WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MP 2020

Supports : adhérence ou pas ?

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 10 questions sur 43. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PCSI 32 · PTSI 9 · MP2I 7 · TSI1 9 · BCPST1 30 questions.

Détail par partie

Le sujet en bref

Sujet moyen · Mécanique, Transformations chimiques, Thermodynamique · 8 incontournables · 32 questions de première année
Afficher ou masquer la section

Ce sujet pluridisciplinaire et très complet balaie un large spectre de la physique et de la chimie autour du rôle des supports et des frottements. Il s'organise en sept parties totalement indépendantes : de la mécanique classique des contacts solides jusqu'aux transferts thermiques en passant par les transitions de phase et la thermochimie industrielle.

D'un niveau technique très abordable et fidèle à l'esprit du concours CCINP, l'épreuve propose des applications concrètes attrayantes (crépitement de la craie, salage des routes verglacées, fabrication bas carbone du béton, routes solaires déneigeantes). C'est un support d'entraînement exceptionnel pour consolider les bases de mécanique du solide avec frottement sec, les bilans thermiques hors équilibre et la modélisation des échangeurs par résistances thermiques.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,74/20)
Temps estimé
≈ 3 h 45 pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Chapitres

Part des questions du sujet.

Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

26 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
Afficher ou masquer la section

Rapides et accessibles (26) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    L'application numérique de Q17 avec la masse fournie conduit à une fréquence ultrasonore de 400\text{ kHz}, incompatible avec le phénomène de crissement audible étudié en Q19. Il convient de mener le calcul brut demandé tout en signalant qu'une masse de 50\text{ g} restitue 400\text{ Hz}.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

43 questions
Afficher ou masquer la section

Partie I : Lois de Coulomb relatives au glissement

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : vitesse de glissement, loi de coulomb

a) Définir ce qu'on appelle la vitesse de glissement d'un solide par rapport à un autre en un point de contact. b) Doit-on préciser dans quel référentiel elle est exprimée ?

Voir l'indice

Écrire la relation cinématique entre les vitesses des points coïncidents des deux solides et préciser pourquoi la différence de deux vitesses est indépendante du référentiel.

Voir la stratégie
  1. Définir la vitesse de glissement à l'aide de la notion cinématique classique de points coïncidants au point de contact entre deux solides.
  2. Utiliser la loi de composition des vitesses pour statuer sur l'indépendance de cette vitesse vis-à-vis d'un référentiel d'observation extérieur.
Voir la réponse courte

Définition de la vitesse relative au point de contact, indépendante du référentiel par composition des vitesses.

Voir le corrigé complet

a) Soient deux solides S_1 et S_2 en contact au point I à la date t. On note I_1 \in S_1 et I_2 \in S_2 les points matériels des deux solides géométriquement coïncidants en I à cet instant.

La vitesse de glissement de S_1 par rapport à S_2 au point de contact est la vitesse du point matériel I_1 dans le référentiel lié au solide S_2 :

\boxed{\vec{v}_g(S_1/S_2) = \vec{v}(I \in S_1 / S_2)}

b) Non, il n'est pas nécessaire de préciser dans quel référentiel elle est exprimée.

En effet, le référentiel est implicitement fixé par la relation de mouvement relatif : c'est le référentiel attaché au solide S_2.

De plus, en appliquant la formule de composition des vitesses par rapport à un référentiel d'observation quelconque \mathcal{R} :

\begin{aligned} \vec{v}(I \in S_1 / \mathcal{R}) &= \vec{v}(I \in S_1 / S_2) + \vec{v}(I \in S_2 / \mathcal{R}) \end{aligned}

on obtient immédiatement :

\vec{v}_g(S_1/S_2) = \vec{v}(I \in S_1 / \mathcal{R}) - \vec{v}(I \in S_2 / \mathcal{R})

Puisque les deux points coïncident au même instant en I, la vitesse d'entraînement du repère \mathcal{R} est identique pour les deux et s'élimine par différence. La vitesse de glissement est donc une grandeur intrinsèque au couple de solides en contact, indépendante du référentiel d'étude \mathcal{R} choisi.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition rigoureuse de la vitesse de glissement ne doit pas être restreinte au cas d'un mouvement plan sur plan.

« La définition rigoureuse de la vitesse de glissement est souvent remplacée par un charabia. »

« La situation se trouve restreinte à celle d’un mouvement plan sur plan. »

« La réponse est souvent fausse. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, adhérence

Expliquer à quelle condition on passe de l'adhérence au glissement.

Voir l'indice

Rappeler la limite d'inégalité imposée par la loi de frottement statique sur la composante tangentielle.

Voir la stratégie
  1. Partir de la loi de Coulomb en phase statique et expliciter le rôle de la réaction tangentielle d'adhérence.
  2. Formuler la condition de rupture d'adhérence (dépassement de la valeur limite permise par le cône de frottement).
Voir la réponse courte

Passage au glissement lorsque la composante tangentielle atteint la valeur limite \|T\| = f_s N.

Voir le corrigé complet

En phase d'adhérence, la vitesse de glissement est nulle (\vec{v}_g = \vec{0}). La composante tangentielle \vec{T} de la réaction du support est une force de liaison qui s'adapte aux actions extérieures appliquées au solide pour maintenir l'absence de mouvement relatif, sous la condition de non-glissement :

\|\vec{T}\| \le f_s \|\vec{N}\|

Le passage de l'adhérence au glissement intervient lorsque les actions extérieures imposent, pour maintenir l'immobilité relative, un effort tangentiel qui atteint le seuil maximal admissible :

\boxed{\|\vec{T}\| = f_s \|\vec{N}\|}

À cet instant, la force de frottement statique ne suffit plus à empêcher le déplacement relatif : le contact décroche et le solide se met à glisser (\vec{v}_g \neq \vec{0}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les conditions de transition entre adhérence et glissement sont souvent incomplètes ou fausses malgré le rappel des lois dans le sujet.

« Malgré les lois reprises dans l’énoncé, les réponses sont souvent erronées ou partielles. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, glissement

Expliquer à quelle condition on passe du glissement à l'adhérence.

Voir l'indice

Identifier la condition cinématique d'annulation de la vitesse relative, puis vérifier la condition de non-reprise du glissement.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition cinématique nécessaire à l'arrêt du glissement.
  2. Préciser la condition dynamique pour que le système reste en phase d'adhérence et ne reparte pas immédiatement en glissement.
Voir la réponse courte

Arrêt du glissement lorsque la vitesse relative s'annule, avec maintien si \|T\| \le f_s N.

Voir le corrigé complet

Le passage d'un régime de glissement à un régime d'adhérence requiert deux conditions :

  1. Une condition cinématique : la vitesse de glissement du solide par rapport à son support doit s'annuler :

    \vec{v}_g = \vec{0}
  2. Une condition dynamique de maintien : à cet instant, l'effort tangentiel \vec{T} nécessaire pour maintenir le contact sans glissement (déterminé par les lois de la dynamique avec \vec{v}_g = \vec{0}) doit satisfaire l'inégalité de Coulomb relative à l'adhérence :

    \|\vec{T}\| \le f_s \|\vec{N}\|

Si cette seconde condition n'est pas remplie, le solide ne s'arrête que de manière instantanée et repart immédiatement en glissement (le plus souvent en inversant le sens de sa vitesse).

Signaler une erreurSommaire

Partie II : Mesure du coefficient de frottement dynamique

Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Cinématique et dynamique du point

Notions : tension de fil, phase de mouvement

Décrire qualitativement les deux phases successives du mouvement de l'ensemble en précisant pour chacune d'elles si le fil est tendu ou non tendu.

Voir l'indice

Distinguer la première phase où la masse suspendue chute sous l'effet du poids de la seconde où elle repose au sol pendant que le bloc ralentit.

Voir la réponse courte

Phase 1 avec fil tendu tant que la masse chute, puis phase 2 avec fil détendu après l'impact.

Voir le corrigé complet

Le mouvement de l'ensemble comporte deux phases successives :

  1. Première phase (mise en mouvement et chute du solide 2) : À l'instant initial, le système est libéré sans vitesse. Comme la condition \alpha > f_s est vérifiée, le poids du solide 2 l'emporte sur l'effort résistant maximal dû au frottement statique sur le solide 1 (\alpha M g > f_s M g). Le système accélère : le solide 2 descend d'une hauteur H_0 tandis que le solide 1 glisse vers la droite. Durant toute cette phase d'entraînement, le fil est tendu. Cette phase s'achève à la date t_1 lorsque le solide 2 entre en contact avec le support inférieur S'.
  2. Deuxième phase (glissement décéléré du solide 1 seul) : Une fois le solide 2 posé sur le support S', il n'exerce plus aucune force de traction sur le solide 1. Le solide 1, animé de la vitesse horizontale non nulle V_1 acquise à la fin de la première phase, poursuit son mouvement par inertie. Durant cette phase, le fil n'est plus tendu (fil détendu). Le solide 1 est freiné par la seule force de frottement dynamique exercée par le support horizontal S jusqu'à l'arrêt complet du mobile, après un déplacement total de distance D.
Voir ce qu'a relevé le jury

La description qualitative est souvent réussie mais n'est pas toujours traduite par des équations correctes par la suite.

« La description qualitative, souvent bonne, n’a pas été suivie d’équations justes dans de nombreuses copies. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : principe fondamental de la dynamique, tension de fil

La nature « idéale » de la poulie et du fil permet de considérer que la norme de la tension du fil est conservée tout le long du fil. En appliquant le théorème de la résultante cinétique au solide 1 et au solide 2, écrire les 3 relations qui lient , , , , , , l'accélération horizontale du solide 1 et l'accélération verticale du solide 2.

Voir l'indice

Projeter le principe fondamental de la dynamique sur les axes horizontaux et verticaux respectifs pour chaque solide.

Voir la stratégie
  1. On se place dans le référentiel du laboratoire, supposé galiléen, muni du repère cartésien indiqué sur la figure 1 : l'axe (Ox) horizontal orienté vers la droite (direction du mouvement du solide 1) et l'axe (Oz) vertical orienté vers le bas (direction du mouvement du solide 2).
  2. On isole successivement le solide 1 puis le solide 2, on dresse le bilan des actions mécaniques extérieures pour chacun d'eux, puis on applique le théorème de la résultante cinétique (deuxième loi de Newton) projeté selon les axes pertinents.
Voir la réponse courte

Application du PFD aux deux masses pour projeter les équations selon l'horizontale et la verticale.

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement dans le référentiel terrestre lié au support \text{S}, supposé galiléen.

Système 1 : solide 1 de masse M Le solide 1 est soumis à quatre forces :

  • son poids : \vec{P}_1 = M g\,\vec{e}_z (vertical descendant) ;
  • la composante normale de l'action du support \text{S} : \vec{N} = -N\,\vec{e}_z (verticale ascendante) ;
  • la composante tangentielle de frottement : \vec{T} = -T\,\vec{e}_x (horizontale, s'opposant au déplacement selon +x) ;
  • la tension du fil : \vec{F}_1 = F\,\vec{e}_x (horizontale, orientée vers la poulie).

Le théorème de la résultante cinétique appliqué au solide 1 s'écrit :

M\,\vec{a}_1 = \vec{P}_1 + \vec{N} + \vec{T} + \vec{F}_1

Le solide 1 n'ayant pas de mouvement selon la verticale (\ddot{Y}_1 = 0, \ddot{Z}_1 = 0), ses projections donnent :

  • sur l'axe horizontal (Ox) :

    \boxed{ M \ddot{X} = F - T }
  • sur l'axe vertical (Oz) :

    \boxed{ N = M g }

Système 2 : solide 2 de masse \alpha M Le solide 2 se déplace verticalement et est soumis à deux forces :

  • son poids : \vec{P}_2 = \alpha M g\,\vec{e}_z (vertical descendant) ;
  • la tension du fil : \vec{F}_2 = -F\,\vec{e}_z (verticale ascendante).

Le théorème de la résultante cinétique appliqué au solide 2 donne :

\alpha M\,\vec{a}_2 = \vec{P}_2 + \vec{F}_2

La projection sur l'axe vertical descendant (Oz) conduit à :

\boxed{ \alpha M \ddot{Z} = \alpha M g - F }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Respectez la méthode imposée et évitez de confondre les masses, le poids et la tension, ou les normes et composantes algébriques.

« Beaucoup de fautes : échange des masses des deux solides, confusion entre tension et poids, confusion entre norme et composante algébrique. La méthode imposée n’est pas respectée. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : loi de coulomb, frottement dynamique

Traduire la loi de Coulomb pour exprimer .

Voir l'indice

Traduire le fait que le glissement a lieu vers les x croissants pour orienter la force tangentielle.

Voir la réponse courte

En phase de glissement vers la droite, la force de frottement vaut \vec{T} = -f_g N \vec{u}_x = -f_g M g \vec{u}_x.

Voir le corrigé complet

Pendant le mouvement, le solide 1 glisse sur le support horizontal fixe S vers la droite (dans le sens de l'axe (Ox) orienté par le vecteur unitaire \vec{e}_x).

La vitesse de glissement du solide 1 par rapport au support S s'écrit :

\vec{v}_g = \dot{X}\,\vec{e}_x \quad \text{avec} \quad \dot{X} > 0

D'après la loi de Coulomb en régime dynamique :

  • la composante tangentielle \vec{T} est de sens opposé à la vitesse de glissement, soit portée par -\vec{e}_x ;
  • sa norme vérifie l'égalité T = \|\vec{T}\| = f_g \|\vec{N}\| = f_g N.

En utilisant la composante normale N = M g obtenue à la question Q5, la force de frottement s'exprime vectoriellement par :

\boxed{\vec{T} = - f_g N\,\vec{e}_x = - f_g M g\,\vec{e}_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'expression demandée est vectorielle et ne doit pas être réduite à une norme.

« On demande un vecteur et la réponse donne une norme. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : fil inextensible, accélération constante

On s'intéresse à la première phase du mouvement. a) Exprimer le lien entre et en le justifiant dans cette première phase. b) Établir dans cette phase la vitesse en fonction de , et . c) Quelle est la durée de cette première phase ? d) Quelle est la vitesse correspondante atteinte ?

Voir l'indice

Relier les accélérations grâce à la constance de la longueur du fil, puis intégrer pour un mouvement uniformément accéléré.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition cinématique d'inextensibilité du fil tendu pour relier \ddot{X} et \ddot{Z}.
  2. Combiner les équations du mouvement issues du théorème de la résultante cinétique (Q5) avec la force de frottement (Q6) pour éliminer la tension F et intégrer l'accélération.
  3. Utiliser la distance parcourue H_0 par le solide 2 pour déterminer la date t_1 de fin de la première phase et en déduire la vitesse V_1.
Voir la réponse courte

Inextensibilité \ddot{X}=\ddot{Z}, accélération constante puis intégration pour déterminer la durée t_1 et la vitesse V_1.

Voir le corrigé complet

a) Lien entre \ddot{X} et \ddot{Z}

Pendant toute la première phase, le fil reste tendu. En notant x_P l'abscisse de la poulie et z_P sa cote verticale, la longueur L du fil s'écrit :

L = (x_P - X) + (Z - z_P) + \ell_{\text{enroulement}}

où \ell_{\text{enroulement}}, x_P, z_P et L sont constants. En dérivant deux fois par rapport au temps :

-\ddot{X} + \ddot{Z} = 0
\boxed{\ddot{X} = \ddot{Z}}

b) Vitesse \dot{X}(t) en fonction de \alpha, f_g et g

D'après les relations établies en Q5 et l'expression de la composante tangentielle T = f_g M g obtenue en Q6 :

\begin{aligned} M \ddot{X} &= F - f_g M g \\ \alpha M \ddot{Z} &= \alpha M g - F \end{aligned}

Comme \ddot{Z} = \ddot{X}, en sommant ces deux équations membre à membre afin d'éliminer la tension F :

(1 + \alpha) M \ddot{X} = (\alpha - f_g) M g \implies \ddot{X} = \frac{\alpha - f_g}{\alpha + 1} g

L'accélération étant constante et le solide 1 partant du repos (\dot{X}(0) = 0), on intègre entre 0 et t :

\boxed{\dot{X}(t) = \frac{\alpha - f_g}{\alpha + 1} g t}

c) Durée t_1 de la première phase

La première phase s'achève à la date t_1 lorsque le solide 2 atteint le support S', ayant ainsi parcouru la distance verticale H_0. Comme \dot{Z}(0) = 0 et \ddot{Z} = \ddot{X} :

H_0 = \frac{1}{2} \ddot{X} t_1^2 = \frac{1}{2} \frac{\alpha - f_g}{\alpha + 1} g t_1^2

On en déduit la durée t_1 :

\boxed{t_1 = \sqrt{\frac{2(\alpha + 1) H_0}{(\alpha - f_g) g}}}

d) Vitesse atteinte V_1

À la date t_1, la vitesse atteinte par le solide 1 est :

V_1 = \dot{X}(t_1) = \ddot{X} t_1 = \sqrt{2 \ddot{X} H_0}
\boxed{V_1 = \sqrt{\frac{2(\alpha - f_g)}{\alpha + 1} g H_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le lien entre les deux accélérations a posé difficulté, certains introduisant un rapport injustifié.

« Là encore, la question a) faite pour aider, n’a pas eu l’effet escompté […] On voit même des candidats introduire un rapport α entre les deux accélérations. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : mouvement rectiligne uniformément varié, coefficient de frottement dynamique

On s'intéresse à la deuxième phase du mouvement. a) Exprimer dans cette phase en fonction de , , , , , et . b) Exprimer en fonction de , et .

Voir l'indice

Intégrer l'accélération négative constante due au seul frottement dynamique entre t_1 et l'arrêt complet pour relier la distance totale d'arrêt au coefficient de frottement.

Voir la stratégie
  1. Pendant la deuxième phase (t \ge t_1), le solide 2 repose sur le support S' et le fil est détendu (F = 0). Le solide 1 n'est freiné que par la force de frottement dynamique. On intègre son équation différentielle à partir des conditions initiales à t = t_1.
  2. L'arrêt du solide 1 (\dot{X} = 0) correspond à la distance totale parcourue D. En reliant la distance de décélération à la vitesse V_1, puis en injectant l'expression de V_1 trouvée en Q7, on isole f_g.
Voir la réponse courte

Décélération uniforme \ddot{X}=-f_g g jusqu'à l'arrêt, fournissant l'expression de f_g en fonction de \alpha, H_0 et D.

Voir le corrigé complet

a) Expression de X(t) dans la deuxième phase

Pour t \ge t_1, le solide 2 est immobilisé sur S' et le fil n'est plus tendu (F = 0).

Le solide 1 glisse toujours sur le support S dans le sens de \vec{e}_x, avec la force de frottement dynamique \vec{T} = -f_g M g \vec{e}_x (d'après Q6). La projection du théorème de la résultante cinétique sur l'axe horizontal donne :

M \ddot{X}(t) = -f_g M g \iff \ddot{X}(t) = -f_g g

À la date t = t_1, les conditions initiales de cette deuxième phase sont (d'après Q7) :

X(t_1) = X_0 + H_0 \quad \text{et} \quad \dot{X}(t_1) = V_1

Une première intégration par rapport au temps donne la vitesse :

\dot{X}(t) = V_1 - f_g g (t - t_1)

Une seconde intégration donne la position :

\boxed{ X(t) = X_0 + H_0 + V_1(t - t_1) - \frac{1}{2} f_g g (t - t_1)^2 }

b) Expression de f_g en fonction de \alpha, H_0 et D

Le solide 1 s'arrête à une date finale t_f telle que sa vitesse s'annule :

\dot{X}(t_f) = 0 \iff t_f - t_1 = \frac{V_1}{f_g g}

La distance d_2 parcourue par le solide 1 lors de cette seconde phase s'écrit :

d_2 = X(t_f) - X(t_1) = V_1 (t_f - t_1) - \frac{1}{2} f_g g (t_f - t_1)^2 = \frac{V_1^2}{2 f_g g}

La distance totale parcourue depuis l'état initial étant D = H_0 + d_2, il vient :

D - H_0 = \frac{V_1^2}{2 f_g g}

En utilisant l'expression de V_1^2 obtenue à la question Q7d, à savoir V_1^2 = \dfrac{2(\alpha - f_g)}{\alpha + 1} g H_0, on obtient :

D - H_0 = \frac{\alpha - f_g}{f_g (\alpha + 1)} H_0

En développant cette relation afin d'isoler f_g :

\begin{aligned} f_g (\alpha + 1)(D - H_0) &= (\alpha - f_g) H_0 \\ f_g \left[(\alpha + 1)(D - H_0) + H_0\right] &= \alpha H_0 \\ f_g \left[(\alpha + 1)D - (\alpha + 1)H_0 + H_0\right] &= \alpha H_0 \\ f_g \left[(\alpha + 1)D - \alpha H_0\right] &= \alpha H_0 \end{aligned}

On en déduit l'expression du coefficient de frottement dynamique :

\boxed{ f_g = \frac{\alpha H_0}{(\alpha + 1) D - \alpha H_0} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à l'annulation de la tension, utilisez la variable (t - t1) pour intégrer simplement et veillez aux signes et aux dimensions lors du calcul.

« Beaucoup oublient qu’il n’y a plus de tension et se trompent de valeur pour l’accélération du solide 1. »

« Beaucoup utilisent mal les conditions initiales ou changent l’origine du temps sans le préciser ou même s’en apercevoir. Au lieu d’utiliser (t - t1), ils font des calculs de constantes d’intégration inutiles. »

« Enfin, certains ayant écrit les bonnes équations ne mènent pas correctement les calculs, pourtant simples, pour obtenir le coefficient de frottement multipliant les fautes de signe et de dimensions. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Frottement solide

Notions : théorème de l'énergie cinétique, travail des forces de frottement

Retrouver ce résultat en appliquant le théorème de l'énergie cinétique à chacune des deux phases du mouvement.

Voir l'indice

Appliquer le théorème de l'énergie cinétique à l'ensemble du système pour la phase 1, puis au solide 1 seul pour la phase 2.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le théorème de l'énergie cinétique au système global \{solide 1 + solide 2 + fil\} entre l'instant initial t=0 et la fin de la première phase t=t_1 (où le solide 2 touche le sol S'), afin de relier V_1 à H_0.
  2. Appliquer le théorème de l'énergie cinétique au solide 1 seul entre t=t_1 et l'arrêt final sur la distance restante D - H_0 (le fil étant alors détendu).
  3. Éliminer l'énergie cinétique intermédiaire \frac{1}{2}M V_1^2 pour retrouver l'expression de f_g établie à la question Q8.
Voir la réponse courte

Bilan énergétique global : le travail moteur du poids compense le travail résistant de frottement sur la distance D.

Voir le corrigé complet

1. Première phase du mouvement (0 \le t \le t_1) :

On applique le théorème de l'énergie cinétique dans le référentiel terrestre supposé galiléen au système fermé \{\text{solide 1} + \text{solide 2} + \text{fil}\} entre t = 0 (système au repos) et t_1 (vitesse V_1) :

\Delta E_{c,1} = E_c(t_1) - E_c(0) = \frac{1}{2} M V_1^2 + \frac{1}{2} (\alpha M) V_1^2 - 0 = \frac{1}{2}(\alpha + 1) M V_1^2

Les forces effectuant un travail au cours de cette phase sont :

  • le poids du solide 2, sur le déplacement vertical H_0 :

    W(\vec{P}_2) = \alpha M g H_0
  • la force de frottement dynamique exercée sur le solide 1, colinéaire et opposée au déplacement H_0 :

    W(\vec{T}) = - T \cdot H_0 = - f_g M g H_0
  • le fil étant idéal et inextensible, le travail des forces intérieures de tension est nul (W_{\text{int}} = 0) ;
  • le poids du solide 1 et la composante normale \vec{N} de la réaction sont orthogonaux au déplacement horizontal, donc ne travaillent pas.

Le théorème de l'énergie cinétique s'écrit donc :

\frac{1}{2}(\alpha + 1) M V_1^2 = (\alpha - f_g) M g H_0

soit :

\frac{1}{2} M V_1^2 = \frac{\alpha - f_g}{\alpha + 1} M g H_0

2. Deuxième phase du mouvement (t_1 \le t \le t_{\text{fin}}) :

Le solide 2 est immobile au sol S' et le fil est détendu. On applique le théorème de l'énergie cinétique au solide 1 seul entre t_1 (vitesse V_1) et l'arrêt (vitesse nulle), sur la distance restante d_2 = D - H_0 :

\Delta E_{c,2} = 0 - \frac{1}{2} M V_1^2 = W(\vec{T}) = - f_g M g (D - H_0)

d'où :

\frac{1}{2} M V_1^2 = f_g M g (D - H_0)

3. Détermination de f_g :

En égalant les deux expressions de \frac{1}{2} M V_1^2, on obtient :

\frac{\alpha - f_g}{\alpha + 1} M g H_0 = f_g M g (D - H_0)

En simplifiant par M g non nul :

(\alpha - f_g) H_0 = f_g (\alpha + 1)(D - H_0)

Développons :

\alpha H_0 - f_g H_0 = f_g (\alpha + 1) D - f_g (\alpha + 1) H_0 = f_g (\alpha + 1) D - f_g \alpha H_0 - f_g H_0

Le terme -f_g H_0 se simplifie de part et d'autre :

\alpha H_0 = f_g \left[(\alpha + 1) D - \alpha H_0\right]

On retrouve bien l'expression obtenue à la question Q8 :

\boxed{f_g = \frac{\alpha H_0}{(\alpha + 1) D - \alpha H_0}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le raisonnement énergétique est très peu maîtrisé, les candidats confondant théorème de l'énergie cinétique et puissance cinétique.

« Visiblement très, très peu de candidats maîtrisent le raisonnement énergétique. Cette question rarement abordée reste le plus souvent une écriture de la puissance cinétique et pas de l’intégrale première du mouvement. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : coefficient de frottement dynamique

On réalise l'expérience plusieurs fois de suite, en partant toujours de la valeur de . La masse du solide 1 vaut et celle du solide 2 vaut . Calculer la valeur du coefficient de frottement sachant qu'on a trouvé une valeur moyenne de la distance égale à .

Voir l'indice

Isoler f_g dans l'expression littérale établie précédemment et effectuer l'application numérique avec les valeurs données.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le rapport de masse \alpha = \frac{m_2}{M} à partir des données de l'énoncé.
  2. Utiliser l'expression littérale du coefficient de frottement dynamique f_g établie aux questions Q8 et Q9 :

    f_g = \frac{\alpha H_0}{(\alpha + 1) D - \alpha H_0}
  3. Effectuer l'application numérique avec la distance moyenne \langle D \rangle en veillant à la cohérence des unités et au nombre de chiffres significatifs.
Voir la réponse courte

Application numérique directe de l'expression de f_g à partir des masses et de la distance moyenne mesurée.

Voir le corrigé complet

Le rapport de masse \alpha est donné par :

\alpha = \frac{\alpha M}{M} = \frac{60\text{ g}}{50\text{ g}} = 1{,}20

D'après les questions précédentes (Q8-b et Q9), le coefficient de frottement dynamique f_g s'exprime par :

f_g = \frac{\alpha H_0}{(\alpha + 1) \langle D \rangle - \alpha H_0}

Avec les données numériques suivantes :

  • H_0 = 40{,}0\text{ cm} = 0{,}400\text{ m} ;
  • \langle D \rangle = 1{,}50\text{ m} ;
  • \alpha = 1{,}20.

On calcule le numérateur et le dénominateur :

\begin{aligned} \alpha H_0 &= 1{,}20 \times 0{,}400 = 0{,}480\text{ m} \\ (\alpha + 1)\langle D \rangle - \alpha H_0 &= 2{,}20 \times 1{,}50 - 0{,}480 = 3{,}30 - 0{,}480 = 2{,}82\text{ m} \end{aligned}

D'où :

f_g = \frac{0{,}480}{2{,}82} = \frac{8}{47} \approx 0{,}170
\boxed{f_g \approx 0{,}17}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie III : Mesure du coefficient de frottement statique

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : plan incliné, angle de frottement

On pose maintenant le solide 1 sur le support S qui fait un angle avec le plan horizontal. Le dispositif est représenté sur la figure 2. On fait augmenter, à partir d'une valeur faible, l'angle en déplaçant lentement un coin et on mesure pour quelle valeur le solide 1 se met à glisser. Montrer que cette expérience permet de mesurer le coefficient de frottement .

Voir l'indice

Projeter les forces à l'équilibre strict sur le plan incliné et faire le quotient des composantes normale et tangentielle au seuil de glissement.

Voir la stratégie
  1. Isoler le solide 1 à l'équilibre statique sur le plan incliné et faire le bilan des forces.
  2. Projeter le principe fondamental de la statique sur les directions tangentielle et normale au plan afin d'exprimer les composantes T et N de la réaction du support.
  3. Appliquer la loi de Coulomb statique à la limite du glissement pour relier l'angle limite \theta_{\text{lim}} au coefficient de frottement statique f_s.
Voir la réponse courte

Équilibre statique à la limite de glissement menant à la relation classique f_s = \tan\theta_{\text{lim}}.

Voir le corrigé complet

On étudie le solide 1 de masse M dans le référentiel terrestre lié au support, supposé galiléen. L'angle \theta augmentant très lentement, le solide est à l'équilibre mécanique tant qu'il n'y a pas glissement.

Le système est soumis à deux actions :

  • son poids \vec{P} = M\vec{g} ;
  • la réaction du support \vec{R} = \vec{N} + \vec{T}, où \vec{N} est orthogonale au support et orientée vers le haut, et \vec{T} est parallèle au support et orientée vers le haut de la pente (pour s'opposer à la tendance au mouvement vers le bas).

D'après le principe fondamental de la statique appliqué au solide 1 :

\vec{P} + \vec{N} + \vec{T} = \vec{0}

En projetant sur l'axe orthogonal au plan incliné (dirigé vers le haut) et sur l'axe parallèle au plan incliné (dirigé vers le bas de la pente), on obtient :

\begin{aligned} N - M g \cos\theta &= 0 \implies N = M g \cos\theta \\ M g \sin\theta - T &= 0 \implies T = M g \sin\theta \end{aligned}

D'après la loi de Coulomb relative au frottement statique (rappelée en partie I), l'absence de glissement impose :

T \leqslant f_s N \iff M g \sin\theta \leqslant f_s M g \cos\theta \iff \tan\theta \leqslant f_s

Le décrochement (mise en glissement) a lieu à la limite stricte de l'adhérence (d'après la question Q2), atteinte pour l'angle critique \theta = \theta_{\text{lim}} tel que T = f_s N, soit :

\boxed{f_s = \tan\theta_{\text{lim}}}

La mesure de l'angle d'inclinaison \theta_{\text{lim}} permet ainsi de déterminer directement le coefficient de frottement statique f_s, indépendamment de la masse M du solide et de l'accélération de la pesanteur g.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question globalement bien réussie, même si l'établissement rigoureux du résultat fait parfois défaut.

« Question souvent assez réussie. Certains connaissent le résultat même s’ils ne savent pas l’établir. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide

Notions : angle de frottement

On réalise plusieurs essais successifs de décrochement et la valeur moyenne de est de l'ordre de . En déduire l'ordre de grandeur du coefficient de frottement mesuré.

Voir l'indice

Calculer directement la tangente de l'angle critique moyen mesuré.

Voir la réponse courte

Calcul numérique immédiat du coefficient statique f_s = \tan(29{,}5^\circ) \approx 0{,}57.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat établi à la question précédente (Q11), le coefficient de frottement statique s'exprime en fonction de l'angle limite de décrochement par :

f_s = \tan\theta_{\text{lim}}

Avec la valeur expérimentale moyenne \theta_{\text{lim}} = 29{,}5^\circ, on obtient :

\begin{aligned} f_s &= \tan(29{,}5^\circ) \approx 0{,}566 \end{aligned}

L'ordre de grandeur du coefficient de frottement statique mesuré est donc :

\boxed{f_s \approx 0{,}57}

soit environ 0{,}6.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux confusions entre la fonction tangente et sa bijection réciproque arctangente.

« Quelques confusions entre tan et arc tan. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Partie IV : Phénomène de « slip-stick »

Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Cinématique et dynamique du point

Notions : adhérence, force de rappel élastique

Établir les expressions : a) de l'allongement b) de la date associés au début de glissement du solide 1 par rapport au tapis.

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre du patin sur le tapis en mouvement pour trouver l'effort maximal admissible par les frottements statiques.

Voir la stratégie
  1. Pendant la phase d'adhérence (0 \le t \le t_1), le solide 1 est immobile par rapport au tapis roulant, ce qui impose sa vitesse et permet d'exprimer son allongement X(t).
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique (ou théorème de la résultante cinétique) au solide 1 pour déterminer les composantes normale et tangentielle de la réaction exercée par le tapis.
  3. Utiliser la condition limite de Coulomb pour l'adhérence (\|\vec{T}\| = f_s N) afin d'en déduire l'allongement critique X_1, puis la date de décrochage t_1.
Voir la réponse courte

Pendant l'adhérence X(t)=Vt ; décrochement à la limite de Coulomb k X_1 = f_s M g.

Voir le corrigé complet

On étudie le solide 1 de masse M dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni de la base cartésienne orthonormée (\vec{e}_X, \vec{e}_y, \vec{e}_z) où \vec{e}_z est vertical ascendant et \vec{e}_X horizontal orienté dans le sens du mouvement du tapis.

Le solide 1 est soumis à :

  • son poids : \vec{P} = - M g \vec{e}_z ;
  • la force de rappel élastique exercée par le ressort : \vec{F}_{\text{él}} = - k X(t) \vec{e}_X ;
  • l'action de contact du tapis roulant : \vec{R} = \vec{T} + \vec{N} = T_X \vec{e}_X + N \vec{e}_z.

a) Expression de l'allongement X_1 au début du glissement

Tant que le solide 1 adhère au tapis (0 \le t \le t_1), la vitesse de glissement est nulle :

\vec{v}_g = \vec{v}(1/\text{tapis}) = \vec{0} \implies \vec{v}(1/\mathcal{R}_{\text{sol}}) = \vec{V} = V \vec{e}_X.

La vitesse du solide 1 étant constante, son accélération est nulle : \ddot{X}(t) = 0. Le théorème de la résultante cinétique appliqué au solide 1 s'écrit :

\begin{aligned} \vec{0} &= - k X(t) \vec{e}_X + T_X \vec{e}_X + (N - M g) \vec{e}_z. \end{aligned}

Par projection :

\begin{aligned} N &= M g, \\ T_X &= k X(t) \implies T = \|\vec{T}\| = k X(t) \quad (\text{car } X(t) > 0). \end{aligned}

D'après la loi de Coulomb statique (question Q2), l'adhérence se maintient tant que T \le f_s N. Le début du glissement survient à la limite stricte de l'adhérence :

T(t_1) = f_s N \iff k X_1 = f_s M g.

On en déduit l'expression de l'allongement critique X_1 :

\boxed{X_1 = \frac{f_s M g}{k}}

b) Expression de la date t_1 de début de glissement

Pendant toute la phase d'adhérence, la vitesse du solide 1 est uniforme et égale à V :

\dot{X}(t) = V \implies X(t) = X_0 + V t.

À l'instant t = t_1, l'allongement atteint la valeur critique X_1 = X(t_1) = X_0 + V t_1. On obtient ainsi :

\boxed{t_1 = \frac{X_1 - X_0}{V} = \frac{\frac{f_s M g}{k} - X_0}{V}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait se placer en phase d'adhérence et ne pas confondre allongement et longueur du ressort.

« La plupart des candidats ne se placent pas dans l’adhérence et trouvent une équation différentielle d’oscillateur harmonique. »

« Il y a aussi souvent confusion entre allongement et longueur du ressort. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Frottement solide

Notions : oscillateur harmonique, approche énergétique

a) Quelle est la nature du mouvement après la date ? b) Déterminer par une méthode énergétique l'allongement maximal atteint par la masse en fonction de , et la pulsation propre de l'oscillateur .

Voir l'indice

Noter que le contact devient sans frottement dynamique (f_g = 0) et utiliser la conservation de l'énergie mécanique entre le décrochage et l'arrêt instantané.

Voir la stratégie
  1. Identifier les forces agissant sur le solide en phase de glissement en exploitant l'hypothèse d'un coefficient dynamique nul (f_g = 0) pour en déduire la nature du mouvement.
  2. Exprimer l'énergie mécanique du système, constater sa conservation en l'absence de force dissipative, puis écrire l'égalité entre l'état initial de glissement (t=t_1) et l'état d'élongation maximale (\dot{X} = 0).
Voir la réponse courte

Mouvement oscillatoire autour d'une position d'équilibre déplacée ; calcul de X_M par conservation de l'énergie mécanique.

Voir le corrigé complet

a) Nature du mouvement après la date t_1

Après la date t_1, le solide entre en phase de glissement par rapport au tapis. Le coefficient de frottement dynamique étant nul (f_g = 0), la réaction tangentielle exercée par le support est nulle :

\vec{T} = \vec{0}

Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, le solide de masse M n'est donc soumis horizontalement qu'à la force de rappel du ressort : \vec{F} = -k X \vec{e}_X. La projection du principe fondamental de la dynamique sur l'axe horizontal donne :

M \ddot{X} + k X = 0 \iff \ddot{X} + \omega_0^2 X = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{M}}

Le mouvement du solide 1 après t_1 est un mouvement harmonique simple (ou rectiligne sinusoïdal non amorti) de pulsation propre \omega_0.

b) Allongement maximal X_M par méthode énergétique

Le système {solide 1} n'est soumis qu'à son poids et à la composante normale de réaction (qui ne travaillent pas au cours d'un déplacement horizontal), ainsi qu'à la force de rappel élastique, conservative, qui dérive de l'énergie potentielle E_{pe}(X) = \frac{1}{2} k X^2.

En l'absence de force non conservative dissipative pendant cette phase, l'énergie mécanique se conserve :

E_m(t) = \frac{1}{2} M \dot{X}^2 + \frac{1}{2} k X^2 = \text{cte}
  • À la date t = t_1, par continuité de la vitesse (aucune force impulsive n'intervient), la masse possède la vitesse du tapis \dot{X}(t_1) = V et se trouve à l'allongement critique X(t_1) = X_1 :

    E_m(t_1) = \frac{1}{2} M V^2 + \frac{1}{2} k X_1^2
  • À l'allongement maximal X_M, la vitesse de la masse s'annule : \dot{X} = 0. Son énergie mécanique s'écrit alors :

    E_m(X_M) = \frac{1}{2} k X_M^2

La conservation de l'énergie mécanique impose :

\frac{1}{2} k X_M^2 = \frac{1}{2} k X_1^2 + \frac{1}{2} M V^2

En divisant par \frac{1}{2}k et sachant que \omega_0^2 = \frac{k}{M}, il vient :

X_M^2 = X_1^2 + \frac{M}{k}V^2 = X_1^2 + \frac{V^2}{\omega_0^2}

Puisque X_M > 0, on obtient :

\boxed{X_M = \sqrt{X_1^2 + \frac{V^2}{\omega_0^2}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La méthode énergétique demandée est rarement bien menée et l'énergie potentielle élastique est souvent erronée.

« La méthode énergétique imposée est, comme en Q9, rarement exploitée de façon correcte. L’énergie potentielle élastique est souvent fausse. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Frottement solide

Notions : équation différentielle oscillateur, condition d'arrêt

a) Déterminer les fonctions allongement et vitesse pendant la phase de glissement. b) Pour quelle valeur de , cette phase s'arrête-t-elle ? c) Représenter l'allure de et de entre et .

Voir l'indice

Résoudre l'équation différentielle de l'oscillateur harmonique non amorti avec les conditions initiales en t = t_1, puis chercher l'instant où la vitesse redevient égale à celle du tapis.

Voir la stratégie
  1. Pour la phase de glissement (t \ge t_1), appliquer le principe fondamental de la dynamique compte tenu de f_g = 0 (force de frottement nulle), puis intégrer l'équation différentielle harmonique avec les conditions initiales en t = t_1.
  2. Rappeler que le glissement cesse lorsque la vitesse relative s'annule, soit lorsque la vitesse du solide coïncide à nouveau avec celle du tapis.
  3. Tracer l'allure des deux grandeurs en distinguant la phase 1 rectiligne uniforme (adhérence) et la phase 2 pseudo-sinusoïdale (glissement libre non amorti).
Voir la réponse courte

Résolution sinusoïdale en phase de glissement, arrêt quand \dot{X}=V, et tracé des allures temporelles.

Voir le corrigé complet

a) Fonctions allongement X(t) et vitesse \dot{X}(t) pendant le glissement

Le solide 1 est soumis à son poids, à la réaction normale du tapis \vec{N} (qui compense le poids), à la force de rappel élastique \vec{F}_{\text{él}} = -k X \vec{e}_X et à la force de frottement tangentielle \vec{T}.

Puisque le frottement dynamique est nul (f_g = 0), on a \vec{T} = \vec{0}. La projection du théorème de la résultante cinétique sur l'axe horizontal (Ox) donne :

M \ddot{X} = -k X \iff \ddot{X}(t) + \omega_0^2 X(t) = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{M}}

La solution générale s'écrit, pour t \ge t_1 :

\begin{aligned} X(t) &= A \cos(\omega_0(t - t_1)) + B \sin(\omega_0(t - t_1)) \\ \dot{X}(t) &= -A \omega_0 \sin(\omega_0(t - t_1)) + B \omega_0 \cos(\omega_0(t - t_1)) \end{aligned}

Les conditions initiales à la date t = t_1 sont la continuité de la position et de la vitesse :

X(t_1) = X_1 \implies A = X_1 \qquad \text{et} \qquad \dot{X}(t_1) = V \implies B = \frac{V}{\omega_0}

On en déduit les expressions pour t \in [t_1, \, t_1 + t_2] :

\boxed{X(t) = X_1 \cos(\omega_0(t - t_1)) + \frac{V}{\omega_0} \sin(\omega_0(t - t_1))}
\boxed{\dot{X}(t) = -\omega_0 X_1 \sin(\omega_0(t - t_1)) + V \cos(\omega_0(t - t_1))}

b) Condition d'arrêt de la phase de glissement

D'après la loi de Coulomb (question Q3), le passage du glissement à l'adhérence nécessite l'annulation de la vitesse de glissement :

\vec{v}_g = (\dot{X} - V) \vec{e}_X = \vec{0}

Cette phase s'arrête donc à la date t_1 + t_2 (où t_2 est la durée du glissement) lorsque la vitesse du solide redevient égale à la vitesse du tapis :

\boxed{\dot{X} = V}

c) Allure de X(t) et de \dot{X}(t) entre t = 0 et t = t_1 + t_2

  • Pour t \in [0, \, t_1] (phase d'adhérence) : le solide est immobile par rapport au tapis, donc \dot{X}(t) = V (constant) et X(t) = X_0 + V t (croissance linéaire).
  • Pour t \in [t_1, \, t_1 + t_2] (phase de glissement) : le mouvement est oscillatoire. X(t) atteint son maximum X_M lorsque \dot{X} = 0, puis décroît jusqu'à une valeur minimale négative avant de remonter jusqu'à \approx -X_1 où la vitesse réatteint la valeur V après environ une demi-période propre (t_2 \approx \frac{\pi}{\omega_0}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La fin du glissement correspond à une vitesse relative nulle, soit une vitesse égale à V, et non à une vitesse nulle.

« Peu de réponses justes. Beaucoup pensent que le glissement s’arrête pour une vitesse nulle […] au lieu de traduire l’adhérence avec une vitesse égale à V. »

« Les candidats oublient que le coefficient de frottement devient nul en mode statique. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Frottement solide ; Approche énergétique et oscillateurs mécaniques

Notions : ordre de grandeur, régime quasi statique

À quelle condition d'inégalité entre la période propre et peut-on considérer que l'abscisse maximale est très voisine de ? On suppose cette condition vérifiée dans toute la suite de cette partie.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité de l'expression de X_M sous l'hypothèse d'une pulsation propre grande devant la vitesse adimensionnée.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de l'allongement maximal X_M établie à la question Q14.
  2. Factoriser par X_1 et exprimer le terme correctif en fonction de la période propre \tau_0 = \frac{2\pi}{\omega_0}.
  3. En déduire l'inégalité recherchée pour que X_M \approx X_1.
Voir la réponse courte

Condition \tau_0 \ll X_1/V pour rendre négligeable la vitesse initiale devant les amplitudes de déplacement.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, l'allongement maximal atteint par le ressort s'écrit :

X_M = \sqrt{X_1^2 + \frac{V^2}{\omega_0^2}} = X_1 \sqrt{1 + \left(\frac{V}{\omega_0 X_1}\right)^2}

L'abscisse maximale X_M est très voisine de X_1 si le terme sans dimension sous le radical est très petit devant 1 :

\left(\frac{V}{\omega_0 X_1}\right)^2 \ll 1 \iff \frac{V}{\omega_0 X_1} \ll 1

La pulsation propre \omega_0 étant liée à la période propre des oscillations par \omega_0 = \dfrac{2\pi}{\tau_0}, cette condition s'écrit :

\frac{V \tau_0}{2\pi X_1} \ll 1 \iff \tau_0 \ll 2\pi \frac{X_1}{V}

À un facteur 2\pi d'ordre unitaire près, la condition d'inégalité demandée est donc :

\boxed{\tau_0 \ll \frac{X_1}{V}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Peu de candidats parviennent à la condition correcte, faute d'avoir mené l'étude énergétique préalable.

« Peu de réponses correctes à cause de l’absence de traitement énergétique. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : stick-slip, période d'oscillation

Montrer qu'alors la fréquence approchée du mouvement est donnée par : . Évaluer numériquement cette fréquence en supposant que la raideur vaut et que la vitesse du tapis roulant vaut .

Voir l'indice

Calculer la période globale comme la somme de la durée de glissement (une demi-période propre) et du temps de remontée à vitesse V.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la durée d'un cycle complet en sommant la durée de la phase de glissement t_2 et celle de la phase d'adhérence t_{\text{adh}}.
  2. Utiliser l'approximation issue de la question Q16 (\tau_0 \ll X_1/V) pour négliger la durée de glissement devant celle d'adhérence.
  3. Exprimer la durée d'adhérence à partir de la distance parcourue à vitesse V entre -X_1 et X_1, puis en déduire la fréquence \nu \approx 1/t_{\text{adh}}.
Voir la réponse courte

La période est fixée par la phase lente d'adhérence T \approx X_1/V, d'où la fréquence puis son calcul.

Voir le corrigé complet

Un cycle périodique de « slip-stick » comprend successivement :

  • Une phase de glissement de durée t_2. D'après la question Q15, la fin du glissement a lieu lorsque \dot{X}(t_1+t_2) = V, soit :

    -\omega_0 X_1 \sin(\omega_0 t_2) + V \cos(\omega_0 t_2) = V

    D'après la condition de la question Q16 (\tau_0 \ll X_1/V \iff V \ll \omega_0 X_1), on a :

    \sin(\omega_0 t_2) \approx 0 \implies t_2 \approx \frac{\pi}{\omega_0} = \frac{\tau_0}{2}

    La position de ré-adhérence s'écrit alors :

    X(t_1+t_2) \approx X_1 \cos(\pi) = -X_1
  • Une phase d'adhérence : le solide est de nouveau solidaire du tapis et se déplace à la vitesse constante V de X = -X_1 jusqu'au prochain décrochage en X = X_1. La distance parcourue vaut :

    \Delta X = X_1 - (-X_1) = 2 X_1

    La durée de cette phase d'adhérence est donc :

    t_{\text{adh}} = \frac{\Delta X}{V} = \frac{2 X_1}{V}

La période totale T du mouvement est :

T = t_2 + t_{\text{adh}} \approx t_{\text{adh}} = \frac{2 X_1}{V} \quad \text{car } t_2 \approx \frac{\tau_0}{2} \ll \frac{X_1}{V}

D'après le résultat de la question Q13, X_1 = \dfrac{f_s M g}{k} = \dfrac{f_s g}{\omega_0^2}. La fréquence \nu = \dfrac{1}{T} du mouvement vaut donc :

\boxed{\nu = \frac{\omega_0^2 V}{2 g f_s}}

En substituant \omega_0^2 = \dfrac{k}{M}, cette fréquence s'exprime par :

\nu = \frac{k V}{2 M g f_s}

Application numérique : Avec les valeurs k = 4\times 10^3\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}, V = 6\times 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, g = 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}, f_s = 0{,}6 :

  • En prenant scrupuleusement la masse donnée dans l'énoncé, M = 50\text{ mg} = 5{,}0\times 10^{-5}\text{ kg} :

    \nu = \frac{4\times 10^3 \times 6\times 10^{-2}}{2 \times 5{,}0\times 10^{-5} \times 10 \times 0{,}6} = 4{,}0\times 10^5\text{ Hz} = 400\text{ kHz}
    \boxed{\nu \approx 4{,}0\cdot 10^5\text{ Hz}}
  • Remarquons que si la masse était de 50\text{ g} = 0{,}050\text{ kg} (coquille très probable d'un facteur 10^3 dans l'énoncé), on obtiendrait \nu = 400\text{ Hz}, ce qui s'inscrit précisément au cœur du spectre audible (20\text{ Hz} - 20\text{ kHz}) rappelé en tête de partie.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La formule n'a presque jamais été établie par les candidats.

« La formule n’a quasiment jamais été établie ni les représentations graphiques correctement représentées. On voit de nombreuses discontinuités de la vitesse ! »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : stick-slip, profil temporel

Représenter l'allure de sur une période.

Voir l'indice

Tracer un signal en dents de scie asymétrique montrant une phase lente de charge à pente V suivie d'un retour oscillant rapide.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les deux régimes qui composent une période de l'oscillation de relaxation (cycle de slip-stick) :

    • la phase de glissement (slip), de durée très brève \Delta t_2 \approx \frac{\pi}{\omega_0} \ll \frac{X_1}{V}, au cours de laquelle la masse passe de +X_1 à -X_1 selon un mouvement sinusoïdal très rapide ;
    • la phase d'adhérence (stick), de durée prépondérante \Delta t_{\text{adh}} \approx \frac{2 X_1}{V}, au cours de laquelle la masse est entraînée à vitesse constante V et où X(t) croît linéairement de -X_1 à +X_1.
  2. Tracer l'allure sur une période T \approx \Delta t_{\text{adh}} en mettant en évidence les grandeurs caractéristiques (X_1, -X_1, la pente V et les durées relatives).
Voir la réponse courte

Tracé en dents de scie : montée linéaire lente à la vitesse du tapis suivie d'un retour élastique rapide.

Voir le corrigé complet

D'après les questions précédentes (Q15 à Q17) et sous l'approximation \tau_0 \ll \frac{X_1}{V} :

  • Phase de glissement (slip) : Pour t \in [t_1, t_1 + t_2] avec t_2 \approx \frac{\pi}{\omega_0} = \frac{\tau_0}{2}, l'allongement est donné par :

    X(t) \approx X_1 \cos\big(\omega_0(t-t_1)\big)

    La masse effectue une demi-oscillation très rapide qui ramène l'allongement de X(t_1) = X_1 à X(t_1 + t_2) \approx -X_1, instant où la vitesse atteint à nouveau la vitesse du tapis \dot{X} = V.

  • Phase d'adhérence (stick) : Pour t \in [t_1 + t_2, t_1 + T], le solide 1 adhère au tapis roulant et se déplace à sa vitesse constante \dot{X} = V :

    X(t) = -X_1 + V\big(t - (t_1 + t_2)\big)

    L'allongement croît de manière purement linéaire avec une pente égale à V, jusqu'à atteindre à nouveau la valeur critique +X_1 au bout d'une durée :

    \Delta t_{\text{adh}} = \frac{X_1 - (-X_1)}{V} = \frac{2X_1}{V}

Puisque \Delta t_2 \approx \frac{\tau_0}{2} \ll \Delta t_{\text{adh}}, la période totale T = \Delta t_2 + \Delta t_{\text{adh}} \approx \frac{2X_1}{V} est très largement dominée par la phase d'adhérence.

Le graphe ci-dessous illustre l'allure de l'allongement X(t) sur une période :

Signaler une erreurSommaire

Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Cinématique et dynamique du point ; Frottement solide

Notions : domaine audible, raideur

Ce phénomène se retrouve dans beaucoup de situations quotidiennes : craie qui crisse sur un tableau, porte qui grince, pneu qui crisse et archet de violon. a) Dans quel domaine de fréquences sont donc ces mouvements de « slip-stick » ? b) Pourquoi en cassant la craie supprime-t-on ce crissement, sachant que la raideur d'un bâton est inversement proportionnelle au cube de sa longueur ?

Voir l'indice

Relier la fréquence calculée au domaine audible de l'oreille humaine et analyser la variation de la fréquence propre avec la raideur d'une poutre raccourcie.

Voir la stratégie
  1. Associer la perception humaine d'un crissement ou grincement à l'intervalle des fréquences audibles rappelé dans les données (20\text{ Hz} - 20\text{ kHz}).
  2. Exprimer l'effet d'une réduction de longueur du bâton de craie sur sa raideur k, puis sur la fréquence \nu du phénomène de « slip-stick » établie à la question précédente.
Voir la réponse courte

Domaine audible (20\text{ Hz} - 20\text{ kHz}) ; raccourcir la craie augmente k et repousse la fréquence dans les ultrasons inaudibles.

Voir le corrigé complet

a) Domaine de fréquences du phénomène

Tous les exemples cités (crissement d'une craie, grincement d'une porte, archet de violon) correspondent à des sons audibles émis par le système sous l'effet de ces vibrations entretenues.

Ces mouvements périodiques de « slip-stick » s'effectuent donc dans le domaine audible pour l'oreille humaine, soit :

\boxed{20\text{ Hz} \le \nu \le 20\text{ kHz}}

Les crissements et grincements correspondant à des sons particulièrement aigus, leurs fréquences fondamentales ou harmoniques se situent typiquement dans le haut de ce spectre, entre quelques centaines de hertz et une dizaine de kilohertz.

b) Effet de la cassure de la craie

D'après le résultat de la question Q17, la fréquence du cycle s'écrit en fonction de la raideur k :

\nu = \frac{\omega_0^2 V}{2 g f_s} = \frac{k V}{2 M g f_s}

La raideur k d'un bâton de craie de longueur \ell varie selon k \propto \frac{1}{\ell^3}.

Lorsque l'on casse la craie en deux, sa longueur \ell est divisée par 2, ce qui multiplie sa raideur k par un facteur 2^3 = 8 (et la masse M \propto \ell diminue également d'un facteur 2, de sorte que \frac{k}{M} \propto \frac{1}{\ell^4} est multiplié par 16).

Il en résulte une très forte augmentation de la fréquence d'oscillation \nu :

  • la fréquence \nu est rejetée au-delà du seuil maximal d'audibilité humaine (20\text{ kHz}), dans le domaine des ultrasons, rendant la vibration inaudible ;
  • de surcroît, l'amplitude des oscillations X_1 = \frac{f_s M g}{k} devient extrêmement faible, ce qui atténue grandement l'instabilité mécanique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'application numérique de la formule fournie a été exploitée pour glaner des points.

« Les « grappilleurs » exploitent numériquement la formule donnée. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Mécanique › Approche énergétique et oscillateurs mécaniques ; Frottement solide

Notions : travail des forces de frottement, dissipation d'énergie

Évaluer le travail des forces de frottement sur une période dans ce modèle. Commenter.

Voir l'indice

Calculer le travail résistant sur une période fermée et constater qu'en l'absence de frottement dynamique (f_g=0), seule l'adhérence intervient.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail des forces de frottement exercées par le tapis sur le solide 1 au cours des deux phases du mouvement (adhérence puis glissement).
  2. Évaluer également le travail des actions de contact intérieures au système {solide 1 + tapis}, correspondant à l'énergie dissipée par frottement.
  3. Commenter le résultat obtenu au regard de l'hypothèse simplificatrice f_g = 0 introduite dans ce modèle.
Voir la réponse courte

Travail de frottement strictement négatif sur un cycle, compensé par l'énergie apportée par le moteur du tapis.

Voir le corrigé complet

On étudie le travail des forces de frottement sur une période complète d'oscillation T \approx t_1 + t_2.

1. Travail de la force de frottement reçue par le solide 1 Dans le référentiel d'étude (référentiel du laboratoire) :

  • Pendant la phase de glissement : le coefficient de frottement dynamique étant supposé nul (f_g = 0), la composante tangentielle est nulle :

    \vec{T} = \vec{0} \quad \implies \quad W_{\text{gliss}}(\vec{T}) = 0
  • Pendant la phase d'adhérence : le solide se déplace à vitesse uniforme V, son accélération est nulle, donc le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe horizontal donne :

    T(X) = k X

    Le solide passe de la position X_m \approx -X_1 à X_1. Le travail de cette force vaut :

    W_{\text{adh}}(\vec{T}) = \int_{-X_1}^{X_1} k X \, \mathrm{d}X = \left[ \frac{1}{2} k X^2 \right]_{-X_1}^{X_1} = 0

Sur une période complète, le travail fourni au solide 1 par la force de frottement est donc rigoureusement nul :

\boxed{W(\vec{T}) = 0}

Ce résultat est en parfait accord avec le théorème de l'énergie mécanique : le mouvement étant périodique, \Delta E_m = 0 sur une période, et la seule force non conservative agissant sur le solide 1 étant \vec{T}, on a bien \Delta E_m = W(\vec{T}) = 0.

2. Énergie dissipée par frottement (travail intérieur) Le travail élémentaire des forces d'interaction de frottement associées au contact solide-tapis s'écrit de manière intrinsèque :

\delta W_{\text{int}} = \vec{T} \cdot \vec{v}_g \, \mathrm{d}t
  • Lors de l'adhérence, \vec{v}_g = \vec{0}, donc \delta W_{\text{int}} = 0.
  • Lors du glissement, \vec{T} = \vec{0} (car f_g = 0), donc \delta W_{\text{int}} = 0.

Il vient ainsi sur une période :

\boxed{W_{\text{diss}} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question nécessitant un traitement énergétique a été très peu traitée.

« Question très peu abordée (encore un traitement énergétique). »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Partie V : Glisse et glace

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires ; Atomistique et classification périodique

Notions : configuration électronique, schéma de lewis, électronégativité

a) Donner les structures électroniques de l'hydrogène H () et de l'oxygène O (). b) Donner la formule de Lewis de la molécule d'eau. c) Pourquoi la liaison OH est-elle polarisée ?

Voir l'indice

Appliquer les règles de remplissage de Klechkowski et comparer les électronégativités de Pauling de l'oxygène et de l'hydrogène.

Voir la réponse courte

Configurations électroniques, schéma de Lewis à deux doublets non liants et liaison polarisée par différence d'électronégativité.

Voir le corrigé complet

a) En appliquant les règles de remplissage (principe de Klechkowski, principe d'exclusion de Pauli) à l'état fondamental :

  • Pour l'hydrogène (Z = 1) :

    \boxed{\text{H } (Z = 1) : 1\text{s}^1}

    L'hydrogène possède 1 électron de valence.

  • Pour l'oxygène (Z = 8) :

    \boxed{\text{O } (Z = 8) : 1\text{s}^2\, 2\text{s}^2\, 2\text{p}^4}

    La couche de valence (couche n=2) comporte 2 + 4 = 6 électrons de valence.

b) Le nombre total d'électrons de valence pour la molécule d'eau \text{H}_2\text{O} est :

n_v = 2 \times 1 + 6 = 8 \text{ électrons, soit } 4 \text{ doublets électroniques.}

L'atome central d'oxygène forme deux liaisons covalentes simples avec chacun des atomes d'hydrogène pour respecter la règle du duet (pour H) et la règle de l'octet (pour O). L'oxygène porte donc également deux doublets non liants.

La formule de Lewis de la molécule d'eau est représentée ci-dessous :

c) La liaison \text{O}-\text{H} est polarisée en raison de la différence d'électronégativité entre l'atome d'oxygène et l'atome d'hydrogène. D'après l'échelle de Pauling fournie dans l'énoncé :

\chi(\text{O}) = 3{,}44 \quad \text{et} \quad \chi(\text{H}) = 2{,}20 \implies \Delta\chi = 1{,}24 > 0

L'atome d'oxygène étant nettement plus électronégatif que l'atome d'hydrogène, il attire davantage à lui le doublet d'électrons liants de la liaison covalente. Il apparaît ainsi une charge partielle négative -\delta sur l'oxygène et une charge partielle positive +\delta sur l'hydrogène, conférant à la liaison un caractère polaire.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Donnez la configuration électronique sous forme nsx npy et ne placez pas de doublets sur l'hydrogène dans le schéma de Lewis.

« La structure est parfois donnée avec K, L, M au lieu de nsx npy. Et il y a des réponses fausses pour l’hydrogène ! »

« On voit des doublets sur l’hydrogène dans la formule de Lewis de l’eau. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : modèle vsepr, moment dipolaire, solvant polaire

L'étude expérimentale permet de constater que la molécule d'eau est plane, coudée, (représentation figure 4) faisant un angle de avec une distance entre oxygène et hydrogène qui vaut . a) Comment interpréter le fait que l'angle ne soit pas celui qui existe dans un tétraèdre régulier () autour de son centre vers deux sommets ? b) La molécule possède un moment dipolaire égal à 1,8 Debye. Préciser sa direction et le sens de ce moment à l'aide d'un schéma. c) Déterminer la charge partielle portée par l'hydrogène. d) Quel type de solvant est l'eau ? Citer des conséquences de cette propriété.

Voir l'indice

Invoquer la répulsion accrue des paires électroniques non liantes selon la théorie VSEPR et projeter les deux moments de liaison sur l'axe de symétrie.

Voir la stratégie
  1. Pour la géométrie et l'angle, utiliser le modèle VSEPR (Gillespie) pour la molécule de type \text{AX}_2\text{E}_2 en comparant les répulsions impliquant les doublets non liants et les doublets liants.
  2. Décomposer le moment dipolaire global \vec{p} comme la somme vectorielle des moments dipolaires \vec{p}_{\text{OH}} de chaque liaison \text{O}-\text{H}, puis projeter selon l'axe de symétrie de la molécule pour relier la charge partielle \delta au moment dipolaire expérimental.
  3. Conclure sur le caractère polaire et protique du solvant eau et en déduire ses propriétés physico-chimiques usuelles.
Voir la réponse courte

Modèle VSEPR AX_2E_2 avec répulsion des doublets, calcul de charge partielle et caractère polaire favorisant la solvatation.

Voir le corrigé complet

a) Interprétation de l'angle \widehat{\text{HOH}} :

D'après la formule de Lewis de la molécule d'eau établie en Q21, l'atome central d'oxygène est entouré de deux doublets liants (liaisons avec l'hydrogène) et de deux doublets non liants. Selon la méthode VSEPR, la molécule est de type \text{AX}_2\text{E}_2, avec un nombre stérique m+n=2+2=4.

La figure de répulsion associée est un tétraèdre (angles théoriques de 109{,}5^\circ). Cependant, les électrons des doublets non liants (E) sont sous l'influence attractive d'un seul noyau (celui de l'oxygène) ; ils sont donc plus étalés dans l'espace et exercent une répulsion électrostatique supérieure à celle des doublets liants (X) :

\text{Répulsion }(E-E) > \text{Répulsion }(E-X) > \text{Répulsion }(X-X)

Cette sur-répulsion exercée par les deux doublets non liants referme l'angle de liaison \widehat{\text{HOH}} à une valeur de 104{,}45^\circ, inférieure aux 109{,}5^\circ d'un tétraèdre régulier.

b) Direction, sens et schéma du moment dipolaire :

Par convention en physique et chimie francophone, le moment dipolaire d'une liaison pointe de la charge négative vers la charge positive, ou de la charge positive vers la charge négative selon la convention adoptée (en chimie, on oriente le plus souvent le moment dipolaire de la charge négative vers la charge positive, ou bien du pôle positif vers le pôle négatif dans les conventions internationales). Conformément à l'électronégativité, le barycentre des charges partielles positives se situe entre les deux hydrogènes et le centre des charges partielles négatives est situé sur l'atome d'oxygène. Le moment dipolaire global \vec{p} est porté par l'axe de symétrie de la molécule (la bissectrice de l'angle \widehat{\text{HOH}}) et orienté selon l'axe du pôle négatif (O) vers le pôle positif (milieu de \text{H}\dots\text{H}), ou inversement selon la convention choisie. Précisons la convention standard de la physique : de -\delta vers +\delta.

La direction du moment dipolaire est l'axe de symétrie moléculaire (bissectrice de l'angle \widehat{\text{HOH}}) situé dans le plan de la molécule, et son sens est dirigé du pôle négatif (\text{O}) vers le barycentre des charges positives.

c) Détermination de la charge partielle portée par l'hydrogène :

Chaque liaison \text{O}-\text{H} possède un moment dipolaire de norme p_{\text{OH}} = \delta \cdot e \cdot d_{\text{OH}}, où \delta est la fraction de charge élémentaire portée par chaque hydrogène et d_{\text{OH}} = 95{,}84\text{ pm}.

Par projection sur l'axe de symétrie, la somme vectorielle des deux moments dipolaires donne :

p = 2 p_{\text{OH}} \cos\left(\frac{\alpha}{2}\right) = 2 \, \delta \, e \, d_{\text{OH}} \cos\left(\frac{\alpha}{2}\right)

avec \alpha = 104{,}45^\circ. On en déduit l'expression de la charge partielle \delta :

\delta = \frac{p}{2 \, e \, d_{\text{OH}} \cos\left(\frac{\alpha}{2}\right)}

Application numérique avec les données de l'énoncé :

  • p = 1{,}8\text{ D} = 1{,}8 \times 3{,}30 \cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m} = 5{,}94 \cdot 10^{-30}\text{ C}\cdot\text{m}
  • e = 1{,}6 \cdot 10^{-19}\text{ C}
  • d_{\text{OH}} = 95{,}84 \cdot 10^{-12}\text{ m}
  • \frac{\alpha}{2} = 52{,}225^\circ \implies \cos\left(\frac{\alpha}{2}\right) \approx 0{,}6126
\begin{aligned} \delta &= \frac{5{,}94 \cdot 10^{-30}}{2 \times 1{,}6 \cdot 10^{-19} \times 95{,}84 \cdot 10^{-12} \times 0{,}6126} \approx 0{,}316 \approx 0{,}32 \end{aligned}
\boxed{\delta \approx 0{,}32}

Chaque atome d'hydrogène porte donc une charge partielle égale à +0{,}32\,e (et l'oxygène porte -0{,}64\,e).

d) Type de solvant et conséquences :

L'eau est un solvant :

  • polaire (moment dipolaire permanent non nul : p = 1{,}8\text{ D} et constante diélectrique élevée \varepsilon_r \approx 80) ;
  • protique (présence d'atomes d'hydrogène polarisés positivement portés par un atome très électronégatif, capables de former des liaisons hydrogène).

Conséquences de ces propriétés :

  • Très bon solvant des solides ioniques et des espèces polaires : pouvoir dispersant élevé (loi de Coulomb atténuée par \varepsilon_r, facilitant la dissociation des paires d'ions) et solvatation efficace par interaction ion-dipôle et liaisons hydrogène.
  • Températures de changement d'état particulièrement élevées pour une molécule de si faible masse molaire (M = 18\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), dues au réseau tridimensionnel de liaisons hydrogène assurant une grande cohésion à l'état liquide et solide.
  • Non miscibilité avec les solvants apolaires (hydrocarbures, huiles), conduisant à des démixtions de phases.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le moment dipolaire de la molécule s'obtient par somme vectorielle des moments de liaison, et la qualification du solvant doit être rigoureuse.

« Très peu exploitent la somme vectorielle des moments confondant le moment de la molécule avec celui de la liaison OH. »

« Des adjectifs qualificatifs farfelus pour la nature du solvant eau (même anhydre !). »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires

Notions : force de van der waals, liaison hydrogène, énergie de liaison

a) Indiquer ce qu'on appelle les forces de Van der Waals. b) De quelle nature sont les interactions dites liaisons hydrogène ? c) Pouvez-vous donner un ordre de grandeur de l'énergie de la liaison hydrogène et la comparer aux autres liaisons chimiques que vous connaissez ?

Voir l'indice

Citer les interactions dipolaires électrostatiques (Keesom, Debye, London) et comparer leurs énergies caractéristiques aux liaisons covalentes usuelles.

Voir la réponse courte

Composantes de Van der Waals, nature électrostatique de la liaison H et comparaison des énergies associées.

Voir le corrigé complet

a) Les forces de Van der Waals sont des interactions intermoléculaires attractives de nature électrostatique, à courte portée (l'énergie potentielle d'interaction varie typiquement en -1/r^6). Elles se décomposent en trois contributions :

  • l'effet d'orientation (forces de Keesom) : interaction entre molécules polaires possédant un dipôle permanent ;
  • l'effet d'induction (forces de Debye) : interaction entre le dipôle permanent d'une molécule et le dipôle induit dans une molécule voisine par polarisation de son cortège électronique ;
  • l'effet de dispersion (forces de London) : interaction universelle entre dipôles instantanés (induits par les fluctuations de la densité électronique) et dipôles induits, présente pour toutes les molécules y compris apolaires.

b) La liaison hydrogène est une interaction intermoléculaire (ou intramoléculaire) qui s'établit entre un atome d'hydrogène lié de manière covalente à un atome très électronégatif et de petite taille (\text{N}, \text{O}, \text{F}) et un doublet non liant porté par un autre atome électronégatif (\text{N}, \text{O}, \text{F}). Elle est :

  • essentiellement de nature électrostatique, résultant de la forte attraction entre la charge partielle positive \delta^+ très concentrée portée par le noyau d'hydrogène dénudé et la densité électronique du doublet non liant ;
  • directionnelle, avec une composante de recouvrement orbitalaire partiel (caractère partiellement covalent).

c) L'ordre de grandeur de l'énergie d'une liaison hydrogène est de :

\boxed{E_{\text{liaison H}} \approx 10\text{ à }40\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

En comparaison :

  • elle est nettement supérieure à l'énergie des interactions de Van der Waals, typiquement de l'ordre de 1\text{ à }5\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • elle reste environ dix à vingt fois inférieure à l'énergie d'une liaison covalente usuelle (ou liaison ionique), typiquement de l'ordre de 200\text{ à }500\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} (par exemple, E_{\text{O--H}} = 460\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} d'après l'énoncé).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les interactions de Van der Waals sont mal connues et l'interaction dipôle-dipôle est rarement mentionnée.

« Cette partie du programme de MPSI est inconnue de la majorité des élèves. L’interaction dipôledipôle est rarement évoquée. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI

Chapitre : Structure de la matière › Cristallographie

Notions : maille cfc, site tétraédrique, paramètre de maille

Il existe plusieurs variétés allotropiques de glace. Dans les cristaux de glace « de type diamant », il y a un arrangement régulier des molécules d'eau qui est représenté sur la figure 5. Les atomes d'oxygène occupent les positions du réseau cubique à faces centrées ainsi qu'un site tétraédrique sur deux de ce réseau. Sur la figure 5, l'oxygène O1 (en noir) occupe un site tétraédrique entouré par les quatre oxygènes O2 (en gris) formant un tétraèdre régulier. Entre l'oxygène du centre et un oxygène du sommet se trouve un hydrogène qui n'est pas à égale distance des deux oxygènes car il est engagé avec l'un dans une liaison de covalence (distance ) et avec l'autre dans une liaison hydrogène (distance ). En déduire la longueur de l'arête , de la maille, représentée figure 5.

Voir l'indice

Exprimer la distance entre un centre et un sommet de sous-tétraèdre en fonction de l'arête du cube (a\sqrt{3}/4).

Voir la stratégie
  1. Identifier la position d'un site tétraédrique dans le réseau cubique à faces centrées (CFC) et déterminer géométriquement la distance séparant l'atome d'oxygène du site \mathrm{O}_1 d'un de ses voisins \mathrm{O}_2 en fonction du paramètre de maille a.
  2. Écrire que l'atome d'hydrogène est situé sur le segment reliant ces deux atomes d'oxygène, de sorte que la distance \mathrm{O}_1-\mathrm{O}_2 est la somme des longueurs de la liaison de covalence d_1 et de la liaison hydrogène d_2.
  3. En déduire l'expression littérale de a puis réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Relation géométrique d_1 + d_2 = a\sqrt{3}/4 le long de la diagonale du cube pour en déduire l'arête a.

Voir le corrigé complet

Dans une maille cubique à faces centrées d'arête a, les sites tétraédriques sont situés au centre des 8 sous-cubes (octants) d'arête \frac{a}{2}.

La distance entre le centre d'un octant (occupé par l'oxygène \mathrm{O}_1) et l'un des sommets de cet octant (occupé par un oxygène \mathrm{O}_2) correspond à la demi-diagonale du sous-cube d'arête \frac{a}{2} :

d(\mathrm{O}_1-\mathrm{O}_2) = \frac{1}{2} \sqrt{\left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2 + \left(\frac{a}{2}\right)^2} = \frac{a\sqrt{3}}{4}

D'après le texte, l'atome d'hydrogène est aligné entre les deux oxygènes, engagé dans une liaison covalente \mathrm{O-H} de longueur d_1 et une liaison hydrogène \mathrm{O\cdots H} de longueur d_2. On a donc :

d(\mathrm{O}_1-\mathrm{O}_2) = d_1 + d_2

On en déduit l'expression du paramètre de maille a :

\frac{a\sqrt{3}}{4} = d_1 + d_2 \iff a = \frac{4}{\sqrt{3}}(d_1 + d_2)
\boxed{a = \frac{4}{\sqrt{3}}(d_1 + d_2)}

Application numérique : Avec d_1 = 96\text{ pm} et d_2 = 180\text{ pm} :

d_1 + d_2 = 96 + 180 = 276\text{ pm}
a = \frac{4}{\sqrt{3}} \times 276\text{ pm} \approx 637{,}4\text{ pm}
\boxed{a \approx 637\text{ pm} = 6{,}37 \times 10^{-10}\text{ m}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Chapitre : Structure de la matière › Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires ; Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : liaison hydrogène, enthalpie de sublimation

Estimer l'énergie de la liaison hydrogène sachant que l'enthalpie standard de sublimation de la glace vaut . Comparer à l'énergie de la liaison O–H qui vaut .

Voir l'indice

Dénombrer le nombre de liaisons hydrogène rompues par molécule d'eau sublimée dans le réseau tétraédrique.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation lors de la sublimation : les molécules d'eau passent de l'état solide ordonné (liées par des liaisons hydrogène) à l'état gazeux (molécules d'eau isolées), sans rompre les liaisons covalentes intramoléculaires \mathrm{O-H}.
  2. Déterminer le nombre de liaisons hydrogène rompues par molécule d'eau sublimée en exploitant la coordinence tétraédrique du réseau de glace.
  3. Relier l'enthalpie standard de sublimation à l'énergie de liaison hydrogène et comparer la valeur obtenue à celle de la liaison de covalence \mathrm{O-H}.
Voir la réponse courte

Dénombrement de deux liaisons hydrogène rompues par molécule sublimée pour estimer l'énergie de liaison associée.

Voir le corrigé complet

Dans le cristal de glace (structure tétraédrique décrite en Q24), chaque atome d'oxygène est entouré de quatre voisins oxygène :

  • il est engagé dans deux liaisons covalentes avec ses deux atomes d'hydrogène propres ;
  • il forme deux liaisons hydrogène en tant que donneur (ses deux hydrogènes pointent vers deux atomes d'oxygène voisins) ;
  • il forme deux liaisons hydrogène en tant qu'accepteur (il reçoit les hydrogènes de deux autres atomes d'oxygène voisins).

Chaque molécule d'eau participe donc à 4 liaisons hydrogène. Puisque chaque liaison hydrogène relie deux molécules d'eau, elle est partagée entre ces deux molécules. Ainsi, le nombre effectif de liaisons hydrogène par molécule d'eau dans le cristal est :

n_{\text{LH}} = \frac{4}{2} = 2\text{ liaisons hydrogène par molécule d'eau}.

La sublimation de la glace correspond au passage de l'état solide au gaz de molécules \mathrm{H_2O} isolées :

\mathrm{H_2O_{(s)} \longrightarrow H_2O_{(g)}}

Ce changement d'état brise l'ensemble des liaisons intermoléculaires (les liaisons hydrogène et les interactions de Van der Waals, ces dernières étant ici négligées en première approximation devant les liaisons hydrogène), sans rompre les liaisons covalentes intramoléculaires \mathrm{O-H}.

Pour une mole de glace sublimée, on rompt donc 2 moles de liaisons hydrogène. En notant E_{\text{LH}} l'énergie d'une liaison hydrogène (comptée positivement comme l'énergie de dissociation de cette liaison) :

\Delta H_s^0 \approx 2 \, E_{\text{LH}}

d'où :

E_{\text{LH}} = \frac{\Delta H_s^0}{2}

Application numérique avec \Delta H_s^0 = 47{,}8\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} :

E_{\text{LH}} = \frac{47{,}8}{2} = 23{,}9\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
\boxed{E_{\text{LH}} \approx 24\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Comparons cette valeur à l'énergie d'une liaison covalente \mathrm{O-H} (E_{\mathrm{O-H}} = 460\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}) :

\frac{E_{\mathrm{O-H}}}{E_{\text{LH}}} = \frac{460}{23{,}9} \approx 19

L'énergie de la liaison hydrogène est environ 20 fois plus faible que celle de la liaison covalente intramoléculaire \mathrm{O-H}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait interpréter la sublimation d'une molécule d'eau comme la rupture de deux liaisons hydrogène.

« Peu d’interprétation de la sublimation comme rupture de deux liaisons hydrogène. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Changements d'état du corps pur ; Premier et second principes

Notions : diagramme de phase, enthalpie de changement d'état, calorimétrie

a) Tracer l'allure du diagramme d'état de l'eau avec en abscisse la température et en ordonnée la pression en indiquant les phases stables dans les différents domaines. b) Calculer numériquement la quantité d'énergie thermique reçue par d'eau qui passe, à la pression atmosphérique , de la température initiale à la température finale .

Voir l'indice

Positionner les trois domaines de phases avec la pente négative caractéristique de la fusion de la glace, puis sommer les chaleurs sensibles et latente.

Voir la stratégie
  1. Pour le diagramme (P, T), identifier les trois domaines de stabilité (solide, liquide, gaz), les courbes d'équilibre diphasé, le point triple et le point critique, en insistant sur la pente négative caractéristique de la courbe de fusion de l'eau.
  2. Pour le bilan thermique à pression atmosphérique constante P^0, appliquer le premier principe sous la forme Q = \Delta H et décomposer la transformation en trois étapes réversibles à P^0 : refroidissement de l'eau liquide de 4^\circ\text{C} à 0^\circ\text{C}, solidification isobare et isotherme à 0^\circ\text{C}, puis refroidissement de la glace de 0^\circ\text{C} à -10^\circ\text{C}.
Voir la réponse courte

Allure du diagramme (P,T) avec pente négative de fusion, puis bilan enthalpique monobare sur trois étapes.

Voir le corrigé complet

a) Diagramme d'état (P, T) de l'eau

Le diagramme d'état de l'eau (P, T) présente les trois phases stables (glace, eau liquide, vapeur d'eau), séparées par trois courbes de coexistence se rejoignant au point triple (T_t = 273{,}16\text{ K}, P_t = 0{,}06\text{ bar}) :

  • la courbe de sublimation (équilibre solide-vapeur) ;
  • la courbe de vaporisation (équilibre liquide-vapeur), qui se termine au point critique (T_c = 647{,}15\text{ K}, P_c = 218\text{ bars}) ;
  • la courbe de fusion (équilibre solide-liquide), qui présente une pente négative (\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}T} < 0), car la masse volumique de la glace est inférieure à celle du liquide (\Delta v_{\text{fusion}} < 0).

b) Quantité d'énergie thermique reçue

La transformation s'effectue à pression atmosphérique constante P^0 = 1\text{ bar}. D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué au système fermé constitué par la masse m = 1\text{ kg} d'eau, en l'absence de tout travail autre que celui des forces pressantes :

Q = \Delta H

À P^0 = 1\text{ bar}, la température de fusion normale de l'eau est T_{\text{fus}} = 273{,}15\text{ K}, soit \theta_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C}. L'enthalpie étant une fonction d'état, on décompose la transformation en trois étapes réversibles successives :

  1. Refroidissement isobare du liquide de \theta_i = 4^\circ\text{C} à \theta_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C} :

    \Delta H_1 = m\, C_{\text{liq}} (\theta_{\text{fus}} - \theta_i)
  2. Solidification totale isobare et isotherme à 0^\circ\text{C} (changement d'état liquide \rightarrow solide, opposé de la fusion) :

    \Delta H_2 = - m\, \Delta H_{\text{fusion}}^0
  3. Refroidissement isobare de la glace de \theta_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C} à \theta_f = -10^\circ\text{C} :

    \Delta H_3 = m\, C_{\text{sol}} (\theta_f - \theta_{\text{fus}})

La chaleur totale reçue par l'eau s'écrit donc :

Q = m \left[ C_{\text{liq}}(\theta_{\text{fus}} - \theta_i) - \Delta H_{\text{fusion}}^0 + C_{\text{sol}}(\theta_f - \theta_{\text{fus}}) \right]

Calcul numérique des contributions :

\begin{aligned} \Delta H_1 &= 1{,}00 \times 4{,}22\cdot 10^3 \times (0 - 4) = -16{,}9\cdot 10^3\text{ J} = -16{,}9\text{ kJ} \\ \Delta H_2 &= -1{,}00 \times 333\cdot 10^3 = -333\cdot 10^3\text{ J} = -333\text{ kJ} \\ \Delta H_3 &= 1{,}00 \times 2{,}06\cdot 10^3 \times (-10 - 0) = -20{,}6\cdot 10^3\text{ J} = -20{,}6\text{ kJ} \end{aligned}

D'où :

Q = -16{,}9 - 333 - 20{,}6 = -370{,}5\text{ kJ}
\boxed{Q \approx -370\text{ kJ} = -3{,}70\cdot 10^5\text{ J}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le diagramme demandé était P(T) et non un diagramme de Clapeyron, et le calcul thermique nécessitait de ne pas oublier l'enthalpie de changement d'état.

« Des diagrammes faux avec des phases mal placées. L’énonce demandait explicitement P(T) et on trouve des diagrammes de Clapeyron. »

« Le calcul du transfert thermique est souvent faux par oubli de l’enthalpie de changement d’état. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes ; Changements d'état du corps pur

Notions : surfusion, transformation isenthalpique, titre massique

L'eau peut assez facilement présenter du retard à la solidification quand l'eau se refroidit à pression constante : le phénomène s'appelle surfusion. Dans le cas de l'eau, la phase liquide métastable peut se maintenir de à ; mais le contact avec un objet fait se solidifier au moins partiellement l'eau de façon rapide et irréversible. Le verglas est un dépôt mince et lisse de glace issue d'eau de pluie en surfusion. a) Pourquoi peut-on considérer la solidification d'une eau en surfusion comme isenthalpique ? b) En supposant que l'eau de pluie est à et qu'elle évolue vers un état biphasé à à l'arrivée au sol, quelle proportion en masse de glace obtient-on ?

Voir l'indice

Utiliser la conservation de l'enthalpie à pression constante pour une transformation adiabatique rapide et écrire le bilan enthalpique nul.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation subie par la goutte lors de l'impact : pression constante (pression atmosphérique) et rapidité du phénomène permettant de négliger les transferts thermiques vers l'extérieur (transformation adiabatique). Appliquer le premier principe de la thermodynamique.
  2. Choisir un chemin fictif réversible entre l'état initial (eau liquide surfondue à -10\,^\circ\text{C}) et l'état final biphasé à 0\,^\circ\text{C} (échauffement du liquide puis solidification partielle à 0\,^\circ\text{C}) afin d'exprimer \Delta H en fonction de x, puis résoudre \Delta H = 0.
Voir la réponse courte

Adiabatique et monobare donc \Delta H = 0 ; le réchauffement vers l'état diphasé à 0^\circ\text{C} fixe le titre de glace x.

Voir le corrigé complet

a) Justification du caractère isenthalpique :

Lors de l'impact de la goutte d'eau en surfusion avec le sol :

  • le phénomène a lieu à l'air libre, donc à pression extérieure constante P^0 (transformation monobare) ;
  • la solidification est très rapide, si bien que les échanges thermiques avec le milieu extérieur (air et sol) n'ont pas le temps d'avoir lieu pendant cette étape : la transformation est adiabatique (Q = 0) ;
  • le système n'échange aucun travail autre que celui des forces de pression (W_u = 0).

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à un système fermé en transformation monobare :

\Delta H = Q + W_u = 0

La solidification partielle d'une eau en surfusion est donc isenthalpique.

b) Proportion massique de glace obtenue :

Considérons une masse m d'eau.

  • État initial : eau liquide à T_i = 263{,}15\text{ K} (\theta = -10\,^\circ\text{C}).
  • État final : mélange diphasé liquide–solide à T_{\text{fus}} = 273{,}15\text{ K} (0\,^\circ\text{C}), contenant une masse de glace m_{\text{glace}} = x\,m et une masse d'eau liquide m_{\text{liq}} = (1-x)\,m.

L'enthalpie H étant une fonction d'état, on imagine un chemin fictif en deux étapes :

  1. Échauffement de la totalité de la masse m d'eau liquide de T_i à T_{\text{fus}} :

    \Delta H_1 = m\,C_{\text{liq}}\,(T_{\text{fus}} - T_i)
  2. Solidification d'une masse x\,m d'eau à la température constante T_{\text{fus}} :

    \Delta H_2 = -\,x\,m\,\Delta H_{\text{fusion}}^0

Le bilan enthalpique global s'écrit :

\Delta H = \Delta H_1 + \Delta H_2 = m\,C_{\text{liq}}\,(T_{\text{fus}} - T_i) - x\,m\,\Delta H_{\text{fusion}}^0 = 0

On en déduit l'expression de la fraction massique de glace :

\boxed{x = \frac{C_{\text{liq}}\,(T_{\text{fus}} - T_i)}{\Delta H_{\text{fusion}}^0}}

Application numérique : Avec C_{\text{liq}} = 4{,}22\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, \Delta H_{\text{fusion}}^0 = 333\cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} et T_{\text{fus}} - T_i = 10\text{ K} :

x = \frac{4{,}22\cdot 10^3 \times 10}{333\cdot 10^3} \approx 0{,}127

Soit une proportion massique :

\boxed{x \approx 12{,}7\,\%}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas isenthalpique et isentropique et justifiez le caractère isobare et adiabatique de la transformation.

« Confusion entre isenthalpique et isentropique. Rarement le caractère à la fois isobare et adiabatique est évoqué. »

« Un certain nombre de bonnes réponses au calcul du degré d’avancement de la solidification. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes ; Changements d'état du corps pur

Notions : premier principe, enthalpie de changement d'état

Ensuite, les transferts thermiques ont le temps de se faire avec le sol considéré comme un thermostat de température . Sachant que l'eau passe de l'état biphasé de la question Q27 à l'état monophasé stable en équilibre thermique avec le sol, que vaut l'énergie thermique fournie à l'eau par unité de surface quand le sol se recouvre d'une épaisseur de verglas ?

Voir l'indice

Multiplier la masse de liquide restant à congeler par unité de surface par l'enthalpie de changement d'état et la chaleur sensible de refroidissement.

Voir la stratégie
  1. Définir le système (eau constituant la couche de verglas) et relier sa masse par unité de surface m_S à l'épaisseur de verglas e et à la masse volumique de la glace \rho_{\text{glace}}.
  2. Appliquer le premier principe de la thermodynamique à pression constante (Q = \Delta H).
  3. Décomposer la variation d'enthalpie en deux étapes : solidification de la fraction liquide restante (1-x) à T_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C}, puis refroidissement de la totalité de la glace formée jusqu'à T_{\text{sol}} = -10^\circ\text{C}.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique surfacique pour achever la solidification de la fraction restante et refroidir la couche de verglas à -10^\circ\text{C}.

Voir le corrigé complet

Le système considéré est la masse m d'eau présente sur une surface S du sol, qui forme à l'état final une couche de verglas d'épaisseur e = 1\text{ mm}. La masse par unité de surface vaut :

m_S = \frac{m}{S} = \rho_{\text{glace}}\, e

L'évolution étant monobare à la pression atmosphérique P^0 sans travail autre que celui des forces de pression, l'énergie thermique reçue par l'eau s'exprime par le premier principe :

Q = \Delta H

L'état initial est l'état diphasé obtenu à l'issue de la question Q27 à T_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C}, constitué d'une fraction massique x de glace et (1-x) d'eau liquide. L'état final est entièrement constitué d'eau solide (verglas) à la température T_{\text{sol}} = -10^\circ\text{C}.

La variation d'enthalpie se décompose en :

  • la solidification de la masse restante d'eau liquide m_{\text{liq}} = (1-x)\, m à la température T_{\text{fus}} :

    \Delta H_1 = -(1-x)\, m\, \Delta H_{\text{fusion}}^0
  • le refroidissement de la masse totale de glace m de T_{\text{fus}} = 0^\circ\text{C} à T_{\text{sol}} = -10^\circ\text{C} :

    \Delta H_2 = m\, C_{\text{solide}} (T_{\text{sol}} - T_{\text{fus}})

La variation d'enthalpie totale s'écrit donc :

\Delta H = m \left[ -(1-x)\, \Delta H_{\text{fusion}}^0 + C_{\text{solide}} (T_{\text{sol}} - T_{\text{fus}}) \right]

L'énergie thermique q_S = \frac{Q}{S} fournie à l'eau par unité de surface s'en déduit :

\boxed{ q_S = \rho_{\text{glace}}\, e \left[ -(1-x)\, \Delta H_{\text{fusion}}^0 + C_{\text{solide}} (T_{\text{sol}} - T_{\text{fus}}) \right] }

Application numérique :

\begin{aligned} m_S &= 917 \times 1{,}0 \cdot 10^{-3} = 0{,}917\text{ kg}\cdot\text{m}^{-2} \\ x &\approx 0{,}127 \implies 1-x \approx 0{,}873 \\ \Delta h &= -0{,}873 \times 333 \cdot 10^3 + 2{,}06 \cdot 10^3 \times (-10) \\ &= -2{,}91 \cdot 10^5 - 2{,}06 \cdot 10^4 = -3{,}11 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} \\ q_S &= 0{,}917 \times (-3{,}11 \cdot 10^5) \approx -2{,}86 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{m}^{-2} \end{aligned}
\boxed{ q_S \approx -2{,}9 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{m}^{-2} = -290\text{ kJ}\cdot\text{m}^{-2} }

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Chapitre : Thermodynamique › Premier et second principes

Notions : second principe, entropie créée, surfusion

Faire un bilan entropique littéral pour d'eau qui passe de l'état surfondue à à l'état solide à en calculant : a) la variation d'entropie de l'eau, b) la variation d'entropie du sol, c) la création d'entropie.

Voir l'indice

Imaginer un chemin réversible fictif passant par le point d'équilibre standard à 0\,^\circ\text{C} pour calculer \Delta S_{\text{eau}}, puis utiliser la chaleur reçue par le sol pour \Delta S_{\text{sol}}.

Voir la stratégie
  1. L'entropie étant une fonction d'état, on calcule sa variation \Delta S_{\text{eau}} pour l'eau en concevant un chemin réversible fictif passant par la température de fusion réversible T_{\text{fus}} = 273{,}15\text{ K} : réchauffement de l'eau liquide de T_i à T_{\text{fus}}, solidification isotherme et isobare à T_{\text{fus}}, puis refroidissement de la glace de T_{\text{fus}} à T_f = T_i.
  2. Le sol constituant un thermostat à la température constante T_{\text{sol}} = T_i = T_f, sa variation d'entropie se déduit de la chaleur reçue par le sol Q_{\text{sol}} = - Q_{\text{eau}}, où Q_{\text{eau}} = \Delta H_{\text{eau}} car l'évolution globale de l'eau est monobare sans travail utile.
  3. L'entropie créée lors de la transformation globale s'obtient via le bilan entropique du système isolé {eau + sol} : S_{\text{créée}} = \Delta S_{\text{eau}} + \Delta S_{\text{sol}}.
Voir la réponse courte

Utilisation d'un chemin réversible fictif via 0^\circ\text{C} pour \Delta S_{\text{eau}}, puis calcul de S_{\text{éch}} et de S_c > 0.

Voir le corrigé complet

On note T_0 = T_i = T_f = 263{,}15\text{ K} la température initiale et finale de l'eau, égale à la température du sol T_{\text{sol}}, et T_{\text{fus}} = 273{,}15\text{ K} la température normale de fusion sous P^0 = 1\text{ bar}. Les capacités thermiques massiques sont notées C_{\text{liq}} et C_{\text{sol}}, et l'enthalpie massique de fusion \Delta H_{\text{fusion}}^0 = L.

a) Variation d'entropie de l'eau L'entropie S étant une fonction d'état, on décompose la transformation globale en trois étapes réversibles :

  1. Échauffement de l'eau liquide de T_0 à T_{\text{fus}} :

    \Delta S_1 = m C_{\text{liq}} \ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right)
  2. Solidification totale réversible à la température T_{\text{fus}} et sous P^0 (changement d'état d'enthalpie massique -L) :

    \Delta S_2 = - \frac{m L}{T_{\text{fus}}}
  3. Refroidissement de la glace de T_{\text{fus}} à T_0 :

    \Delta S_3 = m C_{\text{sol}} \ln\left(\frac{T_0}{T_{\text{fus}}}\right) = - m C_{\text{sol}} \ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right)

La variation d'entropie de l'eau vaut ainsi :

\Delta S_{\text{eau}} = \Delta S_1 + \Delta S_2 + \Delta S_3 = m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}}) \ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right) - \frac{m L}{T_{\text{fus}}}
\boxed{\Delta S_{\text{eau}} = m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}}) \ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right) - \frac{m L}{T_{\text{fus}}}}

b) Variation d'entropie du sol La transformation de l'eau s'effectue à pression constante P^0, sans travail autre que les forces de pression. Le premier principe appliqué à l'eau donne pour la chaleur totale échangée par l'eau avec le sol :

Q_{\text{eau}} = \Delta H_{\text{eau}}

En utilisant le même chemin thermodynamique que précédemment :

\begin{aligned} \Delta H_{\text{eau}} &= m C_{\text{liq}}(T_{\text{fus}} - T_0) - m L + m C_{\text{sol}}(T_0 - T_{\text{fus}}) \\ &= m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}})(T_{\text{fus}} - T_0) - m L \end{aligned}

Le sol étant un thermostat à la température constante T_{\text{sol}} = T_0, il reçoit de l'eau le transfert thermique :

Q_{\text{sol}} = - Q_{\text{eau}} = - \Delta H_{\text{eau}} = m L - m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}})(T_{\text{fus}} - T_0)

La transformation d'un thermostat étant réversible en son sein, sa variation d'entropie s'écrit :

\Delta S_{\text{sol}} = \frac{Q_{\text{sol}}}{T_0} = \frac{m L}{T_0} - \frac{m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}})(T_{\text{fus}} - T_0)}{T_0}
\boxed{\Delta S_{\text{sol}} = \frac{m L}{T_0} - m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}}) \left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0} - 1\right)}

c) Création d'entropie L'ensemble {eau + sol} constitue un système globalement isolé. D'après le second principe :

S_{\text{créée}} = \Delta S_{\text{eau}} + \Delta S_{\text{sol}}

En sommant les deux expressions obtenues :

\begin{aligned} S_{\text{créée}} &= m L \left(\frac{1}{T_0} - \frac{1}{T_{\text{fus}}}\right) + m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}}) \left[\ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right) - \left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0} - 1\right)\right] \end{aligned}
\boxed{S_{\text{créée}} = m L \left(\frac{1}{T_0} - \frac{1}{T_{\text{fus}}}\right) + m (C_{\text{liq}} - C_{\text{sol}}) \left[\ln\left(\frac{T_{\text{fus}}}{T_0}\right) - \frac{T_{\text{fus}} - T_0}{T_0}\right]}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réalisation d'un bilan entropique et la notion d'entropie de solidification doivent être maîtrisées.

« Les bilans entropiques posent vraiment problème. On trouve de nombreuses copies où toutes les variations d’entropie demandées sont nulles. L’entropie de solidification n’est pas une notion acquise. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 30

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : potentiel chimique, équilibre de phase, loi de van 't hoff

a) En déduire pour les équilibres entre les deux phases (glace, solution salée). b) Retrouver la température de fusion de l'eau pure.

Voir l'indice

Égaler les deux potentiels chimiques fournis et identifier le cas de l'eau pure (Y = 0).

Voir la stratégie
  1. À l'équilibre thermodynamique entre deux phases à température T et pression fixées, les potentiels chimiques de l'eau dans la glace et dans la solution doivent être égaux : \mu_{\text{glace}} = \mu_{\text{solution}}.
  2. Pour l'eau pure, la fraction molaire en soluté est nulle (Y = 0), ce qui permet de déterminer la température d'équilibre correspondante, c'est-à-dire la température de fusion de l'eau pure.
Voir la réponse courte

Égalité des potentiels chimiques de l'eau solide et de l'eau en solution idéale de fraction molaire 1-Y.

Voir le corrigé complet

a) Expression de \ln(1 - Y) = f(T) à l'équilibre :

L'équilibre entre la glace et l'eau en solution s'écrit :

\mu_{\text{glace}}(T, P^0) = \mu_{\text{solution}}(T, P^0, Y)

En remplaçant par les expressions fournies dans l'énoncé :

18 \cdot 10^{-3} (-16\,213 - 2{,}40\, T) = 18 \cdot 10^{-3} \left(-15\,880 - 3{,}62\, T + 8{,}31\, T \ln(1 - Y)\right)

En simplifiant par le facteur non nul 18 \cdot 10^{-3} :

-16\,213 - 2{,}40\, T = -15\,880 - 3{,}62\, T + 8{,}31\, T \ln(1 - Y)

On isole le terme en \ln(1 - Y) :

\begin{aligned} 8{,}31\, T \ln(1 - Y) &= -16\,213 + 15\,880 - 2{,}40\, T + 3{,}62\, T \\ 8{,}31\, T \ln(1 - Y) &= -333 + 1{,}22\, T \end{aligned}

En divisant par 8{,}31\, T, on obtient :

\boxed{\ln(1 - Y) = \frac{1{,}22\, T - 333}{8{,}31\, T} = \frac{1{,}22}{8{,}31} - \frac{333}{8{,}31\, T}}

Soit numériquement :

\ln(1 - Y) \approx 0{,}147 - \frac{40{,}1}{T}

b) Température de fusion de l'eau pure :

L'eau pure correspond à une solution sans sel, soit Y = 0. À la fusion sous la pression standard P^0 = 1\text{ bar}, la relation d'équilibre devient :

\ln(1 - 0) = 0 \iff 1{,}22\, T_{\text{fus}} - 333 = 0

D'où :

T_{\text{fus}} = \frac{333}{1{,}22} \approx 272{,}95\text{ K}
\boxed{T_{\text{fus}} \approx 273\text{ K} \quad (\text{soit } 0\,^\circ\text{C})}

On retrouve bien, avec une excellente précision, la température de fusion de l'eau pure sous 1 bar donnée dans l'énoncé (T_{\text{fusion}} = 273{,}15\text{ K}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'égalité des potentiels chimiques est souvent bien posée, mais le calcul de la température de fusion de l'eau pure n'aboutit pas toujours.

« L’égalité des potentiels chimiques a été bien écrite par beaucoup de candidats mais la température de fusion de l’eau pure pas toujours retrouvée. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : abaissement cryoscopique, lecture de diagramme

Sur la figure 6, on a représenté, à partir de la loi obtenue en Q30, la température d'équilibre en fonction du titre massique du chlorure de sodium de la solution pour des concentrations faibles. À titre massique donné, le point de la courbe donne la température limite au-dessus de laquelle il n'y aura plus de glace. a) Quel pourcentage massique minimum de sel doit-on réaliser par l'opération de salage dans les zones verglacées par ? b) Cette technique peut-elle convenir en Sibérie où les températures descendent en dessous de ?

Voir l'indice

Lire l'abscisse correspondant à l'ordonnée -10\,^\circ\text{C} sur le diagramme de solubilité et observer la température de l'eutectique.

Voir la stratégie
  1. Pour la question a), repérer sur la figure 6 la courbe délimitant le domaine où la glace est présente et celui où elle a totalement disparu (« Solution de NaCl dans l'eau sans glace »), puis effectuer une lecture graphique à la température T = -10\,^\circ\text{C}.
  2. Pour la question b), identifier sur le diagramme la température la plus basse pour laquelle une phase liquide peut subsister (température de l'eutectique) et comparer cette valeur à la température sibérienne de -50\,^\circ\text{C}.
Voir la réponse courte

Lecture du titre massique requis sur la courbe à -10^\circ\text{C} ; inefficace à -50^\circ\text{C} à cause de l'eutectique.

Voir le corrigé complet

a) Pourcentage massique minimum de sel à -10\,^\circ\text{C} :

D'après le texte et la figure 6, la frontière entre le domaine biphasé (« Solution de NaCl avec de la glace ») et le domaine monophasé liquide (« Solution de NaCl dans l'eau sans glace ») donne la température de fusion commençante en fonction du titre massique X en sel.

À une température fixée de T = -10\,^\circ\text{C}, pour que toute la glace fonde, le système doit se situer dans le domaine de la solution sans glace, ce qui impose d'atteindre un titre massique supérieur ou égal à la valeur lue sur la courbe.

Par lecture graphique sur la figure 6 à l'ordonnée T = -10\,^\circ\text{C}, on relève sur la branche de gauche :

\boxed{X_{\min} \approx 14\,\%}

(une lecture comprise entre 13\,\% et 15\,\% est acceptable).

b) Application au cas de la Sibérie (températures inférieures à -50\,^\circ\text{C}) :

La figure 6 montre l'existence d'un point eutectique, point le plus bas du domaine liquide, situé à la température :

T_E = -21{,}6\,^\circ\text{C} \quad (\text{pour } X_E = 23{,}6\,\%)

Pour toute température inférieure à T_E, la phase liquide ne peut plus exister à l'équilibre thermodynamique sous une pression de 1\text{ bar} : le système est intégralement figé à l'état solide (mélange de glace et de cristaux de sel).

\boxed{\text{Cette technique ne peut donc pas convenir en Sibérie à } -50\,^\circ\text{C}.}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie VI : Élaboration d'un béton routier

Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : équation de réaction, stœchiométrie

Écrire le bilan réactionnel (réaction (1)) entre la silice et le carbonate qui engendre une mole du constituant solide principal du ciment, c'est-à-dire une mole de silicate de calcium .

Voir l'indice

Équilibrer la réaction stœchiométrique entre \text{CaCO}_3, \text{SiO}_2 et \text{Ca}_3\text{SiO}_5 avec dégagement gazeux de dioxyde de carbone.

Voir la stratégie
  1. Identifier les réactifs (\text{CaCO}_3 et \text{SiO}_2) et les produits (\text{Ca}_3\text{SiO}_5 et \text{CO}_2), ainsi que leurs états physiques respectifs indiqués dans le texte et le tableau de données.
  2. Fixer le coefficient stœchiométrique de \text{Ca}_3\text{SiO}_5 à 1 comme imposé par l'énoncé.
  3. Ajuster successivement les éléments calcium, silicium, carbone et vérifier la conservation de l'élément oxygène.
Voir la réponse courte

Écriture de la réaction équilibrée de synthèse du silicate de calcium à partir de silice et carbonate.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la formation du clinker met en jeu du carbonate de calcium \text{CaCO}_{3\text{ (s)}} et de la silice \text{SiO}_{2\text{ (s)}} pour former du silicate tricalcique \text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}} et du dioxyde de carbone gazeux \text{CO}_{2\text{ (g)}} :

  • La formation d'une mole de \text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}} requiert 3\text{ mol} d'atomes de calcium, donc 3\text{ mol} de \text{CaCO}_{3\text{ (s)}} ;
  • Elle requiert également 1\text{ mol} d'atomes de silicium, apportée par 1\text{ mol} de \text{SiO}_{2\text{ (s)}} ;
  • Les 3\text{ mol} de carbone issues du calcaire conduisent à la formation de 3\text{ mol} de \text{CO}_{2\text{ (g)}} ;
  • Conservation de l'élément oxygène : 3 \times 3 + 2 = 11 moles d'atomes d'oxygène du côté des réactifs, et 5 + 3 \times 2 = 11 moles du côté des produits, le bilan est équilibré.

L'équation-bilan de la réaction (1) s'écrit donc :

\boxed{3\,\text{CaCO}_{3\text{ (s)}} + \text{SiO}_{2\text{ (s)}} = \text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}} + 3\,\text{CO}_{2\text{ (g)}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie standard de réaction, loi de hess

Calculer, à partir des données, l'enthalpie standard de réaction pour une mole de silicate formée.

Voir l'indice

Appliquer la loi de Hess à partir des enthalpies molaires de formation tabulées.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'équation de la réaction (1) établie à la question Q32.
  2. Appliquer la loi de Hess en reliant l'enthalpie standard de réaction aux enthalpies molaires de formation des réactifs et des produits fournies dans les données du tableau.
Voir la réponse courte

Application de la loi de Hess à partir des enthalpies standard de formation des réactifs et des produits.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la réaction de formation d'une mole de silicate de calcium s'écrit :

3\,\text{CaCO}_{3\text{ (s)}} + \text{SiO}_{2\text{ (s)}} = \text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}} + 3\,\text{CO}_{2\text{ (g)}}

D'après la loi de Hess, l'enthalpie standard de réaction \Delta H_{r1}^0 s'exprime en fonction des enthalpies molaires de formation des constituants selon :

\Delta H_{r1}^0 = \Delta_f H^0(\text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}}) + 3\,\Delta_f H^0(\text{CO}_{2\text{ (g)}}) - 3\,\Delta_f H^0(\text{CaCO}_{3\text{ (s)}}) - \Delta_f H^0(\text{SiO}_{2\text{ (s)}})

À l'aide des valeurs numériques fournies dans le tableau :

  • \Delta_f H^0(\text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}}) = -2\,930\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_f H^0(\text{CO}_{2\text{ (g)}}) = -393\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_f H^0(\text{CaCO}_{3\text{ (s)}}) = -1\,206\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}
  • \Delta_f H^0(\text{SiO}_{2\text{ (s)}}) = -910\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}

Le calcul numérique conduit à :

\begin{aligned} \Delta H_{r1}^0 &= -2\,930 + 3 \times (-393) - [3 \times (-1\,206) + (-910)] \\ &= -2\,930 - 1\,179 - [-3\,618 - 910] \\ &= -4\,109 - (-4\,528) \\ &= +419\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta H_{r1}^0 = +419\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : entropie standard de réaction, désordre molaire

a) Calculer, à partir des données, l'entropie standard de réaction pour une mole de silicate formé. b) Commenter son signe.

Voir l'indice

Calculer la variation d'entropie standard et interpréter son signe positif par l'augmentation du nombre de moles de gaz.

Voir la réponse courte

Calcul de l'entropie standard de réaction ; signe positif justifié par la production de trois moles de gaz.

Voir le corrigé complet

a) D'après l'équation-bilan établie à la question Q32 pour la formation d'une mole de silicate de calcium :

3\,\text{CaCO}_{3\text{ (s)}} + \text{SiO}_{2\text{ (s)}} = \text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}} + 3\,\text{CO}_{2\text{ (g)}}

L'entropie standard de réaction s'exprime selon le troisième principe à l'aide des grandeurs molaires tabulées :

\Delta S_{r1}^0 = S_{\text{m}}^0(\text{Ca}_3\text{SiO}_{5\text{ (s)}}) + 3\,S_{\text{m}}^0(\text{CO}_{2\text{ (g)}}) - 3\,S_{\text{m}}^0(\text{CaCO}_{3\text{ (s)}}) - S_{\text{m}}^0(\text{SiO}_{2\text{ (s)}})

Application numérique :

\begin{aligned} \Delta S_{r1}^0 &= 130{,}5 + 3 \times 213{,}6 - 3 \times 92{,}29 - 41{,}28 \\ &= 771{,}3 - 318{,}15 = 453{,}15\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

En conservant un nombre cohérent de décimales :

\boxed{\Delta S_{r1}^0 \approx +453{,}2\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}}

b) Le signe de l'entropie standard de réaction est strictement positif (\Delta S_{r1}^0 > 0), ce qui traduit une augmentation globale du désordre du système lors de la transformation.

Physiquement, cela s'explique par la création d'espèces gazeuses : la réaction consomme uniquement des solides et génère trois moles de dioxyde de carbone gazeux (\Delta \nu_{\text{gaz}} = +3\text{ mol}). Comme l'entropie molaire d'un gaz est considérablement plus élevée que celle des phases condensées (liée à la liberté de translation et au nombre élevé de micro-états accessibles), la création de gaz domine largement le bilan entropique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez la confusion entre enthalpie et entropie lors de l'interprétation du signe.

« L’interprétation du signe est parfois fausse car il y a encore confusion entre l’enthalpie et l’entropie pour la chaleur de réaction. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie libre standard de réaction, constante d'équilibre

a) En déduire que l'expression de l'enthalpie libre standard de réaction peut s'écrire :

b) Quelle est la valeur de ? c) Commenter le choix industriel. d) Évaluer la constante d'équilibre de la réaction (1) à 1 700 K.

Voir l'indice

Exprimer \Delta G^\circ(T) = \Delta H^\circ - T\Delta S^\circ, factoriser par \Delta H^\circ pour faire apparaître la température d'inversion, puis relier \Delta G^\circ à \ln K^\circ.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \Delta G_{r1}^0(T) = \Delta H_{r1}^0 - T \Delta S_{r1}^0 sous l'approximation d'Ellingham en utilisant les résultats des questions Q33 et Q34, puis factoriser par \Delta H_{r1}^0 pour identifier la température d'inversion T_i.
  2. Calculer la valeur numérique de T_i = \frac{\Delta H_{r1}^0}{\Delta S_{r1}^0}.
  3. Discuter la spontanéité thermodynamique de la réaction pour T > T_i et justifier la température opératoire choisie industriellement (T = 1\,700\text{ K}).
  4. Calculer la constante d'équilibre K^0 à 1\,700\text{ K} via la relation \Delta G_{r1}^0(T) = -R T \ln K^0.
Voir la réponse courte

Calcul de l'enthalpie libre standard, température d'inversion T_i = \Delta_r H^\circ / \Delta_r S^\circ, et calcul de K^\circ(1700\text{ K}).

Voir le corrigé complet

a) D'après l'approximation d'Ellingham formulée dans les consignes, l'enthalpie standard et l'entropie standard de réaction sont considérées comme indépendantes de la température. L'enthalpie libre standard de réaction s'exprime ainsi :

\Delta G_{r1}^0(T) = \Delta H_{r1}^0 - T \Delta S_{r1}^0

En factorisant par l'enthalpie standard \Delta H_{r1}^0 = 419\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} = 419 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} obtenue à la question Q33, on a :

\Delta G_{r1}^0(T) = 419 \cdot 10^3 \left( 1 - \frac{T \Delta S_{r1}^0}{\Delta H_{r1}^0} \right)

En posant T_i = \frac{\Delta H_{r1}^0}{\Delta S_{r1}^0}, on retrouve bien la forme demandée :

\boxed{\Delta G_{r1}^0(T) = 419 \cdot 10^3 \left( 1 - \frac{T}{T_i} \right)}

b) D'après la question Q34, \Delta S_{r1}^0 \approx 453{,}2\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}. On en déduit :

T_i = \frac{\Delta H_{r1}^0}{\Delta S_{r1}^0} = \frac{419 \cdot 10^3}{453{,}2} \approx 924{,}5\text{ K}
\boxed{T_i \approx 925\text{ K}}

c) La température T_i est la température d'inversion thermodynamique :

  • Pour T < T_i, \Delta G_{r1}^0(T) > 0, la constante d'équilibre est faible (K^0 < 1) et la formation du silicate est thermodynamiquement défavorisée.
  • Pour T > T_i, \Delta G_{r1}^0(T) < 0, la constante d'équilibre devient supérieure à 1 (K^0 > 1) et la réaction devient spontanée dans les conditions standard.

Le choix d'opérer à une température très supérieure (T = 1\,700\text{ K} \gg T_i) assure à la fois :

  • un déplacement thermodynamique très favorable vers la formation du silicate de calcium (K^0 \gg 1) ;
  • une accélération cinétique indispensable pour assurer des vitesses de réaction suffisantes entre constituants à l'état solide.

d) L'enthalpie libre standard de réaction à T = 1\,700\text{ K} vaut :

\begin{aligned} \Delta G_{r1}^0(1\,700\text{ K}) &= 419 \cdot 10^3 \left( 1 - \frac{1\,700}{924{,}5} \right) \\ &= 419 \cdot 10^3 - 1\,700 \times 453{,}2 \approx -3{,}514 \cdot 10^5\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

La constante d'équilibre K^0 est reliée à \Delta G_{r1}^0 par \Delta G_{r1}^0(T) = -R T \ln K^0, d'où :

\begin{aligned} \ln K^0 &= -\frac{\Delta G_{r1}^0(1\,700\text{ K})}{R \times 1\,700} = \frac{3{,}514 \cdot 10^5}{8{,}31 \times 1\,700} \approx 24{,}88 \end{aligned}

Ce qui donne :

K^0 = \exp(24{,}88) \approx 6{,}4 \cdot 10^{10}
\boxed{K^0(1\,700\text{ K}) \approx 6 \cdot 10^{10}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne confondez pas la température d'inversion avec son inverse, justifiez le choix industriel et veillez aux conversions entre joules et kilojoules.

« Le choix industriel est peu commenté ou de façon inexacte. La température d’inversion est souvent confondue avec son inverse. Des erreurs numériques provenant de confusion entre kJ et J. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : enthalpie standard de réaction, bilan thermique

Calculer l'énergie thermique nécessaire pour produire une tonne de ciment assimilé à du silicate de calcium pur (à 1 700 K, 1 bar).

Voir l'indice

Déterminer le nombre de moles contenues dans une tonne de produit et multiplier par l'enthalpie de réaction.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la masse molaire du silicate de calcium \mathrm{Ca_3SiO_5} à partir des masses atomiques fournies, puis en déduire la quantité de matière n correspondant à une tonne de ce composé.
  2. Utiliser le premier principe de la thermodynamique à pression constante : pour une transformation monobare sans travail utile, la chaleur reçue vaut la variation d'enthalpie Q_p = \Delta H. Avec l'approximation d'Ellingham (enthalpie standard de réaction indépendante de la température), \Delta H = n\,\Delta H_{r1}^0.
Voir la réponse courte

Calcul de la chaleur de réaction à pression constante Q_p = n \Delta_r H^\circ pour une tonne de ciment.

Voir le corrigé complet

La masse molaire du silicate de calcium \mathrm{Ca_3SiO_5} se calcule à partir des données atomiques :

\begin{aligned} M(\mathrm{Ca_3SiO_5}) &= 3\,M(\mathrm{Ca}) + M(\mathrm{Si}) + 5\,M(\mathrm{O}) \\ &= 3 \times 40 + 28 + 5 \times 16 \\ &= 120 + 28 + 80 = 228\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0{,}228\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}. \end{aligned}

Pour une masse m = 1\text{ tonne} = 10^3\text{ kg} = 10^6\text{ g} de silicate de calcium formé, la quantité de matière correspondante est :

n = \frac{m}{M(\mathrm{Ca_3SiO_5})} = \frac{10^6}{228} \approx 4{,}386 \cdot 10^3\text{ mol}.

D'après le bilan réactionnel de la question Q32, la formation d'une mole de \mathrm{Ca_3SiO_5} correspond à un avancement standard \xi = 1\text{ mol}. À pression constante (P = 1\text{ bar}) et à la température de 1\,700\text{ K}, en tenant compte de la consigne stipulant que \Delta H_{r1}^0 est indépendante de la température, l'énergie thermique à fournir (la réaction étant endothermique) s'écrit :

Q_p = \Delta H = n\,\Delta H_{r1}^0.

D'après la question Q33, \Delta H_{r1}^0 = +419\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}. On en déduit :

\begin{aligned} Q_p &= 4{,}386 \cdot 10^3 \times 419 \cdot 10^3\text{ J} \\ &\approx 1{,}84 \cdot 10^9\text{ J} = 1{,}84\text{ GJ}. \end{aligned}
\boxed{Q_p \approx 1{,}84 \cdot 10^6\text{ kJ} = 1{,}84\text{ GJ}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre enthalpie et entropie.

« Encore confusion entre enthalpie et entropie. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : température de flamme, enthalpie standard de réaction

Cette énergie thermique est apportée par la réaction (2), de combustion du méthane, supposée totale :

dont l'enthalpie standard de réaction vaut à 298 K. Elle est réalisée sous 1 bar entre le méthane et l'air pris à 298 K dans les proportions stœchiométriques pour la réaction (2). L'air est considéré comme un mélange d'un volume de dioxygène et de quatre volumes de diazote . Calculer la température atteinte en supposant que l'énergie thermique de la combustion n'a pas le temps de s'évacuer et en supposant que les capacités thermiques molaires standards sont indépendantes de la température.

Voir l'indice

Écrire le bilan enthalpique adiabatique en tenant compte de tous les gaz présents dans l'état final (produits et azote de l'air non réactif).

Voir la stratégie
  1. Effectuer le bilan de matière initial et final pour la combustion complète d'une mole de méthane avec les proportions stœchiométriques d'air, en tenant compte du diazote inerte.
  2. Écrire le premier principe de la thermodynamique pour une transformation monobare (P = 1\text{ bar}) et adiabatique (l'énergie n'a pas le temps de s'évacuer), soit \Delta H = 0.
  3. Décomposer la transformation en un chemin fictif à deux étapes (réaction à T_0 = 298\text{ K}, puis échauffement des gaz produits et inertes jusqu'à la température de flamme adiabatique T_f) pour en déduire T_f.
Voir la réponse courte

Bilan adiabatique monobare de combustion incluant le diazote spectateur de l'air pour trouver la température de flamme.

Voir le corrigé complet

Considérons la combustion de n_0 = 1\text{ mol} de méthane \text{CH}_{4\text{ (g)}}.

D'après la stœchiométrie de la réaction :

\text{CH}_{4\text{ (g)}} + 2\,\text{O}_{2\text{ (g)}} = \text{CO}_{2\text{ (g)}} + 2\,\text{H}_2\text{O}_{\text{ (g)}}

la quantité de dioxygène nécessaire est n(\text{O}_2) = 2\text{ mol}. L'air contenant quatre volumes de diazote pour un volume de dioxygène, la quantité de diazote \text{N}_2 introduite (gaz inerte dans la combustion) vaut :

n(\text{N}_2) = 4\,n(\text{O}_2) = 8\text{ mol}

La réaction étant supposée totale, l'état final est constitué de :

  • n(\text{CO}_2) = 1\text{ mol} ;
  • n(\text{H}_2\text{O}) = 2\text{ mol} ;
  • n(\text{N}_2) = 8\text{ mol}.

La combustion se déroulant à pression constante (P = P^0 = 1\text{ bar}) et de manière adiabatique (Q_P = 0), le premier principe donne :

\Delta H = Q_P = 0

On décompose cette transformation en deux étapes successives :

  1. Réaction chimique isotherme à la température initiale T_0 = 298\text{ K} pour un avancement \xi = 1\text{ mol} :

    \Delta H_1 = \xi\,\Delta H_{r2}^0(T_0)
  2. Échauffement des gaz présents dans l'état final de T_0 à T_f sans réaction :

    \Delta H_2 = \int_{T_0}^{T_f} C_{p,\text{final}}\,\mathrm{d}T = C_{p,\text{final}}\,(T_f - T_0)

    les capacités thermiques molaires étant indépendantes de la température.

La capacité thermique molaire globale du mélange gazeux final (par mole de \text{CH}_4 brûlé) est :

\begin{aligned} C_{p,\text{final}} &= n(\text{CO}_2)\,C_{p,m}^0(\text{CO}_2) + n(\text{H}_2\text{O})\,C_{p,m}^0(\text{H}_2\text{O}) + n(\text{N}_2)\,C_{p,m}^0(\text{N}_2) \\ &= 1 \times 37{,}1 + 2 \times 33{,}6 + 8 \times 29{,}1 \\ &= 37{,}1 + 67{,}2 + 232{,}8 = 337{,}1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

L'enthalpie étant une fonction d'état, \Delta H = \Delta H_1 + \Delta H_2 = 0, ce qui conduit à :

\xi\,\Delta H_{r2}^0(T_0) + C_{p,\text{final}}\,(T_f - T_0) = 0 \implies T_f = T_0 - \frac{\Delta H_{r2}^0(T_0)}{C_{p,\text{final}}}

Application numérique :

T_f = 298 - \frac{-830 \cdot 10^3}{337{,}1} = 298 + 2\,462 = 2\,760\text{ K}
\boxed{T_f \approx 2{,}76 \cdot 10^3\text{ K}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Tenez compte de l'azote dans le bilan de matière et utilisez la capacité thermique des produits après réaction pour la température de flamme.

« Bilan de matière souvent inexact et la présence de l’azote souvent oubliée (encore une mauvaise lecture de l’énoncé). »

« De nombreux candidats se trompent en utilisant ΔrCp au lieu de la capacité thermique du mélange après réaction, ce qui montre qu’ils n’ont pas compris le principe de la température de flamme. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Chapitre : Transformations chimiques › Thermodynamique chimique et équilibres

Notions : bilan de matière, impact environnemental

On veut utiliser l'énergie thermique fournie par le retour à 1 700 K des constituants engendrés par la réaction (2). a) Quelle est la quantité de dioxyde de carbone produite par tonne de ciment ? b) Commenter sachant que la production de ciment dans le monde représente 4,6 milliards de tonnes par an (aucun calcul supplémentaire n'est requis).

Voir l'indice

Sommer le \text{CO}_2 dégagé par la décarbonatation du calcaire et celui produit par la combustion du combustible nécessaire au chauffage.

Voir la stratégie
  1. Identifier les deux sources de dioxyde de carbone lors de la fabrication du ciment : la réaction chimique de décarbonatation du calcaire (réaction (1)) et la combustion du méthane fournissant l'énergie thermique (réaction (2)).
  2. Déterminer l'énergie libérée par mole de méthane brûlé lors du refroidissement des fumées de la température de flamme T_f jusqu'à 1\,700\text{ K}, puis en déduire la quantité de méthane nécessaire pour apporter l'énergie Q_p calculée en Q36.
  3. Sommer les quantités de \text{CO}_2 produites par mole de ciment pour obtenir la quantité totale n par tonne de ciment, puis commenter l'impact environnemental mondial.
Voir la réponse courte

Somme du dioxyde de carbone décarbonaté et de combustion par tonne, puis extrapolation à l'échelle planétaire.

Voir le corrigé complet

a) Quantité n de \text{CO}_2 produite par tonne de ciment

\bullet 1. Émission liée à la combustion du méthane (réaction (2)) :

D'après la question Q37, les gaz issus de la combustion adiabatique et stœchiométrique du méthane sont portés à la température de flamme T_f \approx 2\,760\text{ K}.

L'énergie thermique cédée au milieu extérieur par mole de méthane brûlé lors du retour des fumées de T_f à T = 1\,700\text{ K} vaut :

q_{\text{fournie}} = C_{p,\text{final}} (T_f - T)

En utilisant la relation issue de Q37, C_{p,\text{final}}(T_f - T_0) = -\Delta H_{r2}^0 avec T_0 = 298\text{ K} :

\begin{aligned} q_{\text{fournie}} &= -\Delta H_{r2}^0 - C_{p,\text{final}}(T - T_0) \\ &= 830\cdot 10^3 - 337{,}1 \times (1\,700 - 298) \\ &= 830\cdot 10^3 - 472{,}6\cdot 10^3 = 357{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} \end{aligned}

L'énergie totale nécessaire pour produire une tonne de ciment étant Q_p = 1{,}838\cdot 10^9\text{ J} (d'après la question Q36), la quantité de méthane à brûler est :

n_{\text{CH}_4} = \frac{Q_p}{q_{\text{fournie}}} = \frac{1{,}838\cdot 10^6\text{ kJ}}{357{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}} \approx 5{,}14\cdot 10^3\text{ mol}

D'après l'équation (2), chaque mole de \text{CH}_4 brûlée dégage 1 mole de \text{CO}_2 :

n_{\text{CO}_2\text{, comb}} = n_{\text{CH}_4} \approx 5{,}14\cdot 10^3\text{ mol}

\bullet 2. Émission liée à la décarbonatation du calcaire (réaction (1)) :

D'après l'équation de la réaction (1) établie en Q32, la synthèse d'une mole de \text{Ca}_3\text{SiO}_5 produit 3 moles de \text{CO}_2.

Pour une tonne de ciment, la quantité de silicate est n_{\text{ciment}} \approx 4{,}386\cdot 10^3\text{ mol} (question Q36) :

n_{\text{CO}_2\text{, proc}} = 3 \, n_{\text{ciment}} = 3 \times 4{,}386\cdot 10^3 \approx 13{,}16\cdot 10^3\text{ mol}

\bullet 3. Quantité totale de \text{CO}_2 produite par tonne de ciment :

\begin{aligned} n &= n_{\text{CO}_2\text{, proc}} + n_{\text{CO}_2\text{, comb}} \\ &= 13{,}16\cdot 10^3 + 5{,}14\cdot 10^3 \end{aligned}
\boxed{n \approx 1{,}83\cdot 10^4\text{ mol} = 18{,}3\text{ kmol}}

En masse, sachant que M(\text{CO}_2) = 44\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} :

m(\text{CO}_2) = n \times M(\text{CO}_2) \approx 1{,}83\cdot 10^4 \times 44\cdot 10^{-3} \approx 805\text{ kg} \approx 0{,}8\text{ tonne de }\text{CO}_2\text{ par tonne de ciment}

b) Commentaire

Pour une production mondiale annuelle de 4{,}6\text{ milliards de tonnes} de ciment, la masse de \text{CO}_2 rejetée dans l'atmosphère chaque année est de l'ordre de :

M_{\text{CO}_2\text{, annuel}} \approx 4{,}6\cdot 10^9 \times 0{,}8 \approx 3{,}7\text{ milliards de tonnes de }\text{CO}_2\text{/an}

Les émissions mondiales anthropiques annuelles s'élevant à environ 40\text{ Gt de }\text{CO}_2, l'industrie cimentière est responsable à elle seule d'environ 7\text{ à }8\,\% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

La décarbonatation chimique du calcaire représentant à elle seule plus de 70\,\% de ces émissions (irréductible par simple amélioration du rendement thermique), la décarbonation du secteur de la construction constitue un enjeu environnemental majeur (recherche de liants alternatifs, captage et stockage du carbone).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'oubliez pas le CO2 produit par la combustion du méthane et faites référence à l'effet de serre plutôt qu'à un effet polluant générique.

« Les candidats oublient que la combustion du méthane produit aussi du gaz carbonique. La réponse invoque souvent un effet polluant au lieu de l’effet de serre. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Partie VII : Principe d'une route chauffante

Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : résistance thermique cylindrique, loi de newton

Dans l'épaisseur des tuyaux des réseaux, on suppose que la température ne dépend que de la variable des coordonnées cylindriques (figure 7). a) On peut établir que la résistance thermique élémentaire , associée au phénomène de diffusion, d'un cylindre C (figure 7) de longueur , compris entre les rayons et et de conductivité thermique vaut . En déduire la résistance thermique de diffusion d'un tuyau cylindrique creux de longueur , de rayon extérieur et d'épaisseur . b) En fait, au niveau du rayon intérieur des tuyaux du réseau de surface, le mouvement du fluide caloporteur entraîne une différence de température entre le rayon intérieur et le fluide caloporteur en obéissant à une loi de Newton de coefficient . Exprimer la résistance thermique d'un tuyau du réseau de surface (figure 8) en fonction de , , , et . c) Calculer la valeur numérique de la conductance linéique sachant que la conductivité thermique du polymère vaut et que le coefficient du réseau de surface vaut .

Voir l'indice

Intégrer l'expression différentielle pour la diffusion et associer en série la résistance de conduction de la paroi et celle de convection interne.

Voir la stratégie
  1. Pour la résistance de diffusion, on intègre la résistance thermique élémentaire \mathrm{d}\Gamma entre le rayon intérieur R - e et le rayon extérieur R.
  2. Pour la résistance totale, on identifie l'association en série de la résistance convective interne (loi de Newton) et de la résistance de diffusion conductive à travers l'épaisseur du tuyau.
  3. La conductance linéique G_l est reliée à la résistance thermique globale par G_l = \frac{1}{\Gamma L}.
Voir la réponse courte

Intégration de la résistance thermique conductrice en géométrie cylindrique et association en série avec la convection interne.

Voir le corrigé complet

a) Le tuyau cylindrique creux s'étend du rayon intérieur r = R - e au rayon extérieur r = R. Par sommation continue des résistances thermiques élémentaires cylindriques coaxiales en régime permanent :

\Gamma_{\text{diff}} = \int_{R-e}^{R} \mathrm{d}\Gamma = \int_{R-e}^{R} \frac{1}{2\pi\lambda L}\frac{\mathrm{d}r}{r} = \frac{1}{2\pi\lambda L} \left[\ln r\right]_{R-e}^{R}
\boxed{\Gamma_{\text{diff}} = \frac{1}{2\pi\lambda L}\ln\left(\frac{R}{R-e}\right)}

b) D'après la loi de Newton, le transfert conducto-convectif entre le fluide caloporteur et la paroi interne de surface S_{\text{int}} = 2\pi(R-e)L s'écrit pour un flux thermique radial :

\Phi = h S_{\text{int}} \left(T_{\text{int}} - T_{\text{fluide}}\right) = \frac{T_{\text{int}} - T_{\text{fluide}}}{\Gamma_{\text{conv}}}

d'où la résistance thermique de convection :

\Gamma_{\text{conv}} = \frac{1}{h S_{\text{int}}} = \frac{1}{2\pi(R-e)L h}

Le flux thermique traverse successivement l'interface convective puis la paroi solide conductrice. Ces résistances thermiques étant en série, la résistance thermique globale \Gamma s'écrit :

\Gamma = \Gamma_{\text{conv}} + \Gamma_{\text{diff}}
\boxed{\Gamma = \frac{1}{2\pi L} \left[ \frac{1}{h(R-e)} + \frac{1}{\lambda}\ln\left(\frac{R}{R-e}\right) \right]}

c) La conductance thermique globale est G = \frac{1}{\Gamma}. Pour un tuyau de longueur L, la conductance linéique G_l est définie par G = G_l L, soit :

G_l = \frac{1}{\Gamma L} = \frac{2\pi}{\dfrac{1}{h(R-e)} + \dfrac{1}{\lambda}\ln\left(\dfrac{R}{R-e}\right)}

Application numérique :

  • R = 1\text{ cm} = 1{,}0 \cdot 10^{-2}\text{ m}
  • e = 0{,}5\text{ mm} = 0{,}05 \cdot 10^{-2}\text{ m}, d'où R - e = 0{,}95 \cdot 10^{-2}\text{ m}
  • \lambda = 0{,}25\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
  • h = 150\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}

Calculons séparément les deux termes au dénominateur :

\begin{aligned} \frac{1}{h(R-e)} &= \frac{1}{150 \times 0{,}95 \cdot 10^{-2}} \approx 0{,}702\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1} \\ \frac{1}{\lambda}\ln\left(\frac{R}{R-e}\right) &= \frac{1}{0{,}25}\ln\left(\frac{1}{0{,}95}\right) = 4 \times 0{,}0513 \approx 0{,}205\text{ m}\cdot\text{K}\cdot\text{W}^{-1} \end{aligned}

Il vient :

G_l = \frac{2\pi}{0{,}702 + 0{,}205} = \frac{2\pi}{0{,}907} \approx 6{,}9\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
\boxed{G_l \approx 6{,}9\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à la primitive en ln(r), à l'association en série des résistances thermiques et à la distinction entre conductance et conductance linéique.

« Erreur de primitive (1/r2 au lieu de Ln) Erreur de bornes […] La résistance de conducto-convection souvent fausse. Montage en parallèle au lieu de montage en série. »

« La conductance linéique est confondue avec la conductance. L’unité est souvent inexacte. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 40

ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement ; Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique

Notions : premier principe industriel, échangeur thermique

En période chaude, le revêtement routier peut être à une température uniforme de . L'eau en écoulement, dont la température ne dépend que de , a une température d'entrée dans le réseau de surface égale à et une température de sortie du réseau de surface égale à . a) Exprimer le premier principe pour l'écoulement en système ouvert qui correspond à la tranche comprise entre et . b) En déduire le débit massique de l'eau en écoulement. Faire l'application numérique.

Voir l'indice

Effectuer un bilan d'enthalpie sur une tranche d'eau de longueur \text{d}z échangeant de la chaleur avec l'extérieur selon la conductance linéique.

Voir la stratégie
  1. Pour un écoulement stationnaire en système ouvert sans parties mobiles (pas de travail transitoire ni utile), appliquer le premier principe sous forme de flux enthalpique à travers la tranche élémentaire de fluide entre z et z + \mathrm{d}z.
  2. Exprimer le flux thermique élémentaire reçu de l'extérieur par conducto-convection et conduction radiale à l'aide de la conductance linéique G_l déterminée à la question précédente.
  3. Intégrer l'équation différentielle obtenue entre l'entrée (z = 0) et la sortie (z = L) du tuyau pour en déduire le débit massique D_m.
Voir la réponse courte

Bilan enthalpique en écoulement stationnaire sur une tranche d'eau couplé au flux conducto-convectif pour extraire le débit.

Voir le corrigé complet

a) Premier principe en système ouvert pour la tranche [z, z + \mathrm{d}z]

Considérons le volume de contrôle fixe délimité par les sections droites en z et z + \mathrm{d}z. En régime permanent :

  • les variations d'énergie cinétique et potentielle de pesanteur du fluide sont négligeables ;
  • aucun travail utile n'est échangé avec l'extérieur (w_u = 0) ;
  • le débit massique entrant en z est égal au débit massique sortant en z + \mathrm{d}z, noté D_m.

Le premier principe pour un écoulement stationnaire en système ouvert se traduit par l'égalité entre le flux enthalpique net sortant et la puissance thermique élémentaire reçue \delta\Phi à travers la paroi latérale :

\mathrm{d}\dot{H} = D_m [h(z + \mathrm{d}z) - h(z)] = D_m C \, \mathrm{d}\theta = \delta\Phi

où h désigne l'enthalpie massique du fluide et C sa capacité thermique massique.

La puissance thermique élémentaire transmise du revêtement à \theta_{\text{ext}} vers le fluide à \theta(z) à travers la longueur \mathrm{d}z s'exprime à l'aide de la résistance thermique élémentaire \mathrm{d}\Gamma = \frac{1}{G_l \, \mathrm{d}z} :

\delta\Phi = \frac{\theta_{\text{ext}} - \theta(z)}{\mathrm{d}\Gamma} = G_l \, (\theta_{\text{ext}} - \theta(z)) \, \mathrm{d}z

On obtient ainsi la relation traduisant le premier principe :

\boxed{D_m C \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}z} = G_l \, (\theta_{\text{ext}} - \theta(z))}

b) Débit massique D_m de l'eau en écoulement

L'équation différentielle s'écrit sous forme à variables séparables :

\frac{\mathrm{d}\theta}{\theta_{\text{ext}} - \theta} = \frac{G_l}{D_m C} \, \mathrm{d}z

En intégrant entre l'entrée du réseau (z = 0, \theta(0) = \theta_e) et la sortie (z = L, \theta(L) = \theta_s) :

-\left[ \ln(\theta_{\text{ext}} - \theta) \right]_{\theta_e}^{\theta_s} = \frac{G_l L}{D_m C} \implies \ln\left( \frac{\theta_{\text{ext}} - \theta_e}{\theta_{\text{ext}} - \theta_s} \right) = \frac{G_l L}{D_m C}

On en déduit l'expression du débit massique :

\boxed{D_m = \frac{G_l L}{C \, \ln\left( \dfrac{\theta_{\text{ext}} - \theta_e}{\theta_{\text{ext}} - \theta_s} \right)}}

Application numérique :

  • G_l \approx 6{,}93\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} (d'après la question Q39c)
  • L = 60\text{ m}
  • C = 4{,}2 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1}
  • \theta_{\text{ext}} - \theta_e = 70 - 20 = 50^\circ\text{C} = 50\text{ K}
  • \theta_{\text{ext}} - \theta_s = 70 - 65 = 5^\circ\text{C} = 5\text{ K}
  • \dfrac{\theta_{\text{ext}} - \theta_e}{\theta_{\text{ext}} - \theta_s} = \frac{50}{5} = 10 \implies \ln(10) \approx 2{,}303
D_m = \frac{6{,}93 \times 60}{4{,}2 \cdot 10^3 \times 2{,}303} = \frac{415{,}8}{9\,673} \approx 4{,}3 \cdot 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{D_m \approx 4{,}3 \cdot 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} = 43\text{ g}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{soit environ } 2{,}6\text{ L}\cdot\text{min}^{-1})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Appliquez le premier principe en écoulement stationnaire et réutilisez la conductance déterminée précédemment.

« Peu de bonnes réponses même chez ceux qui connaissent le premier principe appliqué aux écoulements. Une équation de diffusion thermique comme si on était en régime non permanent. »

« La non utilisation de la conductance montre que les candidats ne s’approprient pas assez l’énoncé. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 41

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Chapitre : Diffusion et transferts thermiques › Diffusion thermique ; Thermodynamique › Systèmes ouverts en écoulement

Notions : résistance thermique, bilan d'énergie

L'eau ainsi chauffée est envoyée dans le réseau enfoui dans le sol de température . On « stocke » ainsi son énergie thermique en remplissant le réseau enfoui. a) Les tuyaux du réseau enfoui (figure 8) doivent stocker l'eau après un mois () de forte température où le revêtement routier reste à . Quel volume d'eau doit contenir le réseau enfoui ? b) Quelle résistance thermique minimale doit avoir le réseau enfoui pour que les pertes thermiques en 4 mois ne dépassent pas 1

Voir l'indice

Relier le débit volumique au temps total d'écoulement pour le volume, puis relier la perte thermique maximale tolérée au flux conductif permanent.

Voir la stratégie
  1. Pour la question a), déterminer la masse totale d'eau débitée pendant la durée t = 30\text{ jours} à partir du débit massique D_m obtenu à la question Q40, puis en déduire le volume correspondant à l'aide de la masse volumique \mu.
  2. Pour la question b), exprimer l'énergie thermique stockée E_{\text{stockée}} ainsi que le transfert thermique perdu par conduction à travers la paroi du réseau enfoui pendant \Delta t' = 4\text{ mois}. Écrire la condition de perte inférieure à 1\,\% pour en déduire la résistance thermique minimale \Gamma'_m.
Voir la réponse courte

Volume stocké V = D_m \Delta t/\rho, puis minoration de la résistance thermique pour limiter les déperditions à 1

Voir le corrigé complet

a) Volume d'eau à stocker dans le réseau enfoui

Pendant la durée t = 30\text{ jours}, le débit massique D_m issu du réseau de surface est supposé constant. La masse totale d'eau chauffée envoyée dans le réseau enfoui vaut :

M_{\text{eau}} = D_m \, t

La masse volumique du fluide étant \mu = 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, le volume d'eau correspondant que doit contenir le réseau enfoui est :

V_{\text{eau}} = \frac{M_{\text{eau}}}{\mu} = \frac{D_m \, t}{\mu}

Avec D_m \approx 4{,}28 \cdot 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} (d'après la question Q40) et t = 30 \times 86\,400\text{ s} = 2{,}592 \cdot 10^6\text{ s} :

V_{\text{eau}} = \frac{4{,}28 \cdot 10^{-2} \times 2{,}592 \cdot 10^6}{10^3} \approx 111\text{ m}^3
\boxed{V_{\text{eau}} \approx 1{,}1 \cdot 10^2\text{ m}^3}

b) Résistance thermique minimale \Gamma'_m du réseau enfoui

Pendant les 4 mois de stockage (\Delta t' = 4 \times 30\text{ jours} = 120\text{ jours} = 1{,}037 \cdot 10^7\text{ s}), l'eau stockée est maintenue à \theta_s = 65^\circ\text{C} et le sol environnant à 1 m de profondeur est à \theta_0 = 15^\circ\text{C}.

Le flux thermique de perte vers le sol s'écrit, par définition de la résistance thermique \Gamma'_m du réseau enfoui :

\Phi_{\text{perte}} = \frac{\theta_s - \theta_0}{\Gamma'_m}

L'énergie thermique perdue pendant la durée \Delta t' s'élève à :

Q_{\text{perte}} = \Phi_{\text{perte}} \, \Delta t' = \frac{\theta_s - \theta_0}{\Gamma'_m} \, \Delta t'

L'énergie thermique stockée par l'eau peut être évaluée par rapport à la température de référence du sol en hiver, \theta_{\text{sol}} = 5^\circ\text{C}, température jusqu'à laquelle cette énergie pourra être restituée :

E_{\text{stockée}} = M_{\text{eau}} \, C \, (\theta_s - \theta_{\text{sol}})

La condition sur les pertes s'écrit Q_{\text{perte}} \le 0{,}01 \, E_{\text{stockée}}, soit :

\frac{\theta_s - \theta_0}{\Gamma'_m} \, \Delta t' \le 0{,}01 \, M_{\text{eau}} \, C \, (\theta_s - \theta_{\text{sol}})

On en déduit la résistance thermique minimale :

\Gamma'_m \ge \frac{(\theta_s - \theta_0) \, \Delta t'}{0{,}01 \, M_{\text{eau}} \, C \, (\theta_s - \theta_{\text{sol}})}

Application numérique :

  • \theta_s - \theta_0 = 65 - 15 = 50\text{ K} ;
  • \theta_s - \theta_{\text{sol}} = 65 - 5 = 60\text{ K} ;
  • M_{\text{eau}} = \mu V_{\text{eau}} \approx 1{,}11 \cdot 10^5\text{ kg} ;
  • C = 4{,}2 \cdot 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} ;
  • \Delta t' = 1{,}037 \cdot 10^7\text{ s}.
\Gamma'_m \ge \frac{50 \times 1{,}037 \cdot 10^7}{0{,}01 \times 1{,}11 \cdot 10^5 \times 4{,}2 \cdot 10^3 \times 60} \approx \frac{5{,}18 \cdot 10^8}{2{,}80 \cdot 10^8} \approx 1{,}85\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}
\boxed{\Gamma'_m \ge 1{,}9\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}}

Remarque : Si l'on définit l'énergie stockée par rapport à la température locale du sol \theta_0 = 15^\circ\text{C}, les écarts de température se simplifient (\Gamma'_m \ge \frac{\Delta t'}{0{,}01 M_{\text{eau}} C}), ce qui donne \Gamma'_m \ge 2{,}2\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}. Si on la rapporte à l'énergie captée sur la chaussée entre \theta_e = 20^\circ\text{C} et \theta_s = 65^\circ\text{C}, on trouve \Gamma'_m \ge 2{,}5\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}. L'ordre de grandeur reste rigoureusement le même.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les schémas de principe représentant les transferts énergétiques de la machine thermique sont souvent faux.

« Des schémas de principe de la machine thermique faux. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : pompe à chaleur, diagramme de ravignan

Quel est le principe d'une pompe à chaleur ditherme ? On répondra à cette question en indiquant sur un schéma les transferts énergétiques, leur nature et leur sens entre l'agent de la machine thermique et les sources.

Voir l'indice

Tracer le synoptique de la machine ditherme réceptrice avec les transferts thermiques Q_F > 0, Q_C < 0 et le travail mécanique reçu W > 0.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition et la finalité d'une pompe à chaleur (PAC) ditherme au regard des premier et second principes de la thermodynamique.
  2. Tracer le schéma-bloc conventionnel illustrant les flux d'énergie entre le fluide de travail (le système fermé effectuant des cycles), les deux sources thermiques et l'opérateur extérieur.
  3. Préciser le sens et le signe algébrique de chaque transfert énergétique (W, Q_F, Q_C).
Voir la réponse courte

Schéma thermodynamique d'une pompe à chaleur ditherme recevant du travail et cédant de la chaleur à la source chaude.

Voir le corrigé complet

Une pompe à chaleur ditherme est une machine thermique réceptrice dont le rôle est de fournir de l'énergie thermique à une source chaude (de température T_C, par exemple l'intérieur d'un bâtiment ou la chaussée à déneiger) en prélevant de la chaleur à une source froide (de température T_F < T_C, par exemple l'air extérieur ou le sol).

D'après le second principe (énoncé de Clausius), un transfert thermique spontané ne peut s'effectuer que du corps chaud vers le corps froid. Pour transférer de la chaleur dans le sens inverse, il est impératif d'apporter au fluide cyclique un travail extérieur :

W > 0

Sur un cycle complet de fonctionnement du fluide (système fermé), les bilans thermodynamiques s'écrivent, en conventions algébriques récepteur :

  • Premier principe (\Delta U_{\text{cycle}} = 0) :

    W + Q_F + Q_C = 0 \implies -Q_C = W + Q_F
  • Second principe (\Delta S_{\text{cycle}} = 0) :

    \frac{Q_F}{T_F} + \frac{Q_C}{T_C} + S_{\text{créée}} = 0 \quad \text{avec } S_{\text{créée}} \geq 0

Les échanges énergétiques réels se caractérisent par :

  • un travail mécanique (ou électrique) W > 0 fourni par le milieu extérieur (compresseur) au fluide ;
  • un transfert thermique Q_F > 0 prélevé à la source froide à température T_F (au niveau de l'évaporateur) ;
  • un transfert thermique Q_C < 0 cédé à la source chaude à température T_C (au niveau du condenseur), où la quantité utile délivrée est |Q_C| = -Q_C = W + Q_F.
Signaler une erreurSommaire

Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1, BCPST1

Chapitre : Thermodynamique › Machines thermiques

Notions : second principe, efficacité thermique

Que pensez-vous de ce que dit le journaliste dans le document (page 11) ?

Voir l'indice

Analyser d'un œil critique la compatibilité entre un stockage estival direct et l'usage d'une pompe à chaleur en hiver au vu des pertes thermiques.

Voir la stratégie

Pour porter un regard critique de physicien sur un extrait journalistique grand public, on analyse :

  1. La rigueur du vocabulaire scientifique employé (différence entre chaleur et énergie stockée) ;
  2. La cohérence thermodynamique liée au second principe et au fonctionnement de la pompe à chaleur (transfert spontané ou forcé) ;
  3. La pertinence de qualificatifs tels que « autodéneigeante » au regard du bilan énergétique global.
Voir la réponse courte

Confrontation des propos journalistiques avec les limites imposées par le premier et le second principes de la thermodynamique.

Voir le corrigé complet

Le document de vulgarisation journalistique appelle plusieurs remarques critiques du point de vue de la physique :

  1. Vocabulaire thermodynamique : Le journaliste indique que la route « emmagasine la chaleur ». En thermodynamique, la chaleur (ou transfert thermique Q) désigne un mode d'échange d'énergie aux frontières d'un système, et non une fonction d'état. Un système ne possède ni ne stocke de chaleur : il stocke de l'énergie interne (ou de l'énergie thermique).
  2. Nécessité de la pompe à chaleur et second principe :

    • Si le stockage thermique en profondeur fonctionnait de manière quasi idéale (comme modélisé à la question précédente où l'eau reste à \theta_s \approx 65^\circ\text{C}), le transfert d'énergie thermique depuis le fluide chaud (65^\circ\text{C}) vers la chaussée verglacée (\le 0^\circ\text{C}) se ferait spontanément dans le sens du gradient thermique descendant, conformément au second principe de la thermodynamique. Une simple circulation du fluide par pompage suffirait, sans aucune pompe à chaleur.
    • La mention de l'activation d'une pompe à chaleur prouve qu'en pratique, le stockage thermique saisonnier sur plusieurs mois subit d'importantes déperditions : en hiver, la température du réseau enfoui est bien plus basse (proche de la température naturelle du sous-sol, soit 5 à 15^\circ\text{C}). Pour transférer efficacement de la puissance thermique vers la surface et accélérer la fonte du givre ou de la neige, il devient alors nécessaire de prélever de l'énergie à cette source tiède et de la restituer à un niveau de température plus élevé, ce qui requiert obligatoirement un apport de travail W > 0.
  3. Caractère « autodéneigeant » : L'expression est abusive car le système n'est absolument pas passif ni autonome en énergie. Il nécessite la consommation continue d'énergie électrique pour alimenter le compresseur de la pompe à chaleur ainsi que les circulateurs hydrauliques.
Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait une analyse critique argumentée et non une réponse confuse.

« Du charabia au lieu d’une réponse critique correcte. »

Source : rapport du jury CCINP 2020

Signaler une erreurSommaire

Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 ?

Surtout 2 chapitres : Frottement solide (31 % des questions, parties I, II, III et IV) et Thermodynamique chimique et équilibres (22 %, partie VI). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Liaisons, Lewis, VSEPR et interactions intermoléculaires, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Premier et second principes, Diffusion thermique…

Peut-on travailler le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

Peu : 10 questions sur 43 (23 %) ne demandent que le programme de MPSI : Q21, Q23, Q24, Q26 à Q29, Q32, Q42 et Q43. Avec les autres programmes de première année : 32 en PCSI, 9 en PTSI, 9 en TSI1 et 30 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 ?

Environ 3 h 45 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie V est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q15 (équation différentielle oscillateur), Q27 (surfusion), Q29 (second principe), Q30 (potentiel chimique), Q40 (premier principe industriel) et Q41 (résistance thermique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 ?

Questions de cours : Q1 (vitesse de glissement), Q2 (loi de coulomb), Q3 (loi de coulomb), Q6 (loi de coulomb), Q11 (plan incliné), Q21 (configuration électronique), Q22 (modèle vsepr), Q23 (force de van der waals)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q26 (diagramme de phase), Q29 (second principe), Q33 (enthalpie standard de réaction), Q35 (enthalpie libre standard de réaction), Q37 (température de flamme) et Q39 (résistance thermique cylindrique).

Où gagner des points facilement dans le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (26 sur 43), par exemple : Q1 à Q6, Q10 à Q13, Q16, Q18 à Q21, Q23 à Q25, Q28, Q31 à Q34, Q36, Q42 et Q43. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q17 et Q35.

Le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet CCINP Physique-Chimie MP 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet long mais gradué, et note qu'un très petit nombre des 43 questions est resté sans réponse exacte sur l'ensemble des candidats. Moyenne : 8,74/20 (écart-type 3,33, 7 294 présents).

Peut-on appliquer le théorème de l'énergie cinétique sur l'ensemble du mouvement en Q9 ?

Non : l'impact inélastique du solide 2 au sol dissipe une quantité d'énergie mécanique non quantifiable a priori. Il est indispensable d'appliquer le théorème de l'énergie cinétique à chacune des deux phases séparément, conformément au libellé de la question.

À quelle condition s'arrête la phase de glissement en Q15 ?

À l'annulation de la vitesse relative vis-à-vis du tapis roulant, soit \dot{X} = V (et non \dot{X} = 0). Le solide est alors ré-entraîné par le support mobile et entre à nouveau en phase d'adhérence à la vitesse V.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 43
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 43 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 8,74 et d'écart-type 3,33 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

S'entraîner sur les mêmes chapitres

Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 27 septembre 2026.