale de l'énergie mécanique d'une orbite elliptique E_M = -\frac{G M_S m}{2a'} et exprimer le produit G M_S en fonction de la vitesse orbitale de la Terre V_T.
Voir la réponse courte

Demi-grand axe a = a_T/(1-e), d'où l'énergie mécanique E_M = -\frac{GM_S m}{2a} = -\frac{1}{2}m V_T^2 (1-e).

Voir le corrigé complet

Puisque 0 < e < 1, la trajectoire de transfert est une ellipse. Pour une conique d'équation polaire r(\theta) = \frac{p}{1+e\cos\theta}, la distance minimale au Soleil (périhélie) est atteinte pour \theta = 0 :

r_P = \frac{p}{1+e} = a'(1-e)

où a' désigne le demi-grand axe de cette ellipse. D'après le résultat de la question Q15 (r_P = a_T), il vient :

a' = \frac{a_T}{1-e}

D'après le rappel du sujet généralisant le résultat de la question Q5, l'énergie mécanique du vaisseau sur son orbite elliptique s'écrit :

E_M = -\frac{G M_S m}{2a'} = -\frac{G M_S m (1-e)}{2a_T}

Or, d'après la question Q4, la vitesse orbitale de la Terre sur son orbite circulaire de rayon a_T vérifie :

V_T = \sqrt{\frac{G M_S}{a_T}} \implies \frac{G M_S}{a_T} = V_T^2

En substituant cette relation, on obtient :

\boxed{E_M = -\frac{1}{2} m V_T^2 (1-e)}

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : vitesse au périhélie, énergie mécanique

En déduire la vitesse que doit avoir le vaisseau au départ pour se placer sur sa nouvelle orbite, toujours en fonction de et .

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique au périhélie entre l'énergie cinétique \frac{1}{2}m (V''_T)^2, l'énergie potentielle et E_M.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique E_M du vaisseau au point d'injection (le périhélie, où r = a_T) sous la forme usuelle E_c + E_p.
  2. Exprimer le terme d'énergie potentielle en fonction de V_T, puis égaler cette expression à celle obtenue à la question Q17 afin d'isoler V_T''.
Voir la réponse courte

Au périhélie, E_M = \frac{1}{2}m V_T''^2 - \frac{GM_S m}{a_T}, d'où V_T'' = V_T \sqrt{1+e}.

Voir le corrigé complet

Au départ de la Terre (t = 0), le vaisseau est injecté au périhélie de sa nouvelle trajectoire, à la distance r(0) = r_P = a_T du centre du Soleil, avec la vitesse V_T''. L'énergie mécanique du vaisseau s'écrit donc :

E_M = \frac{1}{2} m (V_T'')^2 - \frac{G M_S m}{a_T}

D'après la question Q4, la vitesse orbitale de la Terre vérifie V_T^2 = \dfrac{G M_S}{a_T}, ce qui permet d'écrire l'énergie potentielle sous la forme :

E_p = - m V_T^2

D'après la question Q17, l'énergie mécanique totale sur cette orbite vaut :

E_M = -\frac{1}{2} m V_T^2 (1 - e)

En égalant les deux expressions de E_M, on obtient :

\begin{aligned} \frac{1}{2} m (V_T'')^2 - m V_T^2 &= -\frac{1}{2} m V_T^2 (1 - e) \\ (V_T'')^2 - 2 V_T^2 &= - V_T^2 (1 - e) \\ (V_T'')^2 &= V_T^2 \big( 2 - (1 - e) \big) = V_T^2 (1 + e) \end{aligned}

La vitesse étant une grandeur positive, on en déduit :

\boxed{V_T'' = V_T \sqrt{1 + e}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : impulsion orbitale, vitesse orbitale

Donner, en fonction de et , la variation de vitesse qu'il faut communiquer au vaisseau pour le mettre sur sa nouvelle trajectoire de transfert. Calculer la valeur numérique de .

Voir l'indice

Calculer directement la différence \Delta V'_T = V''_T - V_T = V_T(\sqrt{1+e} - 1) avec la valeur numérique de e obtenue en Q16.

Voir la réponse courte

Calcul de l'incrément \Delta V_T' = V_T (\sqrt{1+e} - 1) et application numérique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, la vitesse nécessaire au départ pour injecter le vaisseau sur la trajectoire raccourcie est :

V_T'' = V_T \sqrt{1+e}

La variation de vitesse à communiquer au vaisseau au départ de la Terre s'écrit donc :

\Delta V_T' = V_T'' - V_T = V_T \left(\sqrt{1+e} - 1\right)
\boxed{\Delta V_T' = V_T \left(\sqrt{1+e} - 1\right)}

Application numérique : Avec V_T = 29{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q4) et e \approx 0{,}251 (d'après la question Q16) :

\begin{aligned} \Delta V_T' &= 29{,}8 \times \left(\sqrt{1 + 0{,}251} - 1\right) \\ &= 29{,}8 \times \left(1{,}1185 - 1\right) \\ &= 3{,}53\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta V_T' = 3{,}53\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : constante des aires, moment cinétique

Exprimer en fonction de et .

Voir l'indice

Évaluer le moment cinétique spécifique au périhélie où la vitesse est purement orthoradiale : C = r_P V''_T.

Voir la stratégie
  1. Rappeler que la constante des aires C = r^2 \dot{\theta} est une constante du mouvement sous force centrale conservative (établie en Q3).
  2. Évaluer cette constante au point d'injection (t = 0), situé au périhélie de la trajectoire, où la vitesse est purement orthoradiale (\dot{r} = 0).
Voir la réponse courte

Au périhélie où la vitesse est orthoradiale, C = r_P V_T'' = a_T V_T''.

Voir le corrigé complet

Le mouvement du vaisseau s'effectue dans le champ de gravitation newtonien du Soleil, qui est une force centrale issue de l'origine O. D'après la question Q3, la constante des aires C = r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} est une constante du mouvement le long de toute la trajectoire.

Au moment de l'injection (t = 0), le vaisseau se trouve au périhélie de son orbite à la distance :

r(0) = r_P = a_T

En ce point, la distance au centre attracteur est minimale, ce qui implique que la vitesse radiale s'annule :

\dot{r}(0) = 0

La vitesse du vaisseau est alors purement orthoradiale :

\vec{v}(0) = r(0) \dot{\theta}(0) \, \vec{e}_\theta = V_T'' \, \vec{e}_\theta

d'où :

r_P \dot{\theta}(0) = V_T''

Par conséquent, en évaluant la constante des aires en ce point particulier :

\begin{aligned} C &= r(0)^2 \dot{\theta}(0) \\ &= r(0) \cdot \left(r(0) \dot{\theta}(0)\right) \\ &= a_T V_T'' \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{C = a_T V_T''}

Résultat

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : intégration temporelle, loi des aires

Évaluer le temps du transfert entre la Terre et Mars.

On donne :

avec l'excentricité calculée en question 16.

Voir l'indice

Séparer les variables dans C = r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} pour exprimer \mathrm{d}t, puis intégrer de \theta = 0 à 3\pi/4 en utilisant l'intégrale fournie.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'élément différentiel de temps \mathrm{d}t à partir de la définition de la constante des aires C = r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} et de l'équation polaire de la conique r(\theta) = \frac{p}{1+e\cos\theta}.
  2. Exprimer le préfacteur en fonction de a_T, V_T (ou T_T) et de l'excentricité e.
  3. Intégrer entre \theta = 0 et \theta = \theta_M(\Delta t') = \frac{3\pi}{4} à l'aide de l'intégrale fournie et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Intégration de \mathrm{d}t = \frac{r^2}{C}\mathrm{d}\theta à l'aide de l'intégrale fournie pour obtenir \Delta t'.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q20, la constante des aires s'écrit :

C = r^2 \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = a_T V_T''

avec, d'après la question Q18, V_T'' = V_T \sqrt{1+e}. De plus, d'après les questions Q15 et Q16, le paramètre de la conique vaut p = a_T(1+e), d'où :

r(\theta) = \frac{a_T(1+e)}{1+e\cos\theta}

On en déduit l'expression différentielle de la durée \mathrm{d}t :

\begin{aligned} \mathrm{d}t &= \frac{r^2(\theta)}{C}\,\mathrm{d}\theta = \frac{a_T^2 (1+e)^2}{a_T V_T \sqrt{1+e}} \frac{\mathrm{d}\theta}{(1+e\cos\theta)^2} \\ &= \frac{a_T}{V_T} (1+e)^{3/2} \frac{\mathrm{d}\theta}{(1+e\cos\theta)^2} \end{aligned}

Comme pour l'orbite circulaire terrestre V_T = \frac{2\pi a_T}{T_T}, le préfacteur temporel peut également s'écrire sous la forme :

\frac{a_T}{V_T} = \frac{T_T}{2\pi}

En intégrant entre l'instant de départ (\theta = 0) et l'instant d'arrivée à l'orbite de Mars (\theta = \theta_M(\Delta t') = \frac{3\pi}{4}), on obtient :

\Delta t' = \frac{a_T}{V_T} (1+e)^{3/2} \int_0^{\theta_M(\Delta t')} \frac{1}{(1 + e \cos \theta)^2}\,\mathrm{d}\theta = \frac{T_T}{2\pi} (1+e)^{3/2} \int_0^{\theta_M(\Delta t')} \frac{1}{(1 + e \cos \theta)^2}\,\mathrm{d}\theta

Application numérique : Avec e \approx 0{,}251 (question Q16), l'intégrale vaut 2{,}15.

  • a_T = 150 \times 10^6\text{ km} = 1{,}50 \times 10^{11}\text{ m}
  • V_T = 29{,}8\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} = 2{,}98 \times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
  • (1+e)^{3/2} = (1{,}251)^{3/2} \approx 1{,}40
\begin{aligned} \Delta t' &= \frac{1{,}50 \times 10^{11}}{2{,}98 \times 10^4} \times 1{,}40 \times 2{,}15 \approx 1{,}51 \times 10^7\text{ s} \end{aligned}

En exprimant ce temps en jours avec T_T = 365\text{ jours} :

\Delta t' = \frac{365}{2\pi} \times (1{,}251)^{3/2} \times 2{,}15 \approx 175\text{ jours}
\boxed{\Delta t' = \frac{a_T}{V_T} (1+e)^{3/2} \int_0^{\theta_M(\Delta t')} \frac{\mathrm{d}\theta}{(1 + e \cos \theta)^2} \approx 1{,}51 \times 10^7\text{ s} \approx 175\text{ jours}}

Résultat

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Partie II : Le projet NERVA (Nuclear Engine for Rocket Vehicle Application)

A · Étude dynamique

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : poussée de fusée, système fermé à masse variable

À partir d'une étude dynamique sur le système fermé vaisseau + gaz éjecté entre les instants et , justifier l'équation différentielle suivante, dans laquelle représente la force de poussée,

Voir l'indice

Appliquer le théorème de la quantité de mouvement au système fermé constitué du vaisseau de masse m(t) et de la masse de gaz \mathrm{d}m_e = D\,\mathrm{d}t éjectée entre t et t+\mathrm{d}t.

Voir la stratégie

Pour étudier un système à masse variable (le vaisseau), la méthode standard consiste à :

  1. Définir un système fermé \Sigma coïncidant avec le vaisseau à l'instant t, puis constitué du vaisseau et de la masse de gaz éjecté à l'instant t + \mathrm{d}t.
  2. Exprimer la quantité de mouvement de \Sigma aux instants t et t + \mathrm{d}t dans le référentiel d'étude galiléen.
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au système fermé en tenant compte de l'absence de force extérieure notable.
Voir la réponse courte

Bilan de quantité de mouvement sur vaisseau + ergol éjecté entre t et t+\mathrm{d}t menant à la formule de Tsiolkovski.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé \Sigma défini de la façon suivante dans le référentiel d'étude galiléen :

  • À l'instant t, \Sigma est constitué du vaisseau seul, de masse m(t) et de vitesse \vec{v}(t).
  • À l'instant t + \mathrm{d}t, \Sigma est constitué :

    • du vaisseau de masse m(t+\mathrm{d}t) = m(t) + \mathrm{d}m et de vitesse \vec{v}(t+\mathrm{d}t) = \vec{v}(t) + \mathrm{d}\vec{v} ;
    • de la quantité de gaz éjectée pendant l'intervalle \mathrm{d}t, de masse \delta m_e = -\mathrm{d}m = D\,\mathrm{d}t > 0 (puisque \mathrm{d}m < 0).

La vitesse d'éjection des gaz par rapport au vaisseau étant notée \vec{v}_1, la vitesse de ce paquet de gaz dans le référentiel d'étude à l'instant t+\mathrm{d}t s'écrit, d'après la loi de composition des vitesses :

\vec{v}_{\mathrm{gaz}} = \vec{v}(t) + \vec{v}_1.

Calculons la quantité de mouvement totale du système fermé \Sigma aux deux instants :

\begin{aligned} \vec{P}(t) &= m(t)\,\vec{v}(t) \\ \vec{P}(t + \mathrm{d}t) &= \left(m(t) + \mathrm{d}m\right)\left(\vec{v}(t) + \mathrm{d}\vec{v}\right) + \delta m_e \left(\vec{v}(t) + \vec{v}_1\right) \\ &= m(t)\,\vec{v}(t) + m(t)\,\mathrm{d}\vec{v} + \mathrm{d}m\,\vec{v}(t) - \mathrm{d}m\left(\vec{v}(t) + \vec{v}_1\right) + \mathcal{O}(\mathrm{d}t^2) \\ &= \vec{P}(t) + m(t)\,\mathrm{d}\vec{v} - \mathrm{d}m\,\vec{v}_1. \end{aligned}

La variation de quantité de mouvement du système fermé au premier ordre s'écrit donc :

\mathrm{d}\vec{P} = \vec{P}(t+\mathrm{d}t) - \vec{P}(t) = m(t)\,\mathrm{d}\vec{v} - \mathrm{d}m\,\vec{v}_1.

L'énoncé précise que les forces gravitationnelles sont négligeables devant la poussée durant cette phase brève de propulsion. En l'absence de force extérieure agissant sur le système fermé \Sigma, le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

\frac{\mathrm{d}\vec{P}}{\mathrm{d}t} = \vec{0}.

En remplaçant \mathrm{d}m par -D\,\mathrm{d}t, on obtient :

m(t)\,\mathrm{d}\vec{v} + D\,\mathrm{d}t\,\vec{v}_1 = \vec{0} \implies m(t)\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -D\,\vec{v}_1.

En posant \vec{F} = -D\vec{v}_1, on retrouve bien l'équation du mouvement du vaisseau :

\boxed{m(t)\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{F} \quad \text{avec} \quad \vec{F} = -D\,\vec{v}_1}

Résultat

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Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : impulsion spécifique, propulsion

Établir en fonction de et . Pour le vaisseau envisagé par la NASA, on a . Calculer la vitesse d'éjection des gaz du moteur NERVA.

Voir l'indice

Considérer la définition donnée : poussée F = D v_1 = m_i g maintenue pendant une durée I_{\mathrm{sp}} = m_i / D.

Voir la réponse courte

Définition I_{\mathrm{sp}} = v_1/g, d'où v_1 = g I_{\mathrm{sp}} \approx 8{,}1\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, la poussée développée par le moteur s'écrit en norme :

F = D v_1

où D est le débit massique des gaz éjectés et v_1 leur vitesse d'éjection par rapport au vaisseau.

Considérons une masse initiale d'ergol m_i consommée à débit constant D pendant une durée \Delta t = I_{\mathrm{sp}}. La masse consommée s'écrit :

m_i = D I_{\mathrm{sp}} \iff D = \frac{m_i}{I_{\mathrm{sp}}}

La poussée fournie vaut alors :

F = \frac{m_i}{I_{\mathrm{sp}}} v_1

D'après la définition de l'impulsion spécifique fournie par le texte, cette poussée est égale au poids terrestre de cette masse d'ergol, soit F = m_i g. On en déduit :

\frac{m_i}{I_{\mathrm{sp}}} v_1 = m_i g

d'où l'expression de l'impulsion spécifique :

\boxed{I_{\mathrm{sp}} = \frac{v_1}{g}}

La vitesse d'éjection des gaz s'exprime donc par :

\boxed{v_1 = g I_{\mathrm{sp}}}

Application numérique : Avec g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} et I_{\mathrm{sp}} = 825\text{ s} :

v_1 = 9{,}81 \times 825 = 8{,}09 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

soit :

\boxed{v_1 = 8{,}09\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le verbe établir exige une véritable démonstration et non une simple analyse dimensionnelle.

« Il semblerait que de nombreux étudiants ne comprennent pas que le verbe « établir » appelle une démonstration, et non une simple analyse dimensionnelle »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : formule de tsiolkovski, consommation d'ergol

Pour une injection sur une trajectoire de Hohmann vers Mars depuis l'orbite basse terrestre, une variation de vitesse est requise. Déterminer la masse de consommée. Le résultat est-il cohérent avec le dimensionnement proposé du vaisseau ?

Voir l'indice

Intégrer l'équation de la dynamique (formule de Tsiolkovski) pour relier le rapport des masses finale et initiale à \Delta V_T / v_1.

Voir la stratégie
  1. Intégrer l'équation de la dynamique établie à la question Q22 (loi de Tsiolkovski) pour relier la variation de vitesse \Delta V_T au rapport de masse \frac{m_0}{m_f}.
  2. En déduire la masse d'ergol consommée m_c = m_0 - m_f, puis effectuer l'application numérique.
  3. Vérifier la cohérence avec le dimensionnement du vaisseau en calculant le volume de \mathrm{LH}_2 associé via sa masse volumique \mu_{\mathrm{LH}_2} et en le comparant aux dimensions géométriques du vaisseau (diamètre de 10\text{ m} et longueur totale de près de 100\text{ m}).
Voir la réponse courte

Formule de Tsiolkovski \Delta V = v_1 \ln(m_i/m_f) pour trouver la masse d'ergol m_c = m_i(1-\mathrm{e}^{-\Delta V/v_1}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, pendant la phase de poussée, le mouvement est considéré comme rectiligne dans la direction du vecteur vitesse \vec{v} = v\vec{u}_x. L'éjection des gaz se faisant vers l'arrière (\vec{v}_1 = -v_1 \vec{u}_x), la projection de l'équation dynamique s'écrit :

m(t) \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}t} = D v_1 = -\frac{\mathrm{d}m}{\mathrm{d}t} v_1

soit, en séparant les variables :

\mathrm{d}v = -v_1 \frac{\mathrm{d}m}{m}

Par intégration entre l'état initial (masse m_0, vitesse v_i) et l'état final après l'impulsion (masse m_f, vitesse v_f), on obtient l'équation de Tsiolkovski :

\Delta V_T = v_f - v_i = v_1 \ln\left(\frac{m_0}{m_f}\right)

La masse finale du vaisseau s'exprime donc par :

m_f = m_0 \exp\left(-\frac{\Delta V_T}{v_1}\right)

La masse d'hydrogène liquide consommée m_c = m_0 - m_f vaut :

\boxed{ m_c = m_0 \left(1 - \exp\left(-\frac{\Delta V_T}{v_1}\right)\right) }

Avec v_1 = g I_{\mathrm{sp}} (établie en Q23), l'application numérique donne :

\begin{aligned} v_1 &= 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \times 825\text{ s} = 8{,}093 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \\ \frac{\Delta V_T}{v_1} &= \frac{3{,}70 \times 10^3}{8{,}093 \times 10^3} \approx 0{,}4572 \\ m_c &= 360 \times 10^3 \times \left(1 - \mathrm{e}^{-0{,}4572}\right) \approx 1{,}32 \times 10^5\text{ kg} = 132\text{ t} \end{aligned}

Cohérence avec le dimensionnement du vaisseau :

  • Aspect massique : La masse consommée représente une fraction \frac{m_c}{m_0} \approx 37\,\% de la masse initiale, ce qui laisse une masse restante importante (m_f \approx 228\text{ t}) pour la structure, la charge utile et les manœuvres ultérieures.
  • Aspect volumique : À partir de la masse volumique de l'hydrogène liquide \mu_{\mathrm{LH}_2} = 71{,}0\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, le volume de \mathrm{LH}_2 consommé est :

    V_{\mathrm{LH}_2} = \frac{m_c}{\mu_{\mathrm{LH}_2}} = \frac{1{,}32 \times 10^5}{71{,}0} \approx 1{,}86 \times 10^3\text{ m}^3

    Le vaisseau étant un cylindre de diamètre d = 10\text{ m} (rayon R = 5{,}0\text{ m}), la section droite vaut S = \pi R^2 \approx 78{,}5\text{ m}^2. La longueur de réservoir nécessaire pour stocker ce volume est :

    L = \frac{V_{\mathrm{LH}_2}}{S} \approx \frac{1860}{78{,}5} \approx 24\text{ m}

    Cette longueur est tout à fait compatible avec la longueur totale du vaisseau (près de 100\text{ m}, précisément 96{,}7\text{ m} sur la figure 1), où les réservoirs fixe (2) et largable (3) occupent environ la moitié de l'appareil.

Le résultat est donc pleinement cohérent avec le dimensionnement proposé.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une simple méthode de séparation des variables permettait de résoudre cette question sans difficulté.

« Ces deux questions font peur à la majorité des candidats, alors qu’ils ont rencontré maintes fois des situations similaires où la séparation des variables permet une résolution simple. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : formule de tsiolkovski, bilan de masse

Quel sera le surplus de consommation dans l'hypothèse du voyage raccourci évoqué dans la sous-partie I.D ?

Voir l'indice

Reprendre la formule de Tsiolkovski avec le nouvel incrément de vitesse \Delta V'_T calculé en Q19 et évaluer la différence de masse consommée.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la loi de Tsiolkovski liant la masse d'ergol consommée m_c à la variation de vitesse \Delta V et à la vitesse d'éjection v_1.
  2. Évaluer la nouvelle variation de vitesse requise \Delta V_{\mathrm{tot}}' pour le voyage raccourci, en lui ajoutant le surcroît de vitesse déterminé en sous-partie I.D : \delta(\Delta V) = \Delta V_T' - \Delta V_T.
  3. Calculer la nouvelle masse d'hydrogène liquide consommée m_c' et en déduire le surplus de consommation \Delta m_c = m_c' - m_c.
Voir la réponse courte

Recalcul de la masse consommée avec la nouvelle variation de vitesse \Delta V_T' et comparaison avec m_c.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de Tsiolkovski établie à la question Q24, la masse de dihydrogène liquide \mathrm{LH}_2 consommée lors d'un incrément de vitesse \Delta V s'écrit :

m_c = m_0 \left(1 - \mathrm{e}^{-\frac{\Delta V}{v_1}}\right)

avec m_0 = 360\times 10^3\text{ kg} et v_1 = 8{,}09\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (d'après Q23).

Pour le transfert de Hohmann, l'énoncé indiquait à la question Q24 une variation de vitesse requise depuis l'orbite basse terrestre de :

\Delta V_1 = 3{,}70\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \quad \implies \quad m_c = 132\text{ t}

Dans l'hypothèse du voyage raccourci étudiée en sous-partie I.D, l'incrément de vitesse héliocentrique passe de \Delta V_T = 2{,}93\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (question Q8) à \Delta V_T' = 3{,}53\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} (question Q19), soit un surcroît de vitesse :

\delta(\Delta V) = \Delta V_T' - \Delta V_T = 3{,}53 - 2{,}93 = 0{,}60\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}

L'incrément total de vitesse requis depuis l'orbite basse pour cette trajectoire rapide est donc estimé à :

\Delta V_2 = \Delta V_1 + \delta(\Delta V) = 3{,}70 + 0{,}60 = 4{,}30\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}

La nouvelle masse d'ergol consommée s'élève alors à :

\begin{aligned} m_c' &= m_0 \left(1 - \mathrm{e}^{-\frac{\Delta V_2}{v_1}}\right) \\ m_c' &= 360 \times 10^3 \times \left(1 - \exp\left(-\frac{4{,}30}{8{,}09}\right)\right) \approx 148\times 10^3\text{ kg} = 148\text{ t} \end{aligned}

Le surplus de consommation \Delta m_c = m_c' - m_c vaut ainsi :

\Delta m_c = 148 - 132 = 16\text{ t}
\boxed{\Delta m_c \approx 16\text{ tonnes}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une séparation des variables classique permettait de traiter simplement la résolution demandée.

« Ces deux questions font peur à la majorité des candidats, alors qu’ils ont rencontré maintes fois des situations similaires où la séparation des variables permet une résolution simple. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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B · Approche thermodynamique

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : premier principe industriel, système ouvert

En appliquant le premier principe de la thermodynamique pour un système ouvert au cœur du réacteur, établir l'expression du débit massique en fonction de , , , , , et .

Voir l'indice

Appliquer le premier principe pour un système ouvert en régime stationnaire : P_{\mathrm{th}} = D_m \Delta h, en décomposant l'enthalpie entre vaporisation et échauffement du gaz.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier principe de la thermodynamique en régime stationnaire pour le système ouvert constitué par le cœur du réacteur (ou via un système fermé coïncident), en négligeant l'énergie cinétique et les forces de pesanteur.
  2. Décomposer la variation d'enthalpie massique du fluide entre l'entrée et la sortie en deux étapes : vaporisation isotherme et isobare du dihydrogène liquide, puis échauffement du dihydrogène gazeux assimilé à un gaz parfait.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique en système ouvert : P_{\mathrm{th}} = D_m (\Delta h_{\mathrm{vap}} + c_p (T_0 - T_{\mathrm{vap}})) d'où l'expression de D_m.

Voir le corrigé complet

Considérons le cœur du réacteur traversé par un écoulement stationnaire de dihydrogène de débit massique D_m.

En appliquant le premier principe de la thermodynamique à ce système ouvert en régime permanent entre l'entrée (indice e) et la sortie (indice s), le bilan enthalpique s'écrit :

D_m \left( h_s - h_e + \Delta e_c + \Delta e_p \right) = \mathcal{P}_i + \mathcal{P}_{\mathrm{th}}

En l'absence de pièces mobiles fournissant du travail utile (\mathcal{P}_i = 0), en négligeant l'énergie potentielle de pesanteur (\Delta e_p \approx 0) ainsi que les variations d'énergie cinétique devant les variations d'enthalpie (\Delta e_c \approx 0), ce bilan se simplifie en :

D_m (h_s - h_e) = P_{\mathrm{th}}

L'enthalpie étant une fonction d'état, on décompose l'évolution du dihydrogène entre l'état initial (liquide à T_{\mathrm{vap}}, P_{\mathrm{vap}}) et l'état final (gaz à T_0, P_0) en deux étapes :

  1. Vaporisation complète du liquide à la température T_{\mathrm{vap}} et à la pression P_{\mathrm{vap}} :

    \Delta h_{\mathrm{vap}} = \frac{\Delta H_{\mathrm{vap}}}{M_{\mathrm{H}_2}}
  2. Échauffement du dihydrogène gazeux de T_{\mathrm{vap}} à T_0. Le dihydrogène gazeux étant modélisé par un gaz parfait, son enthalpie ne dépend que de la température (seconde loi de Joule) :

    \Delta h_{\mathrm{gaz}} = \int_{T_{\mathrm{vap}}}^{T_0} c_p \, \mathrm{d}T = c_p (T_0 - T_{\mathrm{vap}})

    Or la capacité thermique massique à pression constante s'exprime selon les données par :

    c_p = \frac{\gamma r}{\gamma - 1} = \frac{\gamma R}{(\gamma - 1) M_{\mathrm{H}_2}}

La variation d'enthalpie massique totale s'écrit donc :

h_s - h_e = \frac{\Delta H_{\mathrm{vap}}}{M_{\mathrm{H}_2}} + \frac{\gamma R}{(\gamma - 1) M_{\mathrm{H}_2}} (T_0 - T_{\mathrm{vap}}) = \frac{1}{M_{\mathrm{H}_2}} \left[ \Delta H_{\mathrm{vap}} + \frac{\gamma R}{\gamma - 1} (T_0 - T_{\mathrm{vap}}) \right]

On en déduit l'expression du débit massique :

\boxed{D_m = \frac{P_{\mathrm{th}} M_{\mathrm{H}_2}}{\Delta H_{\mathrm{vap}} + \dfrac{\gamma R}{\gamma - 1} (T_0 - T_{\mathrm{vap}})}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Confusions fréquentes entre systèmes ouvert et fermé, énergie et variation d'énergie cinétique, ou dans les termes du bilan enthalpique.

« nombreux aussi sont ceux qui confondent système ouvert et système fermé, énergie cinétique et variation d’énergie ciné tique, voire soustraient les enthalpies de changement d’état et de changement de température. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : ordre de grandeur, propulsion nucléaire

Cette expression permet de calculer un débit massique . Compte tenu des données proposées par la NASA, cette valeur vous semble-t-elle réaliste ?

Voir l'indice

Calculer la poussée totale des deux moteurs F_{\mathrm{tot}} = 2 F_u, puis le débit massique total nécessaire D = F_{\mathrm{tot}} / v_1, et comparer au résultat par moteur.

Voir la stratégie

Pour évaluer le réalisme de la valeur D_m = 27{,}4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}, confrontons ce débit issu du bilan thermique du réacteur aux caractéristiques propulsives fournies par la NASA :

  1. La poussée unitaire délivrée par un moteur NERVA est F = 220\text{ kN}.
  2. La vitesse d'éjection des gaz en sortie de tuyère a été déterminée à la question Q23 : v_1 = 8{,}09\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}.
  3. On en déduit le débit massique dynamique nécessaire pour assurer cette poussée, que l'on compare à D_m.
Voir la réponse courte

Comparaison de D_m calculé avec les spécifications constructeur et la capacité des réservoirs NERVA.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude dynamique menée aux questions Q22 et Q23, la force de poussée développée par un moteur NERVA vérifie en norme :

F = D_{\text{moteur}} \, v_1

où D_{\text{moteur}} est le débit massique éjecté par ce moteur.

Le débit massique requis d'un point de vue mécanique et propulsif est donc :

D_{\text{moteur}} = \frac{F}{v_1}

Avec F = 220\text{ kN} = 2{,}20 \times 10^5\text{ N} et v_1 = 8{,}09 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (obtenu à la question Q23 via v_1 = g I_{\mathrm{sp}}) :

D_{\text{moteur}} = \frac{2{,}20 \times 10^5}{8{,}09 \times 10^3} \approx 27{,}2\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}

La valeur issue du bilan thermique du réacteur (D_m = 27{,}4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}) est en accord remarquable avec cette valeur dynamique, avec un écart relatif inférieur à 1\,\% :

\frac{|D_m - D_{\text{moteur}}|}{D_m} = \frac{|27{,}4 - 27{,}2|}{27{,}4} \approx 0{,}7\,\%
\boxed{\text{La valeur } D_m = 27{,}4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \text{ est tout à fait réaliste et cohérente avec la poussée unitaire de } 220\text{ kN}.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas refaire le calcul numérique fourni mais vérifier la cohérence de la force avec les données.

« Cette question est mal comprise par une majorité de candidats, qui s’imagine qu’on leur demande de vérifier le calcul donné, alors qu’il est simple de vérifier la valeur de la force, compatible avec les données de l’énoncé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : conservation de la masse, écoulement tuyère

En l'absence de tuyère, déterminer la vitesse en sortie de cœur de réacteur en fonction de , , , et de la constante spécifique du dihydrogène , puis calculer sa valeur. La tuyère est-elle indispensable ?

Voir l'indice

Exprimer le débit massique en sortie de réacteur D_m = \mu_0 S_0 v_0, avec la masse volumique déduite de l'équation d'état des gaz parfaits P_0 = \mu_0 r T_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit massique en régime stationnaire à travers la section de sortie du réacteur en fonction de la masse volumique \mu_0, de la section S_0 et de la vitesse v_0.
  2. Utiliser l'équation d'état des gaz parfaits pour relier \mu_0 à la pression P_0, à la température T_0 et à la constante spécifique r.
  3. En déduire l'expression de v_0, effectuer l'application numérique et la comparer à la vitesse d'éjection v_1 requise (calculée à la question Q23) pour statuer sur la nécessité de la tuyère.
Voir la réponse courte

Débit massique D_m = \mu_0 S_0 v_0 = \frac{P_0}{r T_0} S_0 v_0 donnant v_0 \ll v_1 ; la tuyère est donc essentielle pour accélérer le fluide.

Voir le corrigé complet

En régime stationnaire et unidimensionnel, la conservation de la masse à travers la section S_0 de sortie du cœur s'écrit :

D_m = \mu_0 S_0 v_0

où \mu_0 est la masse volumique du dihydrogène gazeux à la sortie du cœur.

Le dihydrogène étant assimilé à un gaz parfait de constante spécifique r = \frac{R}{M_{\mathrm{H}_2}}, son équation d'état s'écrit :

P_0 = \mu_0 r T_0 \iff \mu_0 = \frac{P_0}{r T_0}

En injectant cette relation dans l'expression du débit massique, il vient :

D_m = \frac{P_0 S_0 v_0}{r T_0}

On en déduit l'expression de la vitesse v_0 :

\boxed{v_0 = \frac{D_m r T_0}{P_0 S_0}}

Application numérique : Avec les valeurs fournies par l'énoncé :

  • D_m = 27{,}4\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
  • r = 4{,}16\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} = 4{,}16 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}
  • T_0 = 2500\text{ K}
  • P_0 = 70{,}0 \times 10^5\text{ Pa}
  • S_0 = 0{,}28\text{ m}^2
v_0 = \frac{27{,}4 \times 4{,}16 \times 10^3 \times 2500}{70{,}0 \times 10^5 \times 0{,}28} \approx 145\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v_0 \approx 1{,}45 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Nécessité de la tuyère : Sans tuyère, les gaz seraient éjectés à la vitesse v_0 \approx 145\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, ce qui ne procurerait qu'une poussée unitaire :

F_0 = D_m v_0 \approx 27{,}4 \times 145 \approx 3{,}98\text{ kN}

très largement inférieure aux 220\text{ kN} requis. La vitesse d'éjection nominale déterminée à la question Q23 est v_1 = 8{,}09 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, soit environ 55 fois plus grande que v_0.

La détente thermique dans une tuyère convenablement profilée (tuyère de Laval) est le seul moyen de convertir l'énergie thermique (enthalpie) du gaz chaud sous forte pression en énergie cinétique macroscopique. La tuyère est donc absolument indispensable.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une comparaison physique doit toujours être quantifiée par rapport à une valeur de référence.

« lorsqu’il est demandé au candidat une comparaison, il ne doit pas se satisfaire d’un « très petit » ou « très grand », mais est tenu de comparer sa valeur à une valeur de référence. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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C.1 · La tuyère - La forme de la tuyère

Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : gradient de pression, sen d'écoulement

Quelle condition nécessaire relie et pour avoir un écoulement dans le sens des croissants ?

Voir l'indice

Le fluide s'écoule spontanément des zones de haute pression vers les zones de basse pression sous l'action des forces de pression.

Voir la stratégie

Pour qu'un écoulement s'établisse spontanément dans une tuyère de l'entrée (x = x_0) vers la sortie (x = x_1), analysons l'action des forces de pression sur la colonne de fluide en l'absence d'autres forces extérieures volumiques.

Voir la réponse courte

Pour accélérer le fluide vers les x croissants en l'absence d'autre force motrice, il faut P_0 > P_1.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre d'un écoulement unidirectionnel stationnaire selon l'axe (Ox), la seule force volumique agissant sur le fluide est la force de pression :

\vec{f}_P = -\vec{\operatorname{grad}} P = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x

Pour que cette force soit motrice et permette l'écoulement et l'éjection du fluide dans le sens des x croissants, la pression doit globalement décroître le long de la tuyère (\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x} < 0).

Il en résulte la condition nécessaire sur les pressions amont P_0 et aval P_1 :

\boxed{P_0 > P_1}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation d'euler, écoulement stationnaire

Montrer que où est une constante dont on donnera la valeur.

Voir l'indice

Projeter l'équation d'Euler stationnaire unidimensionnelle sur l'axe (Ox) en développant le terme convectif (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation d'Euler fournie par l'énoncé.
  2. Exploiter les hypothèses du problème (écoulement stationnaire, unidirectionnel et unidimensionnel selon l'axe (Ox)).
  3. Projeter la relation vectorielle sur le vecteur unitaire \vec{e}_x et identifier la constante K.
Voir la réponse courte

Équation d'Euler 1D stationnaire \mu v \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}, d'où K = -1.

Voir le corrigé complet

L'équation d'Euler régissant l'écoulement d'un fluide parfait en l'absence de forces volumiques autres que les forces de pression s'écrit :

\mu \left(\frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v} \cdot \vec{\mathrm{grad}}) \vec{v}\right) = -\vec{\mathrm{grad}} P

Sous les hypothèses de l'énoncé :

  • l'écoulement est stationnaire, donc le terme d'accélération locale s'annule : \dfrac{\partial \vec{v}}{\partial t} = \vec{0} ;
  • l'écoulement est unidirectionnel et unidimensionnel selon l'axe (Ox) : \vec{v}(x) = v(x)\,\vec{e}_x, et la pression ne dépend que de x, soit \vec{\mathrm{grad}} P = \dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x.

Le terme d'accélération convective s'écrit alors :

(\vec{v} \cdot \vec{\mathrm{grad}})\vec{v} = \left(v(x)\,\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}x}\right)(v(x)\,\vec{e}_x) = v\,\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x}\,\vec{e}_x

En projetant l'équation d'Euler sur l'axe (Ox), on obtient :

\mu\,v\,\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}

Par identification avec la relation demandée \mu\,v\,\dfrac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = K\,\dfrac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}, on en déduit la valeur de la constante sans dimension K :

\boxed{K = -1}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'opérateur convectif est un opérateur scalaire appliqué au vecteur vitesse, notion très mal comprise des candidats.

« L’opérateur ⃗v⋅ ⃗ grad appliqué à ⃗vest très mal compris. C’est un opérateur scalaire qui agit sur le vecteur vitesse. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de laplace, détente isentropique

La transformation étant adiabatique réversible, quelle relation lie à , et ?

Voir l'indice

Utiliser la loi de Laplace pour un gaz parfait sous la forme P/\mu^\gamma = \mathrm{cste} = P_0/\mu_0^\gamma.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la loi de Laplace (P V^\gamma = \text{cste}) en fonction de la masse volumique \mu = m/V pour une particule fluide de masse fixée.
  2. Appliquer cette relation entre l'entrée de la tuyère (abscisse x=0, grandeurs P_0, \mu_0) et l'abscisse x quelconque pour en déduire \mu(x).
Voir la réponse courte

Détente isentropique d'un gaz parfait : P/\mu^\gamma = \text{cte} \implies \mu(x) = \mu_0 (P(x)/P_0)^{1/\gamma}.

Voir le corrigé complet

Le dihydrogène est modélisé par un gaz parfait de rapport des capacités thermiques \gamma = c_P/c_V constant. L'écoulement étant adiabatique et réversible (donc isentropique), une particule fluide de masse m contenue dans un volume V vérifie la loi de Laplace :

P V^\gamma = \text{cste}

En introduisant la masse volumique \mu = \frac{m}{V}, il vient V = \frac{m}{\mu}, d'où :

\frac{P}{\mu^\gamma} = \text{cste}

En écrivant l'égalité de cette quantité entre l'entrée de la tuyère (où la pression est P_0 et la masse volumique \mu_0) et la section courante à l'abscisse x :

\frac{P(x)}{\mu(x)^\gamma} = \frac{P_0}{\mu_0^\gamma}

On en déduit l'expression de la masse volumique \mu(x) :

\boxed{\mu(x) = \mu_0 \left(\frac{P(x)}{P_0}\right)^{\frac{1}{\gamma}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de calcul lors des manipulations d'exposants dans les lois de Laplace.

« Si cette question ne présente pas de difficulté, un nombre non négligeable de candidats s’emmêle malencontreusement dans les puissances. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : formule de saint-venant, intégrale d'euler

Déduire des deux précédentes questions la relation

où l'on exprimera la constante en fonction de , et .

Voir l'indice

Remplacer \mu(x) par son expression en fonction de P(x) dans l'équation d'Euler obtenue en Q30, puis intégrer entre l'entrée (0) et l'abscisse x.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation d'Euler établie à la question Q30 reliant v\,\mathrm{d}v à \mathrm{d}P/\mu.
  2. Exprimer \mu en fonction de P à l'aide de la loi de Laplace obtenue à la question Q31.
  3. Intégrer entre l'entrée de la tuyère d'abscisse x_0 (où v = v_0 et P = P_0) et l'abscisse courante x (où la vitesse est v et la pression P), puis identifier C_1.
Voir la réponse courte

Intégration de v \mathrm{d}v = -\frac{\mathrm{d}P}{\mu(P)} avec la loi de Laplace conduisant à la relation de Saint-Venant.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, l'équation du mouvement du fluide s'écrit :

\mu\,v\,\frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x} \quad\iff\quad v\,\mathrm{d}v = -\frac{\mathrm{d}P}{\mu(x)}

D'après la question Q31, l'évolution étant adiabatique réversible, la masse volumique s'exprime en fonction de la pression selon :

\mu(x) = \mu_0 \left(\frac{P(x)}{P_0}\right)^{\frac{1}{\gamma}}

En injectant cette expression dans la relation différentielle, on obtient :

v\,\mathrm{d}v = -\frac{P_0^{1/\gamma}}{\mu_0}\,P^{-1/\gamma}\,\mathrm{d}P

En intégrant entre l'entrée de la tuyère (v_0, P_0) et l'abscisse x où règnent la vitesse v et la pression P :

\begin{aligned} \int_{v_0}^{v} v\,\mathrm{d}v &= -\frac{P_0^{1/\gamma}}{\mu_0} \int_{P_0}^{P} P^{-1/\gamma}\,\mathrm{d}P \\ \frac{1}{2}\left(v^2 - v_0^2\right) &= -\frac{P_0^{1/\gamma}}{\mu_0} \left[ \frac{P^{1 - 1/\gamma}}{1 - 1/\gamma} \right]_{P_0}^{P} \end{aligned}

Sachant que 1 - \frac{1}{\gamma} = \frac{\gamma - 1}{\gamma}, il vient :

\begin{aligned} \frac{1}{2}\left(v^2 - v_0^2\right) &= -\frac{\gamma}{\gamma - 1}\frac{P_0^{1/\gamma}}{\mu_0} \left( P^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} - P_0^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} \right) \\ &= \frac{\gamma}{\gamma - 1}\frac{P_0^{1/\gamma} P_0^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}}{\mu_0} \left( 1 - \left(\frac{P}{P_0}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} \right) \\ &= \frac{\gamma}{\gamma - 1}\frac{P_0}{\mu_0} \left( 1 - \left(\frac{P}{P_0}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} \right) \end{aligned}

En multipliant par 2, on retrouve bien l'expression demandée :

v^2 - v_0^2 = C_1 \left( 1 - \left( \frac{P}{P_0} \right)^{\frac{\gamma - 1}{\gamma}} \right)

avec :

\boxed{C_1 = \frac{2\gamma}{\gamma - 1} \frac{P_0}{\mu_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'intégration d'un terme en puissance de la pression a constitué un obstacle mathématique majeur.

« l’intégration par rapport à Pd’un terme tel que P−1/γreprésente un obstacle mathématique majeur pour beaucoup. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : débit massique, écoulement compressible

En posant et en supposant que est négligeable devant , établir l'expression du débit massique dans la tuyère sous la forme

où est une fonction de seul, à déterminer, et une constante à exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Exprimer le débit massique D_m = \mu(x) S(x) v(x) en substituant v(x) via Saint-Venant (en négligeant v_0) et \mu(x) via Laplace.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit massique D_m à travers une section droite S(x) de la tuyère dans le cadre de l'écoulement unidimensionnel stationnaire : D_m = \mu(x) v(x) S(x).
  2. Remplacer \mu(x) en fonction de \alpha = \frac{P(x)}{P_0} à l'aide de la loi de Laplace établie en Q31.
  3. Exprimer v(x) à partir de la formule de Saint-Venant établie en Q32 en utilisant l'approximation v_0 \ll v, puis regrouper les termes sous la forme D_m = C_2 S(x) f(\alpha).
Voir la réponse courte

Expression du débit D_m = \mu(x) v(x) S(x) sous la forme factorisée en fonction de \alpha = P/P_0.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant stationnaire et unidimensionnel dans la direction (Ox), le débit massique D_m traversant la section S(x) s'écrit :

D_m = \mu(x) v(x) S(x)

D'après la question Q31, l'évolution isentropique du gaz donne :

\mu(x) = \mu_0 \left(\frac{P(x)}{P_0}\right)^{\frac{1}{\gamma}} = \mu_0 \alpha^{\frac{1}{\gamma}}

D'après la question Q32, la vitesse vérifie :

v(x)^2 - v_0^2 = C_1 \left(1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}\right) \quad \text{avec} \quad C_1 = \frac{2\gamma}{\gamma-1}\frac{P_0}{\mu_0}

En négligeant la vitesse v_0 devant v(x), on obtient :

v(x) \approx \sqrt{C_1} \sqrt{1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}} = \sqrt{\frac{2\gamma}{\gamma-1}\frac{P_0}{\mu_0}} \sqrt{1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}}

En injectant ces deux expressions dans le débit massique, il vient :

\begin{aligned} D_m &= S(x) \left(\mu_0 \alpha^{\frac{1}{\gamma}}\right) \sqrt{\frac{2\gamma}{\gamma-1}\frac{P_0}{\mu_0}} \sqrt{1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}} \\ &= S(x) \sqrt{\frac{2\gamma}{\gamma-1} P_0 \mu_0} \; \alpha^{\frac{1}{\gamma}} \sqrt{1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}} \\ &= S(x) \sqrt{\frac{2\gamma}{\gamma-1} P_0 \mu_0} \; \sqrt{\alpha^{\frac{2}{\gamma}} - \alpha^{\frac{\gamma+1}{\gamma}}} \end{aligned}

On identifie ainsi l'expression demandée D_m = C_2 S(x) f(\alpha) avec :

\boxed{C_2 = \sqrt{\frac{2\gamma}{\gamma-1} P_0 \mu_0}}

et

\boxed{f(\alpha) = \sqrt{\alpha^{\frac{2}{\gamma}} - \alpha^{\frac{\gamma+1}{\gamma}}} = \alpha^{\frac{1}{\gamma}} \sqrt{1 - \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'intégration mathématique requise dans le calcul a mis en difficulté une grande partie des candidats.

« l’intégration par rapport à Pd’un terme tel que P−1/γreprésente un obstacle mathématique majeur pour beaucoup. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : débit critique, tuyère de laval

Justifier que l'on a nécessairement . Après avoir indiqué les limites, étudier la fonction et préciser sa particularité en .

Voir l'indice

Calculer la dérivée de la fonction sous la racine dans f(\alpha) par rapport à \alpha pour déterminer son maximum.

Voir la stratégie
  1. Justifier l'intervalle \alpha \in [0, 1] à partir du caractère strictement positif de la pression et du sens d'écoulement du gaz qui subit une détente (P(x) \le P_0).
  2. Évaluer les limites de f(\alpha) en 0 et 1.
  3. Déterminer les variations de f(\alpha) via la dérivée de g(\alpha) = [f(\alpha)]^2 pour trouver l'extremum et dresser le sens de variation.
  4. Interpréter physiquement la particularité en \alpha_M au regard de l'expression du débit massique D_m = C_2 S(x) f(\alpha).
Voir la réponse courte

Étude des variations de f(\alpha) sur [0,1] : maximum au col sonique \alpha_M = (2/(\gamma+1))^{\gamma/(\gamma-1)}.

Voir le corrigé complet

1. Justification de l'intervalle \alpha \in [0, 1] :

  • La pression absolue P(x) d'un fluide est positive ou nulle : P(x) \ge 0, donc \alpha = \frac{P(x)}{P_0} \ge 0.
  • Le gaz est accéléré vers l'extérieur sous l'effet du gradient de pression négatif établi à la question Q30 (\mu v \frac{\mathrm{d}v}{\mathrm{d}x} = -\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}x}), de sorte que le fluide subit une détente le long de la tuyère : P(x) \le P_0, soit \alpha \le 1.

On a donc bien nécessairement :

\boxed{\alpha \in [0, 1]}

2. Limites de f(\alpha) : Rappelons l'expression établie à la question Q33 :

f(\alpha) = \sqrt{\alpha^{\frac{2}{\gamma}} - \alpha^{\frac{\gamma+1}{\gamma}}}

Puisque \gamma > 1, les exposants \frac{2}{\gamma} et \frac{\gamma+1}{\gamma} sont strictement positifs. Il vient directement :

\begin{aligned} \lim_{\alpha \to 0^+} f(\alpha) &= 0 \\ \lim_{\alpha \to 1^-} f(\alpha) &= \sqrt{1 - 1} = 0 \end{aligned}

3. Étude de la fonction f(\alpha) : La fonction f étant positive sur [0, 1], elle varie dans le même sens que g(\alpha) = [f(\alpha)]^2 = \alpha^{\frac{2}{\gamma}} - \alpha^{\frac{\gamma+1}{\gamma}}. Dérivons g par rapport à \alpha pour \alpha \in ]0, 1[ :

g'(\alpha) = \frac{2}{\gamma}\alpha^{\frac{2}{\gamma}-1} - \frac{\gamma+1}{\gamma}\alpha^{\frac{\gamma+1}{\gamma}-1} = \frac{1}{\gamma}\alpha^{\frac{1}{\gamma}}\left( 2\alpha^{\frac{1-\gamma}{\gamma}} - (\gamma+1) \right)

La dérivée s'annule pour une valeur critique \alpha_M vérifiant :

2\alpha_M^{-\frac{\gamma-1}{\gamma}} = \gamma + 1 \iff \alpha_M^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} = \frac{2}{\gamma+1} \iff \alpha_M = \left(\frac{2}{\gamma+1}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma-1}} = \left(\frac{\gamma+1}{2}\right)^{-\frac{\gamma}{\gamma-1}}

Pour \gamma = 1{,}4 :

\alpha_M = \left(\frac{2}{2{,}4}\right)^{\frac{1{,}4}{0{,}4}} = \left(\frac{5}{6}\right)^{3{,}5} \approx 0{,}528

Comme la fonction \alpha \mapsto \alpha^{-\frac{\gamma-1}{\gamma}} est strictement décroissante sur ]0, 1[ (\text{car } \frac{\gamma-1}{\gamma} > 0), le facteur entre parenthèses est :

  • strictement positif pour \alpha \in [0, \alpha_M[ : f est strictement croissante ;
  • strictement négatif pour \alpha \in ]\alpha_M, 1] : f est strictement décroissante.

4. Particularité en \alpha_M : La fonction f(\alpha) admet donc un maximum absolu en \alpha = \alpha_M.

Or, d'après la question Q33, le débit massique stationnaire et conservé dans la tuyère s'écrit :

D_m = C_2 S(x) f(\alpha) \implies S(x) = \frac{D_m}{C_2 f(\alpha)}

Le maximum de f(\alpha) correspond donc à un minimum de section S(x) de la tuyère. La valeur \alpha_M correspond ainsi précisément aux conditions régnant au col de la tuyère.

Résultat

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Question 35

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : relation d'hugoniot, profil de tuyère

Expliquer en quoi la valeur du rapport influence sa géométrie et associer, parmi les formes proposées sur la figure 4, celles correspondant aux différents cas possibles.

Voir l'indice

Le débit massique D_m étant conservé, les variations de la section S(x) sont inversement proportionnelles à celles de f(\alpha) lorsque \alpha décroît de 1 à P_1/P_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la section locale S(x) de la tuyère en fonction de la fonction de débit f(\alpha) grâce à la conservation du débit massique en régime stationnaire.
  2. Analyser l'évolution de la section S(x) au cours de la détente (où le rapport de pression \alpha(x) = P(x)/P_0 décroît de 1 à \alpha_1 = P_1/P_0) selon la position de \alpha_1 par rapport à la valeur critique \alpha_M \approx 0{,}528.
  3. En déduire les géométries adaptées parmi les quatre proposées sur la figure 4.
Voir la réponse courte

Exploitation du profil de section S(\alpha) : tuyère convergente si \alpha > \alpha_M ou convergente-divergente si détente supersonique.

Voir le corrigé complet

Le débit massique D_m étant conservé le long de la tuyère en régime stationnaire unidimensionnel, la relation établie en Q33 s'écrit :

S(x) = \frac{D_m}{C_2 \, f(\alpha(x))}

Dans le sens de l'écoulement (sens des x croissants), le gaz subit une détente motrice : la pression P(x) diminue de P_0 (à l'entrée où \alpha = 1) jusqu'à P_1 (en sortie où \alpha = \alpha_1 = P_1/P_0). Ainsi, \alpha décroît de 1 à \alpha_1.

L'évolution de la section S dépend directement des variations de f(\alpha) étudiées en Q34 :

  • Premier cas : détente modérée, \dfrac{P_1}{P_0} \ge \alpha_M (soit P_1/P_0 \ge 0{,}528) :
    Le paramètre \alpha reste confiné dans l'intervalle [\alpha_M, 1]. Au fur et à mesure que \alpha décroît, la fonction f(\alpha) est strictement croissante, de sorte que la section S(x) \propto 1/f(\alpha) décroît continûment.
    La tuyère doit donc être purement convergente. Il s'agit de la forme (3).
  • Deuxième cas : forte détente, \dfrac{P_1}{P_0} < \alpha_M (soit P_1/P_0 < 0{,}528) :
    Le paramètre \alpha décroît de 1 jusqu'à \alpha_M, puis de \alpha_M jusqu'à \alpha_1 :

    • tant que \alpha \in [\alpha_M, 1], f(\alpha) augmente, donc la section S(x) diminue : la tuyère est convergente ;
    • pour \alpha = \alpha_M, f(\alpha) atteint son maximum, la section S(x) passe par un minimum strict : c'est le col de section S_c ;
    • pour \alpha \in [\alpha_1, \alpha_M], f(\alpha) diminue lorsque la détente se poursuit, la section S(x) augmente : la tuyère est divergente.

    Pour assurer une détente continue jusqu'à une pression P_1 < \alpha_M P_0, la tuyère doit obligatoirement présenter un profil convergent-divergent (tuyère de Laval). Il s'agit de la forme (2).

Les formes (1) (divergente) et (4) (divergente-convergente) correspondent à un comportement inverse de diffuseur (compression d'un fluide avec décélération) et ne conviennent pas à l'accélération d'un gaz initialement au repos ou subsonique.

\boxed{ \begin{aligned} \frac{P_1}{P_0} \ge \alpha_M = 0{,}528 &\implies \text{forme (3) : convergente} \\ \frac{P_1}{P_0} < \alpha_M = 0{,}528 &\implies \text{forme (2) : convergente-divergente (Laval)} \end{aligned} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le choix de la tuyère devait être appuyé par une justification rigoureuse et non par une simple intuition.

« Si, intuitivement, le candidat devine que la tuyère (3) est correcte, le jury attend une justification, et est très heureux lorsque certains poursuivent sur le cas de la tuyère (2). »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : tuyère adaptée, onde de choc

Afin d'éviter une trop forte détente des gaz après la sortie de la tuyère (ce qui peut conduire à la génération d'une onde de choc), on cherche à avoir une pression proche de la pression extérieure. Le choix d'une tuyère de Laval pour le moteur NERVA est-il le plus judicieux ?

Voir l'indice

Dans le vide spatial, la pression extérieure est quasi-nulle, ce qui impose d'atteindre un rapport de détente très poussé P_1/P_0 \ll \alpha_M.

Voir la stratégie
  1. Identifier les conditions d'utilisation du moteur NERVA, en particulier la pression extérieure P_{\mathrm{ext}} du milieu dans lequel il opère.
  2. Comparer le rapport de détente souhaité P_{\mathrm{ext}} / P_0 à la valeur critique \alpha_M \approx 0{,}528 déterminée à la question Q34.
  3. Conclure sur la géométrie requise d'après l'étude de la question Q35.
Voir la réponse courte

Dans le vide spatial, la tuyère de Laval est indispensable pour détendre au maximum les gaz et maximiser la poussée.

Voir le corrigé complet

Le moteur NERVA est destiné à la propulsion spatiale (transferts interplanétaires Terre-Mars, allumage depuis l'orbite terrestre basse). Il fonctionne donc dans le vide spatial, où la pression extérieure est quasi nulle :

P_{\mathrm{ext}} \approx 0 \implies \frac{P_{\mathrm{ext}}}{P_0} \ll \alpha_M = 0{,}528.

Pour adapter au mieux la pression en sortie de tuyère P_1 à la pression extérieure (P_1 \approx P_{\mathrm{ext}} \ll P_0), il est nécessaire d'abaisser considérablement la pression du gaz :

  • Une tuyère uniquement convergente ne permet pas d'atteindre une pression inférieure à la pression critique au col P_c = \alpha_M P_0 \approx 0{,}528 \times 70\text{ bar} \approx 37\text{ bar}. Le gaz sortirait alors à une pression très largement supérieure à la pression ambiante (P_1 \gg P_{\mathrm{ext}}), subissant une sous-détente brutale à la sortie avec une importante perte d'efficacité propulsive.
  • L'adjonction d'une section divergente après le col (tuyère de Laval, forme 2) permet de poursuivre la détente du fluide en régime supersonique (P_1 < P_c) et ainsi de convertir au maximum l'enthalpie du gaz en énergie cinétique axiale, tout en rapprochant P_1 de la pression extérieure.
\boxed{\text{Le choix d'une tuyère de Laval (convergente-divergente) est donc parfaitement judicieux et indispensable.}}

Résultat

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C.2 · La tuyère - La vitesse des gaz dans la tuyère

Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Application numérique

Notions : approximation acoustique, onde sonore

Qu'appelle-t-on approximation acoustique ? Quel est l'ordre de grandeur de la surpression pour des ondes acoustiques dans l'air ?

Voir l'indice

L'approximation acoustique consiste à supposer les perturbations de pression, masse volumique et vitesse du fluide du premier ordre devant les grandeurs au repos.

Voir la réponse courte

Définition de la linéarisation (p \ll P_0, \mu_1 \ll \mu_0) et ordre de grandeur (p \sim 10^{-2}\text{ à }1\text{ Pa} pour une conversation courante).

Voir le corrigé complet

L'approximation acoustique consiste à supposer que le passage de l'onde sonore ne crée que de très faibles perturbations autour de l'état d'équilibre du fluide au repos :

  • la surpression acoustique p(x,t) est négligeable devant la pression uniforme d'équilibre P_0 :

    |p(x,t)| \ll P_0
  • la variation de masse volumique \tilde{\mu}(x,t) est négligeable devant la masse volumique à l'équilibre \mu_0 :

    |\tilde{\mu}(x,t)| \ll \mu_0
  • la vitesse d'écoulement du fluide induite par l'onde v(x,t) est très faible devant la célérité c de l'onde sonore (v \ll c), ce qui permet notamment de négliger le terme convectif quadratique devant le terme d'accélération locale dans l'équation d'Euler :

    |(\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v}| \ll \left|\frac{\partial \vec{v}}{\partial t}\right|

Cette hypothèse permet de linéariser les équations locales de la mécanique des fluides et les relations thermodynamiques en ne conservant que les termes du premier ordre en perturbation.

Pour des ondes sonores audibles se propageant dans l'air sous pression atmosphérique (P_0 \approx 10^5\text{ Pa}) :

  • le seuil d'audibilité (0\text{ dB}) correspond à une surpression efficace de l'ordre de p_{\min} \approx 2 \times 10^{-5}\text{ Pa} ;
  • une conversation normale (environ 60\text{ dB}) correspond à p \approx 2 \times 10^{-2}\text{ Pa} ;
  • le seuil de douleur (120\text{ à } 130\text{ dB}) correspond à p_{\max} \approx 20\text{ à } 100\text{ Pa}.

L'ordre de grandeur de la surpression acoustique p dans l'air est donc compris entre :

\boxed{10^{-5}\text{ Pa} \lesssim p \lesssim 10^{2}\text{ Pa} \quad (\text{typiquement } p \sim 10^{-2}\text{ à } 1\text{ Pa pour les sons usuels})}

ce qui justifie pleinement la condition |p| \ll P_0 \approx 10^5\text{ Pa} (rapport relatif compris entre 10^{-10} et 10^{-3}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'approximation acoustique est souvent mal définie et les ordres de grandeur de la surpression donnés sont parfois aberrants.

« quoique l’approximation acoustique soit souvent expliquée de façon très approximative — la seconde partie laisse apparaitre des valeurs très fantaisistes allant jusqu’à 1011 Pa ! »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, acoustique des fluides

Écrire et linéariser les équations locales de la mécanique des fluides et l'équation traduisant l'hypothèse thermodynamique effectuée. Établir l'équation de propagation des ondes acoustiques pour la surpression. Exprimer la célérité de ces ondes en fonction de et .

Voir l'indice

Linéariser l'équation de continuité et l'équation d'Euler, puis relier la surpression et la masse volumique acoustique via le coefficient \chi_s = \frac{1}{\mu_0}\left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_s.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation de conservation de la masse et l'équation d'Euler en propagation unidimensionnelle, puis les linéariser au premier ordre sous l'approximation acoustique.
  2. Relier la fluctuation de masse volumique \tilde{\mu} à la surpression p via le coefficient de compressibilité isentropique \chi_s.
  3. Combiner ces équations pour éliminer la vitesse v et la fluctuation \tilde{\mu}, et obtenir l'équation de d'Alembert pour la surpression p(x,t), d'où l'expression de la célérité c.
Voir la réponse courte

Combinaison d'Euler linéarisé, conservation de la masse et compressibilité isentropique pour obtenir l'équation d'onde et c = 1/\sqrt{\chi_s \mu_0}.

Voir le corrigé complet

Le fluide est au repos à l'équilibre (\vec{v}_0 = \vec{0}, P = P_0, \mu = \mu_0 uniformes et constants). Les champs perturbés à une dimension s'écrivent :

P(x,t) = P_0 + p(x,t), \quad \mu(x,t) = \mu_0 + \tilde{\mu}(x,t), \quad \vec{v}(x,t) = v(x,t)\,\vec{e}_x

où p, \tilde{\mu} et v sont des infiniment petits du premier ordre.

1. Équation locale de conservation de la masse (continuité) L'équation générale s'écrit :

\frac{\partial \mu}{\partial t} + \frac{\partial (\mu v)}{\partial x} = 0

En développant et en négligeant le terme du second ordre \tilde{\mu} v devant les termes d'ordre 1, on obtient l'équation linéarisée :

\frac{\partial \tilde{\mu}}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v}{\partial x} = 0 \tag{1}

2. Équation de la dynamique (Euler) En négligeant la pesanteur devant les forces de pression :

\mu\left(\frac{\partial v}{\partial t} + v\frac{\partial v}{\partial x}\right) = -\frac{\partial P}{\partial x}

Le terme convectif v\frac{\partial v}{\partial x} est d'ordre 2, et au premier ordre \mu \frac{\partial v}{\partial t} \approx \mu_0 \frac{\partial v}{\partial t}. Sachant que \frac{\partial P}{\partial x} = \frac{\partial p}{\partial x}, l'équation d'Euler linéarisée devient :

\mu_0 \frac{\partial v}{\partial t} = -\frac{\partial p}{\partial x} \tag{2}

3. Hypothèse thermodynamique (évolution isentropique) Par définition, le coefficient de compressibilité isentropique s'écrit, pour une masse m de volume V = m/\mu :

\chi_s = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_s = \frac{1}{\mu}\left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_s

Pour de petites variations isentropiques autour de l'état d'équilibre, on a au premier ordre :

\tilde{\mu}(x,t) = \mu_0 \chi_s \, p(x,t) \tag{3}

4. Équation de propagation et célérité En injectant la relation (3) dans l'équation de continuité linéarisée (1), il vient :

\chi_s \frac{\partial p}{\partial t} + \frac{\partial v}{\partial x} = 0

Dérivons cette équation par rapport au temps t :

\chi_s \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} + \frac{\partial}{\partial x}\left(\frac{\partial v}{\partial t}\right) = 0

En utilisant l'équation d'Euler (2) sous la forme \frac{\partial v}{\partial t} = -\frac{1}{\mu_0}\frac{\partial p}{\partial x}, on obtient :

\chi_s \frac{\partial^2 p}{\partial t^2} - \frac{1}{\mu_0}\frac{\partial^2 p}{\partial x^2} = 0

On aboutit ainsi à l'équation de d'Alembert régissant la surpression :

\boxed{\frac{\partial^2 p}{\partial x^2} - \frac{1}{c^2}\frac{\partial^2 p}{\partial t^2} = 0}

avec la célérité c définie par :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_s}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de signe, aux dérivées droites confondues avec des partielles et aux passages forcés vers l'équation de d'Alembert.

« On note régulièrement des soucis de signe ou de notation — en particulier en ce qui concerne la confusion entre d et ∂ou l’usage de l’opérateur divergence (non obligatoire puisqu’un traitement unidimensionnel suffisait) — qui s’évaporent par miracle lorsqu’il s’agit d’écrire l’équation de d’Alembert »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : vitesse du son, gaz parfait

Dans le modèle du gaz parfait, établir la loi de variation de la célérité avec la température. Calculer dans le dihydrogène en sortie du cœur de réacteur.

Voir l'indice

Pour un gaz parfait en évolution isentropique, utiliser \chi_s = \frac{1}{\gamma P_0} et P_0 = \mu_0 r T_0 pour exprimer la célérité c(T).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de compressibilité isentropique \chi_s pour un gaz parfait à partir de la loi de Laplace.
  2. En déduire la célérité c issue de la relation établie à la question Q38, puis introduire l'équation d'état des gaz parfaits pour relier le rapport P/\mu à la température T.
  3. Réaliser l'application numérique pour T = T_0 = 2500\text{ K}.
Voir la réponse courte

Expression c = \sqrt{\gamma r T} et calcul de c_0 dans \mathrm{H}_2 à haute température.

Voir le corrigé complet

Pour un gaz parfait subissant une transformation isentropique, la loi de Laplace s'écrit :

P V^\gamma = \text{cte}

En différentiant cette relation à entropie constante :

V^\gamma \mathrm{d}P + \gamma P V^{\gamma-1} \mathrm{d}V = 0 \implies \left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_{\!s} = -\frac{V}{\gamma P}

Le coefficient de compressibilité isentropique s'en déduit directement :

\chi_s = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_{\!s} = \frac{1}{\gamma P}

D'après le résultat de la question Q38 (c = \frac{1}{\sqrt{\mu \chi_s}}), l'expression de la célérité devient :

c = \sqrt{\frac{\gamma P}{\mu}}

Or, l'équation d'état du gaz parfait s'écrit :

P V = n R T = \frac{m}{M_{\mathrm{H}_2}} R T \implies P = \mu \frac{R}{M_{\mathrm{H}_2}} T = \mu r T

où r = \frac{R}{M_{\mathrm{H}_2}} est la constante spécifique du dihydrogène. On en déduit :

\frac{P}{\mu} = r T

La loi de variation de la célérité avec la température est donc :

\boxed{c(T) = \sqrt{\gamma r T} = \sqrt{\frac{\gamma R T}{M_{\mathrm{H}_2}}}}

La célérité des ondes acoustiques est proportionnelle à la racine carrée de la température absolue : c \propto \sqrt{T}.

Application numérique à la sortie du cœur de réacteur : En sortie du cœur, la température vaut T_0 = 2500\text{ K}. Avec \gamma = 1{,}4 et r = 4{,}16\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} = 4{,}16 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} :

c_0 = \sqrt{1{,}4 \times 4{,}16 \times 10^3 \times 2500} = \sqrt{1{,}456 \times 10^7} \approx 3{,}82 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_0 = 3{,}82\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : nombre de mach, régime subsonique

Préciser la nature subsonique ou supersonique de l'écoulement de dihydrogène en sortie du cœur de réacteur.

Voir l'indice

Calculer le rapport M_0 = v_0 / c_0 à partir des valeurs numériques obtenues en Q28 et Q39.

Voir la réponse courte

Calcul du nombre de Mach M_0 = v_0 / c_0 \ll 1 : écoulement subsonique à l'entrée.

Voir le corrigé complet

Le nombre de Mach en sortie du cœ ur de réacteur (qui correspond à l'entrée de la tuyère) est défini par :

M_0 = \frac{v_0}{c_0}

D'après les résultats des questions Q28 et Q39 :

  • v_0 \approx 1{,}45 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} ;
  • c_0 \approx 3{,}82 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

L'application numérique donne :

M_0 = \frac{1{,}45 \times 10^2}{3{,}82 \times 10^3} \approx 3{,}8 \times 10^{-2}

Comme M_0 < 1 (et même M_0 \ll 1), l'écoulement de dihydrogène en sortie du cœ ur de réacteur est :

\boxed{\text{largement subsonique}}

Résultat

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : enthalpie totale, premier principe industriel

À partir de la relation établie à la question 32 et en tenant compte du caractère isentropique de l'évolution, établir une relation entre la température et la vitesse dans la tuyère. À quelle loi de conservation peut-on associer cette relation ? Justifier alors l'expression :

Voir l'indice

Différencier l'expression de Saint-Venant v^2 + \frac{2\gamma}{\gamma-1}r T = \mathrm{cste} (conservation de l'enthalpie totale).

Voir la stratégie
  1. Relier le rapport de pression (P/P_0)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} au rapport des températures T/T_0 via la loi de Laplace, puis remplacer P_0/\mu_0 par r T_0 dans la formule établie en Q32.
  2. Réarranger les termes pour faire apparaître l'enthalpie massique h = c_p T et l'énergie cinétique massique v^2/2, afin d'identifier la loi de conservation de l'enthalpie d'arrêt (ou enthalpie totale).
  3. Différentier la relation de conservation pour obtenir l'expression de \mathrm{d}T demandée.
Voir la réponse courte

Conservation de l'enthalpie totale h + v^2/2 = \text{cte} pour un gaz parfait (c_p \mathrm{d}T + v \mathrm{d}v = 0), d'où l'expression de \mathrm{d}T.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la vitesse du gaz est reliée à la pression locale par :

v^2 - v_0^2 = C_1 \left(1 - \left(\frac{P}{P_0}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}}\right) \quad \text{avec} \quad C_1 = \frac{2\gamma}{\gamma-1}\frac{P_0}{\mu_0}

Le dihydrogène se comportant comme un gaz parfait, l'équation d'état à l'entrée de la tuyère s'écrit P_0 = \mu_0 r T_0, soit :

\frac{P_0}{\mu_0} = r T_0 \implies C_1 = \frac{2\gamma r T_0}{\gamma - 1} = 2 c_p T_0

où c_p = \frac{\gamma r}{\gamma - 1} est la capacité thermique massique à pression constante.

L'écoulement étant adiabatique réversible pour un gaz parfait, la loi de Laplace sous la forme T P^{\frac{1-\gamma}{\gamma}} = \text{cste} s'applique le long d'une ligne de courant :

\left(\frac{P(x)}{P_0}\right)^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} = \frac{T(x)}{T_0}

En injectant ces résultats dans la relation de la question Q32, il vient :

v^2 - v_0^2 = \frac{2\gamma r T_0}{\gamma - 1} \left(1 - \frac{T}{T_0}\right) = \frac{2\gamma r}{\gamma - 1}(T_0 - T)

ce que l'on peut réécrire sous la forme :

\boxed{c_p T + \frac{1}{2}v^2 = c_p T_0 + \frac{1}{2}v_0^2} \quad \text{ou encore} \quad \boxed{T = T_0 - \frac{\gamma - 1}{2\gamma r}(v^2 - v_0^2)}

Cette relation correspond au premier principe de la thermodynamique en système ouvert appliqué à un écoulement stationnaire, sans échange thermique avec l'extérieur (q = 0) ni travail utile échangé (w_u = 0), en négligeant l'énergie potentielle de pesanteur :

\Delta h + \Delta e_c = 0 \iff h(x) + \frac{1}{2}v(x)^2 = \text{cste}

On associe donc cette relation à la conservation de l'enthalpie totale massique (ou enthalpie d'arrêt).

En différentiant cette relation de conservation le long de l'écoulement :

c_p\,\mathrm{d}T + v\,\mathrm{d}v = 0 \iff \mathrm{d}T = -\frac{1}{c_p} v\,\mathrm{d}v

Comme c_p = \frac{\gamma r}{\gamma - 1}, on a \frac{1}{c_p} = \frac{\gamma - 1}{\gamma r}, d'où :

\boxed{\mathrm{d}T = -\frac{\gamma - 1}{\gamma r} v^2 \frac{\mathrm{d}v}{v}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'identification avec le premier principe est très rare et le jury sanctionne les trucages de calculs pour retrouver la formule.

« Si les relations de Laplace offrent une résolution efficace, l’identification avec le premier principe n’est qu’exceptionnellement révélée. »

« Notons, comme précédemment, des modifications plus ou moins discrètes afin d’aboutir à la relation donnée : le jury sanctionne cette attitude. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : vitesse supersonique, détente thermique

En déduire la température en sortie de tuyère ainsi que la nature subsonique ou supersonique de l'écoulement.

Voir l'indice

Calculer T_1 par conservation de l'enthalpie totale avec v_1, puis évaluer la célérité locale c_1 pour obtenir le nombre de Mach de sortie M_1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la température de sortie T_1 à partir de la relation de conservation de l'enthalpie totale établie en Q41, reliant température et vitesse entre l'entrée et la sortie de la tuyère.
  2. Évaluer numériquement T_1 en utilisant la vitesse d'éjection v_1 déterminée à la question Q23.
  3. Calculer la célérité du son c_1 à cette température pour en déduire le nombre de Mach M_1 et statuer sur la nature du régime d'écoulement en sortie.
Voir la réponse courte

Calcul de T_1 en sortie puis comparaison de v_1 avec c(T_1) montrant le caractère supersonique (M_1 > 1).

Voir le corrigé complet

D'après la conservation de l'énergie (ou de l'enthalpie totale) établie à la question Q41 :

c_p T_1 + \frac{1}{2} v_1^2 = c_p T_0 + \frac{1}{2} v_0^2

où la capacité thermique massique à pression constante vaut c_p = \dfrac{\gamma r}{\gamma - 1}.

En isolant la température en sortie de tuyère T_1 :

T_1 = T_0 - \frac{v_1^2 - v_0^2}{2 c_p} = T_0 - \frac{\gamma - 1}{2 \gamma r}(v_1^2 - v_0^2)

La vitesse à l'entrée du réacteur v_0 \approx 1{,}45 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} est tout à fait négligeable devant la vitesse d'éjection en sortie v_1 = g I_{\mathrm{sp}} \approx 8{,}09 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (v_0^2 \ll v_1^2). On a donc :

\boxed{T_1 = T_0 - \frac{\gamma - 1}{2 \gamma r} v_1^2}

Application numérique :

\begin{aligned} c_p &= \frac{1{,}4 \times 4{,}16 \times 10^3}{1{,}4 - 1} = 1{,}456 \times 10^4\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} \\ T_1 &= 2500 - \frac{(8{,}09 \times 10^3)^2}{2 \times 1{,}456 \times 10^4} \approx 2500 - 2248 = 252\text{ K} \end{aligned}
\boxed{T_1 \approx 250\text{ K} \quad (\text{soit } -23^\circ\text{C})}

Calculons la célérité du son dans le dihydrogène à cette température d'après la relation établie en Q39 :

c_1 = \sqrt{\gamma r T_1} = \sqrt{1{,}4 \times 4{,}16 \times 10^3 \times 252} \approx 1{,}21 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

Le nombre de Mach en sortie de tuyère est alors :

M_1 = \frac{v_1}{c_1} = \frac{8{,}09 \times 10^3}{1{,}21 \times 10^3} \approx 6{,}7

Comme M_1 > 1, l'écoulement est supersonique (et même hypersonique car M_1 > 5).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seuls 2 % des candidats ont pensé à déduire de l'étude que le nombre de Mach vaut 1 au col.

« le jury regrette que seuls 2 % des candidats aient la satisfaction intellectuelle de déduire des observations précédentes que le nombre de Mach est unitaire au col. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif

Notions : col sonique, relation d'hugoniot

Au vu de la nature subsonique ou supersonique de l'écoulement à l'entrée et à la sortie de la tuyère, justifier que seule la tuyère de Laval permet une augmentation continue de la vitesse. Préciser la condition nécessaire sur le nombre de Mach au niveau du col pour un fonctionnement optimal de celle-ci.

Voir l'indice

Analyser le signe de \mathrm{d}S/\mathrm{d}v selon que l'écoulement est subsonique (M < 1) ou supersonique (M > 1), et examiner la condition d'annulation de \mathrm{d}S au col.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la relation d'Hugoniot en imposant une accélération continue du fluide (\mathrm{d}v > 0).
  2. Étudier le signe de \mathrm{d}S selon que le régime est subsonique (M < 1) ou supersonique (M > 1) pour déterminer l'évolution géométrique requise.
  3. Analyser le point particulier du col où la section est minimale (\mathrm{d}S = 0) pour en déduire la valeur du nombre de Mach M_c.
Voir la réponse courte

Au col, \mathrm{d}S = 0 \implies M = 1 d'après la relation d'Hugoniot ; l'écoulement passe de subsonique à supersonique uniquement avec un divergent après le col.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q40 et Q42, l'écoulement est :

  • subsonique à l'entrée de la tuyère : M_0 \approx 0{,}038 < 1 ;
  • supersonique à la sortie de la tuyère : M_1 \approx 6{,}7 > 1.

On cherche une accélération continue du fluide le long de l'axe (Ox), c'est-à-dire \dfrac{\mathrm{d}v}{v} > 0. D'après la relation d'Hugoniot admise :

\frac{\mathrm{d}S}{S} = (M^2 - 1) \frac{\mathrm{d}v}{v}

Le comportement de la tuyère dépend du signe du facteur (M^2 - 1) :

  • Tant que l'écoulement est subsonique (M < 1) : M^2 - 1 < 0, donc \dfrac{\mathrm{d}S}{S} < 0. La section doit impérativement décroître (\mathrm{d}S < 0) pour accélérer le gaz : la tuyère doit comporter une partie convergente.
  • Dès que l'écoulement devient supersonique (M > 1) : M^2 - 1 > 0, donc \dfrac{\mathrm{d}S}{S} > 0. La section doit augmenter (\mathrm{d}S > 0) pour continuer d'accélérer le gaz : la tuyère doit comporter une partie divergente.

Pour assurer une accélération continue depuis l'entrée subsonique jusqu'à la sortie supersonique, la tuyère doit donc obligatoirement être d'abord convergente puis divergente : c'est la géométrie spécifique d'une tuyère de Laval.

À la jonction entre le convergent et le divergent, la section S(x) passe par un minimum (le col de section S_c), de sorte que :

\mathrm{d}S = 0

Puisque le gaz ne s'arrête pas d'accélérer au col (\mathrm{d}v > 0), la relation d'Hugoniot impose :

(M_c^2 - 1) \frac{\mathrm{d}v_c}{v_c} = 0 \implies M_c^2 - 1 = 0

Comme M > 0, la condition nécessaire au niveau du col pour un fonctionnement optimal est :

\boxed{M_c = 1}

L'écoulement doit être sonique au col (régime critique ou tuyère amorcée).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Très peu de candidats ont fait le lien intellectuel montrant que le nombre de Mach est unitaire au col.

« le jury regrette que seuls 2 % des candidats aient la satisfaction intellectuelle de déduire des observations précédentes que le nombre de Mach est unitaire au col. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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C.3 · La tuyère - Les dimensions de la tuyère

Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : nombre de mach, écoulement isentropique

Déduire de la question 41 la relation

où l'on exprimera les constantes et en fonction de et .

Voir l'indice

Exprimer v^2 = M^2 c^2 = M^2 (\gamma r T) dans la relation de conservation de l'enthalpie totale c_p T + \frac{1}{2}v^2 = c_p T_0.

Voir la stratégie
  1. Partir de la relation de conservation de l'enthalpie totale établie à la question Q41 reliant la température T et la vitesse v.
  2. Exprimer le carré de la vitesse v^2 en fonction du nombre de Mach M = v/c et de la célérité du son c(T) = \sqrt{\gamma r T} obtenue à la question Q39.
  3. Factoriser par T pour identifier directement les constantes C_3 et C_4.
Voir la réponse courte

Remplacement de v^2 par M^2 \gamma r T dans la conservation de l'enthalpie d'arrêt pour identifier C_3 et C_4.

Voir le corrigé complet

À la question Q41, la conservation de l'enthalpie totale de l'écoulement stationnaire et adiabatique (sans travail utile) a permis d'établir :

c_p T + \frac{1}{2}v^2 = c_p T_0 + \frac{1}{2}v_0^2

L'entrée de la tuyère étant assimilée aux conditions génératrices de repos (v_0 \ll v), on a :

c_p T + \frac{1}{2}v^2 = c_p T_0

En utilisant l'expression de la capacité thermique massique c_p = \dfrac{\gamma r}{\gamma - 1}, cette relation se réécrit :

T + \frac{\gamma - 1}{2\gamma r}v^2 = T_0

Par définition du nombre de Mach M = \dfrac{v}{c}, et d'après la question Q39 où la célérité des ondes sonores dans le gaz parfait vaut c = \sqrt{\gamma r T}, on a :

v^2 = M^2 c^2 = \gamma r T M^2

En reportant cette expression dans la relation précédente, il vient :

T + \frac{\gamma - 1}{2\gamma r} \left(\gamma r T M^2\right) = T_0

soit, en factorisant par T :

T\left(1 + \frac{\gamma - 1}{2} M^2\right) = T_0

On obtient bien la forme demandée T(1 + C_3 M^2) = C_4, avec :

\boxed{C_3 = \frac{\gamma - 1}{2} \quad \text{et} \quad C_4 = T_0}

Résultat

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Question 45

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : dimensionnement, conservation du débit

Déterminer les diamètres de la tuyère au col et à la sortie. Commenter vos résultats à l'aide de la figure 2.

Voir l'indice

Déterminer les grandeurs au col (M_c = 1) et en sortie (M_1) pour déduire les sections correspondantes par conservation du débit massique D_m.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs thermodynamiques au col (M_c = 1) à l'aide de la relation de la question Q44 et des lois de Laplace, puis en déduire la section S_c et le diamètre d_c via la conservation du débit massique D_m = \mu_c S_c v_c.
  2. Procéder de même à la sortie de la tuyère à partir de T_1 et v_1 (établis en Q23 et Q42) pour calculer \mu_1, la section S_1 et le diamètre de sortie d_1.
  3. Comparer les dimensions obtenues au diamètre du cœur d_0 = 60\text{ cm} et commenter la cohérence géométrique avec le schéma du moteur NERVA (figure 2).
Voir la réponse courte

Calcul des sections au col (M=1) et en sortie (M_1) via le débit massique constant, d'où les diamètres correspondants.

Voir le corrigé complet

La conservation du débit massique tout au long de la tuyère s'écrit :

D_m = \mu(x) S(x) v(x) = \text{cte}

où, pour le gaz parfait, la masse volumique est \mu = \frac{P}{rT}.

1. Diamètre au col de la tuyère (d_c) :

Au col, l'écoulement est sonique, soit M_c = 1. D'après la relation établie en Q44 :

T_c = \frac{T_0}{1 + \frac{\gamma - 1}{2}} = \frac{2}{\gamma + 1} T_0
T_c = \frac{2}{2{,}4} \times 2500 \approx 2083\text{ K}

La vitesse du gaz au col est la célérité locale du son :

v_c = c_c = \sqrt{\gamma r T_c} = \sqrt{1{,}4 \times 4{,}16 \times 10^3 \times 2083{,}3} \approx 3{,}48 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

La transformation étant isentropique depuis l'état générateur (P_0, T_0) :

P_c = P_0 \left(\frac{T_c}{T_0}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} = P_0 \left(\frac{2}{\gamma + 1}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} = \alpha_M P_0

Avec \alpha_M = 0{,}528 (question Q34) et P_0 = 70{,}0 \times 10^5\text{ Pa} :

P_c = 0{,}528 \times 70{,}0 \times 10^5 = 3{,}70 \times 10^6\text{ Pa}

La masse volumique au col vaut ainsi :

\mu_c = \frac{P_c}{r T_c} = \frac{3{,}70 \times 10^6}{4{,}16 \times 10^3 \times 2083{,}3} \approx 0{,}427\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

La section du col est alors :

S_c = \frac{D_m}{\mu_c v_c} = \frac{27{,}4}{0{,}427 \times 3{,}48 \times 10^3} \approx 1{,}84 \times 10^{-2}\text{ m}^2

Pour une tuyère de section circulaire (S_c = \frac{\pi d_c^2}{4}) :

d_c = \sqrt{\frac{4 S_c}{\pi}} = \sqrt{\frac{4 \times 1{,}84 \times 10^{-2}}{\pi}} \approx 0{,}153\text{ m}
\boxed{d_c \approx 15\text{ cm}}

2. Diamètre à la sortie de la tuyère (d_1) :

D'après les questions Q23 et Q42, les conditions en sortie sont v_1 = 8{,}09 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et T_1 \approx 252\text{ K}.
La pression de sortie découle de la loi de Laplace :

P_1 = P_0 \left(\frac{T_1}{T_0}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}} = 70{,}0 \times 10^5 \times \left(\frac{252}{2500}\right)^{3{,}5} \approx 2{,}2 \times 10^3\text{ Pa}

La masse volumique des gaz en sortie vaut :

\mu_1 = \frac{P_1}{r T_1} = \frac{2{,}21 \times 10^3}{4{,}16 \times 10^3 \times 252} \approx 2{,}11 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

On en déduit la section de sortie :

S_1 = \frac{D_m}{\mu_1 v_1} = \frac{27{,}4}{2{,}11 \times 10^{-3} \times 8{,}09 \times 10^3} \approx 1{,}60\text{ m}^2

Ce qui donne pour le diamètre de sortie :

d_1 = \sqrt{\frac{4 S_1}{\pi}} = \sqrt{\frac{4 \times 1{,}60}{\pi}} \approx 1{,}43\text{ m}
\boxed{d_1 \approx 1{,}4\text{ m}}

3. Commentaire à l'aide de la figure 2 :

  • On constate la hiérarchie géométrique d_c < d_0 < d_1 avec :

    d_c \approx 15\text{ cm} < d_0 = 60\text{ cm} < d_1 \approx 1{,}4\text{ m}
  • Le col correspond à un resserrement marqué par rapport au cœur (d_0 / d_c \approx 4, soit une section réduite d'un facteur 15), ce qui correspond à la partie convergente visible sur la figure 2.
  • La jupe d'extension (divergent) s'évase jusqu'à un diamètre de sortie d'environ 1{,}4\text{ m}, soit plus du double du diamètre du réacteur (d_1 / d_0 \approx 2{,}4), en excellent accord avec les proportions de la tuyère de Laval schématisée sur la figure 2.
  • Deux moteurs de ce gabarit (2 \times 1{,}4\text{ m}) s'intègrent sans difficulté à la base du vaisseau spatial dont le diamètre global est de 10\text{ m}.

Résultat

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : changement d'état, tuyère

La pression en sortie de tuyère semble-t-elle respecter la condition évoquée à la question 36 ? Le dihydrogène subit-il un changement d'état à la sortie ?

Voir l'indice

Calculer la pression de sortie P_1 = P_0 (T_1/T_0)^{\frac{\gamma}{\gamma-1}} et placer le point (P_1, T_1) sur le diagramme de phase (P, T) fourni dans le document réponse.

Voir la stratégie
  1. Respect de la condition de pression : Calculer la pression statique P_1 des gaz en sortie de tuyère à l'aide de la loi de Laplace isentropique (ou des résultats des questions Q42 et Q44) et la comparer à la pression extérieure P_{\text{ext}} dans le milieu d'évolution du vaisseau (le vide spatial).
  2. État physique du dihydrogène : Relever les coordonnées thermiques (T_1, P_1) de sortie et les positionner sur le diagramme de phase (P, T) du dihydrogène fourni dans le document réponse pour déterminer s'il y a liquéfaction ou solidification.
Voir la réponse courte

Comparaison de (P_1, T_1) avec le diagramme d'état du dihydrogène pour vérifier l'absence de liquéfaction et l'adaptation de pression.

Voir le corrigé complet

1. Examen de la pression en sortie de tuyère

L'écoulement dans la tuyère étant modélisé comme adiabatique réversible (isentropique), la pression et la température locales sont reliées par la loi de Laplace pour un gaz parfait :

\frac{P_1}{P_0} = \left(\frac{T_1}{T_0}\right)^{\frac{\gamma}{\gamma - 1}}

D'après la question Q42, la température en sortie vaut T_1 \approx 252\text{ K}, tandis qu'en entrée T_0 = 2500\text{ K} et P_0 = 70{,}0 \times 10^5\text{ Pa}. Avec \gamma = 1{,}4, l'exposant vaut \frac{\gamma}{\gamma - 1} = \frac{1{,}4}{0{,}4} = 3{,}5. On en déduit :

\begin{aligned} P_1 &= P_0 \left(\frac{252}{2500}\right)^{3{,}5} \approx 70{,}0 \times 10^5 \times (0{,}1008)^{3{,}5} \approx 2{,}2 \times 10^3\text{ Pa} \approx 0{,}022\text{ bar} \approx 0{,}022\text{ atm} \end{aligned}

Le vaisseau opérant en orbite basse ou dans l'espace interplanétaire, la pression extérieure est celle du vide spatial :

P_{\text{ext}} \approx 0\text{ Pa}
  • La pression de sortie P_1 \approx 2{,}2\text{ kPa} est très fortement abaissée par rapport à la pression de chambre P_0 = 70\text{ bar} (détente d'un facteur supérieur à 3000).
  • Obtenir une adaptation parfaite (P_1 = P_{\text{ext}} = 0) exigerait une tuyère de rapport de section infini (S_1 \to \infty), ce qui est matériellement impossible en termes de masse et d'encombrement.
  • Comme P_1 > P_{\text{ext}}, la tuyère fonctionne en régime de sous-détente : les ondes de détente et de choc se développent exclusivement à l'extérieur de la tuyère, dans le panache, sans risquer de décoller la couche limite ni d'endommager la tuyère.
\boxed{\text{La condition est convenablement respectée : } P_1 \approx 2{,}2\text{ kPa} \ll P_0 \text{ est très proche du vide relatif de l'espace.}}

2. Changement d'état du dihydrogène en sortie

En sortie de tuyère, le dihydrogène présente les grandeurs thermodynamiques suivantes :

\begin{aligned} T_1 &\approx 252\text{ K} = -21\text{ }^\circ\text{C} \\ P_1 &\approx 2{,}2 \times 10^3\text{ Pa} \approx 2{,}2 \times 10^{-2}\text{ atm} \end{aligned}

Sur le diagramme (P, T) fourni :

  • Le point critique du dihydrogène se situe à T_c \approx -240\text{ }^\circ\text{C} \approx 33\text{ K} et P_c \approx 13\text{ atm}.
  • Le point triple se situe à T_{\text{tr}} \approx -259\text{ }^\circ\text{C} \approx 14\text{ K} et P_{\text{tr}} \approx 7 \times 10^{-2}\text{ atm}.

La température en sortie de tuyère T_1 = -21\text{ }^\circ\text{C} est très largement supérieure à la température critique (T_1 \gg T_c). L'état thermodynamique (T_1, P_1) se trouve donc loin à droite du domaine diphasique liquide-gaz, en phase gazeuse pure.

\boxed{\text{Le dihydrogène ne subit aucun changement d'état à la sortie de la tuyère : il reste à l'état gazeux.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury valorise l'utilisation pertinente du diagramme de phases fourni pour conclure sur l'état physique.

« Le jury est sensible à tout candidat sachant utiliser à bon escient le diagramme de phases qui lui est fourni. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2022

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 ?

Surtout 2 chapitres : Mouvement dans un champ de force centrale (43 % des questions, partie I) et Mécanique des fluides (24 %). Plus ponctuellement : Ondes mécaniques et acoustiques, Cinématique et dynamique du point, Machines thermiques et systèmes ouverts, Premier et second principes de la thermodynamique, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 26 questions sur 46 (57 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q21) et la sous-partie II.A (Q22 à Q25), ainsi que Q31. Avec les autres programmes de première année : 26 en MPSI et 26 en PTSI.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q13 (période synodique), Q16 (excentricité), Q21 (intégration temporelle), Q35 (relation d'hugoniot) et Q45 (dimensionnement).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 ?

Questions de cours : Q1 (analyse dimensionnelle), Q2 (force centrale), Q3 (mouvement plan), Q6 (loi de kepler), Q23 (impulsion spécifique), Q31 (loi de laplace) et Q37 (approximation acoustique). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (orbite circulaire), Q5 (énergie mécanique), Q22 (poussée de fusée), Q24 (formule de tsiolkovski), Q26 (premier principe industriel), Q30 (équation d'euler), Q38 (équation de d'alembert), Q39 (vitesse du son)….

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (28 sur 46), par exemple : Q1, Q3 à Q7, Q9, Q11, Q12, Q14, Q15, Q17 à Q20, Q23, Q25, Q27 à Q29, Q31…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q2, Q16, Q22, Q30, Q32, Q33, Q41 et Q44.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2022 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le jury estime que le sujet a révélé un certain nombre de difficultés : beaucoup de candidats ont rempli leurs copies sans maîtriser le sujet, et la question sur l'orbite elliptique (Q8), abordée par une majorité, n'a rapporté aucun point à la plupart d'entre eux. Moyenne : 9,19/20 (écart-type 4,12, 3 428 présents).

À quelle loi de conservation associer la relation de la question Q41 ?

Au premier principe pour un écoulement stationnaire sans transfert thermique ni travail utile. Il traduit la conservation de l'enthalpie totale massique h + \frac{1}{2}v^2 = \text{cste}, qui se simplifie pour un gaz parfait sous la forme c_p T + \frac{1}{2}v^2 = \text{cste}.

Que vaut le nombre de Mach au col de la tuyère en Q43 ?

Il vaut 1 (M_c = 1). L'écoulement étant subsonique en amont et supersonique en aval, l'accélération continue à travers un col de section minimale (\mathrm{d}S = 0) impose d'atteindre la vitesse du son au col selon la relation d'Hugoniot.

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